Pétrole 2016

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PETROLE 2016

 

 


Mathilde Damgé dans "Money Talk" du 19 04 16 Article intitulé : "L'unité au sein de l'OPEP, autrefois si puissante, a disparu"

" Selon l'économiste en chef de BNP Paribas Fortis Peter De Keyzer, la discipline au sein du cartel pétrolier de l'OPEP a disparu. "Du fait des faibles prix du pétrole, la tentation pour les francs-tireurs est particulièrement grande."
Le prix du pétrole baisse à nouveau, car l'OPEP n'est à nouveau pas parvenue à un accord de production dimanche dernier. Comment expliquer cela ?
Peter De Keyzer: "Il semble que les pays de l'OPEP ont de plus en plus de mal à garantir la discipline au sein du cartel. Adapter leur niveau de vie aux revenus en forte baisse, du fait des faibles prix du pétrole, semble très compliqué. C'est pourtant également contre-intuitif pour eux, dans ce type de circonstances, de diminuer leur production chacun de manière individuelle. La discipline dans le cartel est difficile à conserver, d'autant plus que la tentation pour les francs-tireurs est particulièrement grande aujourd'hui. Celui qui fait baisser la production des autres - avec une augmentation de prix comme conséquence - et continue en même temps à produire autant lui-même, voit ses revenus augmenter. Cette constatation sape l'unité et la discipline au sein du cartel de l'OPEP, autrefois si puissante."
La semaine dernière, le Fonds Monétaire International (FMI) tenait sa réunion annuelle de printemps. Que retenez-vous de la rencontre au sommet des ministres des Finances et des économistes ?
De Keyzer: "Le FMI est de plus en plus attentif au caractère chronique de la faible croissance mondiale. Le FMI a ainsi souligné que les taux d'intérêt faibles ou même négatifs de la Banque centrale commencent à atteindre leurs limites. Les taux bas en soi ne produiront pas plus de croissance économique. Outre son traditionnel plaidoyer pour plus de réformes structurelles, le FMI souligne aussi la nécessité de plus de politique d'expansion budgétaire pour stimuler la croissance. Elle ne voit toutefois cela comme possibilité que pour les pays avec un endettement soutenable. La question est alors de savoir combien de pays occidentaux entrent en considération."
Le taux d'intérêt moyen sur les obligations d'Etat allemandes a diminué la semaine dernière jusque zéro. Prévoyez-vous que les taux d'intérêt plongeront encore plus bas ? Et jusqu'où pensez-vous que les taux belges diminueront ?
De Keyzer: "Il est plus que probable que les taux d'intérêt allemands continueront à diminuer. Dans ce cas, les taux belges à long terme peuvent aussi encore baisser. La Banque centrale européenne va encore maintenir sa politique extrêmement souple pendant un certain temps et viendra bientôt encore avec plus de mesures de stimulation. Dans ces circonstances, les taux à long terme peuvent encore diminuer. Bien que tout le monde parle de réformes structurelles comme source de croissance économique, celles-ci deviennent moins probables avec les taux actuellement faibles. Les taux faibles rendent le refinancement des dettes publiques quasiment gratuit. L'effet pervers de cela, c'est que la nécessité de réduire la dette semble complètement disparaître."

Dans "Trends Tendances" Belgique du 18 04 16 Article intitulé : Comment l'Arabie saoudite menace les États-Unis de 'destruction massive'

" Entre les États-Unis et l'Arabie saoudite, rien ne va plus en ce moment. Les Saoudiens ont même brandi, en quelque sorte, l'arme nucléaire... En effet, les Saoudiens viennent de faire comprendre à la Maison-Blanche, et surtout au Congrès américain, que si l'Arabie saoudite devait être reconnue coupable d'une manière ou d'une autre des attentats du 11 septembre 2001, elle n'aurait d'autre solution que de vendre toutes les obligations de l'État américain qu'elle détient dans ses comptes ! Jamais, au grand jamais, on n'aurait imaginé une telle réponse.
Jusqu'à présent, ce genre de scénario était souvent imaginé pour la Chine. Les experts pensaient que c'était la Chine, autre grande détentrice d'obligations américaines, qui était la plus susceptible de faire chanter les États-Unis avec ce genre de menace. Mais aujourd'hui, on découvre que ce sont les Saoudiens. Pourquoi ? Parce qu'ils ont toujours nié toute responsabilité officielle dans les attentats du 11 septembre 2001. Le "hic", c'est que des membres du Congrès américain voudraient faire passer une loi permettant de rendre indirectement responsable des officiels saoudiens devant les tribunaux américains pour un éventuel rôle dans ces fameux attentats.
Les Saoudiens ont donc anticipé la menace et ont rappelé officiellement que si cette législation passait la rampe du Congrès, ils n'auraient d'autre choix que de vendre toutes leurs obligations de l'État américain pour ne pas voir celles-ci être séquestrées ou gelées par ces mêmes tribunaux américains !
Personne ne connaît exactement le montant des obligations détenues par les Saoudiens, mais les estimations évoquent le chiffre de 750 milliards de dollars, ce qui n'est pas rien évidemment.

En punissant les Américains, les Saoudiens se puniraient en même temps... En attendant, la menace est là
La Maison-Blanche essaie d'éteindre l'incendie, mais plusieurs parlementaires américains de l'opposition ne le souhaitent pas et estiment, à tort ou à raison, que Barack Obama défend en réalité les intérêts saoudiens contre les victimes des attentats. La réalité est évidemment infiniment plus complexe, comme d'habitude, mais c'est le message qui est véhiculé en ce moment aux États-Unis par l'opposition républicaine.
Toujours est-il que si les Saoudiens sont paniqués, c'est aussi parce qu'ils voient que leur alliance ancienne avec les États-Unis est en train de s'effilocher, notamment depuis que l'administration Obama a renoué les liens avec l'Iran, l'ennemi ancestral de l'Arabie saoudite.
Les Saoudiens ont déjà montré leur mauvaise humeur en laissant le prix du baril de pétrole dégringoler à des niveaux historiques. Et aujourd'hui, ils menacent de vendre les obligations de l'État américain, ce qui aurait pour effet de faire grimper les taux d'intérêt aux USA et de déstabiliser la Bourse américaine et le dollar. Mais bon, certains experts minimisent la menace, car en punissant les Américains, les Saoudiens se puniraient en même temps vu que leur monnaie est liée au dollar US. En attendant, la menace est là, sur la table de la Maison-Blanche..."

Dans "Trends Tendances" Belgique du 18 04 16 Article intitulé : Comment l'Arabie saoudite menace les États-Unis de 'destruction massive'

" Entre les États-Unis et l'Arabie saoudite, rien ne va plus en ce moment. Les Saoudiens ont même brandi, en quelque sorte, l'arme nucléaire... En effet, les Saoudiens viennent de faire comprendre à la Maison-Blanche, et surtout au Congrès américain, que si l'Arabie saoudite devait être reconnue coupable d'une manière ou d'une autre des attentats du 11 septembre 2001, elle n'aurait d'autre solution que de vendre toutes les obligations de l'État américain qu'elle détient dans ses comptes ! Jamais, au grand jamais, on n'aurait imaginé une telle réponse.
Jusqu'à présent, ce genre de scénario était souvent imaginé pour la Chine. Les experts pensaient que c'était la Chine, autre grande détentrice d'obligations américaines, qui était la plus susceptible de faire chanter les États-Unis avec ce genre de menace. Mais aujourd'hui, on découvre que ce sont les Saoudiens. Pourquoi ? Parce qu'ils ont toujours nié toute responsabilité officielle dans les attentats du 11 septembre 2001. Le "hic", c'est que des membres du Congrès américain voudraient faire passer une loi permettant de rendre indirectement responsable des officiels saoudiens devant les tribunaux américains pour un éventuel rôle dans ces fameux attentats.
Les Saoudiens ont donc anticipé la menace et ont rappelé officiellement que si cette législation passait la rampe du Congrès, ils n'auraient d'autre choix que de vendre toutes leurs obligations de l'État américain pour ne pas voir celles-ci être séquestrées ou gelées par ces mêmes tribunaux américains !
Personne ne connaît exactement le montant des obligations détenues par les Saoudiens, mais les estimations évoquent le chiffre de 750 milliards de dollars, ce qui n'est pas rien évidemment.

En punissant les Américains, les Saoudiens se puniraient en même temps... En attendant, la menace est là
La Maison-Blanche essaie d'éteindre l'incendie, mais plusieurs parlementaires américains de l'opposition ne le souhaitent pas et estiment, à tort ou à raison, que Barack Obama défend en réalité les intérêts saoudiens contre les victimes des attentats. La réalité est évidemment infiniment plus complexe, comme d'habitude, mais c'est le message qui est véhiculé en ce moment aux États-Unis par l'opposition républicaine.
Toujours est-il que si les Saoudiens sont paniqués, c'est aussi parce qu'ils voient que leur alliance ancienne avec les États-Unis est en train de s'effilocher, notamment depuis que l'administration Obama a renoué les liens avec l'Iran, l'ennemi ancestral de l'Arabie saoudite.
Les Saoudiens ont déjà montré leur mauvaise humeur en laissant le prix du baril de pétrole dégringoler à des niveaux historiques. Et aujourd'hui, ils menacent de vendre les obligations de l'État américain, ce qui aurait pour effet de faire grimper les taux d'intérêt aux USA et de déstabiliser la Bourse américaine et le dollar. Mais bon, certains experts minimisent la menace, car en punissant les Américains, les Saoudiens se puniraient en même temps vu que leur monnaie est liée au dollar US. En attendant, la menace est là, sur la table de la Maison-Blanche..."

Olivier Xerfi dans "La Tribune" du 10 février 2016 : Pourquoi les États-Unis font chuter délibérément le prix du pétrole

" N'étant pas spécialiste du prix du pétrole, je vais m'autoriser ici une hypothèse iconoclaste. Pour avoir participé par le passé à des travaux de prospective, je me souviens du temps très peu lointain où les spécialistes débattaient avec passion des prix du pétrole. Ils n'étaient pas tous d'accord, sinon ce ne seraient pas des spécialistes, sur l'hypothèse où le timing du peack oil, moment où les possibilités d'extension de l'offre buteraient sur la finitude des ressources accessibles pour un coût et une technologie raisonnables. Mais cette rigidité programmée de l'offre, face à la montée des émergents énergivores ne pouvait que provoquer à moyen terme une montée inexorable des prix vers des sommets, 100, 200, voire 250 dollars le baril.
Dans l'autre camps, il y avait les techno-optimistes, persuadés que le peak de demande devancerait le peak d'offre, et que la montée des prix au voisinage de 100, qualifierait toute une série d'énergies de substitutions, moins rentables, mais renouvelables, et que ce déplacement de la demande tuerait dans l'œuf le scénario du peak oil, stabilisant les prix. Ce qui est certain, c'est que la réalité a pris à contre-pieds tous ces raisonnements et que personne n'a vu venir ce qui se dessine aujourd'hui : un effondrement du prix du pétrole, sans véritable changement de la structure de la demande, et avant même que des énergies de substitution rentables ne fasse irruption sur le marché.
Les explications a posteriori foisonnent !
Ralentissement des émergents, irruption des pétroles et gaz non conventionnels, stratégie délibérée des Etats-Unis de fragiliser leurs principaux concurrents, dont la Russie, l'Arabie Saoudite, le Venezuela  et l'Iran etc. Si l'on ajoute à cela les phénomènes d'amplification liés aux jeux spéculatifs des Hedge funds,  on parvient assez aisément à rationaliser l'impensable, il y a encore quelques années, pour ne pas dire trimestres. Mais lorsque l'on observe la stratégie américaine délibérée de déstabiliser les prix, notamment les décisions récentes de rallonger la durée de vie des centrales nucléaires, de mettre en vente une partie de leurs réserves stratégiques (5 à 10 millions de barils par an), d'autoriser les exportations de pétrole, on peut se demander d'où vient ce zèle à asphyxier l'offre ?
Et c'est là que j'aimerais émettre une hypothèse qui va au-delà des arguments géostratégiques habituels. Et si les États-Unis tuaient volontairement la poule aux œufs d'or noir empoisonné et qu'ils jouaient volontairement le coup d'après. Que signifierait en effet pour l'économie américaine de se cramponner à leur place de leader dans une vieille énergie fossile, vouée tôt ou tard au déclin et d'optimiser leur rente pétrolière, conventionnelle et non conventionnelle :
    •    1/ Ce serait entériner une dynamique, où la hausse des prix du pétrole, au lieu de qualifier les énergies renouvelables, ne fait que flécher les investissements (y compris la R et D) vers les sources non conventionnelles incompatibles avec les objectifs de réduction des gaz à effets de serre.
    •    2/ Ce serait exposer l'économie américaine à un syndrome de la maladie hollandaise, où la rente énergétique freinerait la relève industrielle sur de nouvelles positions d'avenir.
    •    3/ Ce serait continuer à armer les fonds souverains du Golf, qui luttent contre leur propre syndrome hollandais en phagocytant le capital déjà installé dans les pays avancées.
    •    4/ Ces serait offrir un nouvel espace de jeu spéculatif pour la liquidité mondiale.
Saper le prix des énergies carbonées et casser leur rentabilité devient ainsi, à l'encontre de tous les raisonnements qui avaient cours jusqu'ici, le meilleur aiguillon pour orienter la R et D vers les énergies nouvelles, vers lesquelles s'engagent dès à présent la moitié des nouveaux investissements. Et lorsque l'on sait à quel point les États-Unis ont l'obsession du leadership dans les domaines d'avenir, la clé de la stratégie américaine est peut-être à rechercher de ce côté.
Fidèles à leur ligne de conduite industrielle, first mover takes all, il n'est pas exclu que ce que les Américains recherchent avant tout, c'est d'assoir leur leadership sur les énergies de demain et de ne pas se laisser piéger dans l'économie d'hier, avec beaucoup plus de coûts à terme, que d'avantages."

Dans "Trends Tendances" Belgique du 11 février 2016 : Le pétrole au plus bas depuis 2003 à New York

" Sans actualité particulière, si ce n'est la déprime générale des marchés mondiaux et l'absence persistante de signe de diminution de la surabondance d'or noir, les cours du pétrole ont baissé jeudi, tombant à New York au plus bas depuis presque treize ans. Nous retrouvons les cycle SOCIOECOPOFI.
 Déjà en baisse de quelque 3,5 dollars lors des trois précédentes séances, le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en mars a cédé encore 1,24 dollar à 26,21 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), soit un niveau qu'il n'avait plus atteint en clôture depuis mai 2003.
"On fait face à une tendance négative générale de l'économie mondiale", a estimé Carl Larry de Frost & Sullivan. "La reprise se fait attendre dans le monde et cela met les cours du pétrole sous pression." "Tant que l'économie va rester faible et la demande morose, le marché pétrolier restera à un bas niveau", a-t-il insisté.
Comme symptôme de ces inquiétudes sur l'économie mondiale, il citait une nouvelle chute des Bourses internationales, qui, comme souvent depuis le début de l'année, ont perdu jeudi 2%, 3%, voire 4%, en Asie, en Europe et à Wall Street.

Cours du baril de pétrole en dollars (moyennes mensuelles)

Dans "Trends Tendances" Belgique du 2 février 2016 : Pétrole: "Absurde de dire que les prix peuvent rester très durablement à 30 dollars (le baril)"

" Le prix du pétrole ne peut durablement se maintenir autour de 30 dollars le baril car la baisse des investissements dans l'exploration et la production pétrolières entraînera un rebond, a estimé mardi l'organisme de recherche IFP EN.
 A long terme, "les prix actuels à 30 dollars (le baril) ne sont pas tenables", a soutenu le président de l'Institut français du pétrole Energies nouvelles (IFP EN), Didier Houssin, lors d'une conférence de presse.
"C'est aussi absurde de dire que les prix peuvent rester très durablement à 30 dollars que de dire qu'ils pouvaient rester très longtemps au-delà de 100 dollars. C'est une industrie cyclique", a-t-il ajouté.
Les cours du pétrole ont dégringolé de près de 75% depuis juin 2014, pénalisés par une demande manquant de vigueur face à une offre excédentaire, alimentée notamment par la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Arabie saoudite en tête, déterminée à défendre ses parts de marché face aux hydrocarbures de schiste américains.
Cette chute des prix a contraint les compagnies pétrolières à se serrer la ceinture et à réduire drastiquement leurs investissements d'exploration-production, pourtant nécessaires pour alimenter la demande future. Celle-ci restera "dynamique sur le long terme" dans le secteur des transports, où il existe pour l'heure peu d'énergies alternatives, a estimé l'IFP EN.
Face à cette situation, les prix du pétrole rebondiront à terme, a estimé Didier Houssin.
Son institut pose deux hypothèses, sans trancher: si l offre reste suffisante pour faire face à la demande, "on peut avoir un scénario durable au-delà de 2020 de prix dans une fourchette de 40 à 60 dollars", a expliqué M. Houssin.
Dans le cas contraire, compte tenu de la dynamique de la demande de mobilité dans les pays émergents, (...) le ralentissement des investissements peut laisser penser qu'on irait assez vite vers une tension très forte sur les prix au-delà de 2020".

Dans "Trends Tendances" Belgique du 27 janvier 2016 : Comment sont fixés les prix du pétrole ?

" Parler aujourd'hui de prix du pétrole revient généralement à évoquer les cours auxquels le baril est échangé sur les marchés financiers. Mais loin de ce monde où la spéculation fait souvent loi, la fixation des prix de l'or noir implique une multitude d'acteurs et se joue à divers niveaux, du plus concret au moins tangible.
Trois types de marché
Depuis la seconde moitié des années 1970, les marchés de transactions pétrolières ont progressivement remplacé le précédent système de "prix producteurs" où un prix de référence était fixé par un producteur (ou un groupe de producteurs) dominant qui parvenait à l'imposer aux autres acteurs du marché.
Il existe aujourd'hui trois types de marchés pétroliers: un marché physique au comptant (dit "spot"), un marché physique à terme (ou marché "forward") et enfin un marché à terme (ou marché des futures").
Sur les deux premiers marchés sont effectués des transactions physiques, ce qui signifie que des livraisons de pétrole vont effectivement avoir lieu au terme de l'échange. Dans le cas du marché physique au comptant, la livraison est immédiate (ou quasiment étant donné les délais d'acheminement) tandis qu'elle est différée par rapport au moment où est conclue la transaction dans le cas du second.
Sur le marché à terme, les investisseurs échangent des intentions d'achat ou de vente futures (dont l'échéance peut varier de quelques mois à plusieurs années) à un prix immédiatement fixé mais contrairement aux marchés physiques, ces transactions ne débouchent généralement pas sur des livraisons physiques. Le pétrole n'est donc vendu que "sur papier".
Des opérateurs divers
Le marché physique met essentiellement en présence des compagnies productrices privées et publiques (côté vendeur), des raffineurs (côté acheteur) et des négociants des deux côtés.
De son côté, le marché à terme voit intervenir deux types d'acteurs: commerciaux et non commerciaux. Les premiers sont des opérateurs, généralement les mêmes que sur les marchés physiques, qui cherchent avant tout, via le recours à des contrats à terme, à protéger leurs opérations des variations des prix au comptant.
Les opérateurs non commerciaux utilisent en revanche le marché à terme pour réaliser des profits purement financiers et déconnectés de toute transaction physique. Ils se livrent donc à de la spéculation.
Plusieurs qualités de brut
Il existe plus de 160 qualités de pétrole brut différentes qui vont elles-mêmes déterminer différentes gammes de produits pétroliers obtenus après raffinage et donc justifier des écarts de prix.
La qualité du brut dépend essentiellement de sa densité et de sa teneur en impuretés (notamment en soufre) en fonction du gisement d'où il est extrait.
Parmi toutes ces variétés de pétrole, les transactions sur le brut se fondent sur les trois principales références commerciales mondiales: le Brent, un mélange de bruts produits en mer du Nord, qui est la référence européenne cotée à Londres, le West Texas Intermediate (WTI) produit en Amérique du Nord et coté à New York, et enfin le Dubaï Light, produit dans le golfe persique.
Les prix des autres pétroles bruts sont indexés sur les cours de ces trois pétroles de référence.
Une fixation des prix encadrée
Les cours du pétrole sont exprimés en dollars pour un baril, une unité de mesure qui correspond à 42 gallons américains ou 158,99 litres.
Les prix physiques du pétrole sont fixés selon un mécanisme très complexe dans lequel interviennent des agences spécialisées censées être les garantes de la transparence du processus.
L'agence de référence historique en la matière est l'américaine Platts, qui collecte quotidiennement à travers le monde des données auprès des vendeurs et des acheteurs - producteurs, consommateurs, traders et courtiers afin de fournir une estimation des prix pratiqués.
Platts publie à partir de là chaque jour une centaine d'indices du pétrole physique et des produits raffinés (variant suivant le mode de transport et la destination) via son journal spécialisé, le Platts Oilgram Price Reports.
Même si les prix du marché à terme ne recouvrent pas exactement ceux du marché spot, ils restent intrinsèquement liés à ces derniers par la possibilité virtuelle pour un acheteur à terme d'exiger la livraison du produit. Cette dépendance impose que le prix à terme converge à son échéance vers le prix spot."

Dans "Trends Tendances source Le Monde" Belgique du 13 janvier 2016 : Quel serait le "juste prix" du pétrole ?

" Les pays producteurs, les compagnies pétrolières et les pays consommateurs s'accordent tous pour le dire: le cours actuel du pétrole - tombé ce mardi à moins de 30 dollars- est beaucoup trop bas. Cette situation ne peut perdurer. Selon Le Monde, il y a sans doute un optimum économique.
 Les cours du pétrols sont brièvement tombés ce mardi à moins de 30 dollars après un pic à 115 dollars en juin 2014, du jamais vu en 12 ans. Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI Les pays producteurs, les compagnies pétrolières et les pays consommateurs s'accordent pour le dire: les prix sont beaucoup trop bas. Mais quel pourrait alors être le juste prix du pétrole qui permettrait d'assurer la rentabilité des investissements de production sans tuer la demande de pétrole, s'interroge un analyste du Monde?
Ce cours permettrait d'assurer l'équilibre financier des pays producteurs sans pénaliser l'économie des pays consommateurs. De nombreux analystes estiment qu'il se situerait autour des 70 dollars, loin donc des 90-100 dollars revendiqués par l'Arabie saoudite au début de la décennie, explique le journal français. Un baril dans cette tranche de prix permettrait aux pays producteurs de financer leurs dépenses.
Les nations aux économies peu diversifiées et dépendantes des hydrocarbures (Russie, Arabie saoudite, Venezuela, Algérie...) ont subi de lourds déficits budgétaires en 2015 et vont devoir redresser la barre en 2016. Pour les compagnies pétrolières, des prix élevés sont gage de profits plus importants et de gros dividendes pour leurs actionnaires. Ils permettent aussi d'investir pour trouver et exploiter de nouveaux gisements et de renouveler leurs réserves. On le sait, la raréfaction de l'offre entraînera une remontée des prix qui peut être brutale s'il y a un fort déséquilibre entre offre et demande.
Selon l'analyste du Monde, un baril en dessous des 50 dollars n'est pas rentable, sauf dans la péninsule Arabique. Entre 2005 et 2013, années où le prix du pétrole a connu des sommets, les dépenses en capital des sociétés pétrolières ont été très élevées. Avec le baril à 30 dollars, les sociétés risquent de réduire massivement leurs investissements et de supprimer des emplois supplémentaires.
70 dollars, voilà donc le montant défini comme "très supportable" pour les pays importateurs qui ont déjà du s'habituer à un baril situé à 90-100 dollars de 2010 à 2014. Ce cours permet en effet de relancer un peu l'inflation, tombée à des niveaux proches de zéro. Le baril à 70 dollars présente aussi quelques bémols. Il est préjudiciable à la facture énergétique du pays et au pouvoir d'achat immédiat des consommateurs.
Une dernière composante intervient conclut Le Monde: la lutte contre le réchauffement climatique. Plus le pétrole est cher, plus les énergies alternatives et propres sont compétitives et moins les automobilistes sont incités à utiliser leur voiture."

Michel Santi dans "La Tribune" du 11 janvier 2016 : Arabie Saoudite : cygne noir de l'an 2016

" L'hypothèse de l'abandon du lien entre la devise de l'Arabie saoudite et le dollar a-t-elle de quoi inquiéter? Par Michel Santi, économiste
Le kwanza angolais s'est effondré de 15% en quelques heures dès que les autorités de ce pays autorisèrent sa dévaluation il y a quelques jours. Le mois dernier, c'est la monnaie de l'Azerbaïdjan, le manat, qui avait perdu le tiers de sa valeur en quelques heures dès que la banque centrale nationale devait décider d'abandonner son indexation par rapport au dollar américain. Au total, le manat aura perdu 55% en 2015 vis-à-vis du billet vert, pire encore que le tenge du Kazakhstan qui a concédé 47% contre le dollar, le rouble russe 24%, le manat turkmène 19%, ou encore la devise de Géorgie qui aura perdu le quart de sa valeur en 2015...
L'effondrement de toutes ces monnaies - ayant évidemment comme point commun d'être toutes pétro-dépendantes- alimente désormais les rumeurs les plus folles sur un phénomène de nature à envoyer des ondes de choc à travers l'ensemble du système financier mondial, à savoir l'abandon par l'Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, de l'indexation de son riyal par rapport à la devise américaine.
 Un ex source de pérennité pour l'Arabie saoudite
Le pétrole étant négocié en dollars, cette corrélation du riyal au billet vert - mise en place en 1986 - fut source de prospérité pour l'Arabie Saoudite qui a ainsi pu sereinement mettre en accord ses revenus avec ses dépenses, tous deux libellés en dollar du fait de ce fameux "peg" qui fut incontestablement facteur de stabilité économique.
Si l'abandon d'une telle indexation -et donc la chute substantielle inévitable de la devise nationale qui s'ensuit- ont pour conséquence mécanique de favoriser les exportations du pays en question, une telle extrémité est toujours très mal accueillie par les marchés qui l'interprètent avec raison comme un constat d'échec pour la politique économique du pays en question et qui lui retirent dès lors toute confiance. Du coup, les effets positifs de la dévaluation massive de la monnaie nationale sont largement neutralisés - voire retournés contre le pays ayant abandonné le peg- qui se retrouve en outre pénalisé par des importations nécessairement plus onéreuses.
 Effets catastrophiques sur le pétrole de schiste
Pour autant, une décision saoudienne de sortir du peg - dont la défense lui a coûté 100 milliards de dollars ces mois derniers pour cause d'attaques spéculatives contre le riyal - stimulerait a priori considérablement ses exportations de pétrole qui deviendraient du jour au lendemain nettement moins chères. Un tel dumping nuirait à l'évidence à sa concurrence et aurait des effets catastrophiques sur la production de pétrole de schiste US qu'elle tente en vain de casser depuis un peu plus d'un an, et qui fut la raison fondamentale de la chute des prix orchestrée par elle dès novembre 2014.
Pour autant, ayant lamentablement échoué à éradiquer les producteurs américains qui s'adaptèrent rapidement à la chute ininterrompue des prix depuis la fin 2014, l'Arabie Saoudite risquerait gros à persévérer dans cette partie de poker, elle qui est aujourd'hui devenue tellement vulnérable pour avoir désespérément besoin d'un baril à 90 $ afin d'être en mesure d'assumer ses dépenses courantes. De plus, les retombées favorables de l'abandon de l'indexation de son riyal vis-à-vis du dollar seront dès l'an prochain annihilées par l'arrivée sur le marché des centaines de milliers de barils de pétrole iranien!
Une manne pétrolière qui se tarit
Bien consciente de ces enjeux, et surtout qu'elle n'est désormais plus le producteur de pétrole mondial référence et qu'elle n'est plus en mesure d'imposer sa volonté à des marchés pétroliers échappant à son contrôle, l'Arabie s'est donc résignée à adopter des mesures d'austérité budgétaire. Mise en place d'un impôt de 2.5% sur la valeur de terres non construites situées autour de ses villes, augmentation généralisée des prix de l'eau et de l'électricité, ce Royaume ayant naguère acheté sa paix sociale se retrouve aujourd'hui dans une fuite en avant aux conséquences potentiellement désastreuses.
Comment redistribuer une manne pétrolière qui se tarit? Dans un tel contexte où quelque chose doit craquer, les autorités saoudiennes tentent de détourner les attentions vers l'ennemi héréditaire chiite, quitte à précipiter tout le Moyen-Orient dans des abysses géopolitique et financière.

 Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d'Art Trading & Finance.

Dans "La Tribune" du 6 janvier 2016 : Pétrole : le Brent sous les 35 dollars pour la première fois en 11 ans

" Le même jour, l'Arabie saoudite, chef de file de l'Opep, a annoncé qu'elle baissait pour le mois de février le prix de son pétrole en Europe. Les cours de l'or noir sont affectés par le dollar fort et les mauvais indicateurs économiques chinois. L'offre abondante résultant de la stratégie de l'Opep inquiète également. Une nouvelle barre symbolique a été franchie par l'or noir. Après 30% de baisse des prix du pétrole, en 2015, la chute continue. Mercredi 6 janvier, le baril de Brent plongeait de plus de 4,8% en début d'après-midi, atteignant les 34,79 euros, soit le niveau le plus faible depuis juillet 2004. "Le marché continue à baisser, il n'y a aucun doute", souligne Tamas Varba, un analyste spécialiste de l'or noir pour PVM brokerage, interrogé par le Wall Street Journal. "Le dollar fort et les chiffres décevants sur la Chine renforcent la tendance baissière." L'analyste fait référence à la croissance des services, mesurée à un creux de 17 mois, selon l'indice Caixin-Markit publié mercredi, et à la production manufacturière une nouvelle fois à la baisse, annoncée lundi.
Inquiétude sur la demande et l'offre "Des inquiétudes concernant la demande et l'offre abondante pèsent lourdement sur les prix (du pétrole)", expliquent également les analystes de Commerzbank, dont les propos sont relayés par l'AFP.
L'Opep et Riyad notamment sont jugés en partie responsable de la chute des cours par plusieurs analystes. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole a notamment relevé son plafond de production au début du mois de décembre 2015. Elle maintient ainsi sa stratégie de défense des parts de marché, censée faire baisser les cours, avec une production autour de 32 millions de barils par jour. L'objectif est de décourager les producteurs dont les coûts sont les plus élevés, en particulier ceux de pétrole de schiste aux Etats-Unis.
L'Arabie saoudite baisse ses prix pour ses clients européens
Par ailleurs, si elle a annoncé des hausses du côté de l'Asie, le même jour, l'Arabie saoudite, chef de file de l'Opep, a annoncé qu'elle baissait pour le mois de février le prix de son pétrole en Europe, et certaines catégories de brut destinées aux marchés américain et du Moyen-Orient. Un moment stratégique puisque l'Iran s'apprête à reprendre les exportations de pétrole vers l'Europe avec la levée attendue des sanctions suite à l'accord passé sur le nucléaire.
 "La montée des tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran montre que Riyad ne compte pas réduire sa production et aider l'Iran à regagner des parts de marché", analyse le cabinet de conseil Wood Mackenzie.."