Suisse 2016

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SUISSE 2016

 

Jean-Christophe Chanut dans "La Tribune" du 27 04 16 Article intitulé : Le modèle social suisse (3/3) : les menaces du franc fort et du bilatéral européen

" La politique du franc fort menée par la Banque nationale suisse fait craindre pour la compétitivité des produits suisses. Le patronat n'exclut pas des délocalisations ce qui pourrait provoquer une augmentation du chômage.
Si l’économie suisse est florissante, il n'en reste pas moins que les lendemains pourraient être difficiles en raison des risques de dénonciation qui pèsent sur les accords bilatéraux passés avec l'Union européenne et le maintien d'une politique du franc fort.
Heureuse Suisse avec son taux de chômage de 4,3 % (norme BIT), un PIB en nominal par tête de 81.276 dollars, son salaire mensuel brut médian à 6.189 francs suisses (soit environ 5.571 euros), ses entreprises exportatrices, son consensus social... Oui, Mais ! Tout ne va pas pour le mieux dans ce petit pays si prospère où certains signaux sont passés au rouge et commencent à inquiéter les autorités fédérales et les milieux patronaux. Deux dossiers notamment occupent de plus en plus les esprits : d'une part, la politique du franc suisse fort menée par la Banque nationale suisse (BNS) qui fait craindre à l'Union patronale suisse (UPS) une perte de compétitivité des entreprises helvétiques et, d'autre part, la zone de turbulence dans laquelle est entrée la Suisse dans ses relations avec l'Union européenne depuis la « votation » en février 2014 « contre l'immigration de masse ».
Une "votation"  de 2014 limite la libre circulation des travailleurs et instaure la "préférence nationale"
Organisée à l'initiative du très droitier parti Union démocratique du centre (UDC) - premier parti politique suisse -, cette consultation populaire, organisée le 9 février 2014, proposait d'ajouter à la Constitution fédérale un article précisant que : "le pays gère de manière autonome l'immigration des étrangers" en fixant des quotas annuels selon les besoins de l'économie « dans le respect du principe de la préférence nationale ».
Et, malgré l'appel à voter « non » de toutes les autres forces politiques suisses et l'avis négatif formulé par le Conseil fédéral suisse (l'exécutif) et le Parlement, le « oui » l'emporte d'une très courte majorité (50,3 %). Sans doute les Suisses ont-ils craint que leur "cher modèle" soit remis en cause par la poussée de l'immigration enregistrée ces dernières années. En Europe, on a parlé de « victoire de la peur », de « dérive nationaliste »... Un vrai coup de tonnerre donc qui remet complètement en cause les relations bilatérales entre la Suisse et l'Union européenne (UE). Et pour la Confédération c'est très grave, alors qu'en 2014, 55 % des exportations suisses étaient destinées à l'Union européenne et que 73 % des importations en provenaient. Pour la Suisse donc, au regard de cette interdépendance, mener une politique européenne active revêt une importante essentielle. Vis-à-vis de l'UE, la Suisse a adopté une politique passant par  des accords bilatéraux.
En effet, après le refus des Suisses en 1992 d'adhérer à l'Union européenne, les autorités helvétiques ont décidé de développer la voie bilatérale qui a mené à la conclusion de deux paquets d'accords, les « Accords bilatéraux I et II ».
Des accords bilatéraux avec l'Europe menacés
Les sept « Accords bilatéraux I » ont été conclus en juin 1999. Ils visent tous à faciliter l'ouverture des marchés : levée des obstacles techniques au commerce, ouverture des marchés publics, simplification du commerce des produits agricoles, ouverture des marchés des transports routiers et ferroviaires... et accord sur la libre circulation des personnes qui autorise les Suisses et les citoyens de l'UE de travailler librement où ils veulent à la condition de disposer d'un contrat de travail valable.... C'est, bien entendu, ce dernier point que la « votation » de février 2014 vient percuter en la remettant complètement en cause si la Suisse pose des restrictions à l'implantation de ressortissants de l'UE sur son sol. Or, énorme problème pour la Suisse, si l'accord sur la libre circulation des personnes est remis en cause, ce sera aussi le cas de tous les autres accords bilatéraux. En effet, le texte de 1999 prévoyait expressément que les sept accords bilatéraux étaient liés par une « clause guillotine » : ils ne peuvent entrer en vigueur qu'ensemble et si l'un des accords n'est pas prolongé ou est dénoncé, les autres deviennent caducs... Angoisse pour les autorités suisses qui doivent à la fois respecter le résultat du vote démocratique de février 2014 tout en préservant les intérêts économiques suisses complètement liés à ses relations avec l'Union européenne son premier marché.
Comment préserver les intérêts économiques suisses?
Comment faire ? Sachant que la Suisse dispose de trois ans depuis la votation de février 2014 pour avancer une proposition. Sinon, en février 2017, les « Accords bilatéraux I » tomberont. La Suisse cherche donc à négocier avec Bruxelles un nouvel accord sur la libre circulation des ressortissants de l'UE... tout en respectant la volonté populaire suisse. Difficile de tenir cette ligne de crête. Pour l'instant, les discussions sont au point mort. Et pour cause, beaucoup en Europe font le pari que la Suisse va « craquer » et revenir en arrière. « Les Suisses reviendront à genoux parce qu'ils ont besoin de l'Europe », a ainsi lancé Daniel Cohn-Bendit. En outre, les Européens sont actuellement davantage concentrés sur le risque du « Brexit » anglais et ont les yeux rivés sur les résultats du referendum qui sera organisé au Royaume-Uni sur cette question le 23 juin. En Suisse, au « département fédéral des affaires étrangères » (DFAE), on sent également que les discussions avec l'UE « n'avanceront pas avant les résultats du referendum britannique sur l'euro ». En attendant les initiatives pour sortir de l'impasse et sauver les accords bilatéraux Suisse/UE se multiplient.
Il y a d'abord l'initiative « Rasa » - acronyme de « Raus aus der Sackgasse » (« Sortons de l'impasse ») - lancé par un rassemblement d'intellectuels qui tend à collecter le nombre de signatures nécessaires pour organiser une nouvelle « votation » sur le même thème qu'en février 2014 avec l'espoir que, cette fois, la proposition de l'UDC soit rejetée. Mais tant dans le camp patronal qu'au niveau du département des affaires étrangères, le scepticisme règne. Certes, l'initiative est jugée sympathique « mais les Suisses détestent qu'on les fasse voter deux fois sur le même thème et avec la montée des populismes et avec la vague de migrants arrivant en Europe, il n'est pas du tout certain que l'on parvienne à un résultat opposé à celui de 2014 », estime un dirigeant du ministère.
Un autre projet, élaboré par des professeurs de droit et repris par des parlementaires, notamment socialistes, suggère de soumettre à une nouvelle « votation » un projet de révision constitutionnelle tendant à intégrer un article sur le renforcement des liens bilatéraux de la Suisse avec l'Union Européenne. En cas de vote positif, ce serait un moyen d'annihiler le résultat de la « votation » de 2014.
Les autorités fédérales suisses songent aussi à faire voter par le parlement helvétique une "clause de sauvegarde unilatérale", respectant a minima les résultats du vote de 2014. Cette clause prévoirait que la libre circulation des ressortissants européens en Suisse soit toujours assurée « sauf temporairement si situation d'urgence économique ». Des quotas pourraient aussi être fixés... mais à de tels niveaux que cela ne changerait quasiment rien par rapport à la situation actuelle. Bien entendu, l'UDC reproche déjà aux autorités fédérales de ne pas vouloir « respecter la volonté du peuple ».
Sur le papier, il reste donc un an pour débloquer la situation, même si l'on voit mal l'Union européenne ériger d'un coup en février 2017 des barrières douanières avec la Suisse.
L'autre danger: le franc fort
Reste que la Suisse n'est pas au bout de ses peines car elle souffre d'un autre mal : son franc fort. "En Suisse, c'est le consensus, on peut discuter de tout sauf de la politique monétaire de la Banque nationale suisse", s'amuse un dirigeant de l'Union patronale suisse (UPS). Mais, au-delà de la boutade, les patrons suisses - les syndicats de salariés aussi - commencent vraiment à s'inquiéter des conséquences du niveau du franc sur l'économie.
Le 15 janvier 2015, au matin, la Banque Nationale de Suisse (BNS) provoquait, par surprise, une tempête sur l'économie suisse en annonçant l'abandon du seuil de 1,20 franc suisse par euro qu'elle avait mis en place en 2011. Aussitôt, la monnaie helvétique passait la parité avec la monnaie commune pour monter jusqu'à un niveau record : 0,97 franc pour un euro, même si, maintenant, le franc suisse s'est stabilisé entre 1,09 et 1,10 franc par euro. Mais les résultats de cette politique ne se sont pas fait attendre. En 2015, le PIB suisse a progressé de 0,9 % contre 1,9 % en 2014. Le commerce extérieur a reculé et les investissements en biens d'équipement se sont inscrits à la baisse.
Pour autant, il n'y a pas eu d'effondrement, notamment grâce à la réaction des entreprises exportatrices qui ont d'abord réagi en baissant leurs prix pour compenser la perte de compétitivité due à la monnaie. La baisse des prix à l'importation, ajoutée à celle du prix des matières premières, a permis également de compenser ces baisses de prix. Et au nom de la sauvegarde de la compétitivité et grâce au fameux consensus social suisse, de nombreuses entreprises ont réussi à faire admettre à leur salariés de renoncer à certaines primes et/ou d'augmenter le temps de travail. L'Union syndical suisse (USS), l'une des deux grandes confédérations syndicales du pays, s'inquiète de ce mouvement et craint que l'on se dirige vers une déréglementation générale, voire une externalisation des entreprises suisses. Pour l'un de ses dirigeants : « le patronat critique le franc fort mais ne fait rien car cela lui permet d'externaliser vers des pays à main d'œuvre moins chère. Quant au commerce de détail qui souffre du fait que les Suisses partent faire leurs courses à l'extérieur, il demande une libéralisation des heures d'ouverture ».
L'économie de la zone euro scrutée à la loupe
A l'Union patronale suisse on ne nie pas cet état de fait et on regarde de très près la croissance dans la zone euro. Si cette dernière se redresse et que la BCE parvient à sortir du risque de déflation - ce qui n'est pas vraiment le cas actuellement - le franc suisse aura une chance de se stabiliser autour de 1,10-1,15 euro, soit un niveau finalement acceptable pour les exportateurs helvétiques qui profiteront, du reste, de la reprise de la zone euro, leur principal marché. Mais si la situation se dégrade à nouveau en zone euro et que la BCE doit encore renforcer son dispositif, alors le franc suisse pourrait encore se renforcer. « Un risque accentué si le Brexit se réalise car le franc suisse servira alors de valeur refuge », craint un dirigeant de l'UPS.
Dans un tel cas, les entreprises pourraient n'avoir d'autre choix que de délocaliser pour maintenir leur compétitivité... Ce qui aura des conséquences négatives sur l'emploi suisse au détriment de la consommation. Un scénario catastrophe qui inquiète beaucoup au pays des lacs.... La petite Suisse si prospère n'est donc pas à l'abri d'un sérieux coup de vent.
Jean-Christophe Chanut "

Jean-Christophe Chanut dans "La Tribune" du 20 04 16 Article intitulé : Le modèle social suisse 2/3 : une assurance chômage généreuse et rigoureuse

" En Suisse, la dette de l'assurance chômage ne peut pas dépasser 2,5% de la masse salariale. Sinon, des mesures exceptionnelles sont immédiatements prises.
Le système d'assurance chômage suisse est en excédent ! Les allocataires peuvent percevoir jusqu'à 80% de leur ancien salaire et ce pendant une durée de deux ans. Une générosité qui ne tient pas du "miracle" mais d'une gestion extrêmement rigoureuse des finances. Explication, à l'heure où, en France, les partenaires sociaux renégocient la convention d'assurance chômage
La Suisse : ses lacs, ses banques, ses montagnes et.... son assurance chômage qui mérite vraiment le détour, tant pour la rigueur de sa gestion que pour sa générosité. Un modèle à regarder et à ausculter alors qu'en France, organisations patronales et syndicales renégocient actuellement une nouvelle convention d'assurance chômage applicable le 1er juillet prochain. L'objectif est de parvenir à des économies alors que l'Unedic - l'organisme qui gère l'assurance chômage - enregistre un déficit annuel compris entre 3 et 4 milliards d'euros et que sa dette cumulée dépasse les 25 milliards d'euros. Une situation inimaginable du côté de la Suisse où le signal d'alarme est tiré dès la première alerte sur les finances du régime.
L'assurance chômage suisse est gérée par l'Etat
C'est très tardivement, à compter de 1984, que la Suisse a introduit une assurance-chômage obligatoire même s'il en existait des prémisses depuis la fin du XIXe siècle. Première grande différence avec la France, l'assurance-chômage suisse est une institution fédérale relevant du régime suisse de sécurité sociale au même titre que l'assurance maladie ou les prestations familiales. Il s'agit donc d'un dispositif étatique même si, bien sûr, comme toujours chez les Helvètes, au nom du sacro-saint « consensus » les organisations patronales et syndicales sont étroitement liées aux prises de décisions et au fonctionnement de l'assurance chômage.
En revanche, comme en France, les ressources du système sont essentiellement assises sur les cotisations des entreprises et des salariés. Depuis 2011, cette cotisation est égale à 2,2% du salaire (1,1% part employé et 1,1% par employeur) pour les salaires allant jusqu'à 148.000 francs suisses annuels (soit environ 133.200 euros). Pour les revenus au-delà de cette somme, il existe une cotisation supplémentaire de 1%. Globalement, ces cotisations « rapportent » 6,8 milliards de francs suisses à l'assurance chômage. Un budget complété par une participation financière de la Confédération Helvétique (465 millions de francs suisses) et des 26 cantons (155 millions).
Une indemnisation qui peut atteindre 80% du salaire
Et là, première surprise, les prestations de l'assurance chômage suisse sont extrêmement généreuses, davantage d'ailleurs pour leur montant que pour leur durée. Et pourtant, selon une légende tenace, la France, est toujours présentée, comme le pays le plus bienveillant en matière d'assurance chômage.
Un salarié suisse de moins de 55 ans qui a cotisé durant au moins un an percevra une indemnité durant un an. Et s'il a cotisé au moins 18 mois, cette indemnisation sera également portée à 18 mois. Pour les plus de 55 ans, l'indemnisation peut aller jusqu'à deux ans. Rappelons qu'en France, la durée d'indemnisation varie entre 4 et 36 mois selon l'âge et la durée de cotisation.
Quant aux montants de l'indemnisation, en Suisse, c'est... Byzance ! Un ex-salarié sans enfant à charge percevra 70% de son dernière salaire brut, dans la limite de 10.500 francs suisses par mois au maximum (soit environ 9.500 euros) et ce montant est porté à 80% de l'ancien salaire quand l'assuré a des enfants à charge (dans la limite de 12.350 francs suisses). Rappelons qu'en France, le montant de l'allocation de remplacement varie entre 57% et 75% de l'ancien salaire brut selon le montant de la rémunération perçue et la situation familiale ne rentre pas en ligne de compte.
Les allocataires sont fortement incités à retrouver vite un emploi et ce, via des « mesures actives » (formation, stage, appui à la recherche, etc) financées à hauteur d'environ 500 millions de francs suisses par an.

Les offices régionaux de placement (l'équivalent de Pôle emploi) est dans l'obligation de proposer un emploi « convenable » à l'allocataire. Légalement, cette offre d'emploi peut être située jusqu'à deux heures de transport du domicile du salarié... Ce qui couvre une bonne partie de la petite Suisse.
Comme en France, un allocataire qui n'apporte pas la preuve de sa recherche effective d'emploi peut connaître un « rappel à l'ordre » qui se traduira par l'interruption temporaire du versement de son allocation, voire définitive en cas de récidive. Mais, au secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), on précise que ces « cas sont très rares car ce n'est pas dans la mentalité suisse de vouloir profiter du système. Au contraire, beaucoup de salariés licenciés ne s'inscrivent même pas au chômage car ils jugent cette pratique indigne et impudique !"....
En tout état de cause, il est de la responsabilité de chaque Canton de décider de « couper » l'indemnisation d'un demandeur d'emploi.
On notera que le choix de la caisse de chômage (Cch) qui verse les allocations appartient à l'ex-salarié. Celui-ci peut opter pour une caisse publique gérée par le Canton mais aussi pour une caisse privée gérée par une organisation patronale ou syndicale.

Mais, là où le système suisse d'indemnisation du chômage surprend le plus c'est dans sa gestion... très suisse.
Des règles de gestion extrêmement strictes
Les gestionnaires du régime veillent à ce qu'il n'y ait aucun dérapage dans les finances. Sinon, ils ajustent extrêmement vite et brutalement les prestations et les allocations. Le Seco explique : « Notre système d'assurance chômage est calibré pour un taux de chômage d'environ 3,5% et pour que l'endettement ne dépasse pas 2,5% de la masse salariale. Si ces bornes sont dépassées, on intervient immédiatement ».
Par exemple, après la crise financière de 2008, le chômage a grimpé en Suisse - pour atteindre 3,6% en 2010, soit 205.0000 chômeurs,... ce qui est beaucoup pour la Suisse - et la dette de l'assurance chômage est montée à 7 milliards de francs suisses en 2010, notamment en raison de l'explosion du « maintien en activité réduite » (chômage partiel) également indemnisé par le dispositif. Ni une ni deux, des « mesures exceptionnelles » ont été adoptées par le Parlement suisse et acceptées par une « votation » en septembre 2010. C'est notamment l'indemnisation des jeunes qui a été revue à la baisse, alors que les cotisations augmentaient.

Résultat, les réserves ont été reconstituées et une... baisse des cotisations chômage est maintenant envisagée. Grâce à cette gestion drastique et à la baisse du chômage - dont le taux est revenu à 3,3% selon les statistiques suisses-, en quatre ans, le nombre d'allocataires est redescendu à 136.764 en 2014 et l'assurance chômage est revenue à ... un excédent de recettes de 737,3 millions de francs suisses en 2014. En 2015, il atteignait encore 610 millions. Des réserves qui ont permis à l'assurance chômage de rembourser ses emprunts auprès de la Confédération suisse.
Cette vitesse de réaction serait littéralement impossible sans le consensus social qui règne en Suisse. Les organisations patronales et syndicales se retrouvent unies pour ne pas laisser les finances du régime se dégrader. Et même les syndicats sont prêts à accepter des sacrifices temporaires sur les prestations... Mais, il est vrai que, dans ce petit pays, il ne règne pas le climat de suspicion systématique entre partenaires sociaux que l'on trouve en France. Et la défense de la fameuse « prospérité suisse » passe au-dessus de tout.

Jean-Christophe Chanut dans "La Tribune" du 18 04 16 Article intitulé : Le modèle social suisse (1/3) : un droit du travail basé sur le consensus

" La Suisse, un pays sans salaire minimum, sans durée légale du travail, sans indemnité légale de licenciement... mais avec une grande culture du consensus qui assure la paix sociale
L'étude du marché du travail suisse se révèle être un voyage au pays de l'étrange pour un Français : pas de durée légale du travail, absence de salaire minimum, etc. Dotée d'une législation sociale réduite à la portion congrue, la Suisse base son modèle sur la négociation collective décentralisée. Et ça marche, grâce à une grande culture du consensus... Premier volet de notre série.
« Mais c'est quoi tout ce bazar autour de votre loi El Khomri ? Il est où le problème ? » C'est avec une innocence non feinte que cette dirigeante de l'Union patronale Suisse (UPS) pose cette question, tellement, pour elle, les débats français autour de la loi travail paraissent surréalistes. Comment pourrait-il en être autrement dans un pays où il n'y a ni code du travail (ou presque), ni salaire minimum, ni indemnités de licenciement, ni durée légale du travail, ni heures de délégation, ni ... On arrête là, tant le modèle social suisse, basé sur la culture du consensus, paraît aussi éloigné du notre que la planète Mars de la terre.
Mais alors, comment font les Helvètes avec leur taux de chômage de 4,3% (selon les normes BIT), leur PIB en nominal par tête de 81.276 dollars, leur salaire mensuel brut médian à 6.189 francs suisses (soit environ 5.571 euros)... ? « La réussite suisse est basée sur notre tissu économique extrêmement dense, nos produits à forte valeur ajoutée, nos banques, notre main d'œuvre très qualifiée... et notre dialogue social permanent et décentralisé » explique Boris Zürcher, chef de la Direction du travail au Secrétariat d'Etat à l'Economie (Seco). « Notre système de formation dual, notre économie diversifiée, notre tissu de PME tournées à 90% vers l'export et surtout notre consensus social sont les atouts majeurs de la Suisse », renchérit Stéphane Garelli, professeur spécialiste de la compétitivité du célèbre Institut international de management de Lausanne.
C'est donc ce fameux consensus social qui constitue l'un des piliers de l'économie suisse. Reste à comprendre comment il fonctionne... sans quasiment aucune règle. Et là, le voyage au pays de l'étrange débute...
Des normes légales nationales a minima
Déjà, première surprise, ce n'est pas la peine de chercher le code du travail suisse... il n'existe pas, ou presque, en raison de la sacro-sainte règle suisse de la « liberté économique ». Les règles relatives aux relations du travail sont éclatées dans différents supports. Tout ce qui concerne le contrat de travail se trouve ainsi dans le Code suisse des obligations (assimilable au Code civil), institué en 1911. A côté, il existe une législation du travail très réduite qui fixe un certain nombre de règles minimales d'ordre public sur l'hygiène, la sécurité, l'interdiction du travail des enfants, les congés payés (4 semaines de vacances) et la durée maximale de travail (45 ou 50 heures selon les professions), etc. Enfin, il y a quelques lois spéciales non codifiées : sur l'égalité, les travailleurs détachés, le travail à domicile , le travail au noir, etc. Et... c'est tout. Par exemple, fait qui peut paraitre incroyable en France, aucune règle légale ne prévoit d'indemnité de licenciement..., sauf pour les salariés de plus de cinquante ans ayant 20 ans d'ancienneté dans leur entreprise qui ont droit à... deux mois de salaire. Et il n'existe qu'un embryon de législation sur les licenciements économiques collectifs dans les entreprises de plus de 250 salariés
Et s'il venait à l'esprit des autorités fédérales de modifier quelques règles du droit du travail, pas question de légiférer sans avoir auparavant reçu l'aval des représentants du patronat et des syndicats qui siègent dans des commissions fédérales tripartites. Par exemple, depuis le 1er janvier 2016, la Suisse a institué un dispositif proche du « forfait jours » français qui permet de contourner la législation helvétique sur « l'enregistrement » (le pointage des heures). Un mécanisme dont on aurait pu penser qu'il avait donné lieu à des heures de débats au Parlement confédéral pour en fixer les modalités pratiques... Pas du tout. Ce sont directement les présidents de l'Union syndicale suisse (USS) et de l'Union patronale suisse (UPS) qui se sont mis d'accord dans les salons feutrés du siège du gouvernement fédéral pour limiter le contournement de « l'enregistrement » aux seuls cadres gagnant plus de 120.000 francs suisses par an (soit 10% des salariés). Un accord qui a permis d'éviter le dépôt d'une loi, une simple ordonnance suffisant.
Mais ces normes nationales restent donc extrêmement limitées.
Salaire minimum, durée du travail, indemnités de licenciement.... tout se négocie
En effet, en Suisse, tout ou presque doit être négocié, soit directement entre un salarié et un employeur lors de l'établissement du contrat de travail, soit lors de la négociation entre syndicats et patronats des conventions collectives du travail (CCT) au niveau des entreprises ou des branches professionnelles... au choix. Car il n'y pas de domaine réservé à la négociation de branche et d'autres à la négociation d'entreprise. L'important, comme le souligne le Seco, est de « coller » à la réalité du terrain, de décentraliser le plus possible. Les droits a minima, définis au niveau national (la Confédération Helvétique) ne sont donc que subsidiaires. Ils ne s'appliquent qu'à défaut d'autres règles plus favorables fixées au niveau des 26 cantons, des professions ou des 300.000 entreprises.
De fait, la pratique conventionnelle est relativement intense. 1,7 million de salariés du privé (soit 49%) sont couverts par une convention collective du travail (CCT). Ces dernières sont au nombre de 602. Ce sont elles qui fixent un éventuel salaire minimum et la durée effective du travail (qui atteint 41,7 heures hebdomadaires en moyenne), dans l'entreprise ou la profession. Et les CCT peuvent aborder absolument tous les sujets relatifs aux relations du travail. Ainsi, on l'a dit, s'il n'y a pas d'indemnité légale de licenciement, une CCT peut tout à fait en prévoir une dans une branche ou une entreprise. Idem pour le salaire minimum. S'il n'existe pas au niveau confédéral, 509 CCT en prévoient un au niveau de l'entreprise ou de la branche. Mieux, alors qu'au grand dam de l'Union syndicale suisse (USS) - l'une des deux grandes confédérations syndicales helvétiques - , 76% des Suisses ont voté contre l'instauration d'un salaire minimum confédéral (fixé à 4.000 francs suisses) lors d'une « votation » en 2014, une vingtaine des plus grandes entreprises suisses ont tout de même décidé de respecter un salaire minimum de 4.000 francs suisses. A noter, si une CTT de branche a été étendue, alors une convention d'entreprise ne peut pas prévoir de dispositions moins favorables pour ses salariés. Il existe donc en Suisse, un « principe de faveur », celui-là même que la loi El Khomri veut remettre en cause en France.
Une présence syndicale aléatoire
Autre point qui ne manquera pas d'étonner côté français, la loi suisse ne prévoit rien sur l'activité syndicale. Ainsi, la présence des délégués syndicaux n'est absolument pas assurée dans les entreprises d'une certaine taille. Une fois encore, il revient aux conventions collectives de travail de prévoir des dispositions sur l'implantation syndicale... si elles le souhaitent. Ainsi, certains secteurs et entreprises disposent de délégués syndicaux et d'autres, non. Par exemple, au sein du groupe Bobst (leader mondial de la machine d'emballage qui emploie 5.000 salariés dans le monde), installé près de Lausanne, un accord a été conclu non pas avec des délégués syndicaux mais avec la « commission du personnel » - l'équivalent du comité d'entreprise français - qui apporte « 34 acquis sociaux supplémentaires (13,5 mois de salaires, essence à prix préférentiel, etc.) par rapport à la CCT de la branche Métallurgie (MEM).
Une culture du consensus
Mais comment toute cette organisation est-elle possible ? Au Seco, on la joue très modeste : « Le modèle suisse semble fonctionner en Suisse. Il n'est pas exportable tel quel ». Une antienne d'ailleurs reprise aussi bien du côté de l'Union syndicale suisse (USS) que de l'Union patronale suisse (UPS). Les responsable de ces formations soulignent à quel point le consensus national est important. C'est même "la" donnée culturelle fondamentale pour comprendre le modèle suisse. La dernière grève générale au niveau de l'ensemble de la confédération helvétique remonte à... 1918. Un véritable traumatisme pour ce pays qui a déclenché une sorte de « plus jamais ça », d'où cette volonté affirmée de se mettre autour d'une table et de négocier et ce, répétons-le, de la façon la plus décentralisée possible. Il est dans l'ADN des autorités confédérales suisses de ne pas se mêler des affaires du monde du travail qui ne relèvent que de ses seuls acteurs.
Certes, il existe des divergences conjoncturelles. Ainsi, actuellement, l'USS revendique davantage d'égalité entre les salaires des femmes et ceux des hommes. Surtout, elle revendique une législation contrôlant davantage le licenciement des salariés âgés.
Mais les principes fondateurs sur lesquels repose l'économie suisse sont défendus par tous : une économie ouverte et libérale, un souci de maintenir la prospérité du pays quitte à accepter des sacrifices, le souci systématique d'abaisser les prix intérieurs pour combler le handicap d'un franc suisse fort, le maintien de la compétitivité des produits suisses à forte valeur ajoutée, etc.
A partir de là, comme le résume un dirigeant de l'UPS, « en Suisse, patronat et syndicats s'engueulent, négocient pendant des mois s'il le faut ; chaque partie lâche un peu de lest ; on trouve un consensus.... Et tout finit autour d'une bonne bière ».
Chez nous, pays à l'histoire, taille, géographie, sociologie totalement différentes, ce n'est pas demain que l'on verra Pierre Gattaz (Medef) et Philippe Martinez (CGT) partager une pinte ensemble au comptoir !

Goumaz Magalie dans "Le Temps " Suisse du 10 mars 2016 : Les élus soutiennent une initiative qui laisse perplexe

" Le Conseil national a décidé de soutenir l’initiative de l’Union suisse des paysans pour la sécurité alimentaire. Même si son application soulève de nombreuses questions
Personne n’est contre la sécurité alimentaire. Raison pour laquelle l’initiative de l’Union suisse des paysans (USP) a abouti en un temps records. Son parcours politique est cependant plus chaotique. Après le rejet du texte par le Conseil fédéral et par la commission de l’économie et des redevances, le Conseil national a retourné la situation et décidé mercredi de le soutenir par 91 voix contre 83 et 19 abstentions. L’abstention des Verts et quelques voix éparses de PLR romands ont favorisé ce revirement après sept heures de débat.
En comparaison internationale, le niveau de sécurité alimentaire est déjà très élevé en Suisse. De plus, l’agriculture suisse a atteint, en moyenne ces trois dernières années, un niveau record de production. Mais le principal reproche des opposants concerne l’application du texte. Nombre d’intervenants ont rappelé que la notion de sécurité alimentaire est déjà inscrite dans la Constitution. Et d’autres instruments complètent le dispositif. «La protection des terres cultivables est bétonnée dans la loi sur l’aménagement du territoire», indique Isabelle Chevalley (VL/VD). La nouvelle législation «Swissness» ainsi que la charte sur la stratégie qualité sont aussi des soutiens à l’agriculture suisse. Pour Beat Jans (PS/BS), le Conseil national se prononce dès lors sur «une initiative qui ne changera rien ou dont nous ne savons pas ce qu’elle changera vraiment».
Et les opposants d’émettre de multiples craintes si la sécurité alimentaire devait être encore renforcée: augmentation de la production au détriment de l’environnement; hausse du prix des denrées alimentaires pour les consommateurs, nouvelle instabilité pour les agriculteurs le temps de mettre en musique l’initiative, protectionnisme accru, etc. «Dans une économie concurrentielle, l’agriculture doit l’être également et s’adapter aux changements», décrète Hans-Ulrich Bigler (PLR/ZH), directeur de l’USAM. Pour Martina Munz (PS/SH), cette «initiative est un loup déguisé en chasseur de subventions, c’est un magasin libre-service pour paysans mécontents».
Tout le lobby paysan et ses nombreux amis au PDC et à l’UDC sont montés au front pour défendre l’initiative de l’USP contre les salves provenant du PS et du PLR. Leurs arguments: la population augmente, les ressources vont se raréfier, les changements climatiques menacent la production, les marchés internationaux sont instables et imprévisibles, les terres agricoles fondent comme neige au soleil…
Directeur de l’USP, Jacques Bourgeois (PLR/FR) rappelle que le Conseil fédéral a reconnu la pertinence de l’initiative avant de changer d’avis. «Si les bases légales étaient suffisantes, pourquoi perdons-nous toujours des terres agricoles? Nous ne voulons pas augmenter le protectionnisme. Nous ne remettons pas en question nos engagements internationaux. Nous voulons garder la main sur le contenu de nos assiettes, offrir de meilleures conditions-cadres à l’agriculture et donner des perspectives aux familles paysannes suisses», explique-t-il en conclusion de ce long débat. Le Conseil des Etats reprend le dossier.

Commentaire : Et si c'était un exemple à suivre ?

Dans "Le Temps " Suisse du 5 février 2016 : Français et Suisses comparent leurs réalités économiques

" L’Insee et l’Ocstat ont fourni des données sur l’évolution de la population et du marché du travail
L’observatoire statistique transfrontalier (OST) a présenté jeudi soir sur le site de la Technopole d’Archamps (Haute-Savoie) un aperçu du tissu économique de la région et certaines caractéristiques liées à l’emploi. L’Insee pour la partie française et l’Ocstat pour la partie suisse ont étudié les évolutions de la population et du marché du travail entre 2012 et 2014.
Au 1er janvier 2014, 2,7 millions de personnes vivaient dans le territoire franco-valdo-genevois. La population croît de 1,4% par an en moyenne depuis 2006. La croissance démographique la plus marquée s’observe dans le canton de Vaud (+1,7%) mais les deux départements français, la Haute-Savoie (+1,4%) et l’Ain (+1,3%), affichent des taux de croissance parmi les plus forts de France.
Le dynamisme du marché de l’emploi explique pourquoi la région attire. Genève concentre quasiment un emploi sur deux, puisque 721 000 y sont recensés, contre 130 000 dans le bassin annécien et 101 000 dans le Genevois français. «On compte 12 000 emplois au km2 dans le canton de Genève, contre 3000 à Annemasse qui est en tête des villes de France voisine», indique Nicolas Müller, de l’Ocstat.
Premier moteur de l’emploi à Genève: le secteur tertiaire marchand (finance et commerces, 80 000 emplois), viennent ensuite les administrations publiques (76 000 emplois) et l’horlogerie (9000 emplois). En ce qui concerne le chômage, il reste stable en Suisse et augmente en France. Le taux atteint les 10,6% à l’échelle nationale française. Mais il n’est que de 7,7% pour la Haute-Savoie, en deçà du taux pour la région Rhône-Alpes (9%). Des disparités locales sont observées, avec un taux de 6,3% dans la haute vallée de l’Arve, très touristique, et de 9,4% dans la basse vallée plus industrielle. Note positive: le chômage des jeunes se stabilise, grâce notamment aux aides à la première embauche.
Frontaliers en progression
En Suisse, le taux de chômage s’établit aux alentours de 4% et de 5,6% pour le canton de Genève. De son côté, le nombre de chômeurs transfrontaliers continue sa progression. En 2014, il s’est accru de 10,2% et concerne 8700 transfrontaliers. Fin 2014, les travailleurs transfrontaliers représentaient 7,8% de l’ensemble des chômeurs dans l’Ain et 20,9% en Haute-Savoie. A ce propos, des parlementaires de ces départements viennent de faire part de leurs vives inquiétudes au sujet de deux règlements européens qui pourraient menacer l’emploi des frontaliers. L'europe allemande tue l'emploi..... Il est vrai que la croissance allemande est faite sur l'exploitation à bas pris tandis que la croissance Suisse a toujours été basée sur  des conditions de vie et  non de survie à l'allemande. Survie à l'allemande qui mène régulièrement le Peuple à se battre. A compter du 1er mai 2016, les entreprises suisses qui recrutent des salariés frontaliers à temps partiel et qui par ailleurs ont au moins 25% d’activité salariée en France devront payer les montants des charges sociales françaises. Celles-ci étant beaucoup plus élevées en France, le risque est que ces directives freinent l’embauche. Ce que confirme Enrico Bolzani, attaché aux questions régionales et transfrontalières pour le canton de Genève: «Les entreprises genevoises sont très inquiètes. Elles devraient payer jusqu’à 60% de cotisations sociales, contre 14 jusqu’à présent.»

Souvenez-vous hier :

Romaric Godin dans "La Tribune"  du 4 février 2016 : Allemagne : la forte hausse du salaire réel en 2015 est-elle suffisante ?

" Les salaires réels ont progressé de 2,6 % en 2015, la plus forte hausse depuis 2008. L'introduction du salaire minimum y est pour beaucoup. Malgré sa vigueur, cette hausse est encore insuffisante pour rééquilibrer la zone euro.
Jamais depuis 2008 le salaire réel allemand n'avait autant progressé. Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI hormis que l'allemagne a "tuer" volontoirement  et à son seul profit l'europe en mettant en place une politique de bas salaires tuant les exportations des autres pays européens. Cela dit ces pays ont collaboré.  Ce jeudi 4 février, le Bureau fédéral des Statistiques, Destatis, a annoncé une progression de 2,8 % en 2015 de la rémunération des salariés allemands. Compte tenu de l'inflation faible enregistrée (+0,3 %), le salaire réel a donc progressé de 2,5 % l'an passé. En 2014, ce salaire réel avait progressé de 1,7 %, tandis qu'il avait reculé de 0,1 % en 2013.
Bonne nouvelle...
Cette statistique est une bonne nouvelle pour la zone euro. Un des principaux problèmes de l'union monétaire est en effet depuis le début des années 2000 la modération salariale allemande, laquelle a exercé une pression constante sur ses partenaires de la zone euro qui ont vu leur compétitivité (qui - on l'oublie souvent en France - est une valeur avant tout relative) se dégrader. Cette dégradation est une des causes de la crise de la zone euro des années 2010-2013 où plusieurs pays ont dû pratiquer violemment une « dévaluation interne » dont la région subit encore le contrecoup aujourd'hui.
...insuffisante pour la zone euro
Toute progression du salaire réel allemand est donc un signe de convergence bienvenu. Pour autant, elle ne suffit pas, seule, à rééquilibrer la zone euro. Pour plusieurs raisons. D'abord, cette hausse ne fait que confirmer un rattrapage. La modération salariale allemande a duré plus de dix ans et ses effets négatifs ne sauraient s'effacer par deux années de hausse plus vigoureuse. Ainsi, depuis 2008 (année de début des statistiques relevées par Destatis), les salaires réels allemands ont progressé en moyenne par an de seulement 0,98 %. C'est un rythme encore trop mesuré pour espérer un effet au niveau européen.
Une hausse nominale encore assez modérée...
Le fait le plus inquiétant est que cette hausse du salaire réel repose surtout sur l'inflation faible, donc sur un facteur externe, la baisse des prix des matières premières. La hausse nominale des salaires allemands, 2,8 %, n'a rien d'exceptionnel. Elle est à peine supérieure à celle de 2014 (2,6 %) et est inférieure aux progressions de 2008 et 2011 (3,1 % et 3,3 %). Autrement dit, si l'inflation remonte, le « rattrapage » allemand risque donc d'être plus faible, ce qui n'est pas une bonne nouvelle dans la mesure où la BCE s'échine à trouver le moyen de relancer l'inflation.
... et portée par l'introduction du salaire minimum
Du reste, cette hausse de 2015 ne doit pas être surestimée. L'introduction du salaire minimum le 1er janvier 2015 a sans doute pesé lourd dans cette progression. Destatis affirme ne pas être en mesure d'estimer cet impact, mais on peut remarquer que les salaires les plus faibles ont progressé de 4,7 % en données brutes. Il y a donc un effet de régulation certain qui a sans doute gonflé le chiffre de 2015. A n'en pas douter, cet effet sera inexistant dès 2016. Compte tenu de la situation de plein emploi de l'Allemagne, cette progression des salaires nominaux demeure décidément très modérée.
Hausse du taux d'épargne
Reste un dernier élément : cette hausse a soutenu la consommation des ménages qui a progressé de 1,9 % en données corrigées et qui a apporté - fait unique depuis vingt ans ! - un point de croissance au pays en 2015. Ceci est un fait encore une fois bienvenue pour la zone euro qui devrait profiter de cette demande intérieure renforcée. Mais, là encore, c'est insuffisant : le problème de la zone euro est l'excédent courant de l'Allemagne qui devrait avoir encore augmenté jusqu'à 8 % du PIB en 2015. Cet excédent crée naturellement le déficit des autres et freine la transmission de la croissance allemande au reste de l'union monétaire. Or, une grande partie de cette croissance des salaires se dirige vers l'épargne. Le taux d'épargne brute des ménages est remonté en 2015 à 9,7 %, son plus haut point depuis 2010. Une épargne qui, par ailleurs, ne soutient guère l'investissement outre-Rhin.
La BCE doit poursuivre sa politique

Ce chiffre est donc encourageant pour la zone euro, mais il justifie en réalité plus que jamais la politique de la BCE. Mario Draghi a toutes les raisons de vouloir décourager les ménages allemands à épargner en pratiquant une politique qui pèse sur les taux de rémunération. Il convient qu'une part encore plus importante de la hausse des salaires allemands se dirige maintenant vers l'économie réelle, alors que, précisément, les taux bas ne représentent pas un frein à l'investissement. Qui peut encore dire que l'allemagne n'est pas notre principal problème ? Problème car les politiques allemandes d'accaparement ont été volontairement mises en place pour nous nuire. Qui peut encore en douter aujourd'hui ? 
Encore insuffisant pour soutenir l'inflation
Parallèlement, la BCE doit continuer à espérer que les salaires nominaux allemands continuent de progresser. Un des principaux moteurs de l'inflation est l'écart entre salaires nominaux et productivité. Avec un écart de 1,4 % entre ces deux éléments en 2015, l'Allemagne, première économie de la zone euro qui pèse pour 30 % du PIB européen, ne tire pas encore réellement l'inflation vers l'objectif de 2 % à moyen terme de la BCE. D'autant que, sur cette même période, des politiques clairement déflationnistes ont été imposées à l'ensemble des autres pays de la zone euro. Bref, la zone euro a encore clairement besoin d'une croissance plus soutenue des salaires allemands. Exact, le pouvoir d'achat ayant été centralisé en allemagne sous le silence et/où la collaboration des politicicards européens véreux ou tout simplement incompétents, nous sommes donc dépendant, non de l'Allemagne et des Allemands, mais des boches politiques allemands. Où sont les politicards français et autres qui se vantaient de leur "germanisme" ? Les chiens ne faisant pas des chats, quel passé familial ont ses politicards ?

"SE TAIRE, JUSQU'A OU, JUSQU'A QUAND ?"

Ai-je été fort ?

Dans "BFM" du 3 février 2016 : L'Allemagne veut une limite européenne pour payer en cash Limiter notre cash est limiter notre LIBERTE. A qui devons-nous notre LIBERTE ?

" L'Allemagne déclare la guerre au paiement en cash - Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble va, selon Les Échos, plaider pour qu'un plafond de paiement en espèces soit instauré en Europe via une directive. Ce alors que l'Allemagne réfléchit elle-même à se doter d'un plafond de 5.000 euros.
Pays du paiement en espèces, l'Allemagne va mettre à mal l'une de ses grandes traditions et compte bien convaincre l'Union européenne de faire de même. Outre-Rhin, des débats ont actuellement lieu sur une proposition du SPD (sociaux-démocrates), parti allié de la CDU (conservateurs) d'Angela Merkel.
Le parti propose à la fois d'instaurer un plafond de 5.000 euros pour pouvoir payer en liquide. Le tout dans le but de lutter dans le crime organisé contre le terrorisme. Quoi de plus idiot ? Même cette excuse ne tient pas tellement elle n'a aucune incohérence. Plus c'est gros, plus sa passe. Et Il faut croire que Berlin compte déplacer le débat au niveau européen. Merde à Berlin !
Car le ministre des Finances Wolfgang Schäuble compte en effet convaincre acheter ? l'Europe lors d'un sommet Ecofin (réunion des ministres des Finances de l'Union européenne), selon les Échos. Berlin entend par là inscrire dans une directive européenne une limite européenne au paiement en espèces, chose que Bruxelles n'a jusqu'à présent jamais accepté.
1.000 euros en France
Les Échos expliquent que l'économie allemande est la source de nombreux blanchiments, avec des montants estimés entre 20 et 30 milliards d'euros sur le secteur financier, selon une étude de l'université de Halle-Wittenberg. Chiffre qui passerait à plus de 100 milliards d'euros en incluant la finance, selon le professeur Kai Bussmann, auteur de l'étude et également cité par les Échos. Alors maitrisons l'économie allemande et imposons leur, NOTRE politique. Historiquement, où ont mené les politiques allemandes ?  Suis-je dur ? Souvenez-vous des propos allemands sur la Grèce et son peuple .. Ces propos étaient les mêmes (mots pour mots) tenus par les nazis.
Pour rappel, en France, le plafond des montants payables en espèces est déjà bas, le ministre des Finances Michel Sapin ayant décidé de l'abaisser de 3.000 à 1.000 euros, l'été dernier. Mais de nombreux pays n'ont encore aucune limite, ce qui est le cas notamment de l'Autriche, de la Pologne ou encore du Luxembourg."

 

Dans "Trends Tendances" Belgique du 2 février 2016 : 'Sans cash, qui empêchera un fisc omnipotent de se servir sur les comptes ?'

"Le cash n'existera plus en 2026", dans dix ans donc. C'est en tout cas l'avis de John Cryan, le nouveau patron de la Deutsche Bank. Et il ne s'est pas privé de le dire au cours de la dernière édition du Forum de Davos, cette réunion annuelle des grands patrons de ce monde.
À vrai dire, John Cryan n'est pas le premier à souhaiter la suppression du cash de nos sociétés et à le dire haut et fort.
Des économistes distingués et des consultants pensent également que ce serait une excellente chose. Outre les problèmes liés au cash, comme ses coûts de production, de stockage ou pour éviter la contrefaçon, le liquide serait également à l'origine du blanchiment d'argent sale. Bref, pour toutes ces raisons, c'est un peu "haro sur le cash" depuis ces deux dernières années.

D'ailleurs les gouvernements font tout pour décourager leurs citoyens d'utiliser le cash. En Belgique, il est interdit de payer quoique ce soit par cash au-delà de 3.000 euros. Et le gouvernement français, toujours excessif dans ses démarches, a même abaissé la barre à 1.000 euros, autant dire, rien. Encore une fois, ce débat qui semble anodin est pourtant potentiellement dangereux pour le citoyen. L'argument de la lutte contre le crime, le blanchiment d'argent sale, le terrorisme ou la fraude fiscale ne suffit pas à justifier la disparition programmée du cash. Après tout, comme l'écrit si bien l'analyste financière Simone Wapler, les trafiquants, criminels et autres terroristes utilisent aussi les routes et l'éclairage public, et on ne les supprime pas pour autant !
Le débat sur la disparition du cash ne doit pas être confisqué par les banques commerciales. Elles ont tout à y gagner...
Quant à la suppression du cash, elle est dangereuse, car elle signifie que toute notre épargne sera dématérialisée. Autrement dit, le jour où nos avoirs, épargne, livrets, comptes, déclarations d'impôt, prélèvements automatiques, facturations, numéros de compte, allocations, salaires et dépenses de santé seront en ligne, et de plus en plus corrélés, qui empêchera un État malveillant ou un fisc omnipotent de bloquer d'un seul "clic" tous ces comptes ? Bonne question en effet !
Les Suisses, qui sont des gens raisonnables, ont la chance d'avoir un journal sérieux, Le Temps, qui a publié une tribune expliquant que la suppression du cash est... immorale ! Rien que cela ! Et ce n'est pas faux. Il est juste de dire qu'une société sans cash est immorale, car la propriété de l'individu est entièrement soumise et prisonnière d'un système dirigiste de contrôle, de prédation et de spoliation. Nous avons encore la chance de vivre dans des démocraties, mais ces démocraties sont sans le sou, et on l'a vu à Chypre, lorsque les caisses sont vides, on vient se servir sur les comptes des épargnants.
Et sans cash, ce sera infiniment plus facile. Il suffira de transférer le montant d'un clic vers les comptes de l'État.
Le débat sur le cash ne doit pas être confisqué par les banques commerciales qui ont tout à y gagner. Ce débat doit venir sur la place publique avant qu'il ne soit trop tard.

De "Direct Matin, Fabrice Coffrini/AFP" du 30 janvier 2016 :  La Suisse envisage de donner 2.300 euros par mois à tous ses citoyens

" La Suisse pourrait devenir le premier pays à mettre en place un revenu universel.  Les citoyens suisses pourraient bientôt profiter d'un revenu universel conséquent, l'équivalent de 2.300 euros par mois. Le gouvernement a en effet accepté d'organiser un référendum sur la question, le 5 juin prochain. Si la loi était approuvée, chaque citoyen suisse recevrait près de 2.300 euros par mois, sans condition. Ce "revenu universel garanti" serait même accordé aux résidents étrangers en situation régulière, ainsi qu'aux enfants. Les mineurs recevraient en effet une allocation d'environ 130 euros par semaine. Il s'agirait d'une première mondiale, même si d'autre pays, comme la Finlande, sont également en train d'étudier la mise en oeuvre d'une mesure similaire. Pour financer ce revenu universel, l'Etat suisse utiliserait les taxes qu'il perçoit, ainsi que les économies qui seraient réalisées sur l'ensemble des prestations sociales existant actuellement, puisqu'elles seraient toutes supprimées. Au total, cela représenterait environ 186 milliards d'euros par an. A l'origine de cette initative, on trouve un groupe d'artistes, d'écrivains et d'intellectuels. Ces derniers avancent notamment l'argument que le fait de donner un revenu universel à tous les citoyens ne les empêcherait pas de vouloir travailler, afin d'améliorer leurs revenus, ou tout simplement de s'épanouir dans une activité. Plusieurs études réalisées sur la question ont en effet avancé une telle conclusion. Toutefois, un sondage (Demoscope) réalisé récemment auprès des électeurs suisses a montré qu'un tiers d'entre eux estimaient que les gens cesseraient de travailler s'ils recevaient un revenu garanti, alors que 56% ne pensaient pas que ce dernier puisse un jour être mis en place"

Damien Durand dans "Le Figaro" du 18 janvier 2016 : La Suisse enchaîne les années de déflation... sans impact sur son économie

  " La confédération fait mentir ceux qui annoncent que la déflation est forcément source de récession et de chômage. Elle parvient à anticiper pour rendre la baisse des prix indolore.
C'est maintenant officiel: après un modeste 0,5% en 2014, l'inflation a été nulle en France en 2015. L'Hexagone n'a donc jamais été autant «au bord de la déflation» comme l'avertissent les économistes. Avec l'idée que «passer de l'autre côté» risque d'être un problème économique bien pire encore que la croissance molle. Une promesse de cataclysme économique qui ne semble pas perturber l'un de nos voisins: la Suisse.
Déflation structurelle
La confédération helvétique affiche en effet un taux d'inflation pour 2015 de -1,14%, autrement dit une situation de déflation assez marquée. Un contexte familier en Suisse: depuis 2009, le pays s'est retrouvé cinq fois en déflation. Ce qui ne l'empêche pas d'afficher cette année une croissance certes plutôt faible (0,8%) mais un chômage inexistant (3,3%). Et 2016 devrait être une nouvelle année de déflation: le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) prévoit déjà un chiffre de -0,1%... et 1,5% de croissance.
La Suisse se retrouve en déflation prolongée par un triple mouvement. Primo, la crise économique qui affecte le pays comme ses voisins de l'UE dans lesquels elle est enclavée et qui a freiné brutalement son dynamisme économique (le taux de croissance y était de 4,1% en 2007). Secundo, malgré les quantités importantes de liquidités injectées dans l'économie (le taux directeur en Suisse varie entre -1,25% et -0,25%), les banques rechignent à prêter… et les entreprises à emprunter. Tertio, la forte réévaluation du franc suisse, après sa chute début 2015, a contribué à la baisse des prix. Autant d'éléments qui poussent à la déflation. Mais la Suisse a su se maintenir, notamment grâce à une économie exportatrice performante qui a permis d'alimenter la croissance, l'investissement et l'emploi, là où la déflation, en principe, ravage tout.
Epouvantail
C'est l'ensemble de l'économie qui s'est ajustée à la déflation, ce qui permet de ne pas en subir les effets négatifs
André Fourçans, économiste spécialiste des questions monétaires
Et si la Suisse voit sereinement l'avenir, malgré le spectre de la déflation qui effraie le reste de l'Europe, c'est grâce à sa capacité d'anticipation. «Le vrai problème c'est quand vous vous retrouvez avec -1% d'inflation alors que votre économie était habituée à avoir +2%. Cela créé un choc: les augmentations salariales conçues pour coller à vos habituels 2% font exploser le coût du travail quand vous vous retrouvez en déflation. Conséquence, vous assistez à une baisse de la croissance et surtout à une hausse du chômage» explique au Figaro André Fourçans, économiste spécialiste des questions monétaires. «C'est souvent la première année que la déflation est la plus dure, du fait de nécessaires ajustements. Actuellement en Suisse, vous avez certes une déflation, mais les salaires nominaux et le coût du travail, eux, n'augmentent pas. Et avec la déflation, les salaires réels, et donc le pouvoir d'achat, grimpent. C'est l'ensemble de l'économie qui s'est ajustée à la déflation, ce qui permet de ne pas en subir les effets négatifs». Du moins tant qu'elle reste relativement modérée.
Et l'économiste l'assure: passée une période d'ajustement, il n'y a pas de raison que la France souffre plus que sa voisine du phénomène, si en tout cas elle devait y faire face. D'autant que même si la barre symbolique du zéro n'a pas été franchie, les différences de taux d'inflation entre la France et la Suisse sont dans la réalité plutôt faibles. André Fourçans dénonce d'ailleurs cette vision trop «conjoncturelle» qui ferait d'un passage en déflation le pire des maux: «Dans les faits, depuis plusieurs années nous n'avons plus d'inflation en France, sans que cela ne pose réellement problème. Nous avons juste oublié que l'inflation n'est jamais une évidence. Mais, concrètement, il n'y a pas beaucoup de différences pour un pays d'avoir une inflation à +0,5% ou à -0,5%»."

Dans "Trends Tendances" Belgique du 12 janvier 2016 : La recette miracle de la Suisse dont on devrait s'inspirer

" C'est une tradition bien ancrée maintenant dans le business: le Forum de Davos réunit chaque année la crème de la crème des mondes économique et politique. En 2016, à nouveau, les puissants se retrouveront du 20 au 23 janvier dans cette station suisse pour parler des défis mondiaux.
Klaus Schwab, le fondateur de ce Forum des puissants, a dévoilé à mes confrères du journal suisse Le Temps les grandes lignes de ce qui sera discuté sur place.
La première remarque, c'est que notre monde devra s'habituer à vivre avec une croissance plus faible. Les prévisions pour 2016 font état d'une croissance mondiale de l'ordre de 3%, contre plus de 5% avant la crise de 2008. Si cette croissance molle perdure, comme certains économistes le pensent, c'est simple, cela signifie que la richesse mondiale, qui doublait habituellement tous les 14 ou 15 ans, ne le fera plus que tous les 24 ans ! C'est donc un premier défi: les gouvernements devront apprendre à gérer l'exclusion sociale, car la machine à créer des emplois sera momentanément grippée !
Les autres défis que voit le fondateur du Forum de Davos sont les conflits régionaux, les cyber-attaques de grande ampleur et les chocs dans tout le système monétaire et fiscal, car le monde est hélas encore surendetté. Klaus Schwab estime la dette mondiale à 200.000 milliards de dollars. C'est énorme, et il faudra bien trouver une solution pour la dégonfler. Pourquoi ne pas mettre en place des fonds de Stabilisation Boursier nationaux ? Voir ICI
La recette miracle de la Suisse dont on devrait s'inspirer
L'autre message que fait passer le patron du Forum de Davos, c'est que les populations européennes doivent s'adapter au nouveau monde. En Europe, dit-il, "nous nous sommes habitués à un niveau de vie, à un système de sécurité sociale - qu'il trouve juste - mais désormais, dit-il, sur le plan technologique, par exemple, nous n'avons pas seulement la concurrence des Etats-Unis, mais aussi celle de la Chine et de l'Inde, et demain d'autres pays. Les Européens doivent être beaucoup plus conscients que tout ce que nous avons aujourd'hui peut être rapidement perdu si nous n'évoluons pas assez vite".
En conclusion, pour le fondateur du Forum de Davos, "changer veut dire embrasser le futur, embrasser le changement". Et le pays qui a compris cela, toujours selon Klaus Schwab, c'est la Suisse. Le pays est toujours classé parmi les pays les plus compétitifs au monde, avec le risque de confort que cela implique, c'est-à-dire d'oublier de s'inquiéter. Or, aujourd'hui, ne plus se faire de souci est dangereux. Le monde change tellement vite que plus personne n'a de situation garantie. Le fondateur du Forum de Davos dit qu'il faut être confiant, et en même temps s'inquiéter constamment. C'est visiblement la recette miracle de la petite Suisse. Et les Suisses ne basent pas leur économie sur la paupérisation, bien au contraire, ni sur une un système de sécuroté socaile à minima... À nous autres Belges de nous en inspirer.

Commentaire : Un article est en rédaction sur les changements de paradigmes SOCIOECOPOFI actuels. Cet article est très intéressant car les propos sur la Suisse demontent les réflexions et affirmations de cet article que l'on pourrait prendre raisonnablement comme négatives.