Matières premières 2016

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MATIERES PREMIERES 2016

 


Dans "LES eCHOS" du Article intitulé :

 
(Les Echos) La semaine dernière, les matières premières sont globalement entrées dans ce que les investisseurs appellent un « marché haussier », qui marque un bond de 20 % des cours depuis le dernier point bas touché fin janvier. En tête, l'énergie et les matières premières agricoles ont mené la danse, avec un gain de plus de 50 % pour le pétrole brut américain (encore au plancher depuis douze ans il y a cinq mois), de plus de 40 % pour le sucre ou encore de plus de 30 % pour le soja. Les prix sont soutenus par un regain d'inquiétude concernant l'approvisionnement du monde en matières premières. (…) Aux craintes liées à l'offre est venue s'ajouter - de manière plus inattendue pour de nombreux investisseurs - une demande plus solide que prévu. (…) « Le pessimisme excessif qui pesait sur la classe d'actifs a disparu, chaque matière s'échangeant désormais sur la base de ses propres fondamentaux. »

Dans "Bilan" Suisse du 13 janvier 2016 : La Chine a profité en 2015 de la chute des cours des matières premières

" La Chine a profité en 2015 de l'effondrement des cours du pétrole, du minerai de fer et des métaux industriels pour gonfler à moindres frais certaines de ses importations, tout en économisant au moins 160 milliards de dollars montraient mercredi des chiffres officiels.. Sun Tzu ?
   Paradoxalement, c'est le vif ralentissement de l'activité en Chine, deuxième économie mondiale, qui a alimenté la glissade des cours des matières premières. Alors Sun Tzu ? Si le plongeon a ébranlé les pays producteurs, le géant asiatique a lui tiré partie de l'aubaine.
En volume, les importations chinoises de pétrole ont ainsi grimpé de 8,8% en 2015, à 335 millions de tonnes (environ 6,7 millions de barils/jour), ont indiqué les Douanes. Un niveau record selon Bloomberg News. La hausse sur le seul mois de décembre a été de 9,3% sur un an.
Des réglementations ont été assouplies pour permettre aux raffineries privées d'augmenter massivement leurs achats d'or noir, et les réserves stratégiques nationales ont été renforcées, rappelait l'agence financière.
Le coût moyen du brut importé sur l'année a dégringolé de 45,3% par rapport à 2014, selon Huang Songping, porte-parole des Douanes. Au total, le pays a dépensé 134,5 milliards de dollars pour ses achats de pétrole brut en 2015.
La Chine a aussi gonflé de 2,2% ses importations de minerai de fer en volume l'an dernier, à 953 millions de tonnes - un autre record selon Bloomberg. Elles ont bondi de 17% en décembre. Leur coût moyen en 2015 s'est inscrit en baisse de 39%.

Le volume des importations de cuivre est lui resté stable en 2015, mais Pékin a fait état d'un coût par tonne du métal rouge inférieur de 17% sur un an.
Les prix moyens du charbon se sont eux effondrés de 21,8%, tandis que les volumes importés chutaient de presque 30%, ont aussi indiqué les douanes.
Sur ces quatre matières premières (pétrole, minerai de fer, cuivre, charbon), les quantités importées par la Chine l'an dernier lui auraient coûté au total 160,5 milliards de dollars supplémentaires aux cours moyens de 2014, selon des calculs de l'AFP.
Pour le seul pétrole brut, l'économie réalisée s'élève à 114 milliards de dollars.

La Chine a néanmoins levé le pied sur ses importations de certains matériaux et métaux, sur fond d'essoufflement du secteur de la construction, de surcapacités industrielles - en particulier dans les aciéries - et de contraction de la production manufacturière.
Exprimé en dollars, le montant total des importations chinoises a plongé de 14,1% en 2015, un repli dont "sont principalement responsables la chute des cours mondiaux mais aussi le ralentissement des volumes de matières premières importées", a insisté M. Huang.
Toutefois, "le bond en volume des importations des principales matières premières en décembre suggère que la demande intérieure s'est renforcée" et une stabilisation de l'activité, tempérait Daniel Martin, expert du cabinet Capital Economics. Eh oui ! La Chine mène le jeu et se gausse des commentaires et autres prospectives sur les "malheurs" de la Chine. Cela me rappelle les débats que j'ai eus pendant de nombreuses réunions avec des officiels avant que je ne comprenne, grâce à eux, certaines subtilités chinoises. Voir mes commentaires ci-dessous d'un article du 25 octobre 2015

Souvenez-vous :

Virginie Mangin dans "La Tribune" du 25 octobre 2015 : Mythes et réalités du ralentissement chinois

" Après les « trente glorieuses » qui ont porté la Chine au premier rang mondial, les taux de croissance ont atteint un plus bas depuis vingt-cinq ans. Malgré une économie encore saine, beaucoup se demandent où va la Chine. Plusieurs indicateurs invitent toutefois à relativiser la gravité de la situation. Des exportations en berne, un indice du secteur manufacturier (PMI) au plus bas depuis six ans, une déflation latente et une production d'électricité en hausse d'à peine 1 % en août : les indices économiques, en dépit d'un effort de relance soutenu du gouvernement, ne montrent aucun répit. Que l'on ne se trompe pas, cette situation est stratégique. Concernant, notamment, les matières premières. Je pense que la Nouvelle Calédonie a tort d'ouvrir son térritoire à la Chine. Depuis plus d'un an maintenant, l'économie chinoise donne des signes d'un ralentissement, certes souhaité par le régime communiste, mais qui commence à inquiéter tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Je propose au lecteur de relire Sun Tzu. La deuxième économie mondiale est touchée par une ambiance mondiale morose et une demande intérieure stagnante. Elle est surtout engluée dans une surcapacité endémique qui touche l'ensemble de son industrie (ciment, acier, verre, immobilier) et une dette qui ne cesse de grimper pour atteindre 280% de son PIB. À titre d'exemple : le secteur de l'acier est en surcapacité de 300 millions de tonnes, soit presque trois fois la production annuelle de toute l'Union européenne... Et l'armement ? La Chine ne sera plus l'usine du monde. Le sage Zen dit "on verra" Là-dessus s'est greffée une bulle boursière provoquée de toutes pièces par le gouvernement et qui a éclaté violemment cet été. Ainsi, la Bourse de Shanghai a-t-elle perdu 40% de sa valeur en deux mois. La communication calamiteuse du gouvernement, qui a cherché à tout prix à endiguer la baisse tout en pointant du doigt des boucs émissaires dans une mise en scène digne de son voisin nord-coréen, n'a rien fait pour rassurer les investisseurs. Sans parler de la fuite des capitaux : 130 milliards de dollars ont ainsi quitté la Chine en août.

« Nous sommes structurellement pessimistes sur l'économie chinoise à cause d'une triple bulle - du crédit, de l'immobilier et des investissements - et dont les symptômes ont été une déflation du PPI (indices des prix à la production), des prix de l'immobilier et un record des sorties des réserves de changes », écrivait le mois dernier le Crédit suisse dans une note à ses clients. Cette vue est une vue d'européen inadaptée en Chine. Le Crédit Suisse a t-il tenu compte de la différence des normes comptables chinoises Pourtant, un ralentissement de la croissance a été voulu et annoncé par le nouveau tandem Xi Jinping-Li Keqiang (le Président et son Premier ministre), dès leur arrivée au pouvoir, il y a trois ans. Pourquoi ? N'est-ce pas cela la bonne question ? Le concept de « nouvelle norme » a été maintes fois martelé à la presse et lors de chaque visite officielle. Le message est clair : la Chine va se réformer. Elle ne sera plus l'usine du monde ; la croissance à deux chiffres, c'est fini ! Elle sera désormais tirée par l'innovation et la demande intérieure. Si c'est le cas, la croissance à deux chiffres est assurée pour des dizaines d'années.En regardant de plus près les données économiques, il y a quelques bonnes nouvelles dans ce sens. Pour la première fois dans son histoire récente, l'industrie des services prédomine dans la composition du PIB. Si toute une partie de l'industrie traîne des pieds (ciment, acier, charbon), une autre (TIC, télécoms) résiste au ralentissement. Et si elle se structurait pour être la plus opérationnelle.  « L'industrie des télécommunications se porte bien. Elle est en pleine transformation. Il y a une forte hausse de la demande pour l'informatique en nuage, le traitement des mégadonnées... », selon Wang Jianzhou, ancien PDG de China Mobile et qui dirige aujourd'hui l'association chinoise des entreprises publiques. Effectivement, la Chine a pleinement intégré l'ère digitale et, dans ce domaine, elle n'a rien à envier à l'Europe et aux États-Unis. La référence du futur n'est ni l'Europe, ni les Etats-Unis c'est la Japon.

Des fondamentaux économiques solides

Pour ce qui est de la consommation des ménages, cette dernière est de plus en plus tournée vers des produits de bien-être : loisirs, cosmétiques, masques pour le visage (en hausse de 29% en juin) ; signe que les mentalités ont bien changé. Si la demande commence à être saturée dans les grandes villes telles que Pékin ou Shanghai, elle reste encore forte dans les villes de deuxième ou troisième rang où toute une partie de la population doit encore accéder au statut de classe moyenne. « Les fondamentaux économiques en Chine sont encore solides. Le potentiel de croissance dans les villes est énorme. Nous estimons que la consommation va croître de 320 milliards de dollars cette année, dont la moitié via Internet », a déclaré Rich Lesser, président du Boston Consulting Group, lors du World Economic Forum qui s'est tenu dans la ville de Dalian le mois dernier. D'ailleurs, à Dalian, les hommes d'affaires et analystes font tous le même diagnostic : l'économie se restructure et pour l'instant le ralentissement indéniable n'est pas inquiétant outre mesure. Le pouvoir, quant à lui, défend son bilan économique sans sourciller. Officiellement, le gouvernement n'est pas inquiet, même s'il admet que les reformes sont difficiles à mettre en oeuvre. « Il n'y aura pas d'atterrissage brutal de l'économie chinoise. L'économie est en phase de transition. C'est un processus douloureux. Des hauts et des bas sont inévitables », a ainsi cherché à rassurer le Premier ministre Li Keqiang en septembre.Pour l'instant, le gouvernement a résisté à un grand plan de relance par les investissements comme en 2008-2009, source aujourd'hui d'une grande partie de ses maux. Il s'est contenté d'annoncer des investissements publics précis (chemin de fer, HLM) et de baisser les taux d'intérêt et ceux des réserves obligatoires des banques.« La Chine n'a pas besoin d'une relance massive. Il faut que le gouvernement relance l'économie juste assez pour laisser les nouveaux secteurs croître sans pour autant arrêter les réformes », explique Li Daokui, économiste de renom et professeur à l'Université de Tsinghua.« La vraie question, c'est : la nouvelle économie va-t-elle compenser la destruction de l'ancienne ? », se demande André Loesekrug-Pietri, fondateur de A Capital, un fonds d'investissement européen présent en Chine et en Europe.

Un grand point d'interrogation...

Alors, qu'en est-il vraiment ? Jusqu'à quel point le pouvoir communiste maîtrise-t-il le ralentissement économique ? En fait, rares sont ceux qui peuvent réellement répondre à cette question. Tout au plus savons-nous que la croissance comment est calculée "cette croissance"...   réelle de la Chine n'a pas atteint 7% au deuxième trimestre, comme l'a affirmé le bureau national des statistiques en juin. Une surévaluation des chiffres qui a valu à la Chine une réprobation publique du FMI... Si le FMI le dit alors.... Les économistes la situent plutôt autour de 6%.

Aujourd'hui, c'est cette incertitude qui plane sur ce qui a été l'un des moteurs de la croissance mondiale des dix dernières années, qui rend la communauté internationale si nerveuse. Personne ne sait vraiment comment les décisions sont prises. La gestion de la crise boursière suivie par l'annonce surprise d'une dévaluation de la monnaie, montre toute l'opacité du système. En fait, l'opacité est une stratégie de type militaire. En cela, la comptabilité .... « En 2014, la Chine représente près de 40% de la croissance mondiale. Le marché chinois étant à présent le plus important dans un grand nombre de secteurs, c'est la première fois que quelque chose d'important en Chine comme le ralentissement de la croissance a des répercussions mondiales. C'est tout à fait historique », analyse André Loesekrug-Pietri. C'est clair, mais cela est voulu depuis plusieurs années « On était habitué aux humeurs du consommateur américain. Il va falloir s'habituer à éternuer lorsque le consommateur chinois s'enrhume. » La Chine entrant partout, même dans le DTS, la stratégie chinoise et l'aveuglement des autres pays ont fait le reste. Cela me rappelle des discussions avec des officiels à Pekin, Harbin il y a plusieurs années. Si une partie des réformes ont été appliquées, notamment dans le domaine financier, le plus dur, c'est-à-dire restructurer les entreprises d'État, peu compétitives et qui accaparent une grande partie des ressources, reste à faire. Mi-septembre, le gouvernement a bien annoncé un plan sur le sujet. Mais, comme d'habitude, on peine à comprendre ce qui sera appliqué ou non, et dans quelles conditions. Un éditorial virulent le mois dernier dans un journal officiel contre ceux qui rechignent à se délester de leurs privilèges laisse entendre que le pouvoir se heurte à de fortes résistances. Rappelons que certains patrons d'entreprises d'État ont le rang de ministre.

« Les réformes sont toujours difficiles. La réforme des sociétés d'État donnera un plus grand rôle au marché et offrira un vrai relais de croissance. Reste à voir maintenant si le gouvernement met en pratique ce qu'il a annoncé », conclut Rich Lesser.

 

Dans "Bilan" Suisse du 13 janvier 2016 : L'UE se penche sur un changement de statut de la Chine à l'OMC

" Par AWP L'UE doit entamer mercredi des délibérations sur l'attribution éventuelle du statut d'économie de marché à la Chine, une décision qui pourrait être lourde de conséquence pour tous les concurrents européens de l'atelier du monde.
La Commission européenne, négociateur commercial des 28 pays membres de l'UE, va ouvrir le débat sur ce statut qui, si la Chine l'obtient, pourrait déboucher sur une forte baisse de ses droits de douane.
A son entrée dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, la Chine avait été en effet enregistrée comme une économie non marchande, la question de son statut devant être réexaminée 15 ans plus tard, en 2016.
"Le collège (les 28 commissaires de l'Union Européenne, ndlr) va avoir demain un débat d'orientation sur la requête de la Chine pour accéder au statut d'économie de marché", a déclaré le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, lors d'un point presse mardi.
"Ce n'est pas le moment de prendre une décision formelle. C'est l'occasion pour les commissaires de discuter de la façon d'approcher cette demande et d'évaluer les étapes qui vont suivre", a précisé M. Schinas.
De nombreux industriels européens, des fabricants de panneaux solaires aux aciéristes, voient d'un très mauvais oeil un changement de statut, préférant le statu quo, tout comme les Etats-Unis, également inquiets pour leurs industriels.
"L'Europe ne peut tout simplement pas accorder le statut d'économie de marché à un pays qui ne le mérite pas. Si on agit ainsi, cela aura un impact négatif immense sur l'industrie européenne", a souligné un porte-parole du lobby de l'industrie Aegis basé à Bruxelles, Milan Nitzschke.

"Le modèle économique chinois fondé sur une politique agressivement exportatrice encourage les entreprises à pratiquer un dumping des prix sur les marchés étrangers et favorise des manipulations de changes pour soutenir son économie", a argué M. Nitzschke.
L'Institut de politique économique basé à Washington (EPI) estime que si le statut d'économie de marché était accordé à la Chine, la production de l'UE pourrait être réduite de 2% du Produit intérieur brut (PIB) par an. Et, toujours selon les projections de l'EPI, entre 1,7 et 3,5 millions d'emplois européens seraient menacés.
"Avant d'accorder à la Chine le statut d'économie de marché, l'UE devrait se pencher sur les millions d'emplois qui pourraient disparaître dans le sillage de cette décision", a mis en garde Robert E. Scott, économiste de EPI."

Michel Santi dans "La Tribune" du 11 janvier 2016 : Arabie Saoudite : cygne noir de l'an 2016

" L'hypothèse de l'abandon du lien entre la devise de l'Arabie saoudite et le dollar a-t-elle de quoi inquiéter? Par Michel Santi, économiste
Le kwanza angolais s'est effondré de 15% en quelques heures dès que les autorités de ce pays autorisèrent sa dévaluation il y a quelques jours. Le mois dernier, c'est la monnaie de l'Azerbaïdjan, le manat, qui avait perdu le tiers de sa valeur en quelques heures dès que la banque centrale nationale devait décider d'abandonner son indexation par rapport au dollar américain. Au total, le manat aura perdu 55% en 2015 vis-à-vis du billet vert, pire encore que le tenge du Kazakhstan qui a concédé 47% contre le dollar, le rouble russe 24%, le manat turkmène 19%, ou encore la devise de Géorgie qui aura perdu le quart de sa valeur en 2015...
L'effondrement de toutes ces monnaies - ayant évidemment comme point commun d'être toutes pétro-dépendantes- alimente désormais les rumeurs les plus folles sur un phénomène de nature à envoyer des ondes de choc à travers l'ensemble du système financier mondial, à savoir l'abandon par l'Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, de l'indexation de son riyal par rapport à la devise américaine.
 Un ex source de pérennité pour l'Arabie saoudite
Le pétrole étant négocié en dollars, cette corrélation du riyal au billet vert - mise en place en 1986 - fut source de prospérité pour l'Arabie Saoudite qui a ainsi pu sereinement mettre en accord ses revenus avec ses dépenses, tous deux libellés en dollar du fait de ce fameux "peg" qui fut incontestablement facteur de stabilité économique.
Si l'abandon d'une telle indexation -et donc la chute substantielle inévitable de la devise nationale qui s'ensuit- ont pour conséquence mécanique de favoriser les exportations du pays en question, une telle extrémité est toujours très mal accueillie par les marchés qui l'interprètent avec raison comme un constat d'échec pour la politique économique du pays en question et qui lui retirent dès lors toute confiance. Du coup, les effets positifs de la dévaluation massive de la monnaie nationale sont largement neutralisés - voire retournés contre le pays ayant abandonné le peg- qui se retrouve en outre pénalisé par des importations nécessairement plus onéreuses.
 Effets catastrophiques sur le pétrole de schiste
Pour autant, une décision saoudienne de sortir du peg - dont la défense lui a coûté 100 milliards de dollars ces mois derniers pour cause d'attaques spéculatives contre le riyal - stimulerait a priori considérablement ses exportations de pétrole qui deviendraient du jour au lendemain nettement moins chères. Un tel dumping nuirait à l'évidence à sa concurrence et aurait des effets catastrophiques sur la production de pétrole de schiste US qu'elle tente en vain de casser depuis un peu plus d'un an, et qui fut la raison fondamentale de la chute des prix orchestrée par elle dès novembre 2014.
Pour autant, ayant lamentablement échoué à éradiquer les producteurs américains qui s'adaptèrent rapidement à la chute ininterrompue des prix depuis la fin 2014, l'Arabie Saoudite risquerait gros à persévérer dans cette partie de poker, elle qui est aujourd'hui devenue tellement vulnérable pour avoir désespérément besoin d'un baril à 90 $ afin d'être en mesure d'assumer ses dépenses courantes. De plus, les retombées favorables de l'abandon de l'indexation de son riyal vis-à-vis du dollar seront dès l'an prochain annihilées par l'arrivée sur le marché des centaines de milliers de barils de pétrole iranien!
Une manne pétrolière qui se tarit
Bien consciente de ces enjeux, et surtout qu'elle n'est désormais plus le producteur de pétrole mondial référence et qu'elle n'est plus en mesure d'imposer sa volonté à des marchés pétroliers échappant à son contrôle, l'Arabie s'est donc résignée à adopter des mesures d'austérité budgétaire. Mise en place d'un impôt de 2.5% sur la valeur de terres non construites situées autour de ses villes, augmentation généralisée des prix de l'eau et de l'électricité, ce Royaume ayant naguère acheté sa paix sociale se retrouve aujourd'hui dans une fuite en avant aux conséquences potentiellement désastreuses.
Comment redistribuer une manne pétrolière qui se tarit? Dans un tel contexte où quelque chose doit craquer, les autorités saoudiennes tentent de détourner les attentions vers l'ennemi héréditaire chiite, quitte à précipiter tout le Moyen-Orient dans des abysses géopolitique et financière.

 Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d'Art Trading & Finance.

Thimothée de Rauglaudre dans "La Tribune" du 8 janvier 2016 : Les prix alimentaires mondiaux ont chuté de 19% en 2015

" L’indice FAO des prix des produits alimentaires est en baisse en 2015, pour la quatrième année de suite. Les prix ont baissé en décembre sur toutes les catégories de produits, sauf le sucre et les huiles végétales. La baisse des prix des produits alimentaires se poursuit. En recul pour la quatrième année de suite, l'indice FAO des prix des produits alimentaires, publié jeudi 7 janvier, a chuté de près de 19% sur l'ensemble de l'année 2015. Cet indicateur, calculé tous les mois par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), prend la mesure de la variation d'un panier de denrées alimentaires, réparties en cinq catégories.
Baisse de 1% en décembre
Au mois de décembre, l'indice FAO a enregistré une baisse de 1% par rapport à novembre, avec un recul du prix de tous les produits alimentaires du panier, à l'exception du sucre et des huiles. Sur l'ensemble de l'année 2015, l'indice a chuté de 19% par rapport à 2014. L'organisation internationale explique la continuité de cette tendance à la baisse :

    "L'abondance de l'offre dans un contexte de demande hésitante à l'échelle mondiale et d'affermissement du dollar explique la faiblesse généralisée des prix des produits alimentaires en 2015."

-15,4% pour les céréales, -15,1% pour le lait et la viande
Les céréales sont la catégorie de produits qui a enregistré la plus forte baisse, avec un recul de 15,4% en 2015. Les cours du blé ont notamment subi une pression à la baisse en raison des "perspectives d'un gonflement de l'offre sur les marchés mondiaux suite à la suppression des taxes à l'exportation en Argentine", explique la FAO. En 2015, les prix des produits laitiers ont reculé de 15,1% par rapport à 2014. Ils enregistrent la moyenne annuelle la plus basse depuis 2009, notamment tirés vers le bas par la chute des prix des laits en poudre, desquels la demande mondiale se détourne toujours plus. L'indice des prix de la viande a, lui aussi, reculé de 15,1 % par rapport à 2014, avec la moyenne annuelle la plus basse depuis 2010. Au mois de décembre, les prix de la viande ont reculé de 2,2 % par rapport à novembre, chutant dans les quatre catégories de viande, en particulier la viande ovine, la viande bovine et la viande porcine. La chute de la demande d'importation de viande bovine aux États-Unis, cristallisant la concurrence accrue sur d'autres marchés, ainsi que la hausse soudaine de la production de porc dans l'Union européenne, faisant baisser les prix intérieurs comme à l'exportation, ont notamment joué à la baisse sur les prix des produits carnés.
-19% pour les huiles, -21% pour le sucre
L'indice des prix des huiles végétales a enregistré en décembre, par rapport à novembre, une hausse de 2,1 %. Le prix de l'huile de soja, qui a atteint son plus haut niveau depuis six mois, suite à l'incertitude sur les récoltes de soja au Brésil, a été le principal facteur de cette hausse. Sur l'ensemble de l'année 2015, l'indice des huiles a cependant chuté de 19% par rapport à l'année précédente, la moyenne annuelle des prix des denrées étant la plus basse depuis 2009. L'indice du sucre a reculé de 0,5 % en novembre, en raison, la aussi, des appréhensions dues au retard dans les récoltes au Brésil, qui ont connu un excédent de pluies. Les prix du sucre baissent toutefois de 21% par rapport à 2014.