Guerre

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GUERRE

 

Richard Hiault dans "Les Echos" du 05 04 16 Article intitulé : Pourquoi le monde risque une crise monétaire majeure

" Depuis vingt ans, les crises se succèdent et gagnent en gravité. Elles révèlent les carences d'un système monétaire et surtout financier mal adapté à un monde de plus en plus fragmenté. Si le besoin d'un « Bretton Woods 2 » se fait de plus en plus sentir, les divisions de la communauté internationale rendent son avènement peu probable dans l'immédiat.
Hasard du calendrier ou véritable lame de fond ? Quoi qu'il en soit, deux séminaires de haut niveau se sont tenus la semaine passée sur le même sujet : quelle architecture financière et monétaire optimale est à construire pour le monde d'aujourd'hui ? A Paris, une soixantaine de ministres des Finances, de banquiers centraux, de représentants d'organisations internationales et d'économistes ont planché sur trois grandes thématiques. Le mouvement des flux de capitaux transfrontières, l'organisation des multiples filets de sécurité financière créés dans différentes parties du monde pour se prémunir d'une crise et les monnaies de réserve internationales. A Hangzhou, le séminaire Vision 20, organisé notamment par l'université de Zhejiang et l'Institute of Asian Research, a rassemblé essentiellement des représentants du monde académique. Surtout chinois. Là encore, les mêmes sujets ont été évoqués. Serions-nous à la veille d'une grande conférence internationale chargée de bâtir de nouvelles règles, comme ce fut le cas en 1944 à Bretton Woods ? C'est peu probable, même si, depuis près de vingt ans, nombreuses sont les voix à réclamer un « Bretton Woods 2 ». La Chine, qui préside cette année le forum du G20, entend bien faire bouger les lignes sur ces sujets. Le président Xi Jinping en a fait l'une de ses priorités en vue du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G20, les 4 et 5 septembre à Hangzhou.
Dans une étude publiée le mois dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a bien reconnu que « les crises de 2008-2009 ont révélé une faiblesse considérable du Système monétaire international ». Des systèmes bancaires de plus en plus interconnectés, des mouvements de capitaux dont la taille n'a cessé d'exploser et qui sont devenus plus volatils, des acteurs non bancaires - fonds de gestion, « hedge funds », compagnies d'assurances, centres offshore - qui gagnent en importance dans le financement de l'économie mondiale : toutes ces évolutions « altèrent la nature des risques » encourus par l'économie mondiale, observe le FMI.
Depuis vingt ans, les crises se succèdent et leur gravité ne cesse de s'accroître. Comme l'a souligné récemment le célèbre professeur d'économie de la Princeton University Paul Krugman, « la principale leçon de trois décennies de crises […] est que la lutte contre le feu lorsqu'il se déclare est un pauvre substitut à la prévention de l'incendie en première intention ». Et de poursuivre : « Le meilleur moyen de traiter les crises est de ne pas les avoir. » Ces derniers mois, l'effondrement des cours des matières premières, et en particulier du pétrole, la volatilité des marchés boursiers, la Bourse de Shanghai en tête, le surendettement croissant dans les pays émergents, en particulier du secteur privé, la forte volatilité des flux de capitaux internationaux, capables de déstabiliser un pays ou une zone géographique entière et la valse des taux de change n'ont pas manqué de renforcer l'inquiétude. Tant et si bien que certains économistes prédisent déjà une nouvelle crise encore plus dévastatrice que celle de 2008.
L'évolution sur ces trente dernières années tient à la fois d'un système mal adapté et d'une doctrine sans doute dépassée. Certes, depuis le pic de la crise, en 2009, des initiatives visant à renforcer le système monétaire et financier international ont vu le jour. Le FMI a considérablement augmenté ses ressources et créé de nouveaux instruments de prêt plus souples et plus flexibles ; des accords d'entraide entre banques centrales pour éviter les faillites de banques privées comme Lehman Brothers en 2008 ont été noués ; les grands pays émergents - Brésil, Russie, Inde Chine - ont mis en commun une partie de leurs réserves de change ; la Chine a mis en place avec les pays voisins, dont le Japon et la Corée, un réseau d'échange de devises en cas de besoin… Mais le FMI avertit que le système est trop fragmenté et que les pare-feu actuels n'ont pas la taille suffisante pour contrer une crise majeure. Pis : « l'élan réformateur général s'est affaibli » depuis 2011.
De surcroît, dans le système actuel, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. D'une part, les pays émergents et en développement n'ont pas accès à tous les instruments financiers de défense. Surtout, ils n'ont pas le privilège d'émettre une monnaie de réserve internationale à l'instar des Etats-Unis, des membres de la zone euro et du Japon. C'est l'une des raisons pour lesquelles Pékin veut pousser sur le devant de la scène le droit de tirage spécial (DTS), ce panier de devises servant d'unité de compte au FMI et composé du dollar, de l'euro, du yen, de la livre sterling et, depuis peu, du renmimbi. Implicitement, Pékin aimerait voir le DTS remplacer le dollar. Une gageure.
Imaginer un second Bretton Woods relève aujourd'hui plus du voeu pieux que d'une réalité proche. Les Etats-Unis n'y ont aucun intérêt. D'ailleurs, ni Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine, ni Jack Lew, le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, n'étaient à Paris. Le dollar continue de régner en maître comme devise de réserve et de cotation, et Washington détient toujours le pouvoir réel au FMI.
Cet état de fait n'empêchera pas quelques adaptations. Mais, les discussions seront conduites au sein du forum du G20. Michel Sapin, à l'issue de la réunion de Paris, l'a d'ailleurs admis. A moins qu'une crise encore plus dévastatrice que celle du début des années 1930 ou qu'une guerre mondiale ne survienne, le grand soir des monnaies n'est pas arrivé.
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021811067142-pourquoi-le-monde-risque-une-crise-monetaire-majeure-1211630.php?Wp5SvOST0tCheWTZ.99

Amandine Cailhol dans "Libération" du 23 03 16 : Loi travail Lyon-Caen brocarde «l’essor de la concurrence sociale»

" Lors d’une conférence à la Sorbonne lundi, le professeur de droit social, dont les travaux avaient inspiré le gouvernement, a continué de fustiger le projet de loi El Khomri. Rien à voir avec les assemblées générales électriques des étudiants pressés d’aller manifester. Lundi, dans l’amphithéâtre Lefebvre de la Sorbonne, l’ambiance est studieuse sous les lambris défraîchis. A la tribune, ils sont six, économistes et juristes, à plancher sur la loi travail. Six hommes. La seule femme à leur côté jouant le rôle d’animatrice. A tour de rôle, chacun apporte sa contribution au démontage, tout en retenue, mais chirurgical, de l’avant-projet de loi.

«Retour à la pensée des années 30»

Antoine Lyon-Caen, professeur de droit et membre de la commission Badinter, dont les travaux ont servi de base à la réforme, plante le décor : «Le droit du travail est sorti de son lit.» La faute, selon lui, à l’utilisation récurrente du code du travail en instrument de lutte contre le chômage. Pour le juriste, les 61 «principes essentiels» rédigés par la commission Badinter auraient dû «le faire rentrer dans son lit». Mais, pointe-t-il à regret, «cette composante est en train de se diluer». Et pour cause, la dernière version du texte ne fait que les énoncer, au lieu de les réunir, comme prévu, dans un préambule. Le risque : «Que ces principes disparaissent», estime Lyon-Caen. Avant de s’attarder sur la «composante combrexelienne» de la réforme, du nom de l’auteur d’un autre rapport l’ayant influencée. Soit le «primat donné à la négociation d’entreprise sur la négociation de branche et même le recul de la loi sur le champ du temps de travail». De quoi consacrer «l’essor de la concurrence sociale», là où l’essence du droit du travail est de «réguler la concurrence entre les salariés et entre les entreprises». Quant au volet sur la sécurisation professionnelle, il est jugé «modeste» par Lyon-Caen.

C’est ensuite au professeur d’économie Olivier Favereau de pointer le «déséquilibre» de l’avant-projet de loi, avec des «contreparties très faibles» pour les salariés. Surtout, les arguments économiques du texte, notamment le lien supposé entre facilitation du licenciement et embauche, ne s’appuient sur «aucune preuve empirique», note-t-il. Pire, cet argument souffre d’un «contre-exemple», celui de l’Allemagne, qui a mieux géré l’effet de la crise des subprimes que la France en développant «des trésors d’ingéniosité pour ne pas licencier». Selon Favereau, on assiste à «un retour spectaculaire à la pensée des années 30». De quoi enfoncer l’argument du gouvernement qui se targue de faire dans la modernité. Et de conclure : «En affaiblissant le CDI, on tend à enfoncer l’économie française encore plus dans le dualisme», les précaires d’un côté, les emplois durables de l’autre. Réalité qui historiquement est un des facteurs menant les Peuples aux conflits

«Licencier sans obstacle»

Vient le coup de grâce porté par l’avocat Fiodor Rilov, qui a notamment défendu les salariés de Goodyear et fait invalider plusieurs plans sociaux du groupe. Sa «plaidoirie» débute en questions : «Pourquoi ceux qui veulent supprimer la loi sur le licenciement nous font croire que cela va permettre d’embaucher ?» Réponse : pour «enrober idéologiquement» la mesure. «Pourquoi ne disent-ils pas que c’est pour donner satisfaction aux investisseurs étrangers ? Car il y aurait une levée de boucliers.» Et l’avocat d’ajouter qu’avec un tel texte, «fabriqué pour permettre de licencier sans obstacle» en limitant l’appréciation du licenciement économique au périmètre national, les combats des salariés, comme celui des Goodyear, ne seront plus possibles.

Paul Jorion dans "Trends Tendances" Belgique du 29 03 16 Extrait Article intitulé : Pourquoi les plus riches ont profité de la crise

" Comme l'ont mis en évidence les travaux de Thomas Piketty et d'Emmanuel Saez en particulier, la concentration de la richesse a atteint à nouveau dans les pays occidentaux le niveau extraordinaire qui était le sien à la veille de la Première Guerre mondiale.
Mais alors que la crise engendrée par cette guerre a opéré une redistribution du patrimoine qui s'est poursuivie jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour se maintenir ensuite jusqu'aux années 1970, la crise des subprimes en 2007 et 2008 a été, elle, à l'origine non pas seulement d'une reprise mais d'une accélération dans la concentration de la richesse. 
..

Commentaire : Cet extrait d'article est très intéressant. En effet, nous pouvons et nous devons faire un paralléle entre la situation actuelle et notre histoire. Souvenez-vous, dès le débuts des années 80 tous les verroux qui avaient été mis en place suite aux guerres et aux crises boursières ont été levés.

1983           Fin de la tutelle du Trésor sur le circuit financier
1985           Réformes bancaires
1985           Matif (levée de l’exception de jeu instaurée en 1936 = spéculation) => marché sous dépendance et au service des mathématiques financières
1984/88      Réformes des marchés financiers  (fin du monopole des agents de change)
1987/1988  CAC 40 créé le 31 décembre 1987 est opérationnel le 15 juin 1988.

Depuis cette nouvelle période de dérèglementation aussi incompréhensible qu'inadéquate, il ne s’est pratiquement pas passé trois années sans crise majeure, alors qu’il n’y en a pratiquement pas eue durant les Trente Glorieuses :
1986 : crise immobilière et faillite des caisses d’épargne aux États-Unis (Savings & Loans) ;
1987 : krach de Wall Street ;
1989 : éclatement de la bulle spéculative japonaise ;
1991 : faillite de la BCCI ;
1992 : première crise du système monétaire européen (la livre sterling sort du SME) ;
1993 : deuxième crise du système monétaire européen ;
1994 : krach obligataire américain (montée brutale des taux longs) ;
1995 : faillite de la banque Barings, coulée par un trader ;
1997 : première crise financière internationale en Asie (Thaïlande, Corée, Hong Kong) ;
1998 : deuxième crise financière internationale (Russie, Brésil). Quasi-faillite du fonds spéculatif américain LTCM ;
2000 : éclatement de la bulle boursière internet. Crise financière en Turquie ;
2001 : crise financière en Argentine. Faillite d’Enron, suivie d’autres faillites ;
2007 : crise des prêts immobiliers subprime ;
2008 – … : conséquences sur le système bancaire de la crise des subprimes (Lehman Brothers, AIG, etc.) ;
2009 - … : crise économique majeure ;
2010 - … : crise des finances publiques et menaces de défauts.

Pour en arriver aujourd'hui où les épargnants en sont réduits à être victimes de pratiques financières des plus condamnables en termes humains et juridiques basées sur l'amalgame de l'évaluation comptable mark-to-market en prix financiers réalisables par tous. Paradoxalement, il devient plus honnête de vendre des produits dérivés que des OPCVM dont l'ensemble des informations est faussé.

La question que je me pose depuis près de 20 ans maintenant est : comment et pourquoi les conseils en gestion de patrimoine, leurs associations ou regroupements pratiquent et/ou se taisent sur l'abus de confiance et l'escroquerie de leurs clients..... alors que l'Honnêteté pourraient être le sceau de leur différenciation ? Certes, ils touchent mais pourquoi ne pas gagner sur des pratiques Honnêtes et Loyales qui respectent les textes juridiques qui encadrent les relations avec les clients non avertis et non qualifés entre autre

Est-il normal de continuer,

D'échanger du cash de clients non avertis contre des valorisations comptables d'OPCVM sans prix financier réel et réalisable ?

Vendre des performances irréalisées et irréalisables, est-ce comme cela que les gestionnaires de patrimoine veulent asseoir leur développement ?

Quelle différence avec les vendeurs de chaînes de Ponzi ?

 Et si le comment, le pourquoi et le réalisable devaient devenir la méthode principale de choix et de conseil des OPCVM ?

Comment et pourquoi les performances financières des FCP et SICAV peuvent continuer d'être VOLONTAIREMENT faussées malgré les crises répétitives ?

Comment et pourquoi il est prélevé de multiples commissions sur des performances reconnues irréalisables par l'Autorité des Marchés Financiers et l'autorité comptable ?

AH, SI LES ASSOCIATIONS AVAIENT PRIS MES PROPOS ET PROPOSITIONS AU SERIEUX DEPUIS CES DERNIERES ANNEES....

EH OUI, IL S'AGIT BIEN "D'ANNEES" AVEC UN GRAND S SANS REPONSE...HORMIS UNE DE L'ANACOFI....IL Y A PLUSIEURS ANNEES.... ET LE KRACH EST ARRIVE ET LES EPARGNANTS CONTINUENT DE SE FAIRE LESER ET LES VERITABLES PROFESSIONNELS SE FONT ENFERMER DANS UN CARCAN REGLEMENTAIRE AUSSI INADAPTE QUE DESTRUCTEUR POUR EUX, QUE REMUNERATEUR EN EGO, EN POSTES "POLITIQUES" VOIRE FINANCIERS ET EN RAPPROCHEMENT DIVERS ET VARIES POUR LES AUTRES ETC...

Vous doutez de mes propos :

Dans "Club Patrimoine" du 28 03 16 : Athymis Gestion lance le premier contrat d'assurance-vie à rémunération fixe en multigestion

PARLONS FINANCE
Vous êtes en attente de  transparence, simplicité et coûts modérés. La plupart des contrats d’Assurance Vie traditionnels intègrent des schémas de rémunération qui diffèrent en fonction des supports choisis par les conseillers financiers.
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Innovation du contrat : en cas d’inaccessibilité des parts institutionnelles, les rétrocessions perçues sont reversées à votre contrat.
Plus de conflits d’intérêts : à performance égale, votre conseiller en gestion de patrimoine choisira le support le moins cher ! Tout est dit sur l'existence passée et actuelle de conflits d'intérêts qui lèsent les clients et qui sont à la base de leur abus de confiance et de leur escroquerie. Souvenez de la Financière de l'Echiquier et de Tocqueville qui fermaient leur fonds qui devenaient trop "importants" il y a quelques années. Et aujourd'hui.....
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 Avec ADVANCED by Athymis, votre conseiller en gestion de patrimoine prend l’initiative pour vous offrir plus de transparence et d’efficacité dans la construction de votre épargne !

Et juste pour rire :

Dans "H24" du 24 03 16 : Vous voulez connaître le montant des commissions de surperformance de Bruno Crastes, H2O AM ? Surperformances comptables ou réalisables financièrement par tous les clients prélevés ?

Publié le 24 Mars 2016 


On a juste lu le dernier DICI de H2O Multibonds :)
H2O Multibonds a clôturé son exercice au 31 décembre.
Les frais courants sont de 1,20% + 4,95% de commission de surperformance.
L’encours sous gestion est supérieur à 1 milliard d’euros.
A vous de faire le calcul pour le montant touché par l’équipe de Bruno Crastes sur ce fonds.
A déduire évidemment environ 0,50% de rétro pour rémunérer les bons distributeurs qui ont choisi ce fonds ;)
La commission de surperformance est de 25% au-dessus du benchmark JP Morgan Government Bond index Broad + 1,60% soit 4,95% sur l’année 2015.
C’est sûrement le prix à payer pour réaliser une perf de + 30,95%. Performance comptable ou performance financière réalisable par les clients prélevés ? A votre avis, prélevés ou lésés tout court ?

Dans "Les crises.fr" du 02 03 16 Article intitulé : L’ambassadeur de l’Inde confirme : la guerre en Syrie a été fomentée de l’extérieur

" L’ancien am­bassadeur indien à Damas le fait comprendre dans un rapport significatif : la représentation occidentale selon laquelle le président syrien Assad devait être renversé par une insurrection populaire, n’est pas viable. La guerre a été importée du dehors, entre autres par les pays du Golfe et Al-Qaïda. Les Etats-Unis y ont collaboré en soutenant le Front Al-Nusra. Assad a sous-estimé le danger – parce qu’il pensait que son peuple le suivrait. De 2009 à 2012, V. P. Haran a été ambassadeur de l’Inde en Syrie. Il s’en est entretenu avec le magazine indien  Fountain Ink, plusieurs fois primé, expliquant comment certains des médias ont amplifié la révolte, et sur l’évidence de la présence d’Al-Qaïda sur le terrain dès les premiers jours du conflit. L’évaluation de l’ambassadeur confirme l’analyse du journaliste américain Seymour Hersh selon laquelle Assad n’avait à craindre aucune opposition militante dans son propre peuple.
A quoi ressemblait la Syrie lors de votre arrivée en janvier 2009 ?
V. P. Haran : La Syrie était un pays pacifique sans tensions internes. L’économie syrienne se portait bien, avec un taux de croissance moyen de 5%. Le taux de chômage était d’environ 8% mais les Syriens sans emploi pouvaient en trouver un dans les pays du Golfe. Il existait cependant un pourcentage élevé de chômage chez les diplômés. Le niveau de la dette extérieure de la Syrie se maintenait à un taux confortable de 12,5% du PIB. Le créancier principal était la Russie, qui avait annulé la plus grande partie de cette dette. La sécheresse dans le nord-est représentait le problème majeur entrainant une délocalisation massive des populations vers le sud et le sud-est.
Et comment vivait-on à Damas ?
Les diplomates ont tendance à mener une vie retirée mais je me rendais dans le centre-ville, parfois en taxi, pour prendre un thé dans un café et discuter avec les gens. C’étaient de merveilleux moments et des jours heureux. Le maintien de l’ordre ne posait jamais de problème. Mes collègues féminines m’expliquaient qu’elles pouvaient porter des bijoux et rentrer chez elles à pied à deux heures du matin en toute sécurité. Dans certains quartiers, les restaurants restaient ouverts jusqu’à cinq heures du matin. On avait l’impression qu’il n’y avait jamais de problèmes de sécurité dans les rues. Cela était supposé être dû à la mukhabarat (la police secrète militaire) mais il me semblait que les gens se sentaient responsables de la sécurité collective.
Quand je suis arrivé à Damas, on m’a raconté qu’une personne sur deux appartenait à la mukhabarat. C’est une surestimation grossière. Il existe une police secrète fonctionnant très efficacement à l’intérieur du pays mais je n’y ai jamais eu affaire directement. Une seule fois en quatre ans de présence j’ai fait l’objet d’une filature, à Media, dans la province d’Idlib. Une jeep nous a suivis, mais sans intimidation.
Aviez-vous anticipé un « Printemps arabe » en Syrie ?
Lors de la situation tendue en Tunisie et en Egypte, le président Bashar al-Assad est passé à la télé pour préciser que les conditions politiques et économiques étaient différentes en Syrie. Il a exprimé sa conviction que la Syrie ne suivrait pas le même chemin. C’était également l’évaluation générale de la communauté diplomatique.
Bashar al-Assad était un dirigeant populaire et c’est en partie la raison pour laquelle il est encore au pouvoir. Il n’existe pas d’opposition interne adéquate et un grand nombre de problèmes en Syrie ont été créés par des intervenants étrangers tentant de se débarrasser d’un régime dérangeant. Dans un sondage réalisé dans le monde arabe en 2009, 67% des votants l’ont élu en tant que personnalité arabe la plus populaire. La communauté diplomatique elle-même, tout comme les diplomates occidentaux, s’accordaient sur le soutien qu’il recevait de la part de 80% des Syriens. Il avait initié des réformes en 2000 mais n’avait pu les mener à bien à cause de l’opposition du parti Baas.
Ce n’était pas non plus un antagonisme sunnites–chiites. Jetez un coup d’œil aux chiffres : il y a plus de 50% de musulmans sunnites en Syrie, et les Kurdes, les Druzes, les Maronites, les Assyriens, les Alaouites et quelques autres composent le reste. Bashar al-Assad reçoit un soutien total de la part des minorités et même une forte proportion des musulmans sunnites se déclare en sa faveur. Mais à l’époque de mon départ en 2012, la Syrie avait beaucoup changé. Si les premières années de mon mandat avaient ressemblé au paradis, les choses ont commencé à se détériorer dès le début de l’année 2011.
Vous souvenez-vous des premières manifestations de 2011 ?
En février, alors que le Bahreïn connaissait des mouvements de protestations, certaines ONG ont tenté d’organiser des manifestations à Damas. Il y en a eu deux, deux week-ends de suite, mais il n’y eut pas plus de 20 ou 30 participants. Les journalistes et les membres de la communauté diplomatique étaient nettement plus nombreux que les manifestants. Puis, en mars 2011, les enfants ont tagué les murs de l’école et il y a eu une grande manifestation. La semaine suivante, il y a eu une manifestation à Latakieh et ensuite, chaque vendredi, quelque chose se produisait.
Rapidement, certains quartiers de Latakieh, d’Homs et de Hama sont devenus chaotiques mais Alep resta calme et ceci préoccupa énormément l’opposition, qui ne réussissait pas à soulever la population d’Alep contre le régime ; aussi ont-ils envoyés des bus chargés de gens vers Alep. Ces gens mettaient le feu dans les rues, puis s’en allaient. Les journalistes répandaient ensuite l’information selon laquelle Alep s’était soulevée.
A ce propos, il faut ajouter ceci : parmi les medias, certains ont exagéré en montrant la Syrie sous un jour négatif. Parfois, on a rapporté des choses qui ne s’étaient pas produites. Par exemple, j’étais en conversation avec un Sheikh important quand mes collègues ont commencé à m’appeler frénétiquement, m’informant que ce Sheikh jouerait un rôle dans les manifestations devant se dérouler cet après-midi-là. Mais rien de tout cela ne s’est produit ; en fait à ce moment-là, lui et moi déjeunions ensemble.
Il y a eu beaucoup d’exagération dans les medias.
Il y a eu un exemple marquant. A Idlib, des extrémistes sunnites se sont rendus à Alep et ont exhorté la population à rejoindre l’opposition. Les gens d’Alep les ont battus et forcés à partir. La foule est devenue ingérable et la police a dû intervenir pour en reprendre le contrôle. Les extrémistes sunnites ont dû se réfugier dans une maison sous la protection de la police qui leur a fourni des uniformes leur permettant de s’échapper sans être lynchés.
Damas a-t-il beaucoup changé pendant cette période ?
Je me souviens d’un incident le 14 avril 2011, alors que j’accomplissais ma promenade quotidienne jusqu’au stade situé à environ deux kilomètres. En chemin, j’ai dépassé la boulangerie devant laquelle je passais chaque jour et j’ai remarqué qu’il y avait une longue queue devant cette boutique habituellement si calme. Au retour, il y avait toujours la queue et j’ai demandé pourquoi. Les gens voulaient s’approvisionner en pain parce qu’ils avaient entendu dire qu’il allait se passer quelque chose. Le jour suivant, qui était pourtant un vendredi, rien ne s’est produit.
Lorsque la situation a empiré au cours de la seconde moitié de 2012, je remplaçai ma promenade au stade par une promenade autour du parc du quartier de Mezze. Un jour, une moto arrivant à toute vitesse, a tourné le coin de la rue en faisant hurler son moteur. Puis est arrivée une jeep de la sécurité qui a manqué le virage pris par la moto, ayant perdu sa piste. Ne pouvant la retrouver, ils sont entrés dans le parc pour voir si des gens avaient vu quelque chose. C’est alors qu’on nous a dit que ceux qui étaient sur la moto avaient planifié des attentats.
A Mezze, tout près du quartier où vivaient les diplomates, il y avait un champ de cactus où les rebelles s’étaient introduits en creusant un tunnel. Ils y avaient établi un camp d’où ils tiraient des fusées incendiaires en direction du cabinet du Premier ministre. Ensuite les forces de sécurité s’y sont introduis pour détruire ce camp. C’était une opération ciblée et lors d’une discussion avec une personne vivant dans un appartement disposant d’une vue sur l’endroit, celle-ci m’a dit qu’ils avaient pris pour cible un bâtiment et l’avaient détruit complètement. Une énorme cache d’armes et de munitions a été découvert dans ce bâtiment.
Mais certaines régions du pays sont restées calmes ?
Les commanditaires étrangers de l’opposition n’ont pas pu le digérer. Ils ont envoyé à la frontière jordano-syrienne un groupe ayant pris d’assaut deux postes de sécurité. Ils y ont tué tout le monde, certains d’entre eux de la manière la plus brutale, dans le style d’Al-Qaïda. Le gouvernement ne l’a pas immédiatement mentionné mais un membre de la communauté diplomatique a confirmé qu’il s’agissait d’Al-Qaïda en Irak. Il est évident qu’Al-Qaïda en Irak était présent en Syrie dès avril 2011.
Al-Qaïda était là dès la toute première semaine, et sinon la première semaine, dès fin 2011 quand les drapeaux d’Al-Qaïda firent leur apparition. Ce sont ces groupes soutenant l’opposition à travers la frontière. A Raqqa les combattants vinrent du nord et il est clair qu’il s’agissait d’Al-Qaïda.
Assad a dit dès le début qu’il s’agissait de terroristes. Pourquoi n’y a-t-il eu personne pour le croire ?
Les gens n’avaient pas l’esprit ouvert. Quel pouvait être l’intérêt pour Al-Qaïda en Irak de créer le chaos en Syrie ? Un grand nombre d’actions ont été dirigées de l’extérieur, notamment par les pays du Golfe. Al Jazzera aussi y a joué un rôle. En avril, ayant emmené un invité à l’amphithéâtre de Bosra puis à Sweida, j’ai dû emprunter l’autoroute vers la frontière jordanienne. Nous étions en route entre environ 9 heures 30 et 10 heures 30. Le même jour, un correspondant d’Al Jazzera a été prié de quitter la Syrie en empruntant la même route. A des intervalles de quelques secondes, il a signalé des check points. Prise de panique, mon ambassade m’appela parce qu’ils croyaient ce qu’ils voyaient à la télé. Je leur ai dit que je n’avais rencontré qu’un seul check point.
Pourquoi le gouvernement syrien ne présente-t-il pas de meilleures preuves de la présence de terroristes ?
Nous leur avons demandé pourquoi ils n’informaient pas mieux les médias et ils nous ont répondu que personne ne les croyait. Ils avaient de très mauvais services de relations publiques et de traitement des médias. Cela dit, il y eut aussi des excès de la part du gouvernement. La Syrie a des forces de police très inadéquates ce qui fait que lorsque les problèmes sont survenus, le gouvernement a été forcé de déployer des forces de sécurité pour traiter les problèmes habituellement dévolus à la police. Des excès ont été commis par certains des militaires et quelques-uns d’entre eux ont été mis aux arrêts ou en prison mais ceci n’a pas été publié.
Bashar al-Assad a trainé, non seulement à mettre en œuvre des réformes mais également à annoncer les changements entrepris. Par exemple, lorsqu’une réforme a été mise au point pour réduire la primauté du parti Baas, elle n’a été annoncée que trois mois plus tard. Son service de relations publiques n’a pas été bon, il n’a pas su gérer la crise. •
(Traduction Horizons et débats)
Illustration : Alep avant la guerre.

Dans "Trends Tendances" Belgique du 2 février 2016 : 'Sans cash, qui empêchera un fisc omnipotent de se servir sur les comptes ?'

"Le cash n'existera plus en 2026", dans dix ans donc. C'est en tout cas l'avis de John Cryan, le nouveau patron de la Deutsche Bank. Et il ne s'est pas privé de le dire au cours de la dernière édition du Forum de Davos, cette réunion annuelle des grands patrons de ce monde.
À vrai dire, John Cryan n'est pas le premier à souhaiter la suppression du cash de nos sociétés et à le dire haut et fort.
Des économistes distingués et des consultants pensent également que ce serait une excellente chose. Outre les problèmes liés au cash, comme ses coûts de production, de stockage ou pour éviter la contrefaçon, le liquide serait également à l'origine du blanchiment d'argent sale. Bref, pour toutes ces raisons, c'est un peu "haro sur le cash" depuis ces deux dernières années.

D'ailleurs les gouvernements font tout pour décourager leurs citoyens d'utiliser le cash. En Belgique, il est interdit de payer quoique ce soit par cash au-delà de 3.000 euros. Et le gouvernement français, toujours excessif dans ses démarches, a même abaissé la barre à 1.000 euros, autant dire, rien. Encore une fois, ce débat qui semble anodin est pourtant potentiellement dangereux pour le citoyen. L'argument de la lutte contre le crime, le blanchiment d'argent sale, le terrorisme ou la fraude fiscale ne suffit pas à justifier la disparition programmée du cash. Après tout, comme l'écrit si bien l'analyste financière Simone Wapler, les trafiquants, criminels et autres terroristes utilisent aussi les routes et l'éclairage public, et on ne les supprime pas pour autant !
Le débat sur la disparition du cash ne doit pas être confisqué par les banques commerciales. Elles ont tout à y gagner...
Quant à la suppression du cash, elle est dangereuse, car elle signifie que toute notre épargne sera dématérialisée. Autrement dit, le jour où nos avoirs, épargne, livrets, comptes, déclarations d'impôt, prélèvements automatiques, facturations, numéros de compte, allocations, salaires et dépenses de santé seront en ligne, et de plus en plus corrélés, qui empêchera un État malveillant ou un fisc omnipotent de bloquer d'un seul "clic" tous ces comptes ? Bonne question en effet !
Les Suisses, qui sont des gens raisonnables, ont la chance d'avoir un journal sérieux, Le Temps, qui a publié une tribune expliquant que la suppression du cash est... immorale ! Rien que cela ! Et ce n'est pas faux. Il est juste de dire qu'une société sans cash est immorale, car la propriété de l'individu est entièrement soumise et prisonnière d'un système dirigiste de contrôle, de prédation et de spoliation. Nous avons encore la chance de vivre dans des démocraties, mais ces démocraties sont sans le sou, et on l'a vu à Chypre, lorsque les caisses sont vides, on vient se servir sur les comptes des épargnants.
Et sans cash, ce sera infiniment plus facile. Il suffira de transférer le montant d'un clic vers les comptes de l'État.
Le débat sur le cash ne doit pas être confisqué par les banques commerciales qui ont tout à y gagner. Ce débat doit venir sur la place publique avant qu'il ne soit trop tard.