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Grèce: les créanciers doivent s'expliquer sur les faiblesses de l'aide accordée
Trends Tendances
29/07/16 à 19:39 - Mise à jour à 19:38
Source: Belga
Les créanciers de la Grèce, le FMI et l'UE, doivent "s'expliquer" sur "les faiblesses" de l'aide accordée au pays en 2010 pour parer à la crise, a indiqué vendredi le gouvernement grec après la publication d'un audit interne du FMI révélant ces problèmes.
 
"Le Fonds monétaire international (FMI) a coopéré avec les Européens pour l'imposition de politiques à notre pays, en coopération avec des gouvernements grecs, et je crois qu'il faut que tous s'expliquent", a indiqué la porte-parole du gouvernement Olga Gerovassili lors d'un point de presse.
En 2010, le FMI s'était joint aux Européens pour consentir à la Grèce le prêt le plus important de son histoire (30 milliards d'euros) qui a été suivi par deux autres plans d'aide (2012 et 2015) sans jamais réussir à sortir le pays de la récession.

Un audit interne indépendant du FMI, publié jeudi, a indiqué que cette décision du FMI était entachée de "faiblesses" qui ont alimenté les soupçons de partialité de l'institution au profit des Européens.
Au coeur de ce rapport, figure la décision du FMI en 2010 de modifier l'une de ses règles d'or pour renflouer la Grèce sans exiger une réduction préalable de la dette du pays, malgré des doutes sur la "viabilité" de celle-ci.
Selon ce rapport, le renflouement de la Grèce sans réduction de sa dette a par ailleurs "amplifié" les politiques d'austérité imposées au pays.
"Le FMI n'était ni utile ni nécessaire en Europe, nous ne l'avons pas choisi", a souligné Mme Gerovassili, soulignant toutefois que le pays allait continuer à "respecter ses engagements" vis-à-vis ses créanciers en vertu de l'accord de l'année dernière sur le troisième prêt accordé au pays.
Malgré son opposition initiale aux mesures d'austérité, le premier ministre de gauche Alexis Tsipras a été contraint de signer ce nouveau prêt avec l'UE et le FMI tout en réclamant une restructuration de la dette, une thèse adoptée également par le FMI, mais qui divise les Européens.
Le FMI a mis sa participation en suspens, s'il n'y a pas de restructuration de la dette.
"Les erreurs du premier prêt pèsent encore sur le pays", a de son côté estimé le président de la République Prokopis Pavlopoulos.
Il a souhaité que "des corrections soient faites (...) car nous ne sommes pas à l'origine de ces fautes", a-t-il ajouté tout en insistant sur "la poursuite des réformes".

La Tribune : Grèce : la responsabilité du FMI mise au jour, mais tout continue comme avant
Par Romaric Godin  |  29/07/2016, 11:01  |  2138  mots
   

Le FMI a commis de lourdes fautes sur la Grèce. Et alors ? (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)
L'instance de surveillance indépendante du FMI a mis en cause la gestion de la crise grecque par cette institution. Des critiques qui détruisent la narration officielle, mais ne la change pas...
Un peu plus de six ans après le début de la crise grecque, la narration officielle, le « storytelling » qui a été élaboré par les gouvernements et les institutions qui ont géré cette crise, tombe chaque jour un peu plus en lambeaux. Alors que la malheureuse Grèce, soumise à un troisième mémorandum signé voici un an avec ses créanciers, n'en finit pas de s'effondrer économiquement, le FMI, membre de la troïka qui a supervisé la gestion de cette crise, n'en finit pas de procéder à des mea culpa tardifs, mais sans appels.
Absence de discussions internes
Après avoir reconnu qu'elle avait sous-estimé les « multiplicateurs budgétaires », autrement dit l'impact de la consolidation budgétaire sur la croissance, pour la Grèce, l'institution de Washington avait récemment, dans un article de recherche reconnu les effets négatifs des politiques d'austérité imposées à Athènes. Ce jeudi 28 juillet, un nouveau rapport est venu critiquer le rôle pris par le FMI dans sa gestion de la crise grecque. Et il est sévère. Le Bureau indépendant d'évaluation du FMI (IEO) a publié un long rapport sur le « FMI et les crises en Grèce, au Portugal et en Irlande » qui dresse un constat : le FMI a agi sous la pression des intérêts de certains pays de la zone euro, contre ses propres intérêts et a cherché pour cela à court-circuiter le conseil d'administration. Cette procédure a clairement conduit à des erreurs d'appréciations majeures de la situation, notamment en Grèce.
Dans son rapport, l'IEO confirme notamment ce que, entre autres, la Commission de Vérité sur la dette grecque, établie au printemps 2015 par le parlement hellénique, avait pointé du doigt : pour faire passer le soutien financier à la Grèce du FMI malgré le caractère insoutenable de la dette grecque, la direction de l'institution a fait adopter discrètement une modification des critères d'accès à l'aide du FMI. « Le conseil d'administration n'a pas été consulté sur cette question. En fait, les directeurs ne furent pas même informés des doutes des équipes sur la soutenabilité de la dette grecque », estime l'IEO. Et de poursuivre : « ni la direction du FMI, ni les équipes n'ont cherché à porter l'attention du Conseil sur la décision proposée de modifier les critères ou sur le fait qu'un critère d'accès exceptionnel serait modifié en approuvant le programme grec ». En clair : il y a eu clairement une volonté de tromper le Conseil, en incluant cette modification cruciale, qui plaçait le FMI dans la position de s'exposer à un pays insolvable. L'IEO renforce cette idée en précisant que le Conseil a été pressé par le temps, et n'a pas eu la possibilité de regarder le programme en détail.
Conséquences désastreuses
Les conséquences de cette pratique ont été désastreuses pour la Grèce. Ce pays s'est en effet retrouvé dans la situation de devoir gérer une dette insoutenable et croissante. L'issue de cette impasse était une autre impasse : demander toujours plus d'aides pour rembourser la dette. Créer donc un schéma de Ponzi, avec la complicité du FMI et des pays de la zone euro désireux de maintenir la fiction de la « soutenabilité » de la dette grecque. C'est ce montage qui a obligé la Grèce à aller toujours plus loin dans la politique d'austérité puisque ses créanciers continuaient à vouloir faire croire qu'une purge budgétaire et des « réformes structurelles » suffiraient à rendre la dette soutenable. Cette « tromperie » du FMI est donc une des sources des maux grecs. En passant, on remarquera que l'IEO estime que ceci pose un problème de « légitimité » pour le FMI. Une question de légitimité qui se pose aussi pour la dette du FMI alors contractée par la Grèce et qui, en 2015, a pesé si lourd dans le sort du pays.
Soumission à la zone euro
Si le FMI avait appliqué ses critères habituels, il aurait imposé une restructuration de la dette dès 2010. C'est la procédure habituelle du Fonds : faire de l'austérité contre une coupe dans la dette. Selon une étude parue en 2015 aux Etats-Unis, les équipes avaient proposé cette possibilité au directeur général d'alors du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier l'aurait cependant rejeté et aurait refusé de le proposer aux Européens. Et ceci pose un autre problème majeur posé par l'étude de l'IEO : les amours coupables entre le FMI et la zone euro. Car les causes de ce refus de la restructuration de la dette en 2010 sont connues : c'est la protection des banques européennes, principalement françaises et allemandes, exposées à la dette grecque. Il fallait rapidement venir à la rescousse de ces créanciers, pour leur donner le temps de vendre les titres à des investisseurs rassurés par l'implication du FMI.
Le rapport de l'IEO ne va pas jusqu'à cette conclusion, désormais cependant bien connue, mais il pointe les relations très étroites entre la direction du FMI et la zone euro. Il critique ainsi la « faiblesse de la surveillance de la zone euro » fondée sur l'idée que « l'Europe est une chose différente ». Cette faiblesse a conduit à l'absence d'analyse des déséquilibres de la zone euro, notamment sur les comptes courants. Elle a ensuite conduit à un « oubli » des « leçons des crises passées ». Ces leçons « ne furent jamais appliquées », estime l'IEO. De fait, le FMI est largement apparu comme suiviste des décisions de l'Eurogroupe puisque les décisions de la zone euro « ont toujours précédé les réunions du conseil du FMI ». « Le FMI a perdu sa souplesse et son agilité en tant que gestionnaire de crise compte tenu des multiples couches de décisions dans la zone euro », explique l'IEO qui déplore aussi le poids de l'Eurogroupe qui a conduit « les jugements des équipes techniques du FMI à des pressions politiques ». C'est donc bien une soumission du FMI à la zone euro qu'implicitement dénonce l'IEO. Du reste, le rapport souligne la très forte « asymétrie de l'information » au sein du FMI puisque « des directeurs représentant les pays de la zone euro ont pu avoir accès à des informations qui n'étaient pas à la disposition des autres ».
L'IEO ne cache donc pas la soumission du FMI aux instances de la zone euro. Ceci pose, pour l'institution, la question de la nationalité de ses directeurs généraux. Le fait que le FMI ait été dirigé par un Français et l'est encore apparaît clairement comme une entrave à son bon fonctionnement, mais aussi à l'efficacité de ses politiques. Il est sans doute temps de donner aux pays dits émergents leur chance au sein du Fonds.

Destruction de la narration officielle
En attendant, cette soumission à la zone euro a eu des conséquences majeures pour la Grèce : nul ne s'est opposé aux décisions prises par Paris et Berlin pour « sauver la zone euro » et nul n'a vraiment apporté un esprit critique sur ses plans d'aide. Cette soumission du FMI a permis le développement du storytelling officiel : la faute est grecque. La Grèce aurait fait des excès et elle serait « sauvée » et « aidée » par les Européens. Plus tard, lorsque l'échec de ces politiques était devenu évident, le problème a encore été porté sur les Grecs qui auraient refusé de « s'approprier les programmes ». Or, là aussi l'IEO souligne que l'aveuglement du FMI a été total et qu'il a bien été commis des erreurs de politiques économiques majeures, notamment, comme on l'a vu par l'oubli du passé. « Les programmes du FMI pour la Grèce et le Portugal ont inclus des projections de croissance largement trop optimistes », indique le rapport qui ajoute des « projections plus réalistes auraient rendu évidents les impacts sur la croissance et la dynamique de la dette de la consolidation budgétaire ». L'IEO indique que ceci aurait conduit à laisser « jouer les stabilisateurs automatiques », ce qui n'a pas été fait et a conduit à l'effondrement de 25 % du PIB grec sur 6 ans en plongeant l'économie hellénique dans un cercle vicieux. En refusant la réalité par sa soumission politique, le FMI a donc été une des causes de la crise grecque. C'est une destruction en règle de la narration officielle.
Le rapport de l'IEO confirme donc ce que la Commission sur la dette grecque de 2015 avait établi sur 2010 : un déni de réalité a dominé les décisions d'alors, alimenté par des intérêts politiques dans les grands pays de la zone euro. Ce déni de réalité est devenu une vision officielle qu'il a fallu maintenir à tout prix et a conduit à l'effondrement de la Grèce. Le FMI a contribué à cette situation. C'est ce que la crise du premier semestre 2015 a prouvé : le nouveau gouvernement grec a réclamé la fin de ce cercle vicieux et a demandé la construction d'un compromis qui lui a toujours été refusé. Les créanciers ont préféré une nouvelle fois briser l'économie grecque plutôt que de reconnaître les erreurs que l'IEO met en avant aujourd'hui.
La réponse de Christine Lagarde
La question reste désormais de savoir quel sera l'impact réel de ce rapport. L'IEO rappelle que dès 2011, elle avait mis en garde contre l'aveuglement vis-à-vis de la zone euro, sans succès. La réponse, vendredi 29 juillet, de l'actuelle directrice générale Christine Lagarde n'est guère encourageante de ce point de vue : elle a repris la critique de la Grèce, de son manque « d'appropriation » des programmes, de l'instabilité politique du pays et a finalement rappelé que la Grèce est restée dans la zone euro, ce qui était « un objectif majeur ». Bref, le mea culpa au sein des instances agissantes du FMI n'est pas à l'ordre du jour. Rappelons que, de 2010 à 2015, la Grèce n'a connu qu'un mois d'instabilité politique après les élections de mai 2012. Le reste du temps, la majorité parlementaire en faveur de la troïka a été stable et les gouvernements ont pu appliquer les programmes. Certes, tout n'a pas été appliqué, mais ne serait-ce pas le signe que tout n'était pas applicable ? Selon une étude de l'OCDE datée de 2015, la Grèce a été le pays le plus « réformateur » de l'organisation. Dire que la Grèce n'a rien fait n'a pas de sens : l'effondrement de l'économie et le redressement des finances publiques sont les preuves de cette action. La réalité est bien que c'est la politique menée qui était insensée. Le maintien dans la zone euro est, de ce point de vue, une consolation bien maigre et une façon d'éviter le cœur du problème, ce qui semble le plus urgent pour Christine Lagarde.
La logique actuelle continue de dominer
En réalité, rien n'a changé. La politique du troisième mémorandum et du troisième mémorandum « et demi » imposée à la Grèce en août 2015 et encore en juin 2016 viennent le confirmer. Aucune critique n'a été réalisée au sein de la zone euro sur les politiques menées. L'Eurogroupe continue de dominer le jeu et d'imposer sa logique de consolidation budgétaire et de réformes structurelles à une économie exsangue. Cet Eurogroupe refuse toute remise en cause de la narration officielle et continue à réclamer du gouvernement grec un « engagement » dans le programme. La mise en place de coupes automatiques dans les dépenses pour atteindre l'objectif d'excédent primaire de 2018 est le nec plus ultra de cette logique. Et la preuve que rien n'a réellement changé. Aujourd'hui, la narration officielle fait toujours porter la faute de l'échec des programmes est toujours reporté sur les Grecs et sur son gouvernement qui a osé refuser au premier semestre 2015 ces politiques imposées par les créanciers. Or, cette critique qui était fort modérée et davantage un appel au compromis, se révèle chaque jour désormais plus pertinente.
Quant au FMI, il affirme avoir changé : il demande désormais une restructuration de la dette avant d'entrer dans le programme. C'est une avancée importante. Mais le FMI a néanmoins accepté le plan de juin 2016 et le report de l'essentiel de la restructuration de la dette à après 2018. A l'été 2015, il a tout fait pour faire échouer le gouvernement grec et le conduire à accepter un troisième mémorandum. Et, on l'a vu, l'analyse de Christine Lagarde demeure très proche de celle de l'Eurogroupe. Au final, le rapport de l'IEO est un élément important pour écrire l'histoire. Mais certainement pas pour la changer.
Romaric Godin

@RomaricGodin

Dans "Trends" du  01 06 16 Article intitulé : Quand le FMI critique... le néolibéralisme: "Ses bienfaits ont été exagérés"
Trends Tendances
01/06/16 à 10:58 - Mise à jour à 10:58
Source: Afp
Le néolibéralisme creuse les inégalités et ses bienfaits ont été "exagérés": ce verdict ne vient pas de militants d'extrême gauche mais du FMI, pourtant traditionnel défenseur de cette doctrine économique sur le globe.
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© Reuters
"Les bénéfices de certaines des mesures qui constituent une partie importante de l'agenda néo-libéral semblent avoir été quelque peu exagérés", écrivent trois cadres du département recherche du Fonds monétaire international (FMI) dans un récent article.
Selon eux, les coûts de ces politiques en terme de creusement des inégalités sont en revanche "tangibles", tout comme leurs effets négatifs sur l'activité économique. "L'accroissement des inégalités amenuise (...) le niveau et la viabilité de la croissance", indiquent-ils dans la revue Finance & Development du mois de juin publiée par le FMI.
Les trois experts s'intéressent plus précisément à deux axes de la doctrine néo-libérale, qui vise sommairement à réduire le champ d'intervention économique de l'Etat: la libre-circulation des capitaux et les politiques d'austérité budgétaire.
D'après leur évaluation, certains transferts de capitaux, notamment les investissements directs étrangers, peuvent certes doper la croissance d'un pays, mais d'autres flux à plus court terme alimentent au contraire la volatilité financière et "augmentent les risques de crash".
Sur l'austérité, également appelée consolidation budgétaire, les experts du FMI soulignent que son coût -hausse des impôts, coupes dans les dépenses publiques- peut parfois être "bien plus important" que ses bienfaits, notamment dans les pays (Allemagne, Etats-Unis, Royaume-Uni) où ces cures d'assainissement ne sont pas indispensables.
"Les coûts en terme de plus faible production, de recul de l'Etat-providence et de chômage plus élevé ont été sous-estimés", ajoute par ailleurs l'article qui ne représente toutefois pas nécessairement la position officielle de l'institution.
Léger mea culpa envers la Grèce
Les experts démontent également l'argument selon lequel l'austérité serait bonne pour la croissance en rassurant les investisseurs privés sur la solidité budgétaire d'un pays. "Des phases de consolidation budgétaire ont été suivies généralement par des chutes d'activité plutôt que par des hausses", assurent-ils.
Accusé d'imposer une austérité drastique en échange de ses prêts, le FMI a esquissé un léger mea culpa en Grèce en admettant avoir sous-estimé l'impact négatif de ses recommandations sur l'activité économique.
Revenant sur une de ses règles d'airain, il a également récemment reconnu que des mesures de contrôles de capitaux pouvaient s'avérer utiles dans certains cas pour stabiliser l'économie.

Dans "Trends" du  01 06 16 Article intitulé : Quand le FMI critique... le néolibéralisme: "Ses bienfaits ont été exagérés"
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01/06/16 à 10:58 - Mise à jour à 10:58
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Le néolibéralisme creuse les inégalités et ses bienfaits ont été "exagérés": ce verdict ne vient pas de militants d'extrême gauche mais du FMI, pourtant traditionnel défenseur de cette doctrine économique sur le globe.
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"Les bénéfices de certaines des mesures qui constituent une partie importante de l'agenda néo-libéral semblent avoir été quelque peu exagérés", écrivent trois cadres du département recherche du Fonds monétaire international (FMI) dans un récent article.
Selon eux, les coûts de ces politiques en terme de creusement des inégalités sont en revanche "tangibles", tout comme leurs effets négatifs sur l'activité économique. "L'accroissement des inégalités amenuise (...) le niveau et la viabilité de la croissance", indiquent-ils dans la revue Finance & Development du mois de juin publiée par le FMI.
Les trois experts s'intéressent plus précisément à deux axes de la doctrine néo-libérale, qui vise sommairement à réduire le champ d'intervention économique de l'Etat: la libre-circulation des capitaux et les politiques d'austérité budgétaire.
D'après leur évaluation, certains transferts de capitaux, notamment les investissements directs étrangers, peuvent certes doper la croissance d'un pays, mais d'autres flux à plus court terme alimentent au contraire la volatilité financière et "augmentent les risques de crash".
Sur l'austérité, également appelée consolidation budgétaire, les experts du FMI soulignent que son coût -hausse des impôts, coupes dans les dépenses publiques- peut parfois être "bien plus important" que ses bienfaits, notamment dans les pays (Allemagne, Etats-Unis, Royaume-Uni) où ces cures d'assainissement ne sont pas indispensables.
"Les coûts en terme de plus faible production, de recul de l'Etat-providence et de chômage plus élevé ont été sous-estimés", ajoute par ailleurs l'article qui ne représente toutefois pas nécessairement la position officielle de l'institution.
Léger mea culpa envers la Grèce
Les experts démontent également l'argument selon lequel l'austérité serait bonne pour la croissance en rassurant les investisseurs privés sur la solidité budgétaire d'un pays. "Des phases de consolidation budgétaire ont été suivies généralement par des chutes d'activité plutôt que par des hausses", assurent-ils.
Accusé d'imposer une austérité drastique en échange de ses prêts, le FMI a esquissé un léger mea culpa en Grèce en admettant avoir sous-estimé l'impact négatif de ses recommandations sur l'activité économique.
Revenant sur une de ses règles d'airain, il a également récemment reconnu que des mesures de contrôles de capitaux pouvaient s'avérer utiles dans certains cas pour stabiliser l'économie.

Dans "Le Figaro" du  Article intitulé : Néolibéralisme : le FMI fait son mea culpa à quand celui des élites françaises ?
FIGAROVOX/TRIBUNE - «Le néolibéralisme est-il survendu ?» C'est le titre d'un article récent rédigé par des économistes de la section recherche du FMI. Benjamin Masse-Stamberger y a lu une véritable autocritique des politiques de dérégulation prônées depuis quarante ans.


Benjamin Masse-Stamberger est journaliste et essayiste, membre fondateur du Comité Orwell. Ancien Grand reporter à l'Express, il est co-auteur de Inévitable Protectionnisme (Gallimard/Le Débat, 2011) et de Casser l'euro pour sauver l'Europe (Les Liens qui Libèrent, 2014). Il tient le blog Basculements (http://basculements.com).

C'est un article en forme de mea culpa, qu'a publié, en fin de semaine dernière, Finance and Development, le magazine du Fonds Monétaire International (FMI), temple du monétarisme et de l'orthodoxie néolibérale. Signé de trois économistes de la section recherche du FMI - Jonathan Ostry, Prakash Loungani et Davide Furceri - il est dénommé «Le néolibéralisme est-il survendu?» A lire l'article, malgré les précautions d'usage employées par les auteurs, la réponse est clairement positive. Les économistes déroulent en effet une série d'arguments solidement étayés, qui sont autant de critiques en règle des politiques de dérégulation menées partout dans le monde depuis quarante ans, sous l'égide…du FMI! Mieux vaut tard que jamais.
L'article égratigne en particulier deux piliers de la doctrine économique dominante: la libre circulation des capitaux, et la priorité donnée à la réduction des déficits.
Contrairement à ce qu'affirmait la théorie orthodoxe, constatent les économistes, l'ouverture des marchés de capitaux n'a pas eu - c'est un euphémisme - que des effets positifs pour les pays qui l'ont mis en œuvre. Certes, elle a permis un afflux de liquidités utiles à court terme. Mais elle a rendu les Etats qui l'ont pratiquée dépendants des investisseurs étrangers. Pour peu que ceux-ci prennent peur, et décident de quitter massivement le pays, et ce dernier est bon pour une bonne récession, voire pour une violente crise financière dans les cas les plus graves. Ce fut le cas, par exemple, pour les pays touchés par la crise asiatique de 1997. Une crise qui portait déjà en germes les folies financières qui allaient emporter l'économie mondiale une décennie plus tard.
Il est symptomatique que le FMI pourtant cœur battant du consensus de Washington et de l'idéologie dominante se montre aujourd'hui capable d'une certaine forme d'autocritique, fût-elle tardive.
Autre dogme érodé par les auteurs de l'article: celui de la priorité absolue donnée à la réduction des déficits. L'idée brillante des néolibéraux était qu'en réduisant les déficits, les pays encourageaient le retour de la confiance - celle des consommateurs, des entrepreneurs, aussi bien que des investisseurs étrangers - et donc de la croissance. Chiffres à l'appui, les auteurs de l'étude démontrent qu'il n'en est rien: au contraire, le plus souvent, l'austérité - puisqu'il faut bien appeler les choses par leur nom - a enclenché un cercle vicieux de baisse de la demande, défiance des investisseurs, récession, et finalement augmentation de la charge de la dette… et donc de nécessité encore plus grande de réduire les déficits. La Grèce offre une illustration aussi caricaturale que dramatique des dégâts que peuvent occasionner le dogmatisme et l'idéologie, surtout lorsqu'ils sont parés des atours flatteurs de la science.
Il n'est pas anodin que ce soit en Europe, que ce drame se soit produit. Nulle part ailleurs dans le monde - surtout pas aux Etats-Unis, qui, après la crise, a relancé vigoureusement son économie - on a observé une telle «préférence pour l'idéologie». Il est d'ailleurs symptomatique que le FMI - pourtant cœur battant du consensus de Washington et de l'idéologie dominante - se montre aujourd'hui capable d'une certaine forme d'autocritique, fût-elle tardive.
Rien de tel en Europe, qui demeure prisonnière d'un dogme d'un autre âge. Rien de tel non plus dans notre pays, où nos élites continuent à naviguer entre idéologie néolibérale et rustines sociales vouées à en compenser les effets les plus délétères. Faute de pensée claire en la matière, François Hollande s'était condamné d'emblée à un échec économique qui s'est en effet avéré cinglant. Près de dix ans après le début de la crise, on attend toujours de nos politiques une analyse de l'échec du néolibéralisme - qui est aussi le leur - sans laquelle il n'est pas de sortie de crise envisageable. Si le Fmi en est capable, alors eux aussi doivent pouvoir le faire!

Mathilde Damgé dans "Money Talk" du 19 04 16 Article intitulé : "L'unité au sein de l'OPEP, autrefois si puissante, a disparu"

" Selon l'économiste en chef de BNP Paribas Fortis Peter De Keyzer, la discipline au sein du cartel pétrolier de l'OPEP a disparu. "Du fait des faibles prix du pétrole, la tentation pour les francs-tireurs est particulièrement grande."
Le prix du pétrole baisse à nouveau, car l'OPEP n'est à nouveau pas parvenue à un accord de production dimanche dernier. Comment expliquer cela ?
Peter De Keyzer: "Il semble que les pays de l'OPEP ont de plus en plus de mal à garantir la discipline au sein du cartel. Adapter leur niveau de vie aux revenus en forte baisse, du fait des faibles prix du pétrole, semble très compliqué. C'est pourtant également contre-intuitif pour eux, dans ce type de circonstances, de diminuer leur production chacun de manière individuelle. La discipline dans le cartel est difficile à conserver, d'autant plus que la tentation pour les francs-tireurs est particulièrement grande aujourd'hui. Celui qui fait baisser la production des autres - avec une augmentation de prix comme conséquence - et continue en même temps à produire autant lui-même, voit ses revenus augmenter. Cette constatation sape l'unité et la discipline au sein du cartel de l'OPEP, autrefois si puissante."
La semaine dernière, le Fonds Monétaire International (FMI) tenait sa réunion annuelle de printemps. Que retenez-vous de la rencontre au sommet des ministres des Finances et des économistes ?
De Keyzer: "Le FMI est de plus en plus attentif au caractère chronique de la faible croissance mondiale. Le FMI a ainsi souligné que les taux d'intérêt faibles ou même négatifs de la Banque centrale commencent à atteindre leurs limites. Les taux bas en soi ne produiront pas plus de croissance économique. Outre son traditionnel plaidoyer pour plus de réformes structurelles, le FMI souligne aussi la nécessité de plus de politique d'expansion budgétaire pour stimuler la croissance. Elle ne voit toutefois cela comme possibilité que pour les pays avec un endettement soutenable. La question est alors de savoir combien de pays occidentaux entrent en considération."
Le taux d'intérêt moyen sur les obligations d'Etat allemandes a diminué la semaine dernière jusque zéro. Prévoyez-vous que les taux d'intérêt plongeront encore plus bas ? Et jusqu'où pensez-vous que les taux belges diminueront ?
De Keyzer: "Il est plus que probable que les taux d'intérêt allemands continueront à diminuer. Dans ce cas, les taux belges à long terme peuvent aussi encore baisser. La Banque centrale européenne va encore maintenir sa politique extrêmement souple pendant un certain temps et viendra bientôt encore avec plus de mesures de stimulation. Dans ces circonstances, les taux à long terme peuvent encore diminuer. Bien que tout le monde parle de réformes structurelles comme source de croissance économique, celles-ci deviennent moins probables avec les taux actuellement faibles. Les taux faibles rendent le refinancement des dettes publiques quasiment gratuit. L'effet pervers de cela, c'est que la nécessité de réduire la dette semble complètement disparaître."

Dans "Trends Tendances" Belgique du 14 février 2016 : Tsipras déplore "les dissensions" entre l'UE et le FMI

" L'évaluation de l'avancement des réformes en Grèce réclamées par les créanciers du pays (UE et FMI) "est en retard en raison des dissensions entre les institutions", a estimé dimanche le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Ce retard "n'est dans l'intérêt de personne", a assuré le Premier ministre dans un entretien paru dans le quotidien Avghi, proche de son parti de gauche Syriza. Je n'en suis pas si certain ?
La Grèce a envoyé son projet de réformes des retraites début janvier aux créanciers mais "nous n'avons aucune réponse officielle jusqu'ici de la part des institutions, ce qui est dû aux dissensions entre elles", a déploré M. Tsipras.
Il y a dix jours, un premier round de discussions avait eu lieu à Athènes entre une équipe de représentants des créanciers et les autorités grecques sur le plan de réformes, mais sans aboutir à une conclusion. Cette équipe devrait revenir prochainement à Athènes pour continuer les négociations, selon le gouvernement.
Jeudi, le FMI a émis des critiques sur les réformes grecques en estimant que "des hypothèses trop optimistes feront très vite ressurgir des craintes d'un Grexit et obscurcir le climat des affaires". Ce même FMI qui avait du avouer qu'il s'était planté notamment en Grèce......
"Nous attendons encore de voir un plan crédible qui permettrait à la Grèce d'atteindre ses objectifs très ambitieux d'excédent budgétaire primaire (hors charges de la dette, ndlr)", a déclaré Poul Thomsen, chef du département Europe du Fonds, dans un blog publié par le FMI.
Dans la foulée, Athènes avait rejeté ces critiques en estimant que "sur le fond, M. Thomsen demande l'application d'un programme radicalement différent de celui convenu" entre Athènes et la zone euro en juillet, lors de l'accord passé sur un nouveau prêt accordé au pays pour le maintenir dans la zone euro.
De son côté l'UE a estimé jeudi que "l'ampleur des mesures requises était dans la ligne de ce qui a été convenu" dans le cadre de l'accord de juillet.

Ilse De Witte dans "Trends Tendances" Belgique du 18 janvier 2016 : Geert Noels: 'Arrêtons l'ineptie des banques centrales'

" Une crise financière en Chine, une déstabilisation d'un certain nombre de pays à cause du prix plancher du pétrole, l'échec de la politique des banques centrales,... L'économiste d'Econopolis Geert Noels voit peu de raisons d'être optimiste au sujet de l'économie mondiale. Il s'adressait à un auditoire d'entrepreneurs lors d'un Trends Lunch.
"Une crise des subprimes touche la Chine. C'est un problème pour la Chine et pour le reste du monde", déclare Geert Noels, économiste et fondateur d'Econopolis. Il n'a aucune confiance dans les statistiques des Chinois et doute que le gouvernement chinois puisse investir dans la lutte plus de 3000 milliards de dollars pour les réserves internationales.
Selon Noels, il y aurait eu un accord mondial entre les banques centrales au cours de la semaine dernière, comme à l'époque de la chute de Lehman Brothers. "Je déduis cela de certains mouvements sur les marchés financiers. Il y a des actions coordonnées en cours, tout comme nous l'avons observé ces dernières années dans les moments de crise."
Noels n'a pas de preuves tangibles de l'action coordonnée des banques centrales, "mais bien un sentiment très fort". Par la suite, l'économiste a également évoqué la tonalité de mise en garde adoptée tant par Christine Lagarde, la présidente du FMI, que par la Banque des Règlements Internationaux (BRI) au cours des dernières semaines. "Leurs mots font penser à 2008", estime Noels.
Dans son style passionné et enthousiaste, il a mis en garde par rapport à la politique menée par les banques centrales de par le monde. "Je suppose que chacun connait le jeu du Monopoly. Que faites-vous si un des joueurs n'a plus d'argent? Vous lui donnez de l'argent de la banque pour que cette personne puisse continuer à jouer ? Cela ne se trouve pourtant pas dans les règles du jeu, mais tout le monde le fait. Et vous ôtez ainsi au jeu ce qui en fait son âme. Le but du Monopoly, c'est de prendre des risques calculés. Si vous venez à chaque fois à la rescousse des participants qui ont pris trop de risques, ils prendront encore plus de risques la fois suivante. Que faites-vous s'il y a un hôtel sur chaque terrain? Vous mettez un second hôtel sur ces mêmes terrains? C'est de l'ineptie. Les gens adaptent leur comportement. Pourquoi épargnerais-je encore pour ma pension si je reçois tout de même une somme d'argent plus tard ? Il y a une raison pour laquelle nous devons nous tenir aux règles du jeu. Les gens ont besoin d'un contrat, d'un horizon. Cessons ces mesures non orthodoxes. Arrêtons l'ineptie."
Plan B
Mais selon ses propres dires, Noels se fait peu d'illusions. "La Banque Centrale européenne n'a pas de plan B. Les banquiers centraux vivent avec une vision télescopique. Ils poursuivront sur leur élan tant qu'ils en auront les moyens. Les taux d'intérêt ne peuvent peut-être plus diminuer, mais ils peuvent encore toujours acheter plus d'obligations d'Etat. Et les dettes ont-elles été éliminées au cours des dernières années ? Non, tout au contraire, la montagne de la dette continue à croître. On cite aujourd'hui toutes sortes d'économistes, mais personne n'évoque Minsky et le "moment de Minsky". A un certain moment, vous vous retrouvez coincé par les dettes. Ils désirent créer de la croissance qui n'existe pas en imprimant de l'argent supplémentaire. C'est une sorte de système pyramidal."
"La Banque Centrale Européenne a elle-même déclaré qu'elle se sentait confortable lorsque l'inflation varie entre 0 et 2%. Nous nous situons à 1%. Quel est le problème ? Il ne s'agit pas d'inflation. Avez-vous déjà entendu quelqu'un se plaindre du fait que les prix baissent ? Il s'agit de dettes. Plus d'inflation fait fondre les dettes plus rapidement. Je pense que nous devons de toute urgence reconnaître qu'un certain nombre de dettes ne seront jamais remboursées."
"0 pour cent d'intérêt, c'est 0 pour cent"
"Pourquoi devrions-nous supprimer l'exonération fiscale sur le livret d'épargne? Parce que Bruxelles ne se situe qu'à la 62ème place au classement des centres financiers. Londres, on ne pourra pas la rattraper, mais il y a tout de même une trentaine de pays que nous devrions pouvoir battre. Nous sommes à peu près les seuls avec cette exonération pour les livrets d'épargne. Les autres pays ne connaissent pas cela. C'est un point de référence. Ce n'est pas bon pour l'épargnant et ce n'est pas bon pour le paysage financier en Belgique. Vous créez une monoculture."
Selon Noels, on doit aussi expliquer cela au grand public. "J'ai sursauté lorsque j'ai lu les titres des journaux: "Nouvelle attaque sur les livrets d'épargne", avec ma photo en dessous. C'est simplement LE moment de s'en occuper. Les épargnants ne le sentiront pas. Il reçoivent 0% d'intérêt sur leurs livrets d'épargne. Et cela restera 0%, même s'ils doivent payer un impôt dessus. Le lobby des banques a plaidé pendant des années pour le maintien de cette exonération, mais il a maintenant changé son fusil d'épaule."
"Attention cependant", ajoute Noels. "Je ne veux pas dire que chacun doit aller retirer son argent de son livret d'épargne et commencer à acheter des actions avec cet argent. C'est toujours dangereux lorsque les gens commencent à dire 'il n'y a pas d'alternative'."
"Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi les personnes qui sont riches désirent prendre tellement de risques avec leur argent et leur placements. Il y a des risques que vous pouvez éviter. Pourquoi prendre des risques qui ne sont pas nécessaires ?