Revenu de base

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REVENU DE BASE

 

 

Myret Zaki dans "Bilan" Suisse du 15 03 16 Article intitulé : Le problème est celui du financement de cette rente.

" Le 5 juin, les citoyens suisses voteront sur l’initiative pour un revenu de base inconditionnel (RBI). L’idée est d’inscrire dans la Constitution le droit pour chaque citoyen de toucher à vie une rente mensuelle, sans condition. La rente proposée sur le site des initiants est de 2500 francs (et de 625 francs pour les mineurs), mais le texte ne précise pas de montant. Pouvoir s’émanciper du monde du travail, y rechercher l’accomplissement plutôt que la survie, avoir le choix, disposer d’un coussin de sécurité à vie est certes désirable.Soyons vénaux: et le financement? Une considération bien vénale, j’en conviens. Mais qui sera si déterminante, que l’initiative échouera sans doute pour cette raison. Selon les initiants, le RBI se substituerait à la plupart des prestations et cotisations sociales existantes, et il ne resterait à financer que l’équivalent de 3% du PIB. Or si une partie de la population sort du monde du travail, cela entraînera une perte de PIB. Si moins de richesse nationale est produite par le travail, le coût du RBI représentera davantage, au fil du temps, que 3% du PIB.
Qui paiera? Ceux qui travailleront encore. Seuls les impôts du travail permettront de compléter le financement de cette rente pour ceux qui choisiront de quitter le travail salarié. Le coût du RBI est en outre appelé à croître, avec l’augmentation de la population. Par ailleurs, des suppléments pour maladie, accidents et vieillesse s’ajouteront aux estimations (déjà théoriques)articulées ci-dessus.
Dès lors, l’Etat pourrait devoir s’endetter pour que tout un chacun bénéficie de cette allocation universelle. Mais au final, le RBI devra être financé par ceux qui, paradoxalement, appartiennent au «monde d’avant RBI», celui du travail salarié, le même que les défenseurs du RBI jugent désormais obsolète. De façon inévitable, un système hybride qui mélange RBI et travail, personnes entretenues et personnes salariées, créera des tensions: les salariés accepteront-ils de subventionner les oisifs?
Pour s’autofinancer réellement, le bénéficiaire d’un RBI doit produire quelqu
e chose, rechercher une forme d’autarcie. Or ici il dépendra en partie des aides de l’Etat (anciennement les prestations sociales) et en partie des ressources du travail via les augmentations envisagées de la fiscalité (ajustement de la TVA, de la fiscalité directe, taxe sur la production automatisée, sur l’empreinte écologique, etc.).
D’autres financements évoqués sont l’introduction d’une taxe sur toutes les transactions économiques, ou la création monétaire par la Banque nationale. La première, si elle n’est pas mondiale, chasserait des entreprises de Suisse, qui n’auraient qu’à déménager leur siège pour éviter ladite taxe. La deuxième créerait une inflation qui ferait des 2500 francs le «nouveau zéro»: le pouvoir d’achat de ces 2500 francs serait rapidement évaporé.
L’étymologie du mot revenu (du verbe «re venir») évoque l’idée de «retour», de «rétribution» en contrepartie d’une action réalisée. Le RBI, qui serait dû «sans condition», est-il donc un revenu? En France, 17% de la population vit avec un salaire minimal (contre travail) de 1570 francs (1458 euros). Certes, la Suisse est un pays souverain, libre de financer une rente, même élevée. Mais la Suisse est aussi un pays de travailleurs, qui ont très largement refusé, en 2012, de passer de quatre à six semaines de congés payés annuels.
S’il est incontestable que le plein-emploi n’est plus garanti, et que les robots remplaceront de plus en plus de travailleurs, la solution doit passer par des compétences accrues et une éducation supérieure pour des pans toujours plus larges de la population. Pour ce but-là, davantage de citoyens accepteront de payer des impôts."

Commentaire au journal :

Bonjour,

En préambule de mes réflexions, je suis un chef d’entreprise qui travaille comme quantité de personnes plus de 10 h par jour et un certain nombre d’heures le week-end. Dois-je pour cela étendre cette notion et en faire mon schéma de pensée et de « jugement »
d’autrui, certes non. Pourquoi ? Parce que je consomme très peu et que si je n’étais pas un financier, je perdrais régulièrement une partie de ce capital lors des krachs devenus quasi métronomiques.
Quelques questions sans a priori (je l’espère) pour « S’élever pour mieux voir,
relier pour mieux comprendre, situer pour mieux agir. » citation de Joël de Rosnay.
1) S’élever pour mieux voir : Nos raisonnements sur le travail sont-ils encore adaptés à la situation que nous allons connaître de conjonction entre une (hyper) révolution technique touchant la quasi totalité des pôles de production/consommation et la paupérisation du plus grand nombre élevée au rang de dogme (ce qui n’est pas le cas en Suisse)? A l’heure où manifestement la crise de l’emploi va devenir un problème de stabilité étatique nationale voire de stabilité politique étatique régionale (ex en Europe actuellement), pouvons-nous encore réfléchir en fonction de nos sentiments, ressentiments passés présents étayés ou non, et de nos anciens schémas divers et variés ?
2) Relier pour mieux comprendre :
l’économie est avant tout un circuit. Si ce circuit n’est pas et n’a jamais été égalitaire en terme financier, il n’en demeure pas moins que les déséquilibres ne peuvent être trop importants. Exemple : on paupérise d’un côté, pour favoriser la consommation du plus grand nombre et le retour financier sur le plus petit nombre. Le plus grand nombre qui étant paupérisé ne peut plus consommer avec pour conséquence, un appel de l’Etat à la rescousse de tous les côtés. Dans votre article, il est fait mention d’une différence entre salariés et "oisifs". Cette juste différence sera-t-elle encore valable dans le monde qui vient ? Qui sera le plus important dans cette nouvelle économie ? Celui qui produit ou celui qui consomme ? La production étant assurée avec le moins de monde possible et la plus grande optimisation comptable et financière possible, ne pourra vivre que par le facteur consommation. De ce fait, le facteur de la vitesse de circulation va prendre une toute
autre ampleur qu’aujourd’hui. Réalité dont je pense que nous ne pouvons pas encore percevoir les premiers paradigmes. La notion du travail/oisiveté ne serait-elle pas à revoir alors que la production sera en très grande partie le fruit de la technique ?
L’important dans cette situation n’est-il pas de raisonner en flux financier cohérent pour les créateurs (entrepreneurs), les utilisateurs (consommateurs) et le mixte des deux. Pourquoi le mixte des deux ? Une minorité invente, crée et la majorité doit consommer pour faire « vivre » les inventions et permettre à la minorité de percevoir un juste retour financier et surtout lui donner envie de continuer de mettre le fruit de leur inventivité à la disposition de tous. Juste retour financier, qui ne pouvant consommer, va être investi sur les marchés boursiers ou autres développements. C’est là que le bât blesse, car c’est ici qu’interviennent les distorsions comptables avec, par exemple, l’effet mark-to-market comptable en Bourse. Personnellement je ne connais pas beaucoup de créateurs qui remettent quantité de leurs capitaux dans le circuit de consommation, faute de temps ou alors, dans des biens d’un certain prix dont la vitesse de circulation et le retour économique n’est pas évident. Exemple : œuvres d’arts, investissements immobiliers ou mobiliers qui là aussi ne sont que très rarement des moteurs économiques permanents et récurrents. Combien des créateurs ne sont-ils pas dans le cas d’une consommation somme toute assez maigre, en terme de vitesse de circulation économique et en potentiel financier non remis en réelle circulation économique mais épargné et placé sur des
investissement boursiers ou autres ? Investissements qui évoluant au gré de valorisations comptables présentées abusivement en terme de réalité financière, viennent encore plus déstabiliser le circuit économique…d’autant plus qu’elles s’effondrent avec les krachs
comptables boursiers présentés comme des krachs financiers. Le temps n’est-il pas venu de passer de l’économie financière sous dépendance mathématique et comptable à la physique financière et économique des « fluides » ?
3) Situer pour mieux agir :
La vitesse de circulation doit-être réfléchie sur le plus grand nombre possible et dans les meilleures conditions écologiques possibles. Pour cela, soit nous répartissons le travail pendant la phase de révolution industrielle, technique et humaine soit nous persévérons dans notre auto destruction régulière (avec risque de guerre) dans le tout pour un
minimum et le peu (avec endettement pour eux ou pour l’Etat) pour le plus nombre. Plus grand nombre qui nourrit à la médiatisation de certains effets de la « richesse » risque de générer des comportements négatifs. Notre challenge actuel n’est-il pas de nous extraire de nos croyances (étayées ou non) pour en revenir à un schéma de base assez simple de fiabilité SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancier entre les consommateurs et les créateurs. Ces dernières années nous avons épargné des capitaux sur des valeurs faussées par la comptabilité via l’effet mark-to-market qui fausse les valorisations boursières quotidiennes à plus de 90% et qui fait fi de la réelle liquidité. Les krachs répétitifs quasi métronomiques nés de cette aberration détruisent régulièrement des montant financiers de plus en plus colossaux dû au fait de l’assimilation erronée des chiffres financiers élevés à l’hélium des règles comptables au rang de réalité financière. Ce faisant, alors que l’économie devrait une pyramide dont la base est économique et la
pointe financière, nous avons mis en place des pyramides reposant sur une pointe financière, pointe financière boostée au premier étage par les règles comptables qui fausse les décisions politiques et économiques pour en arriver à des conséquences et décisions pouvant s’avérer de plus catastrophiques en terme sociologique A votre avis, qu’en serait-il si le « système » comptable n’avait pas opté ou accepté la « trituration » des réalités financières et avait remis le circuit économique à sa juste place en défaveur d’une logique faussant l’ensemble des données SOCIOlogiques, ECOnomiques POlitiques et FInancières….. Et si nous avions là une voie d’étude, de réflexion et de résolution ? Merci.