Faim 2016

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FAIM 2016

 

 

Myret Zaki dans "Bilan" Suisse du 4 février 2016 : Qui spécule sur la faim?

" «Stop à la spéculation», l’initiative qui sera votée le 28 février et qui veut interdire l’investissement dans les matières premières, mérite une analyse honnête.
A la question: est-ce que la spéculation fait fluctuer fortement les prix des matières premières, et peut de ce fait contribuer à la faim dans le monde? La réponse est oui.
Entre 2006 et 2008, les paris haussiers des traders sur différentes denrées alimentaires ont fait exploser les prix de 71% pour les denrées essentielles, avec un pic à 126% pour le riz et les grains. Un pari haussier se porte sur un contrat à terme, qui stipule que le prix sera plus élevé à l’avenir; or quand les prix cotés à terme s’affichent plus haut, tout le marché suit, y compris les négociants, qui signent leurs contrats de livraison de matières premières sur la base de ces prix. Au bout de la chaîne, le consommateur n’a plus les moyens de se payer cette denrée. L’expansion du crédit gratuit ces quinze dernières années a incité les investisseurs à gonfler les prix des actifs, et à générer une bulle, puis un krach, dans les subprimes, dans le pétrole, dans les produits agricoles.
Wall Street a fait capoter la législation
Durant la phase haussière, sur certaines denrées, la part spéculative a atteint jusqu’à 70 à 80% des contrats futures en circulation. Aux Etats-Unis, personne ne nie, comme ici, l’effet de la spéculation sur les prix. Le sénateur Carl Levin et les régulateurs de la CFTC affirment depuis 2008 qu’il est indéniable que des positions massives de traders individuels peuvent influencer fortement les prix de façon à nuire aux consommateurs, et qu’il existe non seulement des excès spéculatifs mais aussi des manipulations de cours (avérées depuis) et qu’il faut enrayer tous ces «abus».
Pourtant, leurs tentatives de placer des limites aux contrats spéculatifs se sont soldées par un échec. En 2012, les plus puissantes firmes de Wall Street se sont constituées en lobbies pour attaquer la CFTC en justice. Le juge fédéral leur a donné raison, et les limites ont sauté. A la question: est-ce que ce type de spéculation s’effectue depuis la Suisse? La réponse est non. Les marchés de dérivés de type futures se trouvent à Chicago, New York et Londres, et non en Suisse.
Renoncer à quelques pour-cent
A la question: est-ce que la Suisse contribue néanmoins à faire fluctuer les prix des matières premières? La réponse est oui. Un pays où quelque 300 banques gèrent plus de 5000 milliards de francs de titres pour leur clientèle est un gros acheteur de produits financiers investis - entre autres - en matières premières, où quelque 300 milliards de dollars sont placés au plan mondial.
Si l’univers des purs traders se trouve à Londres, Chicago et New York, en Suisse se trouvent les investisseurs professionnels, qui vendent à leurs clients l’accès aux matières premières, très souvent via les fonds indiciels (ETF), prisés par les caisses de pension. Distribués par des firmes anglo-saxonnes, les ETF détiennent à eux seuls 25 à 35% de tous les contrats à terme agricoles. Il est devenu assez typique d’avoir quelques pour-cent de matières premières dans les portefeuilles, en général moins de 5%. Pourquoi ne pas renoncer à ces quelques pour-cent, volatils, qui ne sont de loin pas indispensables, ni aux banques ni aux clients?
Si en Suisse l’initiative «Stop à la spéculation» ne passe pas, il faudra faire mieux: envisager une législation mondiale. Car encore une fois, comme pour plusieurs initiatives suisses avant celle-ci qui visaient les salaires des CEO, les transactions ou l’évasion fiscale, il serait absurde de réglementer, exclusivement, sur sol helvétique: les standards ne sont pas générés ici.

Mon commentaire sur le site de "Bilan"

Christian PIRE • il y a 2 jours
APARTHEID FINANCIER ?
Si hier l’apartheid avait comme base principale la sociologique, et notamment la couleur de peau, aujourd’hui la base quasi exclusive de l’apartheid mondial est financière.
S’il est un chiffre qui doit nous interpeller n’est-il pas celui des 30 000 000 de morts an (rapport Ziegler ONU) au titre de la seule spéculation sur matières premières ? 30 000 000 de morts dont une très grande partie l’est afin d’atteindre des objectifs financiers, politiques et économiques dignes de ce que l’humanité a connu de plus terrible.
Mes propos sont-ils simplistes ?
2007 : Tamara Kummer, Porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), le « grenier des Nations unies » « Nous distribuons quatre millions de tonnes de vivres par an à 73 millions de personnes dans 78 pays. L’augmentation de 55 % de nos coûts, depuis juin 2007, a provoqué un manque à gagner, qui nécessite de réunir 500 millions de dollars avant le 1er mai. Si à cette date-là, nous n’avons pas les sommes nécessaires, nous serons obligés, soit de réduire de moitié nos rations, soit de diminuer de moitié le nombre de personnes que nous nourrissons. »â€¨2007 : Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI) « Si les prix de l’alimentation continuent à augmenter des centaines de milliers de gens vont mourir. Des enfants vont souffrir de malnutrition avec des conséquences sur leur vie. »â€¨Maguy Day dans « Le Monde » du 28 septembre 2007 en page 15 : 
En Afrique, l’évasion des capitaux représente deux fois la dette. 13 milliards de dollars ont fui chaque année de 1992 à 2004, rapport du CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement.
Mathieu Laine dans « Le Figaro » du 27 novembre 2009 : « L’élimination de la faim de la surface de la terre nécessiterait, selon le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, 44 milliards de dollars par an d’aides publiques à investir dans les infrastructures, les technologies et les intrants modernes. Cette somme est, dit-il, modeste au regard des 1 340 milliards de dollars dépensés dans l’armement… »â€¨Mon avis : Comment dire après cela qu’on lutte contre la pauvreté ?
N’est-ce pas plutôt l’entretenir par intérêt et se donner bonne conscience par des dons que l’on sait détournés ?
Il est vrai que les peuples essayent, eux, de faire le nécessaire via des associations caritatives. Et pourtant, comme le rappel Paul Fabra dans « Les Echos du 12 avril 2008 » : « ….Ce n’est pas ces évolutions ou des accidents climatiques qui expliquent le triplement (et plus) du cours du blé depuis janvier 2006 ! Allez plutôt voir du côté de grands marchés du blé, soja, du maïs au Chicago Mercantile Exchange. Les banques d’investissement y prennent de fortes positions. En l’absence d’un marché organisé pour le riz, certains fonds d’investissements en financent le stockage (accaparement). »â€¨Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) répondant à une interview dans « Les Echos » du 13 mai 2008 : Question posée : Le monde connaît une grave crise alimentaire. Comprenez-vous que des pays comme l’Argentine, la Chine ou l’Inde restreignent leurs exportations ?
Réponse : En tant qu’économiste, j’estime qu’assécher l’offre va dans le mauvais sens. En tant qu’homme politique, je comprends. Les économistes voient cela globalement ; les politiques pensent à leur prochain mandat….
La base financière principale de toutes les déviances actuelles aux effets systémiques SOCIOECOPOFI (SOCIOlogie, ECOnomie, POlitique, FInance) désastreux est connue.
Cette base financière est la valorisation comptable mark-to-market. Référence comptable qui étant totalement déconnectée de toute réalité financière réalisable fausse l’ensemble du système SOCIOECOPOFI (SOCIOlogie, ECOnomie, POlitique, FInance).
Madame Zaki, là aussi il suffirait de la mise en place d’une double information boursière non pour stopper toutes les dérives mais pour en annuler la très grande partie négative et ainsi sauver des millions de personnes victimes de la seule spéculation sur des valorisations comptables présentées comme références financières.
Alors que ces « références » n’ont aucune crédibilité financière tant de leur calcul que dans leur réalisation possible.
« Changez le mode de pensée des gens et rien ne sera plus pareil » Steve Biko.
Merci.