Politique 2016

Investissement Socialement Responsable, la responsabilité sociale des entreprises,responsabilité sociale et environnementale, investissement responsable responsabilité sociale des entreprises, ESG définition, ESG, investissement humainement responsable

POLITIQUE 2016

 


Alain Mouton dans "Trends Tendances" Belgique du 24 03 16 Article intitulé : 'Brussels 03/22': les véritables causes des attentats de Bruxelles

" Les attentats de Bruxelles ont deux causes principales: la déstabilisation au Moyen-Orient, due à l'obsession de vouloir instaurer partout les droits de l'Homme et la démocratie à l'occidentale, et l'émergence de communautés parallèles dans les pays de l'UE.
Après le 9/11 aux États-Unis, après Madrid en 2004, après Londres en 2005 et Paris l'an dernier, c'était au tour de Bruxelles mardi dernier. Ce que certains prédisaient déjà depuis un certain temps est arrivé: la capitale de la Belgique et de l'Europe a désormais aussi dû faire face à un attentat terroriste. Cette dernière horreur s'inscrit dans une série d'événements qui se produisent depuis près de quinze ans dans le monde occidental. Mais aussi en dehors, car des pays comme l'Indonésie, le Nigeria et la Côte d'Ivoire ont tout autant eu à souffrir d'attentats perpétrés par des fondamentalistes musulmans.
Les attentats les plus récents - Paris et Bruxelles - sont directement liés à la guerre au Moyen-Orient. On n'a pas encore tous les éléments au sujet de l'identité des auteurs des attentats de Zaventem et de la station de métro Maelbeek, mais l'État islamique (EI) a revendiqué ces actions, tout comme celles de Paris l'an dernier. Le conflit qui se déroule à des milliers de kilomètres de l'Europe s'est exporté ici en partie parce que des centaines, si pas des milliers de musulmans de nos contrées sont partis en Syrie au cours des dernières années pour combattre dans les rangs de l'EI. Ils peuvent apparemment revenir souvent et sans trop de problèmes en Europe, et provoquer un bain de sang.
L'EI occupe une zone à cheval sur l'Irak et la Syrie qui se trouve à la frontière avec la Turquie et à un jet de pierre de l'Europe. En Libye aussi, une partie de la région côtière est aux mains de Daech. Ce cancer politique au Moyen-Orient et au nord de l'Afrique ne disparaîtra pas rapidement et résulte en partie des politiques désastreuses des États-Unis et de l'Union européenne dans la région.
Après les attentats du 9/11, des conseillers néoconservateurs ont murmuré à l'oreille du président américain George W. Bush: chassons un certain nombre de dictateurs au Moyen-Orient et remplaçons-les par des régimes démocratiques selon le modèle occidental. Il en a été autrement. L'Irak, premier objectif des États-Unis, est tombé dans le chaos. Mais les néoconservateurs, aux USA et en Europe, n'ont pas appris la leçon, trop obsédés qu'ils étaient par leurs lubies idéologiques.
Après le Printemps arabe de 2011, une nouvelle opportunité s'est présentée de se débarrasser de certains dictateurs et d'instaurer une démocratie libérale à l'occidentale, ont-ils pensé. Et à nouveau, le résultat a été le chaos. En Libye, le président Kadhafi fut écarté, surtout sous l'impulsion du Président français de l'époque Nicolas Sarkozy, qui avait encore un oeuf à peler avec l'homme (Khadafi avait soutenu financièrement la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007, mais cela ne pouvait pas se savoir). La Libye est depuis lors un failed state. Après cela, le président syrien Bachar Al-Assad devait également être déchu. Nouvel échec. Le résultat a été le même qu'en Libye: le chaos une fois de plus. Les dirigeants occidentaux n'ont apparemment toujours pas compris que les droits de l'Homme et les élections démocratiques ne sont pas des produits d'exportation. Pour ma part, je pense que les dirigeants occidentaux (sauf à imaginer de la corruption directe) n'ont toujours pas compris que là, où nous nous avons un pouvoir exécutif, dans les pays qu'ils déstabilisent volontairement, le pouvoir ressort d'un consensus tribal. En faisant tomber celui qui est à la tête du pays avec accord majoritaire tribal, ils ravivent les guerres tribales (dites de religion ou non) en faveur de la vente d'armes et de la montée d'extrémismes qui se présentent ou que l'on présentent comme religieux permettant ainsi la mise sous tutelle de ces pays en faveur des grands groupes industriels qui financent parfois les politiciens décideurs des déstabilisations et les déstabilisateurs eux-mêmes. 
Paradoxalement, un certain nombre d'États du Golfe - l'Arabie Saoudite et le Qatar en tête - se sont joints aux puissances occidentales qui voyaient dans le Printemps arabe une sorte de révolution démocratique. L'Arabie saoudite et compagnie ont vu dans la déstabilisation de la région une opportunité d'étendre leur puissance. Notamment en mettant le feu aux tensions entre sunnites (l'Arabie Saoudite et les autres États du Golfe) et chiites (sous la direction de l'Iran). Les pays du Golfe ont soutenu toutes sortes de groupements djihadistes en Irak et en Syrie, qu'ils n'ont plus pu contrôler au fil du temps. L'EI en est l'incarnation. Simultanément, toutes sortes de jeunes fondamentalistes ont été attirés vers l'Irak et la Syrie par le chant des sirènes de Daech. Ils ont servi de chair à canon dans la région, mais également, dans un certain sens, à leur retour en Europe.
Le fait que ces djihadistes ont subi un lavage de cerveau dans leur pays de naissance européen n'est pas sans lien avec la politique perfide que l'Arabie Saoudite (à qui la France distribue des médailles ou une médaille au prince héritier d'Arabie Saoudite. MDR.) mène depuis des décennies. Il est de notoriété publique que, depuis des années, de l'argent transite massivement entre l'Arabie saoudite et les mosquées salafistes en Europe. Pour mémoire, le salafisme est un des courants les plus radicaux de l'Islam. En outre, les communautés étrangères en Europe sont submergées par la propagande salafiste, et les chaînes satellites y contribuent.
Par ailleurs, le fondamentalisme musulman peut facilement prendre racine dans certaines villes européennes - Bruxelles, Paris, Londres - du fait que les musulmans y vivent en communauté fermée. On peut même dire que des communautés parallèles fermées y sont nées, et dans lesquelles il y a clairement de la sympathie et du soutien pour les djihadistes. Sinon, comment quelqu'un comme Salah Abdeslam aurait-il pu rester aussi longtemps sous les radars ?
Les personnes qui émettaient des critiques sur la situation dans certains quartiers étaient taxées de racisme. Maintenant, on paie l'addition de cette non-politique catastrophique
Les hommes politiques locaux portent une énorme responsabilité dans l'émergence d'une telle communauté parallèle dans certains quartiers de Bruxelles. Certainement du côté de la gauche. Des communes comme Molenbeek devaient devenir une expérience multiculturelle. Mais à cause d'une politique du laissez-faire et du refus d'instaurer une politique d'intégration, ces quartiers sont rapidement devenus un cocktail explosif où la petite et la grande criminalité prospèrent en symbiose avec un islamisme radical qui a pu y prendre racine facilement. Les habitants d'origine étrangère qui n'ont pas voulu y prendre part sont partis. Et les politiciens locaux ont regardé ailleurs pour des raisons électorales. Le secteur bien subsidié des travailleurs sociaux, qui devaient officiellement y promouvoir l'intégration, a vendu une histoire pour se sentir bien, alors que la réalité était toute autre.
Le journaliste hollandais Arthur Van Amerongen qui dans son livre "Un quartier pourri", il y a dix ans déjà, mettait en garde contre le djihadisme à Molenbeek devait se taire. Le politicien Luckas Vander Taelen - membre de Groen et donc au-dessus de tout soupçon - n'était plus le bienvenu sur la liste électorale en 2012, après ses critiques sur le mauvais comportement de jeunes habitants d'origine étrangère dans sa propre commune de Forest. Le procédé était connu: celui qui critiquait la situation dans certains quartiers était taxé de racisme ou de crypto-nazisme fanatique. Maintenant, on paie l'addition de cette non-politique catastrophique.

Michel Santi dans "La Tribune" du 21 03 16 Article intitulé : Il y a une vie après le capitalisme

" La gauche et la droite doivent comprendre que le capitalisme n'est plus productif. Il faut changer notre rapport au travail. Par
L'économie n'est plus une pourvoyeuse d'emplois ! Ce paradigme est désormais révolu car, à l'ère de la globalisation et de la financiarisation de nos économies, croissance ne rime plus avec travail honorable et correctement payé que pour une minorité. La crise des subprimes fut fondamentalement provoquée par des prêts massifs accordés aux ménages de la classe moyenne afin de leur donner l'illusion qu'ils pouvaient maintenir leur niveau de vie.
Plus de croissance stable
Depuis, nous avons compris qu'il n'est désormais plus possible de vivre sur l'illusion selon laquelle l'augmentation progressive de nos revenus nous autoriserait à vivre mieux que nos parents, et nos enfants mieux que nous. Depuis, nous nous sommes rendus compte que la classe moyenne -pilier de nos démocraties modernes- croulait sous les coups de boutoir de ces dettes illégitimes encouragées par les politiques pour maintenir la paix sociale et prodiguées par la finance pour gonfler ses profits. Le capitalisme, aujourd'hui, se fissure de toutes parts et n'est plus capable de produire une croissance stable, tout au plus des épisodes mortifères jalonnés d'implosions de bulles spéculatives.
Quelle alternative?
Il est donc plus que temps de lui trouver une alternative et, ce, d'autant plus que nos économies sont désormais de plus en plus construites sur l'échange gratuit de l'information, totalement incompatible avec le capitalisme classique dont la raison d'être est le profit et le moyen d'y parvenir la compétition. Il est donc urgent d'édifier une économie qui ne soit plus basée -ou que basée- sur le marché et sur le prix. Qui n'empêcherait pas ceux qui veulent travailler de le faire, mais qui épargnerait à un nombre de plus en plus important d'accomplir des tâches que de plus en plus de robots sont désormais capables de remplir. Cette valeur travail, profondément ancrée dans notre identité, doit désormais être désacralisée.
Une ère de collaboration entre les acteurs économiques?
Qu'il ne soit plus obligatoire d'accepter les tâches dégradantes. Que le volontariat soit ardemment promu. Que l'épanouissement personnel ne soit plus redevable au travail. Que l'insécurité matérielle soit enfin éradiquée. Que la robotisation profite à toutes et à tous, et pas qu'à un nombre infime. Que la gauche et que la droite comprennent que le capitalisme n'est plus productif. Qu'il n'est en fait carrément plus nécessaire de produire dans cette économie post-capitaliste qui est la nôtre, où l'argent a perdu sa centralité et où les biens comme les informations peuvent désormais être échangés.
Est-il naïf d'émettre le vœu que le capitalisme sauvage soit progressivement remplacé par une ère de collaboration entre les acteurs économiques ?

Commentaire : Je ne partage pas la globalité du propos car il est tu le fait que le capitalisme actuel se plante, pour l'instant, UNIQUEMENT parce qu'il est bâti sur l'amalgame cours de Bourse et prix réalisable par l'ensemble. Sur ce sujet voir www.agencedecotationihr.com


Dans "Trends Tendances" du 21 03 16 Article intitulé : Donner 1000 euros à chaque citoyen, l'idée controversée de la BCE

Ayant commenté un article de Romaric Godin sur ce sujet hier, je vous propose, si vous désirez avoir mon avis, de lire l'article commenté qui suit cette "Presse commentée".

Naturellement, dans l'article ci-dessous vous retrouverez la "pate" économique allemande. "Pate" économique qui relève du dogmatisme aveugle allemand. Comment des allemands ayant "plombés" en leur seule faveur l'Europe de la Paix peuvent-ils encore donner des leçons ?

" Et si la Banque centrale européenne distribuait de l'argent directement aux ménages pour faire repartir l'inflation ? Hérésie pour beaucoup, l'idée aussi connue sous la notion d'"hélicoptère monétaire" est perçue comme "très intéressante", par le président de la BCE, Mario Draghi. Il remet au goût du jour un vieux débat lancé par l'économiste américain Milton Friedman en 1969.
  En 1969, l'économiste américain Milton Friedman imaginait une méthode radicale pour lutter contre la déflation : un hélicoptère larguant depuis les airs des montagnes de billets sur les villes, afin de gonfler le portemonnaie des consommateurs et les inciter à dépenser plus, faisant ainsi remonter les prix. Ainsi était née la notion d'"helicopter money" ou "hélicoptère monétaire".
De plus en plus d'économistes réfléchissent à cette possibilité de verser de l'argent frais directement à chaque citoyen européen afin de relancer l'économie. L'économiste belge Paul De Grauw déclare au Nieuwsblad : "La baisse continue des taux n'a pas l'effet escompté. Si j'étais Mario Draghi, je prendrais cette mesure. Pour le moment, on essaie d'injecter de l'argent dans le système via les banques, mais elles sont trop conservatrices que pour que cet argent parvienne dans l'économie. Simplement donner de l'argent aux citoyens serait beaucoup plus efficace". Peter Praet, l'économiste en chef de la BCE est d'avis aussi que donner 1000 euros à chaque Européen serait bénéfique pour rebooster l'économie.
Peter Vanden Houte, économiste en chef chez ING, se montre enthousiaste, mais avec quelques réserves. "Cela permet de donner un coup de pouce à l'économie, mais il faut aussi bien sûr veiller à ce que cet argent ne soit pas thésaurisé", prévient-il. Parallèlement, il estime la mesure peu réaliste: "J'imagine mal que des pays comme l'Allemagne, la Finlande ou les Pays-Bas sautent à pieds joints dans cette politique. Ils pensent déjà que la BCE outrepasse son mandat".
"C'est un concept très intéressant (...), mais nous ne l'avons pas encore vraiment étudié", a déclaré de son côté, et contre toute attente Mario Draghi la semaine dernière en conférence de presse. Hétérodoxe et controversé, l'hélicoptère monétaire n'a encore jamais été utilisé à grande échelle dans l'histoire moderne.
Les propos de M. Draghi ont suffi à enflammer les spéculations autour de l'usage d'un tel outil, au moment où, partout, les doutes grandissent quant à l'efficacité des politiques monétaires pour faire grimper les prix.
'175 euros par mois par citoyen'
"L'hélicoptère monétaire fait actuellement l'objet d'intenses réflexions dans les milieux académiques et les banques centrales", estime pour sa part Marcel Fratzscher, président de l'institut économique allemand DIW. "Ce serait toutefois vraiment un instrument de dernier recours, si plus rien d'autre ne fonctionnait".
Prêts géants gratuits pour les banques, achats massifs de dettes sur les marchés via le programme "QE", taux au plus bas, la BCE, comme sa consoeur japonaise d'ailleurs, a multiplié les efforts ces deux dernières années pour tenter de faire remonter les prix.
En abreuvant les banques d'argent frais, la BCE espère stimuler l'octroi de prêts aux ménages et entreprises, et relancer la croissance. En Europe, le financement de l'économie passe presque exclusivement par le crédit bancaire.
Mais depuis trois ans, l'inflation est systématiquement sous la cible d'un taux "proche, mais inférieure à 2%", définition pour la BCE de la stabilité des prix. Lestés par l'effritement des cours du pétrole, les prix ont même reculé sur un mois en février.
L'octroi de prêts ne progressant que très lentement, une grande partie de l'argent déversée par la banque centrale reste coincée dans les tuyaux du circuit financier, sans parvenir aux consommateurs.
Le recours à l'hélicoptère monétaire permettrait de contourner les banques pour verser de l'argent directement dans la poche des ménages.
Si les sommes actuellement injectées par la BCE "étaient réparties entre tous les habitants de la zone euro, chaque citoyen pourrait recevoir jusqu'à 175 euros chaque mois", fait valoir le collectif "QE for people", un regroupement d'associations et d'économistes favorables à cette mesure.
Difficultés légales
En pratique, l'hélicoptère monétaire peut recouvrir d'innombrables formes : distribution de coupons aux citoyens à dépenser dans les magasins, programme d'investissement, ou baisse d'impôts, le tout financé par la banque centrale.
Michaël Malquarti, économiste de la banque helvétique SYZ, plaide quant à lui depuis plusieurs années pour que la Banque nationale suisse (BNS) puisse verser de l'argent directement aux citoyens via le système d'assurance-maladie du pays. "J'aimerais voir la Suisse comme une pionnière dans ce domaine. Cela pourrait faire tomber une barrière psychologique", déclare à l'AFP M. Malquarti.
Mais en zone euro, où cohabitent 19 Etats et systèmes fiscaux différents, la mise en oeuvre d'une telle mesure se heurte à d'importantes difficultés techniques, logistiques et éthiques. Sans parler des obstacles légaux : si rien n'empêche en principe la BCE de verser de l'argent aux citoyens, les traités européens lui interdisent en revanche formellement de financer directement les gouvernements.
"Jusqu'à présent, pour avoir de l'argent, il fallait normalement le gagner. Si la BCE se mettait à distribuer de l'argent sans contrepartie, cela constituerait un énorme bouleversement des habitudes économiques et mettrait l'économie de marché en danger", pointe également Jörg Krämer, économiste de Commerzbank.
Mais "si tout le reste échoue, le débat autour de l'hélicoptère monétaire va passer à l'étape supérieure", juge son collègue Christophe Rieger.
Pour Jonathan Loynes, économiste de Capital Economics, "la leçon des dernières années, c'est que des politiques qui semblaient inimaginables peuvent devenir réalité".
"L'hélicoptère monétaire" n'est "pas une manne qui tombe du ciel"
Le président de la Bundesbank allemande a mis en garde samedi contre l'hypothèse que la Banque centrale européenne (BCE) distribue de l'argent directement aux ménages pour faire repartir l'inflation, arguant que cette solution, surnommée "hélicoptère monétaire", "n'était pas une manne".
"L'hélicoptère monétaire n'est pas une manne qui tombe du ciel, au contraire elle ferait des trous gigantesques dans les bilans des banques centrales. Au final, les Etats de la zone Euro et les contribuables devraient supporter les coûts", a mis en garde Jens Weidmann, le gouverneur de la banque centrale allemande, dans un entretien aux journaux du groupe Funke Mediengruppe.
Donner de l'argent aux citoyens "est une décision hautement politique qui doit être prise par les gouvernements et les politiques", a-t-il encore estimé.
"Les banques centrales n'en ont pas le mandat, notamment parce que cela entraînerait une redistribution massive. Ca ne serait rien d'autre que le mélange de la politique monétaire et de la politique fiscale et ça ne serait pas compatible avec l'indépendance des banques centrales", a-t-il déclaré.
"En lieu et place d'expérimentations de politique monétaire téméraires, il serait intéressant de faire une pause", a-t-il estimé, jugeant que "la politique monétaire n'est pas la panacée".
"Elle ne remplace pas les réformes nécessaires dans les pays et ne résout pas les problèmes de la croissance en Europe", a estimé M. Weidmann, notoirement critique des politiques de soutien des prix et de l'économie mises en oeuvre par la BCE.

Romaric Godin dans "La Tribune" du 18 03 16 Article intitulé : La BCE prête à sortir son "monnaie hélicoptère"

" La BCE va-t-elle faire un chèque aux citoyens de la zone euro ? 
L'économiste en chef de la BCE, le Belge Peter Praet, l'a confirmé : l'usage de "l’hélicoptère", autrement dit de la création monétaire directe pour les agents économiques, est une arme dont dispose la BCE. Est-ce un moyen d'ancrer à tout prix les anticipations d'inflation ou est-ce une vraie possibilité ?
L'usage de l'« hélicoptère » monétaire, autrement dit du déversement massif de monnaie sur l'économie, va-t-elle devenir réalité en zone euro ? Cette vieille idée évoquée par Milton Friedman, le père du monétarisme, en 1948, va-t-elle être utilisée par l'institution de Francfort qui désespère de plus en plus de l'efficacité de son « assouplissement quantitatif » ?
La BCE évoque enfin la monnaie hélicoptère
La question est, en tout cas, clairement sur la table. Lors de sa conférence de presse du 10 mars, Mario Draghi avait jugé cette idée « intéressante », tout en affirmant que le Conseil des gouverneurs n'avait « pas encore étudié ce concept. » Les observateurs n'ont pas manqué de relever combien ce « pas encore » laissait de porte ouverte. Huit jours plus tard, dans une interview accordée au quotidien italien La Repubblica, l'économiste en chef de la BCE, membre du directoire, Peter Praet, est allé nettement plus loin en affirmant que la monnaie « hélicoptère » entrait dans la « boîte à outil » de la BCE. « Oui, toutes les banques centrales peuvent le faire », a confirmé l'économiste belge. Et de marteler : « Donc, quand nous disons que nous n'avons pas atteint les limites de nos outils, je pense que c'est vrai. » Le message est donc claire : l'hélicoptère monnaie est désormais une arme possible pour la BCE.
Qu'est-ce que la monnaie hélicoptère ?
Qu'est-ce que l'hélicoptère ? Milton Friedman l'a décrit au début de sa carrière, à l'époque où la crise déflationniste des années 1930 est encore dans les mémoires. Dans la logique monétariste, la banque centrale doit avoir recours à la distribution de liquidités (Friedman utilise alors l'image d'une distribution de billets par hélicoptère) pour mettre fin à un risque de spirale de baisse des prix. L'argent distribué vient gonfler la demande et relancer l'inflation.
La logique est bien celle du monétarisme : agir sur la masse monétaire pour agir sur les prix. On remarque aussi que ce concept se distingue de l'usage habituel de la planche à billets, qui sert souvent à combler un déficit chronique de l'Etat. Ici, l'Etat n'intervient pas, précisément pour éviter tout risque de spirale hyperinflationniste. En étant distribué aux agents économiques pour être dépensé, cet argent, au contraire, dispense l'Etat de s'endetter davantage et comble les déficits en venant grossir les revenus fiscaux.
La crédibilité de la BCE en jeu
Si la BCE ne peut plus faire l'impasse sur un tel instrument, c'est que, désormais, sa crédibilité est en jeu. L'institution de Mario Draghi semble être arrivée au bout de sa logique d'assouplissement quantitatif. Après un an de rachats d'actifs publics à hauteur de 60 milliards d'euros, l'inflation reste désespérément faible. Certes, cette faiblesse est tirée par les prix de l'énergie et des matières premières, mais l'inflation sous-jacente demeure également faible au regard des moyens mis sur la table. En février, les prix en zone euro ont reculé sur un an de 0,2 %. L'inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, alcools et tabacs) est passée de 1 % à 0,8 %. Résultat : les anticipations d'inflation sur les marchés se sont fortement dégradées, s'éloignant de l'objectif de la BCE. En clair : les marchés ne croient plus dans l'efficacité de la politique de la banque centrale. C'est donc bien la crédibilité de la BCE qui est en jeu.
Convaincre les marchés de la détermination de la BCE
Le 10 mars, Mario Draghi a donc frappé fort en augmentant le volume des rachats de 60 à 80 milliards d'euros mensuels, tandis que le taux de dépôt négatif a été alourdi de -0,3 % à -0,4 %. Un nouvel instrument, le TLTRO II, visant à inciter les banques à prêter à l'économie par une « récompense » sous forme de taux négatif, a été mise en place. Cet arsenal vise à convaincre les marchés de la détermination de la BCE. Mais il ne suffira pas. Ces annonces n'ont ainsi pas permis de peser sur l'euro qui, depuis le 10 mars, a progressé face au dollar. Dans un contexte où chaque banque centrale tente d'exporter sa déflation et où les fondamentaux de la zone euro, avec son excédent courant et son économie qui résiste dans le ralentissement mondial, l'euro peine à reculer. La BCE doit donc aller plus loin, du moins en parole, pour restaurer sa crédibilité.
Dans l'interview déjà citée à la Repubblica, Peter Praet affirme ainsi que le taux de dépôt négatif n'a pas atteint sa limite basse, il peut encore baisser. L'allusion à l'hélicoptère monnaie entre dans cette logique : impressionner et prévenir que l'on est prêt à tout, même à l'impensable.
Pas seulement une menace
Faut-il donc ne prendre ces paroles que pour des menaces vaines, qui ne se traduiront pas dans les faits ? Rien n'est moins sûr. La BCE a préparé de cette manière l'introduction des taux négatifs et de l'assouplissement quantitatif, par des allusions visant à impressionner le marché. Mais la réalité de l'inflation faible ne changeant pas, ces instruments sont devenus des « exigences » du marché, qu'il a fallu mettre en œuvre, au risque de provoquer, comme le 3 décembre dernier, des déceptions désastreuses de la part des investisseurs.
Bref, comme précédemment, la BCE pourrait bien être pris à son propre piège et se voir contrainte à monter dans l'hélicoptère par la force des événements. Ces déclarations ne peuvent donc pas être considérées comme de simples paroles en l'air.
Une mesure qui contourne les banques
En théorie, l'hélicoptère monnaie dispose de beaucoup d'avantages pour la BCE. Ce procédé permet de contourner un système bancaire système bancaire à qui a été donné tous les pouvoirs politicos/financiers et qui tient tellement les Etats dans ses mains que la BCE en est à envisager de distribuer de l'argent (argent dont on supprime la disponibilité en liquide pour les Peuples) pour contourner la réalité du détournement des pouvoirs financiers, politiques et autres en faveur des seules banques, qui demeure un des principaux obstacles à la transmission de la politique monétaire à l'économie réelle et qui a conduit à limiter l'impact de l'assouplissement quantitatif. Il permet aussi d'avoir moins recours aux taux négatifs dont l'usage est in fine périlleux. La monnaie distribuée directement aux consommateurs viendra naturellement gonfler la demande et exercer une pression inflationniste qui permettra un relèvement des anticipations d'inflation. Dès lors, un cercle vertueux peut se mettre en place : rassurées par les perspectives sur les prix et donc sur leur capacité à fixer leurs prix, les entreprises pourraient alors investir. La croissance se renforcera et les anticipations d'inflation également.

Une mesure légale en zone euro
L'autre avantage de l'hélicoptère monnaie, c'est qu'elle n'est pas expressément interdite par les traités européens, à la différence du financement monétaire des Etats. Or, on l'a vu, ce procédé a été mis en avant par Milton Friedman précisément parce qu'il épargne les budgets. En distribuant de l'argent, la BCE pourrait ainsi prétendre préserver même l'esprit des traités en incitant les Etats à réduire leurs déficits et même en les aidant à le faire.
C'est un élément important compte tenu de la levée de boucliers attendue en Allemagne en cas de recours à cette méthode, et notamment de la confusion qui pourrait naître d'une comparaison avec l'hyperinflation de la République Weimar où, en réalité, on avait connu un financement monétaire des dépenses publiques.
De la création monétaire pure
Pour la BCE, les vrais obstacles pourraient être ailleurs. D'abord, dans la couverture des pertes. Car cette monnaie émise n'est pas « couverte » par une contrepartie, à la différence des rachats d'actifs ou des prêts à long terme des banques. Certes, les rachats d'actifs peuvent entraîner des pertes liées au prix de rachat, qui seront couvertes par de la création monétaire ex nihilo, mais la logique de l'hélicoptère monnaie est différente.
Il s'agit en effet de la planche à billets pure, sans contrepartie dans le bilan de la banque centrale, qui entraîne une perte sèche pour la BCE. On notera que la BCE, pour la première fois, le 10 mars, a montré qu'elle était prête à s'engager dans cette voie avec le TLTRO II. Cela dit, Les banques qui auront emprunté de l'argent à la BCE et auront augmenté leur volant de prêts bénéficieront en effet d'un taux négatif, autrement dit d'une « prime » sous forme de remise d'une partie du capital emprunté. Cette prime est de la création monétaire sans contrepartie.
La question des pertes de la BCE
Cette perte peut être certes compensée par plusieurs moyens. D'abord, par les profits générés par ailleurs qui peuvent couvrir ces pertes. En 2014, ce bénéfice net était de près d'un milliard d'euros, mais il ne prend pas en compte l'effet des taux négatifs et du QE. Ensuite, parce qu'en cas de perte nette, la BCE peut, selon l'article 33-2 du traité de fonctionnement de l'UE, avoir recours à son fonds de réserve général (fin 2014, il était à 7,6 milliards d'euros) et, sur décision du conseil des gouverneurs, utiliser les revenus monétaires des banques centrales nationales. Ces « coussins » de sécurité paraissent cependant trop faibles pour irriguer une économie de 340 millions d'habitants. Il faudra donc sans doute une recapitalisation par les banques centrales nationales, donc par les Etats ou un maintien en bilan négatif, ce que ne prévoient pas les traités. Un choix « politique » qui risque d'être délicat à gérer.
Quelle forme pour l'hélicoptère ?
Deuxième problème majeur : la forme que devra prendre l'hélicoptère. Faut-il procéder à un simple crédit en une fois sur les comptes courants des citoyens d'une somme fixe en euros ? Dans ce cas, l'efficacité risque d'être réduite.
Pour plusieurs raisons. Une partie de cette somme pourrait en effet être épargnée ou placée dans des bulles spéculatives. Par ailleurs, la croissance européenne est, aujourd'hui, tirée par la consommation dopée par la baisse du prix de l'énergie. Est-il utile de « tout miser » sur cette seule consommation aujourd'hui au risque de voir ce moteur non seulement alimenter surtout les importations ? Et une fois cet effet terminé et l'inflation remontée, ne faut-il pas craindre une baisse des revenus et des dépenses des ménages ?
Dans ce cas, l'hélicoptère pourrait être un feu de paille bien moins utile, par exemple, qu'une hausse des salaires. Certes, comme le souligne l'économiste britannique Simon Wren-Lewis, toute hausse de la demande agira directement sur l'inflation, mais un simple hélicoptère risque de ne pas résoudre les plaies de la zone euro : la perte de revenu durable des salariés du sud de l'Europe et le sous-investissement, notamment.
Des mesures « ciblées » ?
Pour être efficace, la monnaie créée doit donc être maîtrisée. D'abord, en « dirigeant » cette monnaie vers la dépense et vers la dépense « utile ». Pour cela, il faut sans doute imaginer des aménagements géographiques (est-il raisonnable de soutenir la consommation allemande autant que celle de la Grèce, par exemple ?) ou sociaux (en distribuant selon les revenus), mais aussi techniques. On peut ainsi imaginer des « bons » ayant valeur monétaire, mais ne permettant d'acheter que certains biens « utiles » à l'investissement des entreprises européennes soient émis. On peut également, pour mieux « ancrer » les anticipations d'inflation, faire « durer » cette émission monétaire via des bons à péremption limitée qui seraient renouvelés à intervalle régulier et dans des proportions différentes.
Il existe donc des solutions pour améliorer la simple notion de monnaie hélicoptère lancée sans conditions imaginée par Milton Friedman. Evidemment, ces éléments nécessitent un travail technique complexe et il n'est pas certain que la BCE s'y attèle lorsque l'on a pu constater que le taux négatif à plusieurs niveaux en pratique en Suisse ou au Japon a été jugé trop « complexe » par la BCE pour la zone euro.
Une dépossession des Etats ?
La dernière difficulté est celle de la justification « politique » de cette création monétaire. En contournant les banques, la BCE contournerait également les gouvernements élus. Elle ferait en réalité un plan de relance sans l'accord des Etats. La banque centrale indépendante serait-elle alors toujours dans son rôle ? N'est-ce pas aux représentants des citoyens de déterminer quelles dépenses relèvent ou non de l'intérêt général ? N'est-ce pas au Conseil européen ou au parlement de construire un plan pour l'ensemble de l'Europe ?
La question se pose et pourrait faire monter une véritable fronde de certains gouvernements mécontents de se voir ainsi « déposséder » de leur pouvoir budgétaire par la BCE. Mais la zone euro dans sa version actuelle ne permet pas de vrai plan de relance vigoureux, ni au niveau des Etats, ni au niveau européen. La BCE s'adapte donc à cette donne, même si un plan de relance budgétaire pourrait être plus efficace que l'hélicoptère.
La question allemande relancée ?
Il n'est pas certain que cette vision soit néanmoins acceptée en Allemagne où cette mesure sera considérée comme un premier pas vers l'hyperinflation. Mario Draghi a déjà beaucoup fait reculer les Allemands. Sa critique outre-Rhin est féroce et, déjà, le Handelsblatt du 11 mars l'a figuré brûlant un billet de banque. Mais cette patience (au sens étymologique de ce qui fait souffrir) germanique est-elle bornée ? Et la monnaie hélicoptère sera-t-elle sa limite ? C'est désormais à cette question que l'Italien de la BCE doit répondre.

Commentaire : Le commentaire ci-dessous écrit le 19/03/2016 à 04:49: sera t-il accepté par "La Tribune"


Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.
Christian PIRE  a écrit le 19/03/2016 à 04:49:
Vous écriviez avec justesse le 6 mars 2013 à propos de l'hélicoptère dans votre article intitulé : "Et si les banques centrales sortaient leur "hélicoptère" pour combattre la crise?" < Il s'agit en réalité de priver le système bancaire de sa capacité à créer de la monnaie et de transmettre cette capacité aux seules autorités monétaires> En fait l'hélicoptère n'est absolument pas une réponse mais est une "gesticulation" de dernier recours. Elle ne solutionne aucun problème à la base des déséquilibres. Pour ma part, si je ne doute pas des nombreux bienfaits de l'aspirine , il n'en demeure pas moins que ses actions sur les maladies graves ne sont que très limitées. Pourquoi ne part écrire sur le Fonds de Stabilisation Boursier qui, lui, est une réelle solution en s'attaquant à la base du problème de la création de richesse pour l'ensemble (sans endettement de l'Etat et sans hélicoptère pour contrer les banques, banques à qui l'on a donné TOUS le pouvoirs directement ou indirectement) par une correction et une mise à profit en faveur de la communauté et du désendettement de l'Etat des réelles possibilités offertes par le système de cotation boursier. Système qui dans sa seule version ne fait qu' engloutir l'ensemble des capitaux mis en circulation pour combattre le crise.

 

Romaric Godin dans "La Tribune" du 18 03 16 Article intitulé : La BCE prête à sortir son "monnaie hélicoptère"

" La BCE va-t-elle faire un chèque aux citoyens de la zone euro ? 
L'économiste en chef de la BCE, le Belge Peter Praet, l'a confirmé : l'usage de "l’hélicoptère", autrement dit de la création monétaire directe pour les agents économiques, est une arme dont dispose la BCE. Est-ce un moyen d'ancrer à tout prix les anticipations d'inflation ou est-ce une vraie possibilité ?
L'usage de l'« hélicoptère » monétaire, autrement dit du déversement massif de monnaie sur l'économie, va-t-elle devenir réalité en zone euro ? Cette vieille idée évoquée par Milton Friedman, le père du monétarisme, en 1948, va-t-elle être utilisée par l'institution de Francfort qui désespère de plus en plus de l'efficacité de son « assouplissement quantitatif » ?
La BCE évoque enfin la monnaie hélicoptère
La question est, en tout cas, clairement sur la table. Lors de sa conférence de presse du 10 mars, Mario Draghi avait jugé cette idée « intéressante », tout en affirmant que le Conseil des gouverneurs n'avait « pas encore étudié ce concept. » Les observateurs n'ont pas manqué de relever combien ce « pas encore » laissait de porte ouverte. Huit jours plus tard, dans une interview accordée au quotidien italien La Repubblica, l'économiste en chef de la BCE, membre du directoire, Peter Praet, est allé nettement plus loin en affirmant que la monnaie « hélicoptère » entrait dans la « boîte à outil » de la BCE. « Oui, toutes les banques centrales peuvent le faire », a confirmé l'économiste belge. Et de marteler : « Donc, quand nous disons que nous n'avons pas atteint les limites de nos outils, je pense que c'est vrai. » Le message est donc claire : l'hélicoptère monnaie est désormais une arme possible pour la BCE.
Qu'est-ce que la monnaie hélicoptère ?
Qu'est-ce que l'hélicoptère ? Milton Friedman l'a décrit au début de sa carrière, à l'époque où la crise déflationniste des années 1930 est encore dans les mémoires. Dans la logique monétariste, la banque centrale doit avoir recours à la distribution de liquidités (Friedman utilise alors l'image d'une distribution de billets par hélicoptère) pour mettre fin à un risque de spirale de baisse des prix. L'argent distribué vient gonfler la demande et relancer l'inflation.
La logique est bien celle du monétarisme : agir sur la masse monétaire pour agir sur les prix. On remarque aussi que ce concept se distingue de l'usage habituel de la planche à billets, qui sert souvent à combler un déficit chronique de l'Etat. Ici, l'Etat n'intervient pas, précisément pour éviter tout risque de spirale hyperinflationniste. En étant distribué aux agents économiques pour être dépensé, cet argent, au contraire, dispense l'Etat de s'endetter davantage et comble les déficits en venant grossir les revenus fiscaux.
La crédibilité de la BCE en jeu
Si la BCE ne peut plus faire l'impasse sur un tel instrument, c'est que, désormais, sa crédibilité est en jeu. L'institution de Mario Draghi semble être arrivée au bout de sa logique d'assouplissement quantitatif. Après un an de rachats d'actifs publics à hauteur de 60 milliards d'euros, l'inflation reste désespérément faible. Certes, cette faiblesse est tirée par les prix de l'énergie et des matières premières, mais l'inflation sous-jacente demeure également faible au regard des moyens mis sur la table. En février, les prix en zone euro ont reculé sur un an de 0,2 %. L'inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, alcools et tabacs) est passée de 1 % à 0,8 %. Résultat : les anticipations d'inflation sur les marchés se sont fortement dégradées, s'éloignant de l'objectif de la BCE. En clair : les marchés ne croient plus dans l'efficacité de la politique de la banque centrale. C'est donc bien la crédibilité de la BCE qui est en jeu.
Convaincre les marchés de la détermination de la BCE
Le 10 mars, Mario Draghi a donc frappé fort en augmentant le volume des rachats de 60 à 80 milliards d'euros mensuels, tandis que le taux de dépôt négatif a été alourdi de -0,3 % à -0,4 %. Un nouvel instrument, le TLTRO II, visant à inciter les banques à prêter à l'économie par une « récompense » sous forme de taux négatif, a été mise en place. Cet arsenal vise à convaincre les marchés de la détermination de la BCE. Mais il ne suffira pas. Ces annonces n'ont ainsi pas permis de peser sur l'euro qui, depuis le 10 mars, a progressé face au dollar. Dans un contexte où chaque banque centrale tente d'exporter sa déflation et où les fondamentaux de la zone euro, avec son excédent courant et son économie qui résiste dans le ralentissement mondial, l'euro peine à reculer. La BCE doit donc aller plus loin, du moins en parole, pour restaurer sa crédibilité.
Dans l'interview déjà citée à la Repubblica, Peter Praet affirme ainsi que le taux de dépôt négatif n'a pas atteint sa limite basse, il peut encore baisser. L'allusion à l'hélicoptère monnaie entre dans cette logique : impressionner et prévenir que l'on est prêt à tout, même à l'impensable.
Pas seulement une menace
Faut-il donc ne prendre ces paroles que pour des menaces vaines, qui ne se traduiront pas dans les faits ? Rien n'est moins sûr. La BCE a préparé de cette manière l'introduction des taux négatifs et de l'assouplissement quantitatif, par des allusions visant à impressionner le marché. Mais la réalité de l'inflation faible ne changeant pas, ces instruments sont devenus des « exigences » du marché, qu'il a fallu mettre en œuvre, au risque de provoquer, comme le 3 décembre dernier, des déceptions désastreuses de la part des investisseurs.
Bref, comme précédemment, la BCE pourrait bien être pris à son propre piège et se voir contrainte à monter dans l'hélicoptère par la force des événements. Ces déclarations ne peuvent donc pas être considérées comme de simples paroles en l'air.
Une mesure qui contourne les banques
En théorie, l'hélicoptère monnaie dispose de beaucoup d'avantages pour la BCE. Ce procédé permet de contourner un système bancaire système bancaire à qui a été donné tous les pouvoirs politicos/financiers et qui tient tellement l'Etat dans ses mains que la BCE en est à envisager de distribuer de l'argent (argent dont on supprime la disponibilité en liquide des Peuples) pour contourner la réalité du détournement des pouvoirs financiers, politiques et autres en faveur des seules banques.

Pour ma part, je pense que les Etats et leurs représentants en sont réduit à n'être plus que les pantins d'un script médiatique digne du théâtre des guignols. Les banques qui sont à la base de tous les scandales, de détournements, de mise en place de schéma de spoliation, de transfert de risque sur les épargnants non avertis et non qualifiés via le retour de la titrisation etc.. restent les maîtres.  Quelle situation peut être plus ubuesque ? Quant aux politiques et commentaires stériles et débiles sur le temps de travail etc.. nous avons ici une preuve que tous ces sujets qui font régulièrement la une ne sont que des leurres. Tous nous savons que si nous vivons l'opportunité de pouvoir penser et mettre en place les stabilités étatiques de demain, nous ne pourrons le faire qu'en ayant des Etats remettant les banques à leur niveau de simple intervenant économique sous la tutelle des Etats. Dans l'inverse, l'Etat continuera d'être un pantin tout comme les institutions internationales. Situation qui ne mène qu'à des excès, excès qui historiquement ont mené à la violence et aux guerres. N'est-ce pas cela que les Etats anticipent avec leur cinéma sur le blanchiment, la réalité du retour à des états policiers violents et sans limite aucune (même les avocats se font molester "tabasser"), la "normalisation" du tir à vue sur des gosses, les violences sur migrants économiques qui sont les mêmes que sur certaines populations (Juives, Tsiganes et autres) dans un passé récent. Passé récent que pourtant des pays comme la france essayent de "falsifier" pour faire oublier leur trahison, leur lacheté et leur couardise. Là-aussi, les utilisations et détournements de faits somme toute anodins pour mettre en place le contrôle total des Peuples et autres flicarisations (ici je ne parle par des rôles et actions d'une police normale à comportement non "nazi"...) sans aucune limite ne sont que des signes historiques bien connus. La question que nous devons tous nous poser aujourd'hui ne serait-elle pas :

"Se taire, jusqu'à où, jusqu'à quand ?"

" Le silence actuel n'est-il pas le retour à une certaine collaboration ?"

Souvenons-nous :

 "Le XXI siècle sera celui du courage. Courage dans la douleur ou courage dans l'attitude et l'affirmation des seules valeurs d'Avenir que sont les valeurs Humaines et Humanistes. Réapprenons à dire NON."©

"Sachez dire non pour être digne de votre Liberté. Ne jamais accepter de devenir, petit à petit, de façon insidieuse le terreau fertile de l’asservissement et de l’acceptation de l’inacceptable."©

, qui demeure un des principaux obstacles à la transmission de la politique monétaire à l'économie réelle et qui a conduit à limiter l'impact de l'assouplissement quantitatif. Il permet aussi d'avoir moins recours aux taux négatifs dont l'usage est in fine périlleux. La monnaie distribuée directement aux consommateurs viendra naturellement gonfler la demande et exercer une pression inflationniste qui permettra un relèvement des anticipations d'inflation. Dès lors, un cercle vertueux peut se mettre en place : rassurées par les perspectives sur les prix et donc sur leur capacité à fixer leurs prix, les entreprises pourraient alors investir. La croissance se renforcera et les anticipations d'inflation également.
Une mesure légale en zone euro
L'autre avantage de l'hélicoptère monnaie, c'est qu'elle n'est pas expressément interdite par les traités européens, à la différence du financement monétaire des Etats. Or, on l'a vu, ce procédé a été mis en avant par Milton Friedman précisément parce qu'il épargne les budgets. En distribuant de l'argent, la BCE pourrait ainsi prétendre préserver même l'esprit des traités en incitant les Etats à réduire leurs déficits et même en les aidant à le faire.
C'est un élément important compte tenu de la levée de boucliers attendue en Allemagne en cas de recours à cette méthode, et notamment de la confusion qui pourrait naître d'une comparaison avec l'hyperinflation de la République Weimar où, en réalité, on avait connu un financement monétaire des dépenses publiques.
De la création monétaire pure
Pour la BCE, les vrais obstacles pourraient être ailleurs. D'abord, dans la couverture des pertes. Car cette monnaie émise n'est pas « couverte » par une contrepartie, à la différence des rachats d'actifs ou des prêts à long terme des banques. Certes, les rachats d'actifs peuvent entraîner des pertes liées au prix de rachat, qui seront couvertes par de la création monétaire ex nihilo, mais la logique de l'hélicoptère monnaie est différente.
Il s'agit en effet de la planche à billets pure, sans contrepartie dans le bilan de la banque centrale, qui entraîne une perte sèche pour la BCE. On notera que la BCE, pour la première fois, le 10 mars, a montré qu'elle était prête à s'engager dans cette voie avec le TLTRO II. Cela dit, Les banques qui auront emprunté de l'argent à la BCE et auront augmenté leur volant de prêts bénéficieront en effet d'un taux négatif, autrement dit d'une « prime » sous forme de remise d'une partie du capital emprunté. Cette prime est de la création monétaire sans contrepartie.
La question des pertes de la BCE
Cette perte peut être certes compensée par plusieurs moyens. D'abord, par les profits générés par ailleurs qui peuvent couvrir ces pertes. En 2014, ce bénéfice net était de près d'un milliard d'euros, mais il ne prend pas en compte l'effet des taux négatifs et du QE. Ensuite, parce qu'en cas de perte nette, la BCE peut, selon l'article 33-2 du traité de fonctionnement de l'UE, avoir recours à son fonds de réserve général (fin 2014, il était à 7,6 milliards d'euros) et, sur décision du conseil des gouverneurs, utiliser les revenus monétaires des banques centrales nationales. Ces « coussins » de sécurité paraissent cependant trop faibles pour irriguer une économie de 340 millions d'habitants. Il faudra donc sans doute une recapitalisation par les banques centrales nationales, donc par les Etats ou un maintien en bilan négatif, ce que ne prévoient pas les traités. Un choix « politique » qui risque d'être délicat à gérer.
Quelle forme pour l'hélicoptère ?
Deuxième problème majeur : la forme que devra prendre l'hélicoptère. Faut-il procéder à un simple crédit en une fois sur les comptes courants des citoyens d'une somme fixe en euros ? Dans ce cas, l'efficacité risque d'être réduite.
Pour plusieurs raisons. Une partie de cette somme pourrait en effet être épargnée ou placée dans des bulles spéculatives. Par ailleurs, la croissance européenne est, aujourd'hui, tirée par la consommation dopée par la baisse du prix de l'énergie. Est-il utile de « tout miser » sur cette seule consommation aujourd'hui au risque de voir ce moteur non seulement alimenter surtout les importations ? Et une fois cet effet terminé et l'inflation remontée, ne faut-il pas craindre une baisse des revenus et des dépenses des ménages ?
Dans ce cas, l'hélicoptère pourrait être un feu de paille bien moins utile, par exemple, qu'une hausse des salaires. Certes, comme le souligne l'économiste britannique Simon Wren-Lewis, toute hausse de la demande agira directement sur l'inflation, mais un simple hélicoptère risque de ne pas résoudre les plaies de la zone euro : la perte de revenu durable des salariés du sud de l'Europe et le sous-investissement, notamment.
Des mesures « ciblées » ?
Pour être efficace, la monnaie créée doit donc être maîtrisée. D'abord, en « dirigeant » cette monnaie vers la dépense et vers la dépense « utile ». Pour cela, il faut sans doute imaginer des aménagements géographiques (est-il raisonnable de soutenir la consommation allemande autant que celle de la Grèce, par exemple ?) ou sociaux (en distribuant selon les revenus), mais aussi techniques. On peut ainsi imaginer des « bons » ayant valeur monétaire, mais ne permettant d'acheter que certains biens « utiles » à l'investissement des entreprises européennes soient émis. On peut également, pour mieux « ancrer » les anticipations d'inflation, faire « durer » cette émission monétaire via des bons à péremption limitée qui seraient renouvelés à intervalle régulier et dans des proportions différentes.
Il existe donc des solutions pour améliorer la simple notion de monnaie hélicoptère lancée sans conditions imaginée par Milton Friedman. Evidemment, ces éléments nécessitent un travail technique complexe et il n'est pas certain que la BCE s'y attèle lorsque l'on a pu constater que le taux négatif à plusieurs niveaux en pratique en Suisse ou au Japon a été jugé trop « complexe » par la BCE pour la zone euro.
Une dépossession des Etats ?
La dernière difficulté est celle de la justification « politique » de cette création monétaire. En contournant les banques, la BCE contournerait également les gouvernements élus. Elle ferait en réalité un plan de relance sans l'accord des Etats. La banque centrale indépendante serait-elle alors toujours dans son rôle ? N'est-ce pas aux représentants des citoyens de déterminer quelles dépenses relèvent ou non de l'intérêt général ? N'est-ce pas au Conseil européen ou au parlement de construire un plan pour l'ensemble de l'Europe ?
La question se pose et pourrait faire monter une véritable fronde de certains gouvernements mécontents de se voir ainsi « déposséder » de leur pouvoir budgétaire par la BCE. Mais la zone euro dans sa version actuelle ne permet pas de vrai plan de relance vigoureux, ni au niveau des Etats, ni au niveau européen. La BCE s'adapte donc à cette donne, même si un plan de relance budgétaire pourrait être plus efficace que l'hélicoptère.
La question allemande relancée ?
Il n'est pas certain que cette vision soit néanmoins acceptée en Allemagne où cette mesure sera considérée comme un premier pas vers l'hyperinflation. Mario Draghi a déjà beaucoup fait reculer les Allemands. Sa critique outre-Rhin est féroce et, déjà, le Handelsblatt du 11 mars l'a figuré brûlant un billet de banque. Mais cette patience (au sens étymologique de ce qui fait souffrir) germanique est-elle bornée ? Et la monnaie hélicoptère sera-t-elle sa limite ? C'est désormais à cette question que l'Italien de la BCE doit répondre.

Commentaire : Le commentaire ci-dessous écrit le 19/03/2016 à 04:49: sera t-il accepté par "La Tribune"


Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.
Christian PIRE  a écrit le 19/03/2016 à 04:49:
Vous écriviez avec justesse le 6 mars 2013 à propos de l'hélicoptère dans votre article intitulé : "Et si les banques centrales sortaient leur "hélicoptère" pour combattre la crise?" < Il s'agit en réalité de priver le système bancaire de sa capacité à créer de la monnaie et de transmettre cette capacité aux seules autorités monétaires> En fait l'hélicoptère n'est absolument pas une réponse mais est une "gesticulation" de dernier recours. Elle ne solutionne aucun problème à la base des déséquilibres. Pour ma part, si je ne doute pas des nombreux bienfaits de l'aspirine , il n'en demeure pas moins que ses actions sur les maladies graves ne sont que très limitées. Pourquoi ne part écrire sur le Fonds de Stabilisation Boursier qui, lui, est une réelle solution en s'attaquant à la base du problème de la création de richesse pour l'ensemble (sans endettement de l'Etat et sans hélicoptère pour contrer les banques, banques à qui l'on a donné TOUS le pouvoirs directement ou indirectement) par une correction et une mise à profit en faveur de la communauté et du désendettement de l'Etat des réelles possibilités offertes par le système de cotation boursier. Système qui dans sa seule version ne fait qu' engloutir l'ensemble des capitaux mis en circulation pour combattre le crise.

Ai-je été "fort" ?

Michel Raimbaud dans "Les-crises.fr" du 20 03 16 Article intitulé : Michel Raimbaud contre les Etats voyous et les grandes voyoucraties

Michel Raimbaud, un ancien ambassadeur de France s’inscrivant dans la tradition de notre diplomatie gaullienne non collabo, nous a paru intéressant à faire connaître dans la situation actuelle.


" On le savait déjà, il y a désormais deux camps dans la communauté des nations : celui du droit international œuvrant en faveur d’un nouvel ordre mondial multipolaire en gestation, et celui de l’hypocrisie et de l’arrogance qui cherche à préserver son hégémonie en installant le chaos partout où il rencontre de la résistance.
L’univers arabe et musulman et ses abords d’Afrique, d’Asie ou d’Europe sont le lieu d’une entreprise de destruction et d’asservissement conduite conjointement par l’empire atlantiste sous haute influence israélienne et ses clients islamistes radicaux. La Syrie est devenue le centre de gravité et l’enjeu d’une guerre inédite et perverse, mais aussi, pour ses promoteurs criminels, une cible emblématique.
La « mère de la civilisation », qui combat en première ligne les terroristes sauvages du soi-disant « Etat Islamique » et du front Al Nosra/al Qaida, est donc présentée comme « l’Etat voyou » par excellence par ceux-là mêmes qui financent, arment et soutiennent le gangstérisme sanglant des djihadistes. Dans nos « grandes démocraties », l’inversion des rôles est devenu si naturel que nul ne songe plus à s’en offusquer : c’est la base même du « false flag », omniprésent dans la narrative atlantiste.
L’Assemblée Générale des Nations Unies a consacré la journée du lundi 28 septembre dernier à la Syrie. Les puissants de ce monde ont utilisé cette tribune pour réaffirmer leurs positions sur l’interminable conflit. A la lumière des déclarations, il n’y a pas photo.
Obama dénonce la logique (russe) consistant à soutenir un « tyran » sous prétexte que l’alternative « serait pire ». Le tyran, c’est Bachar Al Assad, qui « massacre des enfants innocents ». Kerry, colombe repentie, précise : « Après tant de sang versé et de carnages, il ne peut y avoir un retour au statu quo d’avant la guerre ».
Le Nobel de la Paix ne manque pas d’air : s’il a peut-être apaisé les relations avec Cuba et anesthésié jusqu’à sa fin de mandat le dossier nucléaire iranien, s’il a renoncé aux « frappes punitives » en Syrie en raison de ses réticences et/ou devant la détermination de l’adversaire, il a allumé ou entretenu au moins autant de conflits que George Debeliou et il est à la tête d’un Etat responsable de la mort de millions d’enfants et d’adultes, de la destruction d’Etats et de sociétés entières, de dizaines de millions de vies brisées, sans même remonter aux centaines de milliers de victimes d’Hiroshima et Nagasaki.
Heureuse Amérique, bienheureuses « grandes démocraties », toujours sûres de leurs valeurs, plus souvent boursières que morales !

Il faut le répéter, il n’appartient pas aux maîtres occidentaux, à Erdogan l’apprenti calife, ou aux potentats pétroliers, de prescrire l’avenir de la Syrie après l’avoir détruite : c’est au peuple syrien et à lui seul d’en décider, sans ingérence étrangère. C’est ce principe de souveraineté que rappelle le Président chinois, Xi Jin Ping, clamant haut et fort que l’ère unipolaire est révolue et que le monde est désormais multipolaire.
Vladimir Poutine se place lui aussi dans le cadre de la légalité internationale et soutient l’Etat syrien et son gouvernement, ainsi que « les forces armées du président Al Assad qui sont les seules à combattre réellement l’Etat Islamique”. Il propose une « large coalition antiterroriste » en Syrie et en Irak, dans laquelle les pays arabes « joueraient un rôle clé » et qui devrait inclure le gouvernement syrien et l’Iran, son allié. Il
Les décisions du Président russe suscitent la colère des Occidentaux, qui ont refusé la résolution déposée au Conseil de Sécurité par le Kremlin. Ils sont agacés par la référence appuyée à un droit international qu’eux-mêmes traitent avec légèreté.
Pour perpétuer leur hégémonie, les dirigeants atlantistes avancent à l’ombre des faux drapeaux de la démocratie, de la justice, de la morale et du droit. Ils diabolisent les pays qui font obstacle à leurs ambitions en les reléguant dans la géhenne des Etats « préoccupants » ayant vocation à être dépecés en entités « démocratiques » à la mode de l’Oncle Sam : en bref, les « Etats voyous ». Ce concept a joué un rôle essentiel dans la stratégie américaine plusieurs décennies durant, et c’est en jouant de cet épouvantail que les Etats-Unis, encourageant leurs alliés à faire de même, ont violé et violent systématiquement le droit international.
Ce droit est fondé sur la Charte des Nations-Unies qui, dans son article 51, attribue au seul Conseil de Sécurité le pouvoir de prendre les mesures adéquates qu’il juge nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales « une fois constatée l’existence d’une menace contre la paix, d’une rupture de la paix ou d’un acte d’agression (…) ».
Mais les néocons de Washington se moquent de la légalité onusienne. Seules comptent « les menaces contre nos intérêts », qui sont le fait des « Etats voyous »et rendent nécessaires « des interventions militaires directes » et « le maintien de forces de projection considérables », particulièrement en direction du Proche-Orient. Pour ces faucons, le fondement du droit n’est pas la Charte de l’ONU, mais la Constitution américaine.
Selon Noam Chomski, « ce mépris de la primauté du droit est profondément enraciné dans la culture et les pratiques américaines ». Infiltrés au sein du « pouvoir profond », les néocons vont répandre chez les alliés occidentaux une idéologie dont le fondement reste simple : même si la guerre froide est terminée, les Etats-Unis conservent la responsabilité de protéger le monde face aux « Etats voyous ». En août 1990, Washington et Londres décrètent que l’Irak en est un, et ce ne sera que l’un des premiers d’une longue liste…
Une étude commandée en 1995 par le Strategic Command pose les « principes de base de la dissuasion dans l’après-guerre froide » : depuis que les Etats-Unis ont « remplacé l’Union soviétique par les Etats dits “voyous” », ils doivent projeter une image « irrationnelle et vindicative d’eux-mêmes », « certains éléments » du gouvernement apparaissant « comme potentiellement fous, impossibles à contrôler ». C’est une reprise de la « théorie du fou » de Nixon qui jugeait souhaitable que l’Amérique soit dirigée par « des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction, afin de créer ou renforcer les craintes des adversaires ».
Cette prose délirante justifie en quelque sorte la transformation des « grandes démocraties » en « voyoucraties », respectant les trois critères qui, selon l’un des « nouveaux historiens » israéliens, Avraham Shlaim, professeur émérite à Oxford, définissent l’Etat voyou, le « rogue state » des anglo-saxons :
    •    Violer régulièrement la légalité internationale,
    •    Détenir des armes de destruction massive,
    •    Utiliser le terrorisme pour terroriser les populations civiles.
C’est ainsi que Robert McNamara, ex-secrétaire américain à la défense (de 1961 à 1968), estime en juin 2000 (The International Herald Tribune) que les Etats-Unis sont devenus un « Etat voyou ». Noam Chomski fera de même au début des funestes « printemps arabes », constatant que son pays « se place au-dessus du droit international ».
A l’heure où le Grand-Moyen Orient est ravagé par l’extrémisme islamiste, patronné par les Occidentaux et leurs affidés régionaux, le débat sur l’éthique dans les relations internationales est pipé. Le conflit n’est plus entre un monde « libre »et un monde « totalitaire », mais entre les partisans du droit international et du respect mutuel entre nations et ceux qui se comportent en Etats voyous, guidés par la « théorie du fou » et la stratégie du « chaos innovateur ».
Conviction réelle pour les uns, leurre pour les autres, la référence au droit international n’a pas la même valeur pour les deux camps : les prêcheurs de guerre jouent avec l’idée d’un conflit mondial qui assurerait leur triomphe… sauf si l’équilibre militaire des forces rend leur victoire trop incertaine.
La Russie vient donc de bouleverser la donne en proposant sa « grande coalition » et en se lançant dans une lutte globale contre les terroristes, conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité et à la demande du gouvernement de Damas, tout en recherchant une solution politique entre Syriens, en application de l’accord de Genève. C’est un pavé dans la mare où depuis un an s’ébat presque seule la coalition US, dont les frappes homéopathiques détruisent la Syrie sans beaucoup nuire aux terroristes de Da’ech. C’est un pas important en direction de la paix, conforme au droit international. Les Européens saisiront-ils la perche ?
On l’a entendu à la tribune onusienne, le représentant du « pays des lumières », François Hollande, est plongé tout entier dans ses menées obscures et nourrit une obsession pathologique qui a nom Bachar, lequel doit être « neutralisé » et exclu de toute transition politique : « On ne peut faire travailler ensemble victimes et bourreau. Assad est à l’origine du problème : il ne peut pas faire partie de la solution ».
Droit dans ses bottes tordues, le grand chef de guerre fait valoir qu’il n’est pas seul sur cette position intenable : « Barack Obama s’y refuse, d’autres dirigeants (on sait lesquels – NDLR) s’y refusent. Les Russes doivent en tirer les conséquences », conclut-il, impérial. Prend-on des gants avec le chef d’un « Etat-voyou » quand on est soi-même aussi populaire ?

Mou face aux problèmes de l’Hexagone, Hollande aura fait preuve d’un activisme forcené face à des affaires qui ne le regardent pas, le conflit de Syrie par exemple, où la France a déjà un bilan accablant : mauvaise évaluation de la solidité de l’État syrien, de la crédibilité de l’opposition offshore, appui inacceptable à la rébellion armée débouchant sur la couverture du terrorisme, obsession de « neutraliser »Bachar Al Assad, volonté manifeste de casser la Syrie rebelle et acharnement dans la destruction de son identité.
Qu’on le veuille ou non, notre pays est partie prenante dans l’entreprise criminelle et prédatrice de ses alliés atlantistes, de ses amis turcs, saoudiens et qataris et des mercenaires qu’ils instrumentalisent. Il est coresponsable du résultat : des millions de réfugiés, déplacés, sinistrés, morts et blessés, des millions de familles dispersées, de vies brisées, le démantèlement du patrimoine, des infrastructures, des entreprises…
Il aura aussi fait preuve d’une approche très floue de la légalité internationale et d’un certain déficit de cartésianisme, les terroristes étant traités en ennemis au Mali et « faisant du bon boulot » en Syrie.

Dans les grands dossiers de ce début de millénaire – la glissade du Moyen-Orient vers le chaos, la déstabilisation de l’ex-glacis soviétique grâce à la sollicitude de l’Occident – la France est affaiblie comme jamais et a perdu sa crédibilité, car elle est en divorce avec les acteurs qui comptent. Son hypocrite diplomatie compassionnelle lui attire le mépris. Les écarts de langage font le reste. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer le départ de Fabius, condition nécessaire mais non suffisante pour se refaire une virginité.
Fabius et Hollande étant ce qu’ils sont, on peut craindre que la France tarde à coopérer avec la Russie, l’Iran et la Syrie pour rétablir une paix juste et durable, dans le cadre d’un ordre mondial nouveau. Mais notre pays devra bien sortir de la triple impasse dans laquelle il s’est enfermé : l’entêtement à rester internationalement hors-la-loi devra céder la place à une politique plus décente et moins destructrice. En d’autres termes, il s’agira de reprendre son rôle traditionnel de faiseur de paix là faut pas exagérer et idéaliser et non pas de fauteur de guerre.
Les citoyens des « grandes démocraties » finiront-ils par s’inquiéter de la dérive « voyoucratique » de leurs élites dirigeantes qui fait peu à peu de l’Occident arrogant une minorité honnie et haïe par le reste de la planète ? Comme on dit : ça urge.'

Sébastien Lernould et Matthieu Pelloli dans "Le Parisien" du 15 février 2016 : Michel Sapin : «Fini les voyages, les petits cadeaux offerts par les lobbys»

" Michel Sapin, le ministre des Finances, dévoile son projet de loi sur la lutte anticorruption, avant sa transmission au Conseil d'Etat. Le texte sera présenté en Conseil des ministres fin mars.
Près de vingt-cinq ans après la loi Sapin I, Michel Sapin signe la loi Sapin II. Ses mesures phares : mieux encadrer l'activité des lobbys et créer un statut de lanceur d'alerte. Il déclare aussi la guerre aux arnaques qui proposent de devenir tradeur en ligne.

 A quand la fin de l'arnaque basée sur les valeurs nettes d'inventaire comptable présentées comme cours financiers ? A quand la fin de l'arnaque des "performances" des OPCVM ? Performances aussi fictives que n'est réelle la corruption ainsi que l'abus de confiance et l'escroquerie des épargnants non avertis. A quand la fin des montants prélevés aux épargnants sur ces valeurs fictives par la chaine des prestataires financiers, commissaires aux comptes et autres ...... qui par cette réalité se sont transformés en escrocs.

Imaginez que lorsque les Français (entre-autres) investissent dans les OPCVM (FCP ET SICAV) la réalité se résume à :

- acheter des performances passées qui n'ont été réalisées que par une très très faible minorité (en règle générale moins de 1% des porteurs de parts),

- échanger à la souscription du cash contre des valorisations comptables qui, gonflées par les effets du mark-to-market, sont faussées quotidiennement à plus de 98% et n'ont aucune crédibilité en terme de réalisation financière possible,

- payer des frais sur des chiffres comptables n'ayantaucune crédibilité financière,

- payer des commissions de surperformance, sur des surperformances irréalisées car irrélisables par les porteurs de parts d'OPCVM etc, etc...


La France est-elle en retard en matière de lutte contre la corruption ?
MICHEL SAPIN. J'avais présenté un premier texte anticorruption, la loi Sapin I, en janvier 1993.
Le sujet est toujours d'actualité, d'où Sapin II. Donc les politiques sont toujours aussi corrompus..... Aujourd'hui, la France est en retard, par exemple en matière de lutte contre la corruption d'agents publics (NDLR : fonctionnaires, élus...) ah certains fonctionnaires le sont aussi...police, AMF etc... ? à l'étranger. Lorsqu'un problème de cette nature se pose, au lieu d'être condamnées par des juridictions françaises, nos entreprises sont condamnées par des juridictions américaines. Il y a quelque chose de presque déshonorant. La France ne risque-t-elle pas d'y perdre de juteux contrats ?
C'est un argument parfois soulevé. Pourtant, nos leadeurs mondiaux, dans l'énergie, l'eau, etc., sont aujourd'hui demandeurs de ces règles précises. Les entreprises sont les premières à considérer que la loi Sapin II les protégera contre les risques de corruption. Le soupçon leur cause beaucoup plus de tort. Avec une législation forte, biendes affaires de corruption n'auraient jamais vu le jour.
LES LOBBYS
En France, qu'attendez-vous du registre des lobbys que vous souhaitez mettre en place ?
Une identification claire des groupes de pression, au bon sens du terme. Les « défenseurs des cultivateurs de tabac », par exemple, ont tout à fait le droit d'exister, mais en pleine lumière. Demain, d'abord, ils devront donc se déclarer. Ensuite, s'engager à respecter un certain nombre de principes. Fini les voyages, les avantages, les petits cadeaux, offerts par les lobbys à tel ou tel responsable public qui n'était pas concerné par les registres existants pour les élus. Idem pour un bon déjeuner payé dans un grand restaurant. Enfin, il leur sera interdit d'utiliser sciemment des chiffres erronés. Sous peine d'amendes. On se croirait dans le monde de la finance, de l'assurance et de la gestion de patrimoine. Une bouffe, un petit concert privé, un petit voyage, une croisière et roule ma poule la collecte arrive comme par magie. Collecte qui arrivant par magie alimente la chaine de Ponzi de la plupart des FCP et autres OPCVM. Pendant ce temps les vrais gérants et les vrais Conseil en Gestion de Patrimoine Indépendant (non vendeurs de merdes et de performances bidons) sont en difficultés face à la cohorte des autres "petits ou grands escrocs" à la honnêteté et à la compétence inverses à leur publicité.
Qui conservera et mettra à jour ce registre des lobbys ?
La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique aura pour mission de gérer ce registre et de veiller au bon comportement des lobbys qui y figurent. L'Assemblée nationale et le Sénat avaient mis en place des registres de ce type. Avec leur accord, ceux-ci pourront être intégrés au document de la Haute Autorité.
Y a-t-il eu des réticences à cette disposition ?
S'il n'y avait pas de réticences, ce registre existerait depuis longtemps... Cela veut tout dire
LES LANCEURS D’ALERTE
Que proposez-vous les concernant ?
Beaucoup de scandales récents n'auraient pas éclaté sans leur courage. Hélas, certains en payent lourdement les conséquences, dans leur vie professionnelle et privée. L'objectif est de leur offrir une protection juridique, y compris la prise en charge de leurs frais d'avocats, par exemple, parfois colossaux. Et qu'en est-il des attaques "nazies"à la réputation et au portefeuille ainsi qu'aux dossiers montés contre eux sur des mensonges ? Qu'est-il des décisions juridiques qui ne respectent même par les codes de Loi prisent contre eux ? Même le Conseil d'Etat français et l'Autorité des Marchés Financiers sont touchés par cette pourriture. AMF dont les silences transforment cette dernière en vulgaire escroc. Voir Dossier Edelweiss Gestion 1er partie
S'en remettre à eux, n'est-ce pas l'aveu d'une faillite de l'Etat ?
C'est la moindre des choses que les institutions protègent ceux qui ont le courage d'agir. Le projet de loi prévoit la transformation du Service central de prévention de la corruption en agence indépendante, dotée de moyens accrus, destinée à mieux les protéger. L'agence devra faire le tri entre ce qui paraît être un règlement de compte et ce qui paraît relever de l'intérêt général. Je propose au Ministre d'aller faire un tour vers Autorité des Marchés Financiers qui monte des dossiers et, selon le principe de la france nazie, applique le "s'en prendre à la réputation et au portefeuille" des professionnels qui gènent. Y a-t-il une sélection enfants de collabos, de nazis ou autres merdes pour les personnes qui décident en pleine conscience d'appliquer encore aujourd'hui ce principe nazi ? Ceci n'est qu'une question ? Quand à la commission des sanction AMF...MDR
IKEA ET LES TRADEURS
L'Autorité des marchés financiers tire régulièrement la sonnette d'alarme concernant les sites de trading...cette même autorité qui touche sur la désinformation, l'organisation de l'abus de confiance et de l'escroquerie des porteurs de parts
Les internautes reçoivent énormément de sollicitations pour devenir tradeur. Tout comme ils en recoivent pour souscrire des OPCVM chaine de Ponzi C'est merveilleux, le soir en rentrant du travail, chacun peut gagner des millions d'euros en quelques clics ! Une disposition interdira cette arnaque absolue qu'est la publicité de ces sites et prévoira des dispositifs pénaux pour la punir. Cela touchera t'il les mêmes faits concernant les OPCVM ?
Ikea est pointé du doigt pour avoir échappé à l'impôt en Europe. Que pensez-vous faire ?
Ikea, mais aussi de grandes entreprisesdu numérique ont joué des subtilités des législations européennes pour faire de l'optimisation fiscale. Ces entreprises protestaient contre la « double imposition », aujourd'hui certaines d'entre elles ne payent plus d'impôts dans aucun pays ! La règle est pourtant simple : dès lors que vous enregistrez un bénéfice quelque part, vous devez payer des impôts. Ikea, comme d'autres multinationales, fait aujourd'hui l'objet de toute l'attention de l'administration fiscale.

 

Damien Durand dans "Le Figaro" du 18 janvier 2016 : La Suisse enchaîne les années de déflation... sans impact sur son économie

  " La confédération fait mentir ceux qui annoncent que la déflation est forcément source de récession et de chômage. Elle parvient à anticiper pour rendre la baisse des prix indolore.
C'est maintenant officiel: après un modeste 0,5% en 2014, l'inflation a été nulle en France en 2015. L'Hexagone n'a donc jamais été autant «au bord de la déflation» comme l'avertissent les économistes. Avec l'idée que «passer de l'autre côté» risque d'être un problème économique bien pire encore que la croissance molle. Une promesse de cataclysme économique qui ne semble pas perturber l'un de nos voisins: la Suisse.
Déflation structurelle
La confédération helvétique affiche en effet un taux d'inflation pour 2015 de -1,14%, autrement dit une situation de déflation assez marquée. Un contexte familier en Suisse: depuis 2009, le pays s'est retrouvé cinq fois en déflation. Ce qui ne l'empêche pas d'afficher cette année une croissance certes plutôt faible (0,8%) mais un chômage inexistant (3,3%). Et 2016 devrait être une nouvelle année de déflation: le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) prévoit déjà un chiffre de -0,1%... et 1,5% de croissance.
La Suisse se retrouve en déflation prolongée par un triple mouvement. Primo, la crise économique qui affecte le pays comme ses voisins de l'UE dans lesquels elle est enclavée et qui a freiné brutalement son dynamisme économique (le taux de croissance y était de 4,1% en 2007). Secundo, malgré les quantités importantes de liquidités injectées dans l'économie (le taux directeur en Suisse varie entre -1,25% et -0,25%), les banques rechignent à prêter… et les entreprises à emprunter. Tertio, la forte réévaluation du franc suisse, après sa chute début 2015, a contribué à la baisse des prix. Autant d'éléments qui poussent à la déflation. Mais la Suisse a su se maintenir, notamment grâce à une économie exportatrice performante qui a permis d'alimenter la croissance, l'investissement et l'emploi, là où la déflation, en principe, ravage tout.
Epouvantail
C'est l'ensemble de l'économie qui s'est ajustée à la déflation, ce qui permet de ne pas en subir les effets négatifs
André Fourçans, économiste spécialiste des questions monétaires
Et si la Suisse voit sereinement l'avenir, malgré le spectre de la déflation qui effraie le reste de l'Europe, c'est grâce à sa capacité d'anticipation. «Le vrai problème c'est quand vous vous retrouvez avec -1% d'inflation alors que votre économie était habituée à avoir +2%. Cela créé un choc: les augmentations salariales conçues pour coller à vos habituels 2% font exploser le coût du travail quand vous vous retrouvez en déflation. Conséquence, vous assistez à une baisse de la croissance et surtout à une hausse du chômage» explique au Figaro André Fourçans, économiste spécialiste des questions monétaires. «C'est souvent la première année que la déflation est la plus dure, du fait de nécessaires ajustements. Actuellement en Suisse, vous avez certes une déflation, mais les salaires nominaux et le coût du travail, eux, n'augmentent pas. Et avec la déflation, les salaires réels, et donc le pouvoir d'achat, grimpent. C'est l'ensemble de l'économie qui s'est ajustée à la déflation, ce qui permet de ne pas en subir les effets négatifs». Du moins tant qu'elle reste relativement modérée.
Et l'économiste l'assure: passée une période d'ajustement, il n'y a pas de raison que la France souffre plus que sa voisine du phénomène, si en tout cas elle devait y faire face. D'autant que même si la barre symbolique du zéro n'a pas été franchie, les différences de taux d'inflation entre la France et la Suisse sont dans la réalité plutôt faibles. André Fourçans dénonce d'ailleurs cette vision trop «conjoncturelle» qui ferait d'un passage en déflation le pire des maux: «Dans les faits, depuis plusieurs années nous n'avons plus d'inflation en France, sans que cela ne pose réellement problème. Nous avons juste oublié que l'inflation n'est jamais une évidence. Mais, concrètement, il n'y a pas beaucoup de différences pour un pays d'avoir une inflation à +0,5% ou à -0,5%»."