Economie 2016

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ECONOMIE 2016


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Les marchés actions, bientôt un monopole des banques centrales ?
Publié le 2 Septembre 2016

L’intervention massive et prolongée des banques centrales sur les marchés a fait de certaines d’entre elles des actionnaires incontournables. Une situation d’autant plus surprenante que celle-ci va à l’encontre de la logique des marchés selon Bernard Aybran (Invesco AM).

 
« Sur le marché actions, la Banque Centrale du Japon est devenue le principal actionnaire d’un quart des grandes capitalisations nationales. Quant à la Banque Nationale de Suisse, elle détient désormais plus d’actions Facebook que Mark Zuckerberg » indique Bernard Aybran, Directeur de la multigestion chez Invesco Asset Management, dans une note diffusée jeudi 1er septembre, reprenant des informations citées dans la presse en début de semaine.
 
« Si l’appropriation collective des moyens de production n’est plus en vogue, celle des sources de financement semble constituer l’avenir des économies capitalistes » ironise le gérant.
 
Soulignant l’évident risque de bulle provoqué par une telle situation, Bernard Aybran précise que « plusieurs des principales Banques Centrales ont poursuivi, voire amplifié, leurs achats (…), parfois dans des montants tels qu’elles se sont vues contraintes de payer des primes significatives aux vendeurs de ces titres ».
 
 
La Banque du Japon va devenir l’actionnaire principal de 20% des entreprises du Nikkei
 
La Banque du Japon (BoJ) achète en effet régulièrement des parts d’entreprises japonaises à travers l’achat d’ETF dans le cadre de son plan de « quantitative easing ». Ce même phénomène n’existe pas avec le plan de rachats d’actifs de la BCE, qui n’achète quant à elle que des actifs du marché obligataire.
 
La Banque Nationale de Suisse ne pratique quant à elle pas de plan de « quantitative easing ». C’est dans le cadre de l’investissement de ses réserves de change que la BNS achète des actions étrangères, pour des montants colossaux.
 
Le 22 août dernier, le Financial Times ironisait sur le même sujet, évoquant une « nationalisation du Nikkei » par la Banque du Japon. La Banque Centrale n’est pas l’Etat, mais reste une institution publique.
 
La semaine précédente, Bloomberg rappelait que la Banque centrale japonaise détenait 60% des parts d’ETF japonais à fin juin 2016. Selon la même source, en poursuivant le rythme actuel de ses achats, la BoJ devrait devenir à la fin de l’année 2016 le premier actionnaire de 55 des 225 compagnies listées dans l’indice Nikkei.
 
 
 
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Ces nouvelles lois de l'économie qui volent votre argent et votre liberté
 Sébastien Buron
31/08/16 à 12:15 - Mise à jour à 12:16
Source: Trends-Tendances
Est-ce la fin du modèle capitaliste ? A observer les marchés et les évolutions socio-économiques, le capitalisme subit à tout le moins une profonde mutation. Les premières victimes ? Les ménages, qui paient le prix fort de ces nouvelles règles du jeu et craignent pour leur avenir. Gros plan sur les six anomalies qui minent l'économie mondiale.
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© Getty Images
Taux d'intérêt négatifs, absence d'inflation, croissance microscopique, Bourses qui font du yoyo : le monde marche sur la tête. Comme si les lois de l'économie ne fonctionnaient plus. La baisse des taux ? Plus suffisante pour relancer l'investissement. La dépréciation d'une monnaie ? Plus suffisante pour stimuler les exportations. La baisse du prix du pétrole ? Il n'a pas l'effet escompté sur la croissance des pays importateurs d'or noir. Le rattrapage des pays émergents ? Il n'est plus assez fort pour jouer les locomotives. Bref, la machine économique s'est grippée. La faute aux banquiers centraux qui veulent protéger leur monopole, à savoir diriger le monde avec l'arme monétaire, comme l'affirme dans l'entretien qu'elle nous a accordé Simone Wapler, directrice des publications Agora. La faute aux choix de politique économique de la zone euro depuis 2008 qui ont été dominés par le dogmatisme, comme le pense Patrick Artus, chef économiste de Natixis. Jamais en tout cas la situation n'a été aussi confuse.
Mais ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, lance Etienne de Callataÿ, chief economist chez Orcadia Asset Managemment. " Il est vrai qu'un certain nombre de choses sont bizarres au regard de la théorie économique et nous invitent à reconsidérer certains aspects de celle-ci, analyse-t-il, mais ne brûlons pas nos manuels d'économie. " Lisons-les de manière moins littérale et plus subtile, comme le suggère Etienne de Callataÿ, histoire de mieux comprendre ce monde qui change.
1. Un monde où la croissance a disparu
Dans ce monde qui vit une profonde mutation, la croissance reste désespérément flasque : le FMI table sur 3,2 % pour 2016. " Trop faible depuis trop longtemps ", pointe l'institution de Washington. Selon les prévisions de la Banque nationale, la croissance du PIB belge devrait quant à elle s'établir à 1,3 % cette année, avant de se raffermir légèrement en 2017 pour atteindre 1,6 % en 2018. Rien de bien terrible non plus. " Bien que les pays de la zone euro connaissent depuis plusieurs trimestres une croissance économique, celle-ci est trop faible pour gommer entièrement les effets négatifs de la crise de 2008. Pensons notamment au taux de chômage chez les jeunes qui ne parvient pas à baisser significativement ", observe François Groessens, senior investment advisor chez Belfius.

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Le problème, c'est l'incertitude. Pour que l'activité redémarre, il faut que les entreprises reprennent confiance et que les ménages dépensent. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.

Le problème, c'est l'incertitude. Pour que l'activité redémarre, il faut que les entreprises reprennent confiance et que les ménages dépensent. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Les taux très bas alimentent la hausse des prix de l'immobilier, mais n'incitent pas les entreprises à investir ni les épargnants à consommer. L'épargnant, déboussolé, apeuré, épargne même davantage, afin de se constituer un matelas suffisant pour affronter l'avenir et son lot de menaces : perte d'emploi, pension rabotée, maladie, etc. Résultat, les livrets d'épargne n'en finissent plus de gonfler. Malgré un rendement proche de zéro, ils abritent désormais plus de 260 milliards d'euros. Dingue ? " L'inefficacité apparente de la politique monétaire extrêmement accommodante pour relancer l'économie n'est pas vraiment une chose inédite, rappelle Etienne de Callataÿ. Avant la Seconde Guerre mondiale, Keynes avait déjà mis en avant la notion de trappe à liquidité et les limites de ce que la politique monétaire peut atteindre. " Or aujourd'hui, complète Patrick Artus, " la zone euro est bien dans une trappe à liquidités ".
2. Un monde où les locomotives carburent moins
Avec le Japon qui s'enfonce dans la récession depuis des années, l'Europe n'est pas la seule à traverser une mauvaise passe. Le moteur américain peine lui aussi à retrouver son rythme de progression d'avant-crise. Avec un PIB qui a progressé de 1,2 % en rythme annuel, " la croissance du second semestre a de nouveau surpris à la baisse ", pointe Florence Pisani, senior economist chez Candriam. " La publication du PIB américain du deuxième trimestre confirme la poursuite d'une croissance stable et modérée ¬ mais en même temps de plus en plus fragile ¬ de l'activité conjoncturelle ", juge pour sa part Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg.
"Il est vrai qu'un certain nombre de choses sont bizarres au regard de la théorie économique et nous invitent à reconsidérer certains aspects de celle-ci, mais ne brûlons pas nos manuels d'économie." Etienne de Callataÿ, "chief economist" chez Orcadia Asset Management

Sommes-nous dès lors entrés, comme le prétendent certains économistes réputés tels que le très en vogue Robert Gordon (Northwestern University) ou Lauwrence Summers, l'ancien secrétaire d'Etat au Trésor de Bill Clinton et ancien patron de Harvard, dans une ère de " stagnation séculaire ", c'est-à-dire une période prolongée de croissance très faible, voire quasi nulle ? Pas sûr. Pour Etienne de Callataÿ, il faut garder à l'esprit que la croissance tient pour partie à des facteurs temporaires, notamment la démographie ainsi que le soutien budgétaire et bancaire. " Une partie de la croissance observée jusqu'il y a peu a tenu à un endettement toujours plus grand des pouvoirs publics et à un effet de levier dans le secteur financier toujours plus important. Or, ni l'un ni l'autre ne peuvent durer ad vitam æternam ", dit-il. A cela s'ajoute encore la situation des pays émergents, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), concept inventé en 2001 par l'économiste vedette de Goldman Sachs Jim O'Neill, qui ne jouent plus les locomotives. Le Brésil est englué dans les scandales politiques, la Russie paie cher la chute des cours de l'énergie, l'Inde s'appauvrit et la Chine n'est plus l'atelier du monde.


Etienne de Callataÿ, "chief economist" chez Orcadia Asset Management. © Reporters

3. Un monde où l'inflation est morte
Troisième nouvelle règle du jeu : l'absence de hausse des prix. Les banquiers centraux des pays développés ont beau déverser des torrents de liquidités, rien n'y fait. Hormis l'exception belge (une hausse des prix de 1,6 % sur un an), l'inflation reste quasiment inexistante dans la plupart des pays de la zone euro, loin du rythme de 2 % que s'est fixé comme objectif la BCE. Un petit peu d'inflation serait pourtant le bienvenu pour éroder l'énorme stock de dettes des pays développés. Que se passe-t-il ? " Nous avons été victimes d'un mouvement de balancier trop marqué, estime Etienne de Callataÿ. Nous sommes restés traumatisés par la forte inflation des années 1970 et avons oublié de voir la déflation japonaise pourtant plus récente. Nous avons aussi mal vu les effets désinflationistes de la globalisation de l'économie et du progrès technologique (compression des salaires). Cette mise en concurrence mondiale des travailleurs n'a pas été bien perçue. " D'accord, mais Mario Draghi ne sait plus quoi faire pour réparer la machine. Pousser les taux en territoire négatif pendant aussi longtemps, c'est même laisser entendre aux épargnants que l'on s'enfonce dans la déflation. Raison pour laquelle nombre d'économistes recommandent au patron de la BCE de dégainer son arme ultime : l'helicopter money. La monnaie hélicoptère : un concept cher à Milton Friedman, père du monétarisme : faire tourner la planche à billets pour les larguer ensuite sur la population afin de pousser les gens à dépenser et faire ainsi repartir les prix à la hausse. Du jour au lendemain, on distribuerait du pouvoir d'achat à chaque Européen au travers d'une somme d'argent directement créditée sur leurs comptes bancaires (1.000 euros, 3.000 euros ? ) ou d'une diminution forfaitaire d'impôts, etc. " Cela n'est pas si neuf ! ", lance Etienne de Callataÿ. Le financement monétaire du Trésor public est une vieille pratique, rappelle l'économiste. " Elle a été bannie par Maastricht, mais c'est relativement récent et, depuis, on a trouvé des voies pour contourner cette interdiction, les OMT (rachat de dettes souveraines des pays de la zone euro par la BCE, Ndlr)."
4. Un monde où prêter de l'argent appauvrit


© DR
S'endetter rend riche et prêter appauvrit. Tel est le résultat de " la folie des banques centrales ", dixit Patrick Artus, pour sortir du marasme les pays avancés. En rachetant massivement des titres de dettes publiques et en baissant leur taux de référence un peu en dessous de zéro, Mario Draghi et ses homologues ont réussi à faire passer le coût de l'argent en territoire négatif. Résultat des courses ? Du côté des obligations d'Etat, les titres qui offrent aujourd'hui un rendement positif (même minime) se font de plus en plus rares. Alors que l'obligation belge à 10 ans (OLO) flirte désormais avec 0 %, le Bund allemand sur la même période est tombé en territoire négatif. La glissade fait bien sûr le bonheur des emprunteurs (les Etats, qui voient diminuer la charge d'intérêts qu'ils doivent payer) lesquels, à la fin, remboursent moins que la somme empruntée.

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"Les banques ne sont plus que des filiales de fait des banques centrales. Elles n'ont qu'une autonomie d'apparence. Elles sont sous perfusion permanente. Retirez le tuyau et il n'y a plus de banques." Marc Fiorentino, ancien trader

A l'inverse, cette baisse du coût de la dette ne fait pas les affaires de ceux qui prêtent. Ainsi, avec des taux suisses toujours plus bas, prêter à la Confédération sur 30 ans est désormais un privilège qui coûte de l'argent puisque le taux d'intérêt a lui aussi franchi la barre symbolique de 0 %. Certes, ces taux négatifs ne touchent pas encore les ménages belges : BNP Paribas Fortis et consorts ne font pas payer les clients lorsqu'ils déposent de l'argent sur leur livret d'épargne. Le rendement minimum légal ne peut pas descendre en dessous de 0,11 %. Mais pour combien de temps encore ? De toute façon, la répression financière, qui désigne la politique délibérée des autorités pour pousser les taux à des niveaux anormalement bas, coûte déjà très cher aux épargnants belges. Selon les calculs du professeur Eric Dor (directeur des études de l'IESEG, l'école de gestion liée à l'Université de Lille), le manque à gagner s'élève depuis 2009 à 20 milliards d'euros : telle est la somme des intérêts que les Belges auraient perçue si les taux s'étaient maintenus à leurs niveaux d'avant la crise.


Marc Fiorentino, ancien trader. © Belgaimage

5. Un monde où l'on veut tuer le cash
Fini le billet de 500 euros ! La BCE a décidé de ne plus en imprimer. Officiellement, la décision est justifiée par le fait que les billets de 500 euros, qui sont parmi les plus grosses coupures qui existent dans le monde, facilitent le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent. L'excuse est parfaite : faire la chasse aux billets au nom de notre sécurité.
En réalité, l'objectif est aussi de mener la vie dure au cash. Pourquoi ? Plusieurs raisons sont mises en avant par les défenseurs de cette société sans cash tels que Kenneth Rogoff, célèbre professeur d'économie à Harvard, ou Willem Buiter, de Citigroup. Une cashless society a de quoi donner aux gouvernements de nouveaux outils pour combattre la délinquance financière. Sans cash, on est en effet obligé de passer par le circuit des banques pour effectuer ses opérations financières. Détecter les transactions douteuses devient du coup nettement plus facile. L'absence de cash permettrait aussi de mieux collecter l'impôt puisque tous les paiements laissent des traces. Fini de faire du noir ! Supprimer les billets permettrait enfin d'imposer des taux négatifs bien plus élevés que ceux que nous connaissons actuellement. Objectif de ces taux franchement négatifs ? Que les gens n'épargnent plus et consomment. " Les taux négatifs, c'est aussi l'euthanasie des rentiers et une inflation imposée ", glisse Bruno Colmant, à la tête de la recherche économique chez Degroof Petercam.

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S'endetter rend riche et prêter appauvrit. Tel est le résultat de "la folie des banques centrales", dixit Patrick Artus, pour sortir du marasme les pays avancés.

Voilà pourquoi les Etats veulent faire sauter le verrou du cash : pour effacer les dettes. Impensable ? Pas si sûr. Les transactions électroniques se généralisent (paiement par code QR ou sans contact, avec carte, smartphone, etc.). Deux tiers des paiements sont dématérialisés en Europe et presque la moitié en Amérique du Nord. Des pays comme la France, la Belgique ou l'Espagne, interdisent déjà les transactions en liquide au-delà d'un certain montant (3.000 euros chez nous). Et en Suède, plus de quatre paiements sur cinq se font déjà en monnaie virtuelle.
6. Un monde où les banques sont des filiales de la BCE


© DR
" Les banques sont nationalisées ", a l'habitude de dire Bruno Colmant. Un avis que partage l'ancien trader parisien Marc Fiorentino dans une récente newsletter (MonFinancier) : " On évoque une crise bancaire équivalente à celle qui a suivi la faillite de Lehman et j'entends dire un peu partout que la situation est totalement différente parce que les banques sont plus solides et parce qu'elles auraient des bilans à l'épreuve des épreuves. Mais c'est partiellement faux. La situation est différente parce que les banques ne sont plus des banques indépendantes réellement privées, ce ne sont plus que des filiales de fait des banques centrales. Elles n'ont qu'une autonomie d'apparence. Elles sont sous perfusion permanente des liquidités des banques centrales. Retirez le tuyau et il n'y a plus de banques. "
Une situation tout à fait " anormale ", selon Etienne de Callataÿ. D'autant que les nouvelles exigences en matière de fonds propres, visant à réduire le risque de culbute, les forcent à financer les Etats via l'achat d'obligations souveraines. Conséquence de tout cela : " La rentabilité des fonds propres des banques de la zone euro a profondément reculé, à la fois avec la chute de la profitabilité et avec la hausse des fonds propres. Ce recul de la rentabilité des banques est lié aux nouvelles règlementations : hausse des fonds propres, hausse des réserves de liquidité, réduction de la prise de risque, passage du bail-out (sauvetage des banques par les Etats, Ndlr) au bail-in(mise à contribution des actionnaires, des créanciers et des déposants en cas de faillite, Ndlr). Il est aussi dû à la baisse des taux d'intérêt à long terme, ce qui risque d'être durable, et, transitoirement, à la présence de taux d'intérêt négatifs sur les dépôts ", complète Patrick Artus, pour qui les nouvelles réglementations des banques n'ont pas été suffisamment réfléchies quant à leurs conséquences pratiques. Si bien que les investisseurs fuient les actions du secteur, lesquelles ont perdu près de 40 % en Bourse sur un an. Mauvaise surprise pour l'épargnant qui en a dans son portefeuille.



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L'épargnant est devenu la variable d'ajustement des budgets gouvernementaux
L'épargnant ne le sait pas, mais le monde a changé : la stabilité des banques et des Assureurs passe avant le rendement offert aux épargnants - la sécurité juridique a donc changé de camp et c'est l'épargnant qui en fait les frais.
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© Getty Images/iStockphoto
L'épargnant n'est pas gâté ces dernières années : nos dirigeants politiques et monétaires européens ont décidé de lui faire payer en partie la crise dont il n'est absolument pas responsable. Ils le savent bien d'ailleurs, mais que voulez-vous, il faut bien trouver de l'argent quelque part.
Sans le dire officiellement, l'épargnant est devenu la variable d'ajustement des budgets gouvernementaux, et en particulier en Belgique. La semaine dernière, par exemple, le ministre des Finances a annoncé qu'il voulait diminuer l'impôt des sociétés. Pour compenser le manque à gagner, l'une des pistes consiste à aller - de nouveau - chercher de l'argent dans la poche de l'épargnant. Comment ? Tout simplement en augmentant le précompte mobilier sur les dividendes de 27% à 30%. Je rappelle que cet impôt sur les dividendes n'était que de 15%, il y a quelques années encore. Il y a un siècle, on a envie de dire !
En fait, l'épargnant n'est pas seulement détroussé, il est aussi en quelque sorte abandonné à son sort par son propre gouvernement. Prenons l'exemple d'une grande compagnie d'assurance qui a pignon sur rue en Belgique. Elle a proposé pendant des années un produit qui garantit à vie à ses détenteurs un taux de 4.75% ! Pas mal comme produit quand les taux d'intérêt sont aujourd'hui de 0%. Oui, sauf que le gouvernement entre l'intérêt, sans jeux de mots de l'épargnant, et l'intérêt de la stabilité de cette compagnie d'assurance a fait son choix. Comme il estime que verser ce taux de 4.75% n'est plus raisonnable et met en danger la rentabilité de cette compagnie d'assurance, le gouvernement a fait voter des textes de loi qui imposent à cette même compagnie de baisser le taux de ce rendement garanti. Bref, la compagnie d'assurance n'a plus qu'à se cacher derrière cette nouvelle loi, pour dire aux épargnants, "désolé, je vous ai promis la Lune, mais mon législateur m'imposer de ne plus vous la proposer, vous comprenez, les temps sont difficiles aujourd'hui".
L'épargnant est entré dans un nouveau monde dans lequel le gouvernement est impuissant à le protéger, car il doit faire passer la stabilité financière globale ("les règles prudentielles" en jargon bancaire) avant les intérêts des épargnants. La sécurité a donc changé de camp - c'est Goliath (marché) qui est protégé au détriment de David (l'épargnant). Et c'est la cigale qui est chouchoutée contre la fourmi puisque l'épargne n'est plus parée de ses vertus et est systématiquement découragée. La crise a fait basculer tous nos repères - autant en être conscient pour changer ses pratiques et les adapter à ce nouveau monde.



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"Le pilotage de l'économie mondiale par la parasitocratie est absurde"
 Sébastien Buron
30/08/16 à 10:00 - Mise à jour à 10:02
Source: Trends-Tendances
Résolument libérale, l'analyste financière française Simone Wapler n'apprécie guère que l'économie mondiale soit aujourd'hui administrée par les Etats et les banquiers centraux. Ne faisant que spolier les épargnants et aggraver la crise, ce pilotage étatique est, selon elle, d'une " prétention totalement absurde ".
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© Isopix
Rue de la Michodière, à Paris. C'est là, au 3e étage d'un immeuble situé à deux pas du Palais Garnier (place de l'Opéra) et du quartier des grandes banques, que se trouvent les bureaux des publications Agora, spécialisées dans l'analyse et le conseil financier.
L'allure décontractée et le sourire aux lèvres, Simone Wapler y est directrice de la rédaction depuis cinq ans. Chaque jour, elle décrypte l'actualité économique pour informer, chiffres et graphiques à l'appui, les abonnés à sa lettre d'information dans un langage simple et sans jargon. Considérés par certains comme des vendeurs d'angoisse annonçant régulièrement la fin du monde et prônant du coup continuellement l'achat d'or, Simone Wapler et ses collègues de la Chronique Agora ne font pas toujours l'unanimité. Il est vrai que leurs raisonnements et leurs points de vue vont souvent à contre-courant de ce qui se dit ou se lit un peu partout.
TRENDS-TENDANCES. Vous préparez un nouveau livre pour la rentrée. Sur quoi sera-t-il centré cette fois-ci ?
SIMONE WAPLER. Il parlera de ce que nous appelons la parasitocratie, contraction des mots parasite et aristocratie. Ce sont des gens à des postes clés qui arrivent à vivre sur le dos de la collectivité, en se nourrissant de la complexité et de l'absence de concurrence. Le propos du livre sera de cerner cette parasitocratie : qui elle est, comment elle opère, etc. ? L'idée est de montrer les processus d'expropriation auxquels nous sommes soumis sans y prêter vraiment attention.
Vous dites dans vos récentes chroniques qu'une certaine élite financière fait partie de cette parasitocratie qui nous vole notre argent et notre liberté. A qui pensez-vous ?
Dans le cas de l'euro, c'est Mario Draghi à la BCE, sinon c'est la Fed, le FMI et Christine Lagarde, le G20, etc. Tout ce beau monde part du principe que l'économie peut être pilotée par les taux d'intérêt sur la base de statistiques économiques, alors même que le monde se pose la question de leur bien-fondé : PIB, croissance, etc. Qu'est-ce qu'une croissance soutenue par du déficit non financé par l'impôt ? Idem pour le PIB gonflé de l'inflation. Pourquoi ne pas plutôt s'intéresser au revenu disponible par habitant ? Etc.

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"Le système capitaliste fonctionne avec une sanction qui est la faillite. Si vous supprimez la faillite, vous déréglez le système, vous lui retirez toute possibilité d'autocorrection."

L'analyse est donc dès le départ biaisée : un peu comme le médecin qui utilise un thermomètre cassé pour mesurer la température ?
C'est cela, du coup on établit un mauvais diagnostic et on administre un mauvais remède. Un remède d'autant plus mauvais que l'économie ne se pilote pas. Elle résulte de millions de milliards de décisions individuelles. Personne ne peut avoir le cerveau et la connaissance capables d'intégrer ces milliards de décisions individuelles. C'est le fondement de la théorie de l'" ordre spontané " de l'économiste autrichien Friedrich Hayek. A chaque fois qu'on essaye de contrarier cet ordre spontané de l'économie, on arrive à un désordre qui est pire. Evidemment, cet ordre spontané n'est pas parfait : il y a des crises, des excès, etc. Tout ce qui est humain n'est pas linéaire et avance par à-coups. Mais si on refuse de reconnaître la dimension humaine de l'économie, on entre dans ce monde technocratique.
On vous comprend bien, c'est une thèse libérale somme toute assez classique. Mais que faire quand vous êtes un décideur politique ou monétaire et que la crise éclate ? Vous laissez des millions de gens à la rue et les banques faire faillite ?
La prise en charge par la société des victimes d'une crise est une question politique. En revanche, la " politique monétaire " est un faux remède. La monnaie est un instrument d'échange économique, mais ce n'est pas l'économie en tant que telle. Dire que le crédit imprime le rythme de l'économie, c'est mettre la charrue avant les boeufs. Le crédit et les taux d'intérêt ne sont que la conséquence de l'activité économique du moment. Si l'activité économique est en phase d'expansion, tout le monde veut investir, il y a une forte demande d'épargne et les taux montent. Ensuite, si l'économie est en phase de contraction, il n'y a pas de demande d'investissements et les taux baissent. C'est comme cela que cela marche, pas autrement.


"Face à l'échec, l'ultime plan de relance keynésien, c'est la guerre, c'est le complexe militaro-industriel qui tourne à plein régime." © Isopix

On a donc oublié les principes du libéralisme : en voulant réparer la machine, on a fait pire.
Oui, on se trompe complètement. On prend les effets pour des causes. On applique une boucle d'asservissement inverse, la baisse des taux finance des surcapacités. Les baisser encore, de façon totalement artificielle, est totalement fou ! Aucun système n'est bien sûr parfait. Mais le système capitaliste fonctionne avec une sanction qui est la faillite. Si vous supprimez la faillite, vous déréglez le système, vous lui retirez toute possibilité d'autocorrection.
Mais donc cela fait des milliers de gens en plus au chômage...
Qui sait ? Ce n'est pas sûr. A partir du moment où vous empêchez l'économie de se corriger d'elle-même, vous arrivez à l'URSS, c'est-à-dire à une économie 100 % étatique. On sait ce que cela donne. On produit des choses qui n'intéressent personne. L'URSS avait un PIB et, officiellement, n'avait pas de chômeurs. Mais l'URSS a implosé.
Cela veut dire que tout ce que fait Mario Draghi, à force de vouloir éviter la déflation, ne fait que nous enfoncer dans la crise ?
Les Etats européens ont besoin de crédit et donc la BCE en fabrique. C'est vieux comme le monde. Sauf que les dettes continuent de gonfler et que la croissance baisse. Résultat des courses : le monde est en surcapacité monstrueuse, tellement il y a eu des surinvestissements. La demande ne peut pas suivre. Qui aujourd'hui achète une voiture comptant ? Presque personne. Qui achète de l'immobilier cash ? Personne. Qui achète cash un téléphone au prix fort ? Personne. Un tel déséquilibre n'est pas tenable à long terme. Nous avons tout un stock monstrueux de dettes à détruire. La seule solution, c'est la faillite, donc une grosse restructuration des dettes. Mais pour faire durer le système, la BCE organise le " soutien abusif " des banques et des Etats, pratique financière pourtant réprimée.
A vous entendre, les récents tests de résistance bancaire ne sont que de la poudre aux yeux ?
On nage en plein bluff. Pourquoi faire des stress tests ? Le marché a déjà dit tout le mal qu'il pensait des banques européennes. Laissons-le faire. Les actions bancaires se sont effondrées. En plus, les scénarios de ces tests ne prennent pas en compte le problème des taux négatifs. C'est grotesque. On est dans le rituel des prêtres et des mythes. Mais le carburant de la parasitocratie, c'est la confiance des épargnants dans le système financier.
Si nous vivons aujourd'hui dans un monde absurde (taux d'intérêt négatifs, etc.), c'est donc à cause des banquiers centraux qui ont joué aux apprentis sorciers des deux côtés de l'Atlantique. Ce monde où emprunter rapporte de l'argent et où l'inflation a disparu commence-t-il à vous inquiéter ?
Qu'est-ce que l'inflation ? Votre inflation n'est pas la mienne. La hausse des prix n'est pas la même pour une personne âgée de 80 ans que pour un père de famille avec trois enfants en bas âge. La réalité, c'est que l'inflation, comme les taux d'intérêt négatifs, est un impôt qui n'a pas besoin d'être débattu, qui n'a pas besoin d'être voté et donc qui n'a pas besoin d'être consenti. C'est pour cela que les Etats et la BCE en veulent. Vous ne pouvez pas expliquer à un enfant que si le prix des bonbons augmente toujours, c'est une bonne chose. Il n'y a aucune bonne raison.
Que faire alors pour tenter de contrecarrer la dépression horrible, voire la " stagnation séculaire ", théorie chère à l'économiste américain Robert Gordon ?
Rien. Moins on en fait, plus la dépression sera courte. On ne taille plus des silex et cette industrie n'est plus subventionnée. Si les contribuables décident qu'il faut soutenir les tailleurs de silex au chômage, c'est une question politique, pas économique. De plus, dépression et déflation n'ont rien à voir. Le capitalisme est par essence déflationniste. C'est sa pente naturelle. Le but de tout entrepreneur, c'est de produire mieux et plus pour moins cher. Et tant mieux : vive Ford qui, en son temps, a rendu son modèle T accessible à tout le monde !
A vous entendre, nous n'avons plus qu'à jeter nos manuels d'économie à la poubelle...
Surtout keynésiens (rire) ! C'est une crétinerie : la baisse des taux creuse les inégalités. Elle ne profite pas aux plus modestes - l'épargne des plus modestes n'est même plus rémunérée - mais à ceux qui ont déjà une belle surface financière puisqu'on ne prête qu'aux riches. Et puis, face à l'échec, l'ultime plan de relance keynésien, c'est la guerre, c'est le complexe militaro-industriel qui tourne à plein régime.
Vous y croyez vraiment à ce scénario de la destruction de la dette par les armes et non par la croissance et l'inflation ?
Je constate simplement dans l'histoire que ce genre de grande crise se termine généralement mal. Le créditisme est un système selon lequel les Etats-Unis exportent leur dette fédérale et importent ce dont ils ont besoin. Ce système ne marche que parce qu'il y a des sous-marins nucléaires, des porte-avions, etc. qui soutiennent l'hégémonie du dollar en tant que " réserve monétaire ". Quant à l'Europe, si elle ne peut plus exporter ses dettes souveraines, il faudra que la BCE rachète tout, ce qui détruira l'euro. Bref, ce n'est jamais celui à qui on doit de l'argent, le créditeur, qui attaque, mais le débiteur, celui qui doit de l'argent. Souvenez-vous de la colonisation de l'Algérie, à qui la France devait de l'argent et ne pouvait pas payer. C'est pour une créance impayée du Directoire que les troupes françaises ont envahi l'Algérie en 1830. Souvenez-vous aussi de l'Allemagne qui ne pouvait plus payer la France...
Rien de bien réjouissant, en définitive...
Non, mais je reste optimiste. J'espère que la parasitocratie sera virée avant le désastre final.
Propos recueillis par Sébastien Buron, à Paris.
Simone Wapler
Née en 1957 à Casablanca.
1979: Diplôme d'ingénieur électro-mécanicien (ESME).
1980: Commence sa carrière dans l'industrie aéronautique (équipementiers, etc.).
1999: Change de cap et devient journaliste spécialisée dans les nouvelles technologies (numérisation des données, etc.) avant de devenir ensuite journaliste financière.
Depuis 2011: Directrice des Publications Agora.
Auteure de plusieurs ouvrages : Pourquoi la France va faire faillite, Comment l'Etat va faire main basse sur votre argent et La fabrique de pauvres (tous parus chez Ixelles éditions).

Romaric Godin dans "La Tribune" du 12 05 16 Article intitulé : Les classes moyennes se sont réduites en vingt ans en Allemagne et aux Etats-Unis

" La classe moyenne recule en Allemagne et aux Etats-Unis depuis 1981.
Une étude de l'institut DIW de Berlin souligne le recul des classes moyennes en Allemagne et aux Etats-Unis. En Allemagne, le déclassement est plus notable, surtout chez les étrangers.
Les trente dernières années ont été très dures pour les classes moyennes des deux côtés de l'Atlantique. C'est ce que révèle une étude de l'institut DIW de Berlin parue cette semaine et qui a retraité les statistiques de revenus bruts allemandes et étasuniennes pour pouvoir les comparer. La part de la population adulte disposant d'un revenu compris entre 67 % et 200 % du revenu médian a ainsi reculé fortement en trente ans.
La réduction des classes moyennes
En 1981, cette classe moyenne représentait 59 % des adultes aux Etats-Unis. Cette proportion a reculé à 56 % en 1991, puis à 50 % en 2015. En Allemagne, en 1983, la classe moyenne représentait 69 % des adultes ouest-allemand. En 1991, dans l'Allemagne réunifiée, cette proportion était encore de 66 %. Elle est aujourd'hui de 61 %. Entre 1991 et les derniers chiffres disponibles, le recul de la classe moyenne s'élève à 6 points aux Etats-Unis et à 5 points en Allemagne. Depuis 2000, cette évolution s'accompagne d'un recul du revenu médian lui-même pour les classes moyennes. Aux Etats-Unis, ce revenu s'est abaissé de 4 % entre 2000 et 2014, alors qu'en Allemagne, il a reculé de 1 %.
Où vont ceux qui quittent les classes moyennes ?
Parallèlement, les deux classes extrêmes, les plus pauvres et les plus riches ont donc progressé. Aux Etats-Unis, la proportion des personnes gagnant plus de 200 % que le revenu médian est passé de 15 % en 1981 à 17 % en 1991 et 21 % du total en 2015. Mais parallèlement, ceux gagnant moins de 67 % du revenu médian sont passés d'une proportion de 26 % en 1981 à 27 % en 1991 et 29 % en 2015. La réduction des classes moyennes outre-Atlantique s'explique donc majoritairement par un enrichissement que par un appauvrissement, même si la proportion des classes les plus pauvres demeure très importante.
En Allemagne, la situation est assez différente. Les classes aux revenus plus élevés sont passées de 9 % de l'ensemble des adultes en 1983 à 10 % en 1991, puis à 13 % en 2013. Mais les classes aux revenus les moins élevées sont passées de 23 % en 1983 à 24 % en 1991 et 27 % en 2013. Entre 1991 et 2013, l'abaissement de la classe moyenne allemande s'explique donc autant par un déclassement que par un enrichissement.
Les étrangers très touchés par le déclassement en Allemagne
L'étude met en avant une réalité inquiétante pour l'Allemagne qui va devoir faire face au défi de l'intégration du million de réfugiés venu de Syrie en 2015 : les étrangers outre-Rhin sont les plus menacés par le déclassement de la classe moyenne. Entre 1991 et 2013, les personnes étrangères de classe moyenne sont passées de 71 % à 55 % chez les étrangers en Allemagne, contre un recul de 65 % à 62 % pour les Allemands. Et si la proportion d'Allemands ayant un revenu inférieur à 67 % du revenu médian est restée stable à 24 %, la même proportion pour les étrangers est passée de 22 % à 37 % entre 1991 et 2013.
Défi pour l'intégration des réfugiés outre-Rhin
Ceci pose un défi majeur pour les politiques sociales en Allemagne. La croissance économique du pays profite en effet très nettement aux seuls Allemands au détriment très net des étrangers. La raison en est simple : les étrangers sont, outre-Rhin, les premiers à subir les effets des « réformes », notamment dans le domaine du marché du travail. Comme le souligne l'économiste Markus Grabka, l'amélioration de l'emploi outre-Rhin n'a pas freiné le phénomène. L'intégration des réfugiés devra donc nécessairement inverser cette tendance."

Niels Saelens dans "Moneytalk Trends Tendances" Belgique du 29 04 16 Article intitulé : "Les épargnants ne doivent pas uniquement mettre leur argent sur un livret d'épargne"

" Le président de la BCE, Mario Draghi, est conscient de l'impact de sa politique sur les épargnants. "Mais il y a aussi d'autres possibilités pour eux", estime-t-il. Ce propos "différenciant" marque bien le fossé qui s'est créé entre les Etats et les Peuples. Historiquement cette différence a toujours été négative. Les Etats ne sont qu'une résultante/conséquence et non une fin. Lorsque l'Etat oublie cette réalité, le rappel à l'ordre se fait toujours. Les krachs boursiers n'en sont-ils pas une des conséquences ? Le système de valorisation boursier, qui malgré ses failles plus que béantes, reste imposé par l'Etat en faveur des lobbies et contre l'intérêt des Peuples et la stabilité des marchés financiers n'en est-il pas qu'un exemple ?
Le président de la BCE Mario Draghi comprend les inquiétudes des épargnants au sujet des faibles taux d'intérêt sur leurs économies. "Nous sommes très conscients de la situation des épargnants. Les épargnants doivent vivre avec de faibles taux d'intérêt, pas seulement en Allemagne" faux, il ne faut surtout pas qu'il s'y habitue. Les faibles taux d'intérêt faible récurrents sont le signe d'une économie paupérisante et sur le chemin du déclin. Là où règne le dynamisme et la croissance règnent des taux d'intérêt adaptés aux dynamiques positives en place. Comment expliquer qu'en pleine révolution Humaine, industrielle et technique il n'y ait pas plus de dynamiques en place ? Ne serait-ce pas parce que ces dynamiques sont combattues par des lobbies chargés de maintenir coute que coute un système de marges de plus en plus importantes sur des schémas passés ? , explique le banquier le plus important d'Europe dans une interview pour le journal allemand Bild. "En Amérique aussi par exemple, les épargnants ont dû faire face à sept années à 0% d'intérêt sur l'épargne." Et où en est l'Amérique ? Et comment comparer l'Amérique qui maîtrise ( pour l'instant) le dollar avec d'autres pays ?
Mais, selon Draghi, le consommateur peut aussi prendre les choses en main. "Les épargnants ne doivent pas uniquement mettre leur argent sur un livret d'épargne. Il y a aussi d'autres possibilités". Lesquelles ? Aller sur les marchés dérivés ? Créer des sociétés dans une économie sclérosée et controlée par quelques groupes, aller sur les marchés dérivés qui détournent les capiatux de l'économie réelle en laissant juridiquement et financièrement les "gamelles" aux Peuples
Beaucoup d'épargnants peuvent bénéficier des faibles taux d'intérêt là, faux oser !
Dans le journal, le président souligne qu'il n'y a pas d'alternative aux faibles taux d'intérêt. "Si nous augmentions les taux maintenant, ce serait néfaste pour la croissance économique. Bonne nouvelle, nous sommes en croissance économique....Une déflation, suivie par une récession et du chômage, serait alors inévitable FAUX, nous sommes en déflation et en "chômage"", continue-t-il. "Les taux d'intérêt sur l'épargne sont indissociablement liés à la croissance. Dans les livres, oui. En réalité, nous avons d'un côté, les effets du mark-to-market comptable qui en faussant toute réalité financière faussent toutes décisions et draine la majorité des capitaux en dehors des dynamiques et énergies économiques et de l'autre côté le moteur économique de la consommation qui est en panne du fait de ce détournement des capitaux de l'économie réelle vers l'économie financière virtuelle.  A partir du moment où il y a inflation, il y a croissance, et les taux d'intérêts augmenteront." à condition que les systèmes ne soient pas faussés par la comptabilité...Il réaffirme par cela que la mission principale de la Banque centrale européenne est encore et toujours une inflation juste en-dessous des 2%. Exact mais lorsque ces 2% ont fait l'objet de changement dans les bases de leur calcul...
"En outre, beaucoup d'épargnants peuvent maintenant bénéficier des faibles taux d'intérêt", dit-il encore dans le journal. "Les faibles taux d'intérêt sont avantageux pour les acheteurs d'habitation non, ils sont signes de désintérêt des acquéreurs soit parce que ces derniers ne peuvent plus payer, soit parce que les prix sont devenus incohérents avec les réalités, les payeurs d'impôt, les entrepreneurs et les employés au sein de ces entreprises." Du délir absolu. Les taux d'intérêt bas sont un des signes du déclin. S'il y a beaucoup d'acheteur, les taux sont élevés. Seuls les vendeurs de cacahuètes peuvent soutenir les propos ci-dessus. Les défiscalisations successives n'en sont-elles pas une des preuves ?
Les taux faibles, pas avantageux pour tous les pays
Les Allemands, entre autres, sont critiques vis-à-vis de la politique de la BCE. Ils sont persuadés que les conséquences négatives des taux bas pèsent plus lourd. Mais c'est inexact, selon Draghi. "Ce qui compte, c'est ce que vous gagnez en termes réels (intérêts moins inflation). Et cette différence se situe à un niveau plus élevé que dans les années 90", ressort-il. Faux, ce qui compte c'est les dynamiques et les énergies. Des taux bas avec comme seul objectif le maintien des prix est une hérésie. Les prix se doivent d'être adaptés à la réalité et non faussés par des politiques de défiscalisation immobilière, des politiques comptables
(mark-to-market etc...) qui faussent toute réalité financière  et autres absurdités SOCIOlogiques, ECOnomiques, POlitiques et FInancières.
Cette déclaration ne convient cependant pas pour la Belgique. Alors que l'inflation européenne est négative, celle dans notre pays a augmenté jusqu'à 2,24% en mars. Nous perdons par conséquent du pouvoir d'achat du fait des faibles taux d'intérêt. Aux Pays-Bas également, où l'inflation se situait à 0,6% en mars, les taux bas ne sont pas une bénédiction pour tous les épargnants. Exact, parce que ces pays ne pratiquent que très peu les déstabilisations expliquées ci-dessus dans mes commentaires. Les épargnants critiques peuvent néanmoins avoir une longueur d'avance en comparant les banques. Certaines banques hollandaises offrent encore un taux d'intérêt qui dépasse l'inflation aux Pays-Bas. La déclaration de Draghi s'applique toutefois bien pour la France par exemple, où l'inflation s'élève à -0,1%. et où l'économie est en permanence faussée par l'intérêt d'une minorité qui lobbyise à fond les manettes.
"En outre, personne n'oblige les épargnants à laisser leur argent sur un compte d'épargne. Il existe des alternatives", rappelle-t-il dans l'interview. Il fait pour cela référence aux chiffres de la Bundesbank (la banque centrale allemande) qui démontrent que le rendement moyen sur tous les actifs des ménages allemands se situe proche des 2%. Comment comparer l'économie allemande qui est LA gagnante et la "tueuse" de l'Europe de la Paix avec les pays victimes de cette allemagne ?
Que pouvez-vous faire ?
Cela vaut notamment la peine de comparer les différentes formules d'épargne entre elles. Il y a encore des produits d'épargne sur le marché dont les pourcentages d'intérêt sont dix fois supérieurs aux montants minimums légaux. Sur les sites comparatifs comme bankshopper.be, vous pouvez comparer les différents comptes d'épargne.
Les épargnants peuvent aussi se tourner vers les bons de caisse, les comptes à terme, les assurances épargne, les actions coopératives, les actions à dividende ou les trackers. Certains produits comportent, il est vrai, plus de risque que d'autres."

Michel Santi dans "La Tribune" du 27 04 16 Article intitulé : Il faut uberiser la monnaie

" Il faut que les banques centrales, au premier chef la BCE distribuent directement de l'argent aux consommateurs aux revenus modestes ou moyens. C'est le vrai moyen de relancer la machine économique.
Comment se libérer de l'idéologie dominante selon laquelle les Etats ne sont capables de discipline budgétaire que s'ils doivent se financer auprès des marchés financiers ? Le néolibéralisme enseigne en effet que la sanction des marchés envers les pays peu rigoureux s'exercera sous la forme de taux d'intérêt plus élevés censés remettre les cigales sur le droit chemin, soit par l'augmentation des impôts, soit par la réduction des dépenses. Voilà pourquoi l'orthodoxie est farouchement opposée à la création monétaire des banques centrales, qui soutiendrait les États dans leur folie dépensière car les divers gouvernements n'auraient qu'à revendre leurs obligations à leur propre banque centrale qui les financerait grâce à sa planche à billets...
L'échec des QE
Pour autant, il semblerait bien que l'on ait par ailleurs surestimé l'impact des baisses de taux quantitatives qui disposent certes d'un pouvoir monétaire (et psychologique) indéniable de stimulus par leur effet largement positif sur les actifs divers et variés, comme l'immobilier, les bourses ou l'art. Comme ces retombées ne concernent pas l'économie dans son ensemble, ces QE n'ont cependant pas atteint les objectifs de redressement de la croissance et de rétablissement de l'inflation initialement recherchés par les banquiers centraux.

La vérité est que les banques centrales comme leurs instruments sont rendus quasi inopérants par les politiques d'austérité de certains Etats. Véritable levier fiscal et budgétaire qui autorise les Etats à emprunter à bon prix pour dépenser et pour investir, les baisses de taux quantitatives, la création monétaire et les taux négatifs ne sont ainsi efficaces que dans le cadre d'une politique expansionniste du gouvernement. Si ces mêmes leviers de la banque centrale sont largement neutralisés dans une conjoncture de rigueur, ils deviennent littéralement contre productifs dès lors que l'austérité est imposée dans un climat de chômage et de récession.
Un transfert de richesses en faveur des plus riches
Ils ne profitent en effet dès lors qu'à un nombre infime de privilégiés qui deviennent schizophrènes. Opposés jusque dans leur moelle à la création monétaire par peur de l'inflation et pour ne pas assister les moins démunis ne devant vivre que du produit de leur labeur, ces nantis sont pourtant parfaitement conscients que c'est à cette même politique monétaire qu'ils doivent l'envolée de leurs actifs. C'est donc lorsque les QE ne bénéficient qu'à une infime minorité qu'elles deviennent régressives, tandis qu'elles déploient toute leur efficacité et profitent à l'ensemble de l'économie si elles permettent de financer des plans d'investissement et des programmes de facilités d'accès aux prêts destinés aux entreprises et aux ménages. Pourtant, comment éviter que cette création monétaire ne soit réduite à un banal de transfert de richesses encore et toujours en faveur des plus riches, dans un contexte où la pensée dominante ne cesse de stigmatiser dettes et déficits ?
Ubériser la dépense
En opérant des transferts de fonds directement vers les citoyens, afin d'améliorer leur pouvoir d'achat et de multiplier leur capacité à consommer. C'est bien l'ubérisation de la dépense que doit promouvoir un gouvernement dans une conjoncture de stagnation économique, afin de rétablir l'inflation et de donner des ailes à la croissance. Tout en accompagnant ces dons de diverses mesures protectionnistes afin que cette consommation profite aux entreprises locales et nationales, sans plomber davantage le commerce extérieur. Pourquoi ne pas distribuer 2.500 euros par ménage et par an et, ce, tant que croissance et inflation sont en-dessous de 2% ? Quant à l'impact de tels transferts de fonds sur l'état de l'économie, il est possible de le calculer en trouvant son effet multiplicateur : autrement, pour 100 euros donnés, quelles sont les retombées en termes d'amélioration du P.I.B. ?
L'expérience américaine des chèques aux contribuables
S'il n'est pas possible de s'adosser à des statistiques appartenant au passé vu que de telles expériences n'ont jamais été tentées, on peut en revanche analyser les effets des remboursements d'impôts ayant eu lieu aux USA en 2008 où des chèques furent envoyés par les services fiscaux aux contribuables au plus fort de la crise afin de relancer l'économie. Dans ce contexte, l'effet multiplicateur fut de 1,3. Transposé au don de liquidités, ceci reviendrait à en conclure que 1% du P.I.B. donné aux citoyens se traduirait par un redressement de 1.3% du P.I.B., soit une hausse de 2.6% du P.I.B. en cas de dons aux citoyens totalisant 2% du P.I.B. Sachant qu'il a été prouvé que les sommes restituées en termes de crédit d'impôts avaient nettement moins d'impact favorable que l'apport d'argent « frais ». Il est donc possible d'en déduire que l'effet multiplicateur de ce crédit social avoisinera vraisemblablement les 1.5, niveau plus qu'honorable en termes macroéconomiques. Un tel multiplicateur serait gage de croissance et d'une diminution tangible du chômage.
Calibrer en direction des ménages à faibles revenus
Ce crédit social peut en outre être optimisé en ne le destinant qu'aux 75% des contribuables disposant des revenus les plus bas. Un tel calibrage aurait à l'évidence des conséquences bénéfiques immédiates sur la croissance, sans les effets collatéraux des QE qui sont d'enfler des bulles spéculatives et d'aggraver l'instabilité financière. Par ce biais, la création monétaire elle-même serait nettement moins intensive puisque - pour reprendre l'exemple ci-dessus - un don de 2'500 euros par famille et par an ne représente environ que 2 mois de baisses de taux quantitatives de la part de la Banque centrale européenne, qui du coup activerait moins sa planche à billets avec des effets spectaculaires et sur la croissance et sur les inégalités. Ne nous égarons donc pas dans les méandres de la sémantique des banquiers centraux qui rechignent à ce crédit social sous le prétexte qu'il s'agit là d'une mesure fiscale du ressort des exécutifs. Dans un contexte où les gouvernements sont tétanisés par l'orthodoxie, et alors que les politiques - et que la politique - ne sont absolument plus crédibles, il est vital que ces transferts de liquidités en faveur de la population deviennent un instrument à part entière de politique monétaire.

Dans "Le vif/Trends Tendances" Belgique du 25 04 16 Article intitulé : Le salaire minimum gagne du terrain là où on ne l'attendait pas

" Aux Etats-Unis, des voix s'élèvent massivement pour réclamer une augmentation du salaire minimum. En Europe, des pays autrefois réticents à ces minima ont récemment franchi le cap.
   15 dollars de l'heure, la revendication du mouvement "Fight for $15" aux Etats-Unis.

"Fight for $15", c'est le nouveau cri de ralliement de la classe ouvrière américaine. Les dernières semaines ont été marquées par plusieurs mouvements de grève dans quelque 300 villes du pays, réclamant une hausse du salaire minimum à 15 dollars par heure. Un combat récemment remporté dans les états de Californie et de New York, où le salaire minimum était respectivement de 10 et 9 dollars.
Le mouvement "Fight for $15" est né en 2012, à Brooklyn. A l'époque il mobilisait principalement les employés des fast-foods, dont certains expliquaient avoir besoin de recourir à des programmes sociaux fédéraux (les fameux "food stamps" américains) pour joindre les deux bouts malgré leur emploi. Principalement visé, le géant Mc Donald est encore accusé d'encourager une tendance aux bas salaires dans tout le secteur de l'alimentation.
Les revendications sont rapidement passées du niveau local au niveau national et commencent à peser dans le débat politique, surtout dans le camp démocrate.

Le sénateur du Vermont et candidat Bernie Sanders est un fervent partisan des 15 dollars de l'heure. Il est à l'origine d'un projet de loi au Congrès prônant d'instauration de ce minimum au niveau fédéral et se montrait déjà l'année passée auprès des manifestants. Hillary Clinton défend quant à elle le minimum de 12 dollars pour l'ensemble du pays d'ici 2020. Un palier inférieur, préféré par une grande partie du camp démocrate, et que la candidate souhaite allier avec des hausses plus importantes dans certaines villes où le coût de la vie est particulièrement élevé.
En Europe
Le salaire minimum est en fait loin d'être un standard universel. En Europe, plusieurs pays comme le Danemark, la Suède ou l'Italie n'y ont pas recours de manière nationale. Souvent, les minima sont négociés entre partenaires sociaux au niveau sectoriel.
En Belgique, la barre est actuellement fixée à 1.501,80 euros bruts par mois (à raison de 38H/semaine) depuis janvier 2013, ce qui place notre pays dans le peloton de tête européen, derrière le Luxembourg, l'Irlande, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. En queue de classement, on retrouve notamment la Bulgarie, la Roumanie et la Lituanie, avec des minima allant respectivement de 184 à 300 euros bruts en 2015. Des chiffres qu'il convient de mettre en rapport avec le coût moyen de la vie dans ces pays.
Au Royaume-Uni, le salaire minimum a augmenté de 7,5% en avril dernier. Longtemps resté à la traîne en la matière, le pays a prévu de l'augmenter de 40% dans les 5 prochaines années.
L'Allemagne aussi a récemment fait un pas en avant vers le salaire minimum. Avant janvier 2015, il n'existait tout simplement pas chez nos voisins. Flexibilité et compétitivité sont en effet les maîtres-mots du fameux " modèle allemand". Avec notamment ce qu'on appelle les mini-jobs, des petits emplois rémunérés aux alentours de 400€ par mois et comportant d'importantes réductions fiscales tant pour l'employé que l'employeur.
L'arrivée ou l'augmentation de ce seuil dans certains pays n'a cependant pas été accueillie avec enthousiasme par tout le monde. Des économistes ainsi que les milieux conservateurs font planer les risques de perte de compétitivité et de fuite de l'emploi vers l'étranger. Mais d'autres soutiennent que cette nouvelle masse salariale permettra à terme de booster la consommation de nombreux ménages outre-Rhin. Avec des répercussions positives espérées sur les pays voisins.
Notons qu'en Europe, le salaire minimum n'a pas fait qu'augmenter partout. Il a par exemple été réduit drastiquement en Grèce, suite à la pilule d'austérité administrée par la Troïka, passant de 876 euros bruts au début 2012 à 683 euros à la fin de la même année. Depuis, il stagne à ce niveau. Malgré la volonté affichée en début de mandat par le Premier ministre Alexis Tsipras de le faire revenir au seuil d'avant-crise.

Michel Santi dans "La Tribune" du 20 04 16 Article intitulé : Economie mondiale : quelque chose doit craquer

 " La stagnation séculaire qui infecte nos économies porte en elle les germes de l'instabilité et des tourmentes financières. Comme les taux d'intérêt et comme la création monétaire sont les seules armes encore à disposition des seules institutions publiques disposant encore de quelques pouvoirs dans notre monde moderne, leur activation en vue de renflouer nos économies ne fait en réalité qu'exacerber les problèmes. C'est tout un schéma de Ponzi qui se met en effet en place dans un tel contexte de taux nuls et négatifs, qui pousse littéralement investisseurs et spéculateurs à plus de risques dans l'unique but d'y générer un différentiel favorable en termes de rentabilité. Et les schémas financiers de Ponzi actuels sur les OPCVM entre-autre ?
Une politique monétaire finalement nocive pour la croissance ce n'est pas la politique qui est nocive mais ses détournements
Nous nous retrouvons donc dans une situation paradoxale où - bien que mues par un objectif louable consistant à redresser la croissance-, les banques centrales créent une hydre qui crache bulles spéculatives et crises financières. Pourquoi taire l'influence primordiale des règles comptables dans ses bulles ainsi que les corruptions actives ou/et passives ? Autrement dit, - parvenue au stade actuel des taux négatifs et des baisses de taux quantitatives - la politique monétaire des banques centrales serait finalement nocive et pour la croissance et pour l'emploi et pour la production.
Nous voilà donc dans un environnement où le processus de formation/implosion de bulles se multiplie à une cadence endiablée depuis le milieu des années 1980, soit depuis que les taux d'intérêt ont entamé leur baisse, d'un pic historique supérieur à 21% en 1981 pour sombrer sous le plancher de verre du zéro aujourd'hui ! Depuis le krach de 1987 aux subprimes de 2007, en passant par les méga bulles immobilières espagnoles et irlandaises ayant implosé à partir de 2008/2009, le constat semble limpide (et décourageant pour les banques centrales), à savoir que les taux d'intérêt très bas favorisent tout une série de comportements à risques.
Ne pas surestimer le pouvoir des banques centrales
Pour autant, ces mêmes établissements ne disposent pas du pouvoir qui leur est prêté . En d'autres termes, le niveau actuel des taux réels infimes (voire négatifs) leur est imposé par une conjugaison de facteurs échappant à leur contrôle et que ces établissements doivent à présent subir. C'est d'une part la démographie qui tire vers le bas les taux d'intérêt, comme c'est le cas au Japon et en Allemagne. C'est par ailleurs les besoins déclinants en capitaux de la part des entreprises high-tech qui exercent une pression intense à la baisse sur le loyer de l'argent.
C'est l'accentuation des inégalités qui concentre le gros des richesses en quelques mains privilégiées qui épargnent bien plus qu'elles ne dépensent qui achève enfin de comprimer les taux d'intérêt. Cet enrichissement supplémentaire des riches induit en outre une spirale malsaine car l'effondrement des taux gonfle et enfle davantage les valorisations boursières qui, à leur tour, ne profitent qu'à quelques privilégiés, lequel phénomène agit en réduisant davantage le taux d'intérêt réel du fait de l'accroissement de l'épargne. Les seules qui étaient encore à même de faire usage d'un certain levier pour amoindrir les chocs - les banques centrales -, se retrouvent désormais quasi-impuissantes.
Le système pourrit donc depuis l'intérieur.

Jean-Pierre Robin dans "Le Figaro" du 14 04 16 Article intitulé : Les États n'ont jamais été aussi endettés depuis la Seconde Guerre mondiale

" Le FMI, dans son rapport semestriel des Finances publiques dans le monde, s'alarme de la montée généralisée des dettes publiques. Aucun continent, riche ou pauvre n'est épargné. Sauf l'Allemagne
Le déficit public est la chose la mieux partagée au monde. Tel est le constat désabusé que dressent les experts du Fonds monétaire international dans leur examen semestriel des Finances publiques (Fiscal monitor): «La dette publique continue de grossir dans tous les coins du monde» s'alarment Vitor Gaspar et Luc Eyraud, les responsables du département «finances publiques», au FMI. Ils désignent ainsi les deux pôles de l'économie mondiale, les «pays avancés» arrivés à maturité, comme les Etats-Unis, l'Europe et le Japon, et de l'autre côté les économies émergentes ou en développement.
Pour les premiers, les références historiques sont triples. La grande dépression des années 1930 tout d'abord, quand le poids de la dette était passé de 60% à environ 80% du Produit intérieur brut annuel (PIB) des pays. Puis la Seconde Guerre mondiale, où les efforts de guerre avaient conduit les belligérants à s'endetter. A la fin des conflits en 1945, les Etats européens et américains, essentiellement, avaient un niveau de dette équivalent à 130% de leur PIB. Cet endettement avait pu se résorber durant les trente glorieuses, sous le double effet d'une croissance et d'une inflation également soutenues. Au point que le ratio dette rapportée au PIB était tombé à 30% en 1973.
La troisième référence est celle de la «grande récession mondiale de 2008-2009» ; les économies avancées l'ont abordée avec un taux d'endettement représentant 92% de leur PIB en moyenne. Or malgré la sortie de crise, ce ratio n'a cessé de s'alourdir. Il devrait atteindre 107,6% en moyenne en 2016. Soit 107,5% aux Etats-Unis, 92,5% dans la zone euro, la palme revenant au Japon (249,3%, deux années et demi du PIB annuel japonais). Parmi les pays du G7 l'Allemagne est la seule à avoir réduit son endettement, le ramenant à 68,2% de son PIB (contre 72,5% en 2009).
Les pays du Moyen Orient et d'Afrique du Nord sont aujourd'hui les plus déstabilisés
Bénéficiant d'une croissance économique deux à trois plus élevée ces trente dernières années, les pays émergents sont parvenus quant à eux à maîtriser leurs finances publiques, et cette bonne santé a été leur force. Mais le miracle est en train de se dissiper. L'endettement est passé de 39,7% à 47, 5% du PIB entre 2009 et aujourd'hui pointe le FMI. La dégradation est quasi générale, de la Chine à la Russie, même si les niveaux atteints restent très inégaux (46,8% du PIB pour la première et 18,4% pour la seconde).
Frappés de plein fouet par la chute du pétrole les pays du Moyen Orient et d'Afrique du Nord sont aujourd'hui les plus déstabilisés. Le FMI a calculé que leurs déficits publics cumulés représenteront 2000 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années.
La dette publique constitue un facteur de vulnérabilité d'autant plus diabolique que les économies croissent peu et que l'inflation est trop faible pour l'éponger subrepticement, comme ce fut le cas dans les trente années qui ont suivi la seconde guerre mondiale. «Une solution durable au problème du surendettement n'est pas envisageable en l'absence d'une croissance plus soutenue à moyen terme. Une progression continue de la croissance de 1 point de pourcentage pourrait ramener les ratios d'endettement dans les pays avancés à leurs niveaux d'avant-crise (de 2008-2009)», estiment les économistes du FMI. Encore faudrait-il que ces pays renouent avec la croissance et se réforment dans ce sens.
Pour les économies en développement, l'équation est tout aussi redoutable, car il s'agit «de répondre à la demande grandissante de services publics, d'améliorer l'offre de services de santé et d'éducation et de développer les infrastructures», estime le FMI. «Agissez-maintenant, agissez ensemble», enjoignent Vitor Gaspar et Luc Eyraud, qui jouent les «lanceurs d'alerte». La nouvelle mission semble-t-il du FMI, dont les réunions de printemps se tiendront ce week end à Washington, regroupant les ministres des Finances de ses 189 pays membres."

Fabien Piliu dans "La Tribune" du 31 03 16 Extrait Article intitulé : Les achats d'automobiles et d'équipements du logement bondissent

" En février, les dépenses des ménages ont augmenté de 0,6% selon l'Insee. Sur un an, elles ont progressé de 1,8%.
Après avoir augmenté de 1,1% et de 1% en décembre et janvier, la consommation des ménages a progressé de 0,6% en février. Sur un an, elle affiche une hausse de 1,8%.
En attendant que la reprise de l'investissement se confirme, la consommation des ménages reste le principal moteur de la croissance tricolore. C'est le cas depuis le début des années 2000, période au cours de laquelle les entreprises ont commencé à sous-investir.
Reprise en vue dans l'immobilier et la construction ?
Si les achats d'automobiles augmentent sensiblement (+3,1% sur un an), les dépenses dans le domaine des équipements du logement explosent. Sur un an, elles signent un bond de 10,8%. Doit-on y voir un signe de la reprise du secteur de l'immobilier et de la construction ?
Sans surprise, la faiblesse actuelle des prix de l'énergie explique en grande partie cette résistance de la consommation. Selon l'institut Coe-Rexecode, le repli des prix de l'énergie a pesé à hauteur de 0,5 point sur l'inflation en 2015, ce qui représente une économie de l'ordre de 7 milliards d'euros pour les ménages. L'année dernière, le pouvoir d'achat a progressé de 1,7%, signant sa plus forte hausse depuis 2007.
En Allemagne, les ventes de détail bondissent
Cette résistance de la consommation n'est pas une exception française. De l'autre côté du Rhin, les ventes au détail ont fait un bond de 2% en février et de 5,4% sur un an selon Destatis, également stimulées par la faiblesse des prix de l'énergie mais aussi par une accélération des revenus.
Mais à la différence de l'Allemagne qui affiche régulièrement des excédents commerciaux - il s'est élevé à 248 milliards d'euros en 2015 -, cette progression des dépenses provoque le déséquilibre de la balance commerciale. Depuis 2003, la France affiche un taux de couverture négatif, les importations dépassant chaque année les exportations. L'année dernière, les Douanes ont enregistré un déficit commercial de 45,7 milliards d'euros."


Richard Hiault dans "Les Echos" du 05 04 16 Article intitulé : Pourquoi le monde risque une crise monétaire majeure

" Depuis vingt ans, les crises se succèdent et gagnent en gravité. Elles révèlent les carences d'un système monétaire et surtout financier mal adapté à un monde de plus en plus fragmenté. Si le besoin d'un « Bretton Woods 2 » se fait de plus en plus sentir, les divisions de la communauté internationale rendent son avènement peu probable dans l'immédiat.
Hasard du calendrier ou véritable lame de fond ? Quoi qu'il en soit, deux séminaires de haut niveau se sont tenus la semaine passée sur le même sujet : quelle architecture financière et monétaire optimale est à construire pour le monde d'aujourd'hui ? A Paris, une soixantaine de ministres des Finances, de banquiers centraux, de représentants d'organisations internationales et d'économistes ont planché sur trois grandes thématiques. Le mouvement des flux de capitaux transfrontières, l'organisation des multiples filets de sécurité financière créés dans différentes parties du monde pour se prémunir d'une crise et les monnaies de réserve internationales. A Hangzhou, le séminaire Vision 20, organisé notamment par l'université de Zhejiang et l'Institute of Asian Research, a rassemblé essentiellement des représentants du monde académique. Surtout chinois. Là encore, les mêmes sujets ont été évoqués. Serions-nous à la veille d'une grande conférence internationale chargée de bâtir de nouvelles règles, comme ce fut le cas en 1944 à Bretton Woods ? C'est peu probable, même si, depuis près de vingt ans, nombreuses sont les voix à réclamer un « Bretton Woods 2 ». La Chine, qui préside cette année le forum du G20, entend bien faire bouger les lignes sur ces sujets. Le président Xi Jinping en a fait l'une de ses priorités en vue du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G20, les 4 et 5 septembre à Hangzhou.
Dans une étude publiée le mois dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a bien reconnu que « les crises de 2008-2009 ont révélé une faiblesse considérable du Système monétaire international ». Des systèmes bancaires de plus en plus interconnectés, des mouvements de capitaux dont la taille n'a cessé d'exploser et qui sont devenus plus volatils, des acteurs non bancaires - fonds de gestion, « hedge funds », compagnies d'assurances, centres offshore - qui gagnent en importance dans le financement de l'économie mondiale : toutes ces évolutions « altèrent la nature des risques » encourus par l'économie mondiale, observe le FMI.
Depuis vingt ans, les crises se succèdent et leur gravité ne cesse de s'accroître. Comme l'a souligné récemment le célèbre professeur d'économie de la Princeton University Paul Krugman, « la principale leçon de trois décennies de crises […] est que la lutte contre le feu lorsqu'il se déclare est un pauvre substitut à la prévention de l'incendie en première intention ». Et de poursuivre : « Le meilleur moyen de traiter les crises est de ne pas les avoir. » Ces derniers mois, l'effondrement des cours des matières premières, et en particulier du pétrole, la volatilité des marchés boursiers, la Bourse de Shanghai en tête, le surendettement croissant dans les pays émergents, en particulier du secteur privé, la forte volatilité des flux de capitaux internationaux, capables de déstabiliser un pays ou une zone géographique entière et la valse des taux de change n'ont pas manqué de renforcer l'inquiétude. Tant et si bien que certains économistes prédisent déjà une nouvelle crise encore plus dévastatrice que celle de 2008.
L'évolution sur ces trente dernières années tient à la fois d'un système mal adapté et d'une doctrine sans doute dépassée. Certes, depuis le pic de la crise, en 2009, des initiatives visant à renforcer le système monétaire et financier international ont vu le jour. Le FMI a considérablement augmenté ses ressources et créé de nouveaux instruments de prêt plus souples et plus flexibles ; des accords d'entraide entre banques centrales pour éviter les faillites de banques privées comme Lehman Brothers en 2008 ont été noués ; les grands pays émergents - Brésil, Russie, Inde Chine - ont mis en commun une partie de leurs réserves de change ; la Chine a mis en place avec les pays voisins, dont le Japon et la Corée, un réseau d'échange de devises en cas de besoin… Mais le FMI avertit que le système est trop fragmenté et que les pare-feu actuels n'ont pas la taille suffisante pour contrer une crise majeure. Pis : « l'élan réformateur général s'est affaibli » depuis 2011.
De surcroît, dans le système actuel, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. D'une part, les pays émergents et en développement n'ont pas accès à tous les instruments financiers de défense. Surtout, ils n'ont pas le privilège d'émettre une monnaie de réserve internationale à l'instar des Etats-Unis, des membres de la zone euro et du Japon. C'est l'une des raisons pour lesquelles Pékin veut pousser sur le devant de la scène le droit de tirage spécial (DTS), ce panier de devises servant d'unité de compte au FMI et composé du dollar, de l'euro, du yen, de la livre sterling et, depuis peu, du renmimbi. Implicitement, Pékin aimerait voir le DTS remplacer le dollar. Une gageure.
Imaginer un second Bretton Woods relève aujourd'hui plus du voeu pieux que d'une réalité proche. Les Etats-Unis n'y ont aucun intérêt. D'ailleurs, ni Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine, ni Jack Lew, le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, n'étaient à Paris. Le dollar continue de régner en maître comme devise de réserve et de cotation, et Washington détient toujours le pouvoir réel au FMI.
Cet état de fait n'empêchera pas quelques adaptations. Mais, les discussions seront conduites au sein du forum du G20. Michel Sapin, à l'issue de la réunion de Paris, l'a d'ailleurs admis. A moins qu'une crise encore plus dévastatrice que celle du début des années 1930 ou qu'une guerre mondiale ne survienne, le grand soir des monnaies n'est pas arrivé.
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021811067142-pourquoi-le-monde-risque-une-crise-monetaire-majeure-1211630.php?Wp5SvOST0tCheWTZ.99

Dans "Trends Tendances" Belgique du 01 04 16 Article intitulé : Le coût de la main-d'oeuvre varie de 4 à... 41 euros de l'heure au sein de l'Europe

" La Belgique est, derrière le Danemark, le deuxième pays de l'Union européenne où les coûts horaires de la main-d'oeuvre étaient les plus élevés en 2015 avec 39,1 euros, indique vendredi Eurostat, l'office statistique européen. Selon les Etats membres, ce chiffre peut aller de 4,1 euros en Bulgarie à 41,3 euros au Danemark.
Les coûts horaires de la main-d'oeuvre dans l'ensemble de l'économie (hors agriculture et administration publique) ont été estimés en moyenne à 25,0 euros au sein de l'UE et à 29,5 euros dans la zone euro.
Les chiffres les plus faibles en la matière ont été enregistrés en Bulgarie (4,1 euros), en Roumanie (5,0), en Lituanie (6,8), en Lettonie (7,1) ainsi qu'en Hongrie (7,5), et les plus élevés au Danemark (41,3), en Belgique (39,1), en Suède (37,4), au Luxembourg (36,2) et en France (35,1).
Dans l'industrie, ces coûts horaires se sont établis à 25,9 euros dans l'UE et à 32,3 euros dans la zone euro, à respectivement 24,9 et 28,6 euros dans les services et à 22,4 et 25,8 euros dans le secteur de la construction.
Dans l'économie principalement non-marchande, on se situait à 25,1 euros au sein de l'UE et à 29,4 euros dans la zone euro. Les coûts de la main-d'oeuvre comprennent les salaires et traitements auxquels s'ajoutent les coûts non salariaux tels que les cotisations sociales à charge des employeurs. La part de ces coûts non salariaux dans l'ensemble de l'économie était de 24,0% dans l'UE et de 26,0% dans la zone euro, variant de 6,6% à Malte à 33,2% en France.

Michel Santi dans "La Tribune" du 29 03 16 : L'économie n'est pas une science morale

" Opposer des Allemands censés être vertueux à des Grecs paresseux ne correspond à aucune réalité économique. Les gains de productivité dans le tourisme ne peuvent être équivalents à ceux de l'industrie.
Le tourisme représente 20% du P.I.B. grec. En fait, hormis les facilités offertes de nos jours par internet pour réserver ses vacances et pour la promotion des lieux touristiques grecs, ce secteur bien particulier reste très similaire aujourd'hui à ce qu'il était il y a vingt-cinq ans. Les métiers liés au tourisme exigent comme on le sait un labeur intensif se déclinant en transports aérien, maritime et routier, en restauration, en guides, etc. Autant de professions nécessitant une grande masse de travailleurs pour cuisiner, servir, conduire, nettoyer, amuser qui investissent un nombre d'heures important dans leur gagne-pain... Voilà pourquoi la quantité produite par heure et par personne n'a pas augmenté notoirement en Grèce (dans ce secteur crucial du tourisme) depuis quelques décennies.
L'efficience de l'industrie allemande
Pourquoi ne pas comparer le secteur grec du tourisme à l'industrie automobile allemande dont la production a doublé ces 15% dernières années grâce à des gains importants en productivité ? Selon l'OCDE, la valeur créé par heure en Allemagne a en effet augmenté de 40% sur cette même période. Les allemands ne doivent donc pas leur belle croissance de ces dernières années à un sens moral aigu ou à leur frugalité exemplaire. Le citoyen allemand n'est pas supérieur, ni plus intelligent, que le grec ou que l'italien. C'est tout simplement l'efficience et la productivité de son industrie qui sécrète cette croissance allemande, tandis que la productivité d'une économie édifiée sur le secteur du tourisme peine logiquement à rattraper et à se mesurer à une activité économique -comme celle de l'Allemagne- très sensible aux innovations et aux rationalisations technologiques.
Les grecs ne sont pas paresseux
Les économies allemande et grecque (pour ne citer que ce pays) produisent donc différentes sortes de produits et de services. Alors que l'industrie allemande évolue au gré des percées et des inventions, la qualité du tourisme grec exige aujourd'hui un nombre d'heures travaillées identiques à il y a 25 ans. Contrairement à ce que pensent les allemands et les autres peuples du Nord de l'Europe qui se qualifient fièrement de « fourmis », les grecs ne sont pas paresseux. Et les déboires européens n'émanent pas d'une confrontation entre des allemands qui seraient moralement irréprochables à des grecs (à des italiens, à des portugais, etc.) qui se complairaient à vivre dans le péché.

Dans "Trends Tendances" Belgique du 29 03 16 : De l'oxygène des terroristes à l'éloge de l'optimisme selon Warren Buffet

" J'ai déjà consacré une chronique aux effets économiques indirects des horribles attentats de Bruxelles. Donc aujourd'hui, je suis les conseils d'Olivier Berruyer en vous parlant plutôt de Warren Buffet.
   Olivier Berruyer, auteur d'un livre sur les origines de la crise, est un iconoclaste dans le bon sens du terme. Le succès de son livre l'a d'ailleurs amené à ouvrir un blog très populaire et qui décrypte les fausses vérités.
Aujourd'hui, Olivier Berruyer constate que la publicité est limitée à 9 minutes par heure, et il se demande s'il ne faudrait pas limiter le temps consacré au terrorisme à 1 minute par journal télévisé ? Pourquoi pense-t-il cela ? Parce que comme pas mal d'autres experts, il pense que les médias et l'attention sont de l'oxygène pour les terroristes ! En effet, de nombreux experts, dont Louise Richardson, auteure d'un livre intitulé "What Terrorists Want", estiment que les terroristes cherchent trois choses: la vengeance, la notoriété et la réaction. Peter Diamandis, un scientifique américain et l'un des plus grands gourous de la Sillicon Valley, est encore plus violent et pense même que les médias d'aujourd'hui sont... de la pornographie. Bien entendu et comme toujours, il faut nuancer et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Il faut tenir compte des fortes demandes d'information du public, et ne pas oublier non plus l'effet parfois pervers de la concurrence des réseaux sociaux.
La dernière lettre de Warren Buffet est un éloge remarquable à l'optimisme
A 86 ans, cet Américain à la tête d'une fortune de 70 milliards de dollars, et qui est le meilleur ami de Bill Gates, part en guerre contre les pessimistes. Vous me direz que c'est facile quand on est le 3e homme le plus riche du monde, mais ce n'est pas vrai, car Warren Buffet n'a pas changé de vie en dépit de sa fortune. Il habite toujours la même maison qu'il a achetée pour une croûte de pain, il y a plus de 30 ans, et à l'inverse de Donald Trump, il déteste le bling-bling et les dorures. Il vit toujours à Omaha, un trou perdu dans le Nebraska, et boit du cherry coke, pas du Cheval Blanc !
Et donc, cet homme âgé de 86 ans rédige chaque année une lettre aux actionnaires de sa société. Les investisseurs du monde entier se l'arrachent, car elle est bourrée de bon sens, de bons mots et surtout, d'une vision qui a fait la fortune de son auteur et de ceux qui ont suivi ses conseils. La dernière lettre de Warren Buffet, que vous pouvez d'ailleurs trouver sur le Net, est un éloge remarquable à l'optimisme.
Alors que tous les candidats à la présidence américaine disent que leur pays est en déclin, qu'il est menacé de toute part, ce vieux sage leur dit qu'ils ont tort. A ceux qui pensent que leurs enfants vivront moins bien qu'eux, il répète que la génération qui vient de naître est la plus chanceuse de toute l'histoire de l'humanité. Ne serait-ce parce qu'elle va bénéficier des bienfaits des nouvelles technologies qui vont lui faciliter la vie et la faire vivre nettement plus longtemps que nous, et en bonne santé. Il rappelle que ses voisins, issus de la classe moyenne de sa petite ville d'Omaha, malgré les difficultés, ont un standard de vie supérieur au milliardaire Rockeffeler à son époque. "Quand je suis né, écrit Warren Buffet, M. Rockeffeler avait certainement le pouvoir et la gloire, mais il ne pouvait pas vivre comme mes voisins vivent aujourd'hui".
Bien entendu, ses propos sont plus détaillés que ce que je viens de vous dire, mais moi j'adore. Voilà un homme comblé sur le plan financier, qui a 86 ans, et au lieu de nous tenir le discours du "tout fout le camp", ou encore "de mon temps, c'était pas comme ça", au lieu de cela, il tient le discours d'un jeune homme ultra optimiste qui croit dur comme fer dans le progrès. Même en Bourse, quand tout le monde vend, lui achète. Il a déjà expliqué avec l'humour qui le caractérise qu'en période de crise boursière, il se sentait comme un "obsédé sexuel au milieu d'un harem". Comme quoi la jeunesse n'est pas une question d'état civil, mais bien d'état d'esprit.

Michel Santi dans "La Tribune" du 21 03 16 Article intitulé : Il y a une vie après le capitalisme

" La gauche et la droite doivent comprendre que le capitalisme n'est plus productif. Il faut changer notre rapport au travail. Par
L'économie n'est plus une pourvoyeuse d'emplois ! Ce paradigme est désormais révolu car, à l'ère de la globalisation et de la financiarisation de nos économies, croissance ne rime plus avec travail honorable et correctement payé que pour une minorité. La crise des subprimes fut fondamentalement provoquée par des prêts massifs accordés aux ménages de la classe moyenne afin de leur donner l'illusion qu'ils pouvaient maintenir leur niveau de vie.
Plus de croissance stable
Depuis, nous avons compris qu'il n'est désormais plus possible de vivre sur l'illusion selon laquelle l'augmentation progressive de nos revenus nous autoriserait à vivre mieux que nos parents, et nos enfants mieux que nous. Depuis, nous nous sommes rendus compte que la classe moyenne -pilier de nos démocraties modernes- croulait sous les coups de boutoir de ces dettes illégitimes encouragées par les politiques pour maintenir la paix sociale et prodiguées par la finance pour gonfler ses profits. Le capitalisme, aujourd'hui, se fissure de toutes parts et n'est plus capable de produire une croissance stable, tout au plus des épisodes mortifères jalonnés d'implosions de bulles spéculatives.
Quelle alternative?
Il est donc plus que temps de lui trouver une alternative et, ce, d'autant plus que nos économies sont désormais de plus en plus construites sur l'échange gratuit de l'information, totalement incompatible avec le capitalisme classique dont la raison d'être est le profit et le moyen d'y parvenir la compétition. Il est donc urgent d'édifier une économie qui ne soit plus basée -ou que basée- sur le marché et sur le prix. Qui n'empêcherait pas ceux qui veulent travailler de le faire, mais qui épargnerait à un nombre de plus en plus important d'accomplir des tâches que de plus en plus de robots sont désormais capables de remplir. Cette valeur travail, profondément ancrée dans notre identité, doit désormais être désacralisée.
Une ère de collaboration entre les acteurs économiques?
Qu'il ne soit plus obligatoire d'accepter les tâches dégradantes. Que le volontariat soit ardemment promu. Que l'épanouissement personnel ne soit plus redevable au travail. Que l'insécurité matérielle soit enfin éradiquée. Que la robotisation profite à toutes et à tous, et pas qu'à un nombre infime. Que la gauche et que la droite comprennent que le capitalisme n'est plus productif. Qu'il n'est en fait carrément plus nécessaire de produire dans cette économie post-capitaliste qui est la nôtre, où l'argent a perdu sa centralité et où les biens comme les informations peuvent désormais être échangés.
Est-il naïf d'émettre le vœu que le capitalisme sauvage soit progressivement remplacé par une ère de collaboration entre les acteurs économiques ?

Commentaire : Je ne partage pas la globalité du propos car il est tu le fait que le capitalisme actuel se plante, pour l'instant, UNIQUEMENT parce qu'il est bâti sur l'amalgame cours de Bourse et prix réalisable par l'ensemble. Sur ce sujet voir www.agencedecotationihr.com

Dans "Trends Tendances" du 21 03 16 Article intitulé : Donner 1000 euros à chaque citoyen, l'idée controversée de la BCE

Ayant commenté un article de Romaric Godin sur ce sujet hier, je vous propose, si vous désirez avoir mon avis, de lire l'article commenté qui suit cette "Presse commentée".

Naturellement, dans l'article ci-dessous vous retrouverez la "pate" économique allemande. "Pate" économique qui relève du dogmatisme aveugle allemand. Comment des allemands ayant "plombés" en leur seule faveur l'Europe de la Paix peuvent-ils encore donner des leçons ?

" Et si la Banque centrale européenne distribuait de l'argent directement aux ménages pour faire repartir l'inflation ? Hérésie pour beaucoup, l'idée aussi connue sous la notion d'"hélicoptère monétaire" est perçue comme "très intéressante", par le président de la BCE, Mario Draghi. Il remet au goût du jour un vieux débat lancé par l'économiste américain Milton Friedman en 1969.
  En 1969, l'économiste américain Milton Friedman imaginait une méthode radicale pour lutter contre la déflation : un hélicoptère larguant depuis les airs des montagnes de billets sur les villes, afin de gonfler le portemonnaie des consommateurs et les inciter à dépenser plus, faisant ainsi remonter les prix. Ainsi était née la notion d'"helicopter money" ou "hélicoptère monétaire".
De plus en plus d'économistes réfléchissent à cette possibilité de verser de l'argent frais directement à chaque citoyen européen afin de relancer l'économie. L'économiste belge Paul De Grauw déclare au Nieuwsblad : "La baisse continue des taux n'a pas l'effet escompté. Si j'étais Mario Draghi, je prendrais cette mesure. Pour le moment, on essaie d'injecter de l'argent dans le système via les banques, mais elles sont trop conservatrices que pour que cet argent parvienne dans l'économie. Simplement donner de l'argent aux citoyens serait beaucoup plus efficace". Peter Praet, l'économiste en chef de la BCE est d'avis aussi que donner 1000 euros à chaque Européen serait bénéfique pour rebooster l'économie.
Peter Vanden Houte, économiste en chef chez ING, se montre enthousiaste, mais avec quelques réserves. "Cela permet de donner un coup de pouce à l'économie, mais il faut aussi bien sûr veiller à ce que cet argent ne soit pas thésaurisé", prévient-il. Parallèlement, il estime la mesure peu réaliste: "J'imagine mal que des pays comme l'Allemagne, la Finlande ou les Pays-Bas sautent à pieds joints dans cette politique. Ils pensent déjà que la BCE outrepasse son mandat".
"C'est un concept très intéressant (...), mais nous ne l'avons pas encore vraiment étudié", a déclaré de son côté, et contre toute attente Mario Draghi la semaine dernière en conférence de presse. Hétérodoxe et controversé, l'hélicoptère monétaire n'a encore jamais été utilisé à grande échelle dans l'histoire moderne.
Les propos de M. Draghi ont suffi à enflammer les spéculations autour de l'usage d'un tel outil, au moment où, partout, les doutes grandissent quant à l'efficacité des politiques monétaires pour faire grimper les prix.
'175 euros par mois par citoyen'
"L'hélicoptère monétaire fait actuellement l'objet d'intenses réflexions dans les milieux académiques et les banques centrales", estime pour sa part Marcel Fratzscher, président de l'institut économique allemand DIW. "Ce serait toutefois vraiment un instrument de dernier recours, si plus rien d'autre ne fonctionnait".
Prêts géants gratuits pour les banques, achats massifs de dettes sur les marchés via le programme "QE", taux au plus bas, la BCE, comme sa consoeur japonaise d'ailleurs, a multiplié les efforts ces deux dernières années pour tenter de faire remonter les prix.
En abreuvant les banques d'argent frais, la BCE espère stimuler l'octroi de prêts aux ménages et entreprises, et relancer la croissance. En Europe, le financement de l'économie passe presque exclusivement par le crédit bancaire.
Mais depuis trois ans, l'inflation est systématiquement sous la cible d'un taux "proche, mais inférieure à 2%", définition pour la BCE de la stabilité des prix. Lestés par l'effritement des cours du pétrole, les prix ont même reculé sur un mois en février.
L'octroi de prêts ne progressant que très lentement, une grande partie de l'argent déversée par la banque centrale reste coincée dans les tuyaux du circuit financier, sans parvenir aux consommateurs.
Le recours à l'hélicoptère monétaire permettrait de contourner les banques pour verser de l'argent directement dans la poche des ménages.
Si les sommes actuellement injectées par la BCE "étaient réparties entre tous les habitants de la zone euro, chaque citoyen pourrait recevoir jusqu'à 175 euros chaque mois", fait valoir le collectif "QE for people", un regroupement d'associations et d'économistes favorables à cette mesure.
Difficultés légales
En pratique, l'hélicoptère monétaire peut recouvrir d'innombrables formes : distribution de coupons aux citoyens à dépenser dans les magasins, programme d'investissement, ou baisse d'impôts, le tout financé par la banque centrale.
Michaël Malquarti, économiste de la banque helvétique SYZ, plaide quant à lui depuis plusieurs années pour que la Banque nationale suisse (BNS) puisse verser de l'argent directement aux citoyens via le système d'assurance-maladie du pays. "J'aimerais voir la Suisse comme une pionnière dans ce domaine. Cela pourrait faire tomber une barrière psychologique", déclare à l'AFP M. Malquarti.
Mais en zone euro, où cohabitent 19 Etats et systèmes fiscaux différents, la mise en oeuvre d'une telle mesure se heurte à d'importantes difficultés techniques, logistiques et éthiques. Sans parler des obstacles légaux : si rien n'empêche en principe la BCE de verser de l'argent aux citoyens, les traités européens lui interdisent en revanche formellement de financer directement les gouvernements.
"Jusqu'à présent, pour avoir de l'argent, il fallait normalement le gagner. Si la BCE se mettait à distribuer de l'argent sans contrepartie, cela constituerait un énorme bouleversement des habitudes économiques et mettrait l'économie de marché en danger", pointe également Jörg Krämer, économiste de Commerzbank.
Mais "si tout le reste échoue, le débat autour de l'hélicoptère monétaire va passer à l'étape supérieure", juge son collègue Christophe Rieger.
Pour Jonathan Loynes, économiste de Capital Economics, "la leçon des dernières années, c'est que des politiques qui semblaient inimaginables peuvent devenir réalité".
"L'hélicoptère monétaire" n'est "pas une manne qui tombe du ciel"
Le président de la Bundesbank allemande a mis en garde samedi contre l'hypothèse que la Banque centrale européenne (BCE) distribue de l'argent directement aux ménages pour faire repartir l'inflation, arguant que cette solution, surnommée "hélicoptère monétaire", "n'était pas une manne".
"L'hélicoptère monétaire n'est pas une manne qui tombe du ciel, au contraire elle ferait des trous gigantesques dans les bilans des banques centrales. Au final, les Etats de la zone Euro et les contribuables devraient supporter les coûts", a mis en garde Jens Weidmann, le gouverneur de la banque centrale allemande, dans un entretien aux journaux du groupe Funke Mediengruppe.
Donner de l'argent aux citoyens "est une décision hautement politique qui doit être prise par les gouvernements et les politiques", a-t-il encore estimé.
"Les banques centrales n'en ont pas le mandat, notamment parce que cela entraînerait une redistribution massive. Ca ne serait rien d'autre que le mélange de la politique monétaire et de la politique fiscale et ça ne serait pas compatible avec l'indépendance des banques centrales", a-t-il déclaré.
"En lieu et place d'expérimentations de politique monétaire téméraires, il serait intéressant de faire une pause", a-t-il estimé, jugeant que "la politique monétaire n'est pas la panacée".
"Elle ne remplace pas les réformes nécessaires dans les pays et ne résout pas les problèmes de la croissance en Europe", a estimé M. Weidmann, notoirement critique des politiques de soutien des prix et de l'économie mises en oeuvre par la BCE.

Romaric Godin dans "La Tribune" du 18 03 16 Article intitulé : La BCE prête à sortir son "monnaie hélicoptère"

" La BCE va-t-elle faire un chèque aux citoyens de la zone euro ? 
L'économiste en chef de la BCE, le Belge Peter Praet, l'a confirmé : l'usage de "l’hélicoptère", autrement dit de la création monétaire directe pour les agents économiques, est une arme dont dispose la BCE. Est-ce un moyen d'ancrer à tout prix les anticipations d'inflation ou est-ce une vraie possibilité ?
L'usage de l'« hélicoptère » monétaire, autrement dit du déversement massif de monnaie sur l'économie, va-t-elle devenir réalité en zone euro ? Cette vieille idée évoquée par Milton Friedman, le père du monétarisme, en 1948, va-t-elle être utilisée par l'institution de Francfort qui désespère de plus en plus de l'efficacité de son « assouplissement quantitatif » ?
La BCE évoque enfin la monnaie hélicoptère
La question est, en tout cas, clairement sur la table. Lors de sa conférence de presse du 10 mars, Mario Draghi avait jugé cette idée « intéressante », tout en affirmant que le Conseil des gouverneurs n'avait « pas encore étudié ce concept. » Les observateurs n'ont pas manqué de relever combien ce « pas encore » laissait de porte ouverte. Huit jours plus tard, dans une interview accordée au quotidien italien La Repubblica, l'économiste en chef de la BCE, membre du directoire, Peter Praet, est allé nettement plus loin en affirmant que la monnaie « hélicoptère » entrait dans la « boîte à outil » de la BCE. « Oui, toutes les banques centrales peuvent le faire », a confirmé l'économiste belge. Et de marteler : « Donc, quand nous disons que nous n'avons pas atteint les limites de nos outils, je pense que c'est vrai. » Le message est donc claire : l'hélicoptère monnaie est désormais une arme possible pour la BCE.
Qu'est-ce que la monnaie hélicoptère ?
Qu'est-ce que l'hélicoptère ? Milton Friedman l'a décrit au début de sa carrière, à l'époque où la crise déflationniste des années 1930 est encore dans les mémoires. Dans la logique monétariste, la banque centrale doit avoir recours à la distribution de liquidités (Friedman utilise alors l'image d'une distribution de billets par hélicoptère) pour mettre fin à un risque de spirale de baisse des prix. L'argent distribué vient gonfler la demande et relancer l'inflation.
La logique est bien celle du monétarisme : agir sur la masse monétaire pour agir sur les prix. On remarque aussi que ce concept se distingue de l'usage habituel de la planche à billets, qui sert souvent à combler un déficit chronique de l'Etat. Ici, l'Etat n'intervient pas, précisément pour éviter tout risque de spirale hyperinflationniste. En étant distribué aux agents économiques pour être dépensé, cet argent, au contraire, dispense l'Etat de s'endetter davantage et comble les déficits en venant grossir les revenus fiscaux.
La crédibilité de la BCE en jeu
Si la BCE ne peut plus faire l'impasse sur un tel instrument, c'est que, désormais, sa crédibilité est en jeu. L'institution de Mario Draghi semble être arrivée au bout de sa logique d'assouplissement quantitatif. Après un an de rachats d'actifs publics à hauteur de 60 milliards d'euros, l'inflation reste désespérément faible. Certes, cette faiblesse est tirée par les prix de l'énergie et des matières premières, mais l'inflation sous-jacente demeure également faible au regard des moyens mis sur la table. En février, les prix en zone euro ont reculé sur un an de 0,2 %. L'inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, alcools et tabacs) est passée de 1 % à 0,8 %. Résultat : les anticipations d'inflation sur les marchés se sont fortement dégradées, s'éloignant de l'objectif de la BCE. En clair : les marchés ne croient plus dans l'efficacité de la politique de la banque centrale. C'est donc bien la crédibilité de la BCE qui est en jeu.
Convaincre les marchés de la détermination de la BCE
Le 10 mars, Mario Draghi a donc frappé fort en augmentant le volume des rachats de 60 à 80 milliards d'euros mensuels, tandis que le taux de dépôt négatif a été alourdi de -0,3 % à -0,4 %. Un nouvel instrument, le TLTRO II, visant à inciter les banques à prêter à l'économie par une « récompense » sous forme de taux négatif, a été mise en place. Cet arsenal vise à convaincre les marchés de la détermination de la BCE. Mais il ne suffira pas. Ces annonces n'ont ainsi pas permis de peser sur l'euro qui, depuis le 10 mars, a progressé face au dollar. Dans un contexte où chaque banque centrale tente d'exporter sa déflation et où les fondamentaux de la zone euro, avec son excédent courant et son économie qui résiste dans le ralentissement mondial, l'euro peine à reculer. La BCE doit donc aller plus loin, du moins en parole, pour restaurer sa crédibilité.
Dans l'interview déjà citée à la Repubblica, Peter Praet affirme ainsi que le taux de dépôt négatif n'a pas atteint sa limite basse, il peut encore baisser. L'allusion à l'hélicoptère monnaie entre dans cette logique : impressionner et prévenir que l'on est prêt à tout, même à l'impensable.
Pas seulement une menace
Faut-il donc ne prendre ces paroles que pour des menaces vaines, qui ne se traduiront pas dans les faits ? Rien n'est moins sûr. La BCE a préparé de cette manière l'introduction des taux négatifs et de l'assouplissement quantitatif, par des allusions visant à impressionner le marché. Mais la réalité de l'inflation faible ne changeant pas, ces instruments sont devenus des « exigences » du marché, qu'il a fallu mettre en œuvre, au risque de provoquer, comme le 3 décembre dernier, des déceptions désastreuses de la part des investisseurs.
Bref, comme précédemment, la BCE pourrait bien être pris à son propre piège et se voir contrainte à monter dans l'hélicoptère par la force des événements. Ces déclarations ne peuvent donc pas être considérées comme de simples paroles en l'air.
Une mesure qui contourne les banques
En théorie, l'hélicoptère monnaie dispose de beaucoup d'avantages pour la BCE. Ce procédé permet de contourner un système bancaire système bancaire à qui a été donné tous les pouvoirs politicos/financiers et qui tient tellement les Etats dans ses mains que la BCE en est à envisager de distribuer de l'argent (argent dont on supprime la disponibilité en liquide pour les Peuples) pour contourner la réalité du détournement des pouvoirs financiers, politiques et autres en faveur des seules banques, qui demeure un des principaux obstacles à la transmission de la politique monétaire à l'économie réelle et qui a conduit à limiter l'impact de l'assouplissement quantitatif. Il permet aussi d'avoir moins recours aux taux négatifs dont l'usage est in fine périlleux. La monnaie distribuée directement aux consommateurs viendra naturellement gonfler la demande et exercer une pression inflationniste qui permettra un relèvement des anticipations d'inflation. Dès lors, un cercle vertueux peut se mettre en place : rassurées par les perspectives sur les prix et donc sur leur capacité à fixer leurs prix, les entreprises pourraient alors investir. La croissance se renforcera et les anticipations d'inflation également.

Une mesure légale en zone euro
L'autre avantage de l'hélicoptère monnaie, c'est qu'elle n'est pas expressément interdite par les traités européens, à la différence du financement monétaire des Etats. Or, on l'a vu, ce procédé a été mis en avant par Milton Friedman précisément parce qu'il épargne les budgets. En distribuant de l'argent, la BCE pourrait ainsi prétendre préserver même l'esprit des traités en incitant les Etats à réduire leurs déficits et même en les aidant à le faire.
C'est un élément important compte tenu de la levée de boucliers attendue en Allemagne en cas de recours à cette méthode, et notamment de la confusion qui pourrait naître d'une comparaison avec l'hyperinflation de la République Weimar où, en réalité, on avait connu un financement monétaire des dépenses publiques.
De la création monétaire pure
Pour la BCE, les vrais obstacles pourraient être ailleurs. D'abord, dans la couverture des pertes. Car cette monnaie émise n'est pas « couverte » par une contrepartie, à la différence des rachats d'actifs ou des prêts à long terme des banques. Certes, les rachats d'actifs peuvent entraîner des pertes liées au prix de rachat, qui seront couvertes par de la création monétaire ex nihilo, mais la logique de l'hélicoptère monnaie est différente.
Il s'agit en effet de la planche à billets pure, sans contrepartie dans le bilan de la banque centrale, qui entraîne une perte sèche pour la BCE. On notera que la BCE, pour la première fois, le 10 mars, a montré qu'elle était prête à s'engager dans cette voie avec le TLTRO II. Cela dit, Les banques qui auront emprunté de l'argent à la BCE et auront augmenté leur volant de prêts bénéficieront en effet d'un taux négatif, autrement dit d'une « prime » sous forme de remise d'une partie du capital emprunté. Cette prime est de la création monétaire sans contrepartie.
La question des pertes de la BCE
Cette perte peut être certes compensée par plusieurs moyens. D'abord, par les profits générés par ailleurs qui peuvent couvrir ces pertes. En 2014, ce bénéfice net était de près d'un milliard d'euros, mais il ne prend pas en compte l'effet des taux négatifs et du QE. Ensuite, parce qu'en cas de perte nette, la BCE peut, selon l'article 33-2 du traité de fonctionnement de l'UE, avoir recours à son fonds de réserve général (fin 2014, il était à 7,6 milliards d'euros) et, sur décision du conseil des gouverneurs, utiliser les revenus monétaires des banques centrales nationales. Ces « coussins » de sécurité paraissent cependant trop faibles pour irriguer une économie de 340 millions d'habitants. Il faudra donc sans doute une recapitalisation par les banques centrales nationales, donc par les Etats ou un maintien en bilan négatif, ce que ne prévoient pas les traités. Un choix « politique » qui risque d'être délicat à gérer.
Quelle forme pour l'hélicoptère ?
Deuxième problème majeur : la forme que devra prendre l'hélicoptère. Faut-il procéder à un simple crédit en une fois sur les comptes courants des citoyens d'une somme fixe en euros ? Dans ce cas, l'efficacité risque d'être réduite.
Pour plusieurs raisons. Une partie de cette somme pourrait en effet être épargnée ou placée dans des bulles spéculatives. Par ailleurs, la croissance européenne est, aujourd'hui, tirée par la consommation dopée par la baisse du prix de l'énergie. Est-il utile de « tout miser » sur cette seule consommation aujourd'hui au risque de voir ce moteur non seulement alimenter surtout les importations ? Et une fois cet effet terminé et l'inflation remontée, ne faut-il pas craindre une baisse des revenus et des dépenses des ménages ?
Dans ce cas, l'hélicoptère pourrait être un feu de paille bien moins utile, par exemple, qu'une hausse des salaires. Certes, comme le souligne l'économiste britannique Simon Wren-Lewis, toute hausse de la demande agira directement sur l'inflation, mais un simple hélicoptère risque de ne pas résoudre les plaies de la zone euro : la perte de revenu durable des salariés du sud de l'Europe et le sous-investissement, notamment.
Des mesures « ciblées » ?
Pour être efficace, la monnaie créée doit donc être maîtrisée. D'abord, en « dirigeant » cette monnaie vers la dépense et vers la dépense « utile ». Pour cela, il faut sans doute imaginer des aménagements géographiques (est-il raisonnable de soutenir la consommation allemande autant que celle de la Grèce, par exemple ?) ou sociaux (en distribuant selon les revenus), mais aussi techniques. On peut ainsi imaginer des « bons » ayant valeur monétaire, mais ne permettant d'acheter que certains biens « utiles » à l'investissement des entreprises européennes soient émis. On peut également, pour mieux « ancrer » les anticipations d'inflation, faire « durer » cette émission monétaire via des bons à péremption limitée qui seraient renouvelés à intervalle régulier et dans des proportions différentes.
Il existe donc des solutions pour améliorer la simple notion de monnaie hélicoptère lancée sans conditions imaginée par Milton Friedman. Evidemment, ces éléments nécessitent un travail technique complexe et il n'est pas certain que la BCE s'y attèle lorsque l'on a pu constater que le taux négatif à plusieurs niveaux en pratique en Suisse ou au Japon a été jugé trop « complexe » par la BCE pour la zone euro.
Une dépossession des Etats ?
La dernière difficulté est celle de la justification « politique » de cette création monétaire. En contournant les banques, la BCE contournerait également les gouvernements élus. Elle ferait en réalité un plan de relance sans l'accord des Etats. La banque centrale indépendante serait-elle alors toujours dans son rôle ? N'est-ce pas aux représentants des citoyens de déterminer quelles dépenses relèvent ou non de l'intérêt général ? N'est-ce pas au Conseil européen ou au parlement de construire un plan pour l'ensemble de l'Europe ?
La question se pose et pourrait faire monter une véritable fronde de certains gouvernements mécontents de se voir ainsi « déposséder » de leur pouvoir budgétaire par la BCE. Mais la zone euro dans sa version actuelle ne permet pas de vrai plan de relance vigoureux, ni au niveau des Etats, ni au niveau européen. La BCE s'adapte donc à cette donne, même si un plan de relance budgétaire pourrait être plus efficace que l'hélicoptère.
La question allemande relancée ?
Il n'est pas certain que cette vision soit néanmoins acceptée en Allemagne où cette mesure sera considérée comme un premier pas vers l'hyperinflation. Mario Draghi a déjà beaucoup fait reculer les Allemands. Sa critique outre-Rhin est féroce et, déjà, le Handelsblatt du 11 mars l'a figuré brûlant un billet de banque. Mais cette patience (au sens étymologique de ce qui fait souffrir) germanique est-elle bornée ? Et la monnaie hélicoptère sera-t-elle sa limite ? C'est désormais à cette question que l'Italien de la BCE doit répondre.

Commentaire : Le commentaire ci-dessous écrit le 19/03/2016 à 04:49: sera t-il accepté par "La Tribune"


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Christian PIRE  a écrit le 19/03/2016 à 04:49:
Vous écriviez avec justesse le 6 mars 2013 à propos de l'hélicoptère dans votre article intitulé : "Et si les banques centrales sortaient leur "hélicoptère" pour combattre la crise?" < Il s'agit en réalité de priver le système bancaire de sa capacité à créer de la monnaie et de transmettre cette capacité aux seules autorités monétaires> En fait l'hélicoptère n'est absolument pas une réponse mais est une "gesticulation" de dernier recours. Elle ne solutionne aucun problème à la base des déséquilibres. Pour ma part, si je ne doute pas des nombreux bienfaits de l'aspirine , il n'en demeure pas moins que ses actions sur les maladies graves ne sont que très limitées. Pourquoi ne part écrire sur le Fonds de Stabilisation Boursier qui, lui, est une réelle solution en s'attaquant à la base du problème de la création de richesse pour l'ensemble (sans endettement de l'Etat et sans hélicoptère pour contrer les banques, banques à qui l'on a donné TOUS le pouvoirs directement ou indirectement) par une correction et une mise à profit en faveur de la communauté et du désendettement de l'Etat des réelles possibilités offertes par le système de cotation boursier. Système qui dans sa seule version ne fait qu' engloutir l'ensemble des capitaux mis en circulation pour combattre le crise.

 

Dans "Trends Tendances" Belgique du 16 03 16 Article intitulé : Amazon encourage les mariages forcés entre entreprises'

"Loin des soubresauts de l'actualité, il y a en ce moment une petite bataille boursière qui se déroule de manière très discrète... Il s'agit de la bataille entre la Fnac et Conforama pour racheter la société Darty, que les Belges connaissent sous le nom de Vandenborre. Au départ, c'était uniquement la Fnac qui voulait s'offrir Darty, le roi de l'électroménager, et puis, sans crier gare, l'enseigne de meubles Conforama a aussi déclaré sa flamme pour Darty. Nous sommes donc pour le moment dans une guerre de surenchère pour savoir qui paiera le plus pour décrocher Darty.
Si j'en parle aujourd'hui, c'est pour vous dire que ces mariages entre sociétés sont en réalité des mariages forcés. Forcés par qui ? Par Amazon ! Des sociétés comme la FNAC ont souffert et souffrent encore de la concurrence d'Amazon pour la vente de produits culturels comme les CD, les DVD, mais aussi pour les produits électroménagers. Et Amazon n'est pas le seul concurrent. En Belgique, une société comme Cool Blue est également un rival dangereux pour le commerce en dur, le commerce physique.
La FNAC a répondu à cette concurrence en diversifiant son offre, par exemple en s'orientant vers des produits électroniques plus design, en introduisant la papeterie, en vendant des smartphones "nus", c'est-à-dire non liés à un abonnement avec un opérateur, ou encore en faisant un meilleur lien entre ses magasins physiques et son site de e-commerce. Cela se traduit par des vendeurs qui se promènent avec des tablettes, pas pour faire beau ou moderne, mais parce que les clients qui arrivent sont souvent surinformés. En équipant ses vendeurs de tablette, la FNAC permet donc à ses employés d'avoir accès en temps réel à toutes les fiches techniques des produits vendus par la FNAC. Et si le produit recherché par le client n'est pas en stock dans le magasin physique, le vendeur a beau jeu de le commander online.
Face au rouleau compresseur Amazon, beaucoup d'entreprises n'auront d'autre choix que de se marier... Et malheur aux célibataires !
Bien entendu, tout cela a redonné des couleurs à la FNAC qui a effacé ses pertes, mais cela ne suffit pas. En voulant se marier avec Darty, ce que cherche à faire la FNAC, c'est devenir suffisamment grand pour imposer ses prix dans les négociations avec ses fournisseurs. Sans compter qu'un mariage provoque des synergies synonymes de baisse des coûts.
Ce qu'il faut retenir de tout cela, c'est que face au rouleau compresseur d'Amazon, des tas d'enseignes spécialisées dans l'électroménager, les meubles, le jouet, le bricolage, le jardinage ou les vêtements n'auront d'autre choix que de se marier. Et la chasse aux fiancés sera terrible. Ceux qui resteront sur le carreau, célibataires donc, perdront leurs parts de marchés et risquent de disparaître face à Amazon. Voilà pourquoi la saison des mariages entre entreprises ne fait que commencer."

 

Dans "Trends Tendances" Belgique du 09 03 16 Article intitulé : 'Les entreprises devraient s'inspirer du succès de Donald Trump'

" L'irruption inattendue de Donald Trump dans la course à la présidence américaine est une formidable leçon pour les grandes entreprises du monde entier.
L'ascension de Donald Trump est une véritable disruption et elle explique, à elle seule, pourquoi de très nombreuses entreprises s'endorment parfois sur leur marché et n'arrivent pas à voir venir la concurrence ou une modification profonde de leur environnement économique !
Prenez le cas de Donald Trump. L'élite du parti républicain ne l'a pas vu venir. Et quand cette élite l'a enfin vu venir, c'était pour dire qu'il ne resterait pas longtemps dans la course... Mais voilà, non seulement Trump dure, mais il a de très fortes chances d'être le candidat de l'élite républicaine qui le déteste.
En fait, comme le fait remarquer très finement le consultant Philippe Silberzahn sur son blog, si Trump a pu émerger et s'installer solidement dans la course présidentielle, c'est à cause de l'aveuglement de l'élite politique américaine, et en particulier du parti républicain. Les élites de ce parti se sont trop focalisées sur les lubies religieuses et ultra-libérales de leurs très riches donateurs. Et elles ont oublié l'électeur moyen américain qui lui souffre encore de la mondialisation !
Donald Trump est au parti républicain ce que Uber est aux taxis
Trump a, lui, cassé les codes de la politique. Il dit aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre. Et comme le fait remarquer Philippe Silberzahn, il peut être à la fois contre la guerre en Irak et contre Wall Street. Comme il est riche, il n'a pas besoin de donateurs, il garde donc sa liberté de parole. En face, l'élite républicaine ne comprend plus rien. Pas par manque de volonté, mais parce qu'elle en est incapable à force d'aveuglement. Et c'est là où le parallèle avec le monde de l'entreprise est flagrant.
Prenez Nokia, voilà une entreprise qui était la championne du monde des téléphones mobiles. Pourtant, l'arrivée de l'iPhone en 2007 a été un véritable choc pour cette firme, même si toute l'industrie du téléphone savait depuis 2006 qu'Apple préparait un téléphone révolutionnaire. Or, la première réaction de Nokia a été de nier la menace, de penser que ce n'était qu'un gadget. En 2008, comme le fait encore remarquer le consultant Philippe Silberzahn, la direction de Nokia était capable de faire un briefing sans mentionner une seule fois le mot "iPhone" ! Résultat: Nokia a payé au prix fort son aveuglement. La preuve en est que Nokia a été vendue pour une bouchée de pain à Microsoft après que sa part de marché ait fondu comme neige au soleil...
Que ce soit pour le parti républicain ou pour une entreprise comme Nokia, le danger est l'aveuglement. J'ai parlé de Trump et de Nokia, mais j'aurai pu aussi dire que Donald Trump est au parti républicain ce que Uber est aux taxis bruxellois ou parisiens."

Michel Santi dans "La Tribune" du 07 03 16 Article intitulé : Le cauchemar social européen. La compétitivité allemande passe par l'affaiblissement des salaires au sud de l'Europe. Enfin, cela commence à être dit et écrit

" Quel modèle social européen? Y en a-t-il seulement un, quand les allemands sont plus que jamais obsédés par la compétitivité et par leur excédent commercial ? En réalité, la seule solution de Merkel et de Schauble pour concurrencer les pays émergents et en développement - et donc pour conserver à l'Allemagne ses parts de marché - consiste à écraser les travailleurs de l'Europe du Sud sous une pression fiscale intense combinée à l'érosion progressive de leurs revenus. L'allemagne a mis à genoux l'europe et a tué l'Europe de la Paix. Il faut virer ou mettre à genoux les politiques boches consistant à paupériser les Peuples. Où sont les politiques français, belges et autres ...... qui avec leurs grandes gueules vantaient la politique allemande et leur propre germanisme ? Il est évident que l'allemagne n'est pas la seule coupable puisque l'histoire se répétant nous avons retrouver les pays collabos dans la mise à mort des Peuples européens.
Seule l'austérité - et donc l'appauvrissement des nations en souffrance - permettra ainsi de relancer leur productivité, pour le plus grand bonheur du porte-monnaie allemand. Pour ce faire, et pour baisser le salaire relatif - c'est-à-dire la différence entre la valeur du bien produit et la valeur payée au salarié pour sa production -, il est impératif de baisser encore et toujours le niveau de vie des européens. Comment ne pas croire que tout cela pourrait mener à terme à la reprise des armes par les Peuples ? Toutes les gesticulations financières contre le cash et contre les armes ne sont-elles pas des mesures anticipatrices ? Nous sommes de nouveau en pré cycles de préparation de guerre. Voir article suivant.
Le diktat allemand
Nouveaumodèle social européen ? Non, plutôt diktat de la glaciale machine à exporter allemande qui - par technocratie européenne interposée - intervient désormais directement sur le niveau de nos salaires à la faveur de la surveillance de nos politiques budgétaires. Réformes structurelles, rigueur budgétaire, démantèlement progressif des acquis sociaux et du secteur public sont les cures d'amaigrissement imposées par une Allemagne qui semble enfin parvenir à ses fins puisque le chômage s'aggrave considérablement pour s'établir dans une fourchette allant entre 12 et 30% dans des pays comme l'Italie, l'Espagne ou la Grèce.
Enfin, le patronat pourra faire baisser les enchères car un chômage élevé supprime toute marge de manœuvre et de négociation aux salariés et aux travailleurs. Enfin, l'Allemagne peut savourer sa victoire car le chômage de masse et car le travail précaire sont les clés de l'amélioration de la sacro-saint productivité. Comprenez-le une fois pour toutes : l'appauvrissement de ses citoyens, et leur exploitation, sont la condition sine qua non pour maintenir la profitabilité du grand capital européen et pour conforter la technocratie bruxelloise lui étant assujettie." L'histoire montre que les camps de concentration économique se terminent toujours par des camps de concentration tout court et des gonflits armés.

Vous en doutez ?

Dans "Trends Tendances" Belgique du 07 03 16 Article intitulé : "Il se pourrait que nous soyons face aux signes avant-coureurs d'une tempête qui couve depuis longtemps"

" La Banque des règlements internationaux (BRI) est longuement revenue sur les secousses qui ont agité les marchés en début d'année dans son rapport trimestriel, publié dimanche, son chef économiste mettant en garde contre le problème inquiétant de la dette.
 
"L'année 2016 a commencé par l'une des pires vagues de liquidation jamais vues", a retracé Claudio Borio, le chef du département monétaire et économique de la BRI, une institution considérée comme la banque centrale des banques centrales, dans les commentaires accompagnant ce rapport.
Alors que les investisseurs venaient tout juste digérer le relèvement mi-décembre du taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine, les marchés ont dégringolé deux semaines plus tard face aux signes de ralentissement en Chine qui ont fait craindre une fragilité plus générale des économies émergentes.
Cette première phase de turbulences a été suivie par une seconde vague en février, "plus brève mais peut-être plus préoccupante", motivée cette fois par les inquiétudes sur la santé des banques. L'appréhension est encore montée d'un cran lorsque la banque du Japon a décidé à son tour d'imposer des taux négatifs.
A ses yeux, les indices permettant de comprendre ces turbulences ne sont pourtant "pas difficiles à trouver", l'explication se situant selon lui au niveau de la dette, un facteur qui permet d'appréhender "des évolutions apparemment sans rapport entre elles".
La dette, qui était à l'origine de la crise financière, a continué d'enfler, en particulier au niveau des entreprises des économies émergentes, qui avaient été le moteur de la croissance depuis la crise.
Or un cercle vicieux est en train de se former face à l'appréciation du dollar alors que nombre d'entre elles se sont endettées dans cette devise.
La dette permet également de comprendre pourquoi les prix du pétrole sont si bas. Malgré la baisse de la demande en Chine, les compagnies pétrolières sont contraintes de continuer de produire pour rembourser leur "énorme dette", pesant ainsi sur les cours.
"Il se pourrait que nous soyons face non pas à des coups de tonnerre isolés, mais aux signes avant-coureurs d'une tempête qui couve depuis longtemps", a-t-il estimé.

Or ces turbulences interviennent alors que les banques centrales ont été trop sollicitées. Malgré des conditions monétaires exceptionnellement accommodantes, la croissance est décevante et l'inflation reste obstinément faible.
Et pour la première fois, les investisseurs "semblent commencer à douter que les banques centrales aient des pouvoirs de guérison", a-t-il mis en gard
e.

 

Romaric Godin dans "La Tribune" du 23 02 16 Article intitulé : « La troïka n'est pour rien dans la croissance irlandaise »

" Aidan Regan, directeur de l'Institut européen de Dublin, explique pourquoi les politiques voulues par la troïka ne sont pas les vraies causes de la reprise irlandaise.
LA TRIBUNE - Vous avez publié au début de février un texte remarqué sur la vraie nature de la croissance irlandaise. Première caractéristique de cette croissance : l'inégalité qui l'accompagne.
AIDAN REGAN - Oui, la forte croissance de l'économie irlandaise est indéniable, mais tout le monde n'en profite pas, loin de là. Un chiffre suffit à s'en convaincre : 65 % des ménages irlandais gagnent moins de 50.000 euros par an. Ils demeurent très en colère aujourd'hui et, auprès d'eux, le discours du gouvernement sur la reprise de l'économie ne passe pas.
La croissance, selon vous, est concentrée sur les grandes multinationales de la technologie et de la pharmacie, et cela alimente encore les inégalités ?
Dans ces grandes multinationales, qui viennent s'installer en Irlande pour profiter du faible taux d'imposition des entreprises et de la flexibilité du marché du travail, les emplois créés sont des emplois très bien payés pour des personnes ayant un haut niveau de formation. Mais cela conduit à une divergence croissante dans la société irlandaise entre les personnes à haut niveau technologique et à hauts salaires et ceux à faible niveau technologique et à bas salaire.
Cette croissance ne profite, par ailleurs, que très partiellement aux Irlandais. Les emplois créés par les multinationales sont souvent, et c'est logique, des emplois pour des expatriés. Alors que ces entreprises créent des emplois à Dublin, les jeunes Irlandais, eux, continuent à émigrer.
Le miracle de l'emploi irlandais existe-t-il ?
Depuis 2012, le nombre de personnes employées a progressé de 135.000 personnes. Beaucoup ont trouvé un emploi dans l'industrie, les services à l'export ou la pharmacie. Mais il y a beaucoup d'emplois temporaires et précaires. Surtout, il existe encore 82.000 personnes employés dans le cadre d'emplois subventionnés par le gouvernement.
La croissance irlandaise n'est pas pour vous le fruit des « réformes structurelles » imposées par la troïka ?
La logique de la troïka était de dire qu'il fallait réaliser une politique d'offre, par des réformes structurelles, par des privatisations, par le désengagement de l'Etat. Ces mesures auraient dû ramener la croissance. Rien de tout cela n'a réellement été fait en Irlande. Si l'on observe réellement la politique qui a été menée, on constate que, si les dépenses et les investissements publics ont été réduits, le salaire minimum a été relevé et le marché du travail a été davantage régulé. On est allé en Irlande dans un sens contraire à ce qu'a proposé la troïka, et la forte croissance s'appuie sur la création d'emplois à salaires élevés. Bref, la reprise ne doit vraiment pas grand-chose à la troïka.
Vous insistez également sur l'importance de l'Etat dans l'attractivité irlandaise pour les multinationales...
C'est un élément clé de la réussite irlandaise. L'Etat joue un rôle déterminant dans la recherche des entreprises qui viennent s'installer en Irlande. Deux agences d'Etat, l'Enterprise Ireland et l'Industrial & Development Agency (IDA), ont joué un rôle décisif pour l'attractivité du pays, particulièrement en étant capable de repérer les tendances montantes et les entreprises clés de ces secteurs pour, ensuite, les aider à s'installer dans le pays. L'argent investi dans ces agences est de l'argent public fort bien dépensé. Ces deux agences, constituées de fonctionnaires, sont à l'origine des « clusters », ces ensembles d'entreprises regroupés par secteur, qui est une des clés du succès irlandais. Ils ont joué un rôle essentiel dans le modèle économique irlandais. Grâce à leur travail, l'Irlande a pu saisir les opportunités au fil de l'évolution des technologies, ce que d'autres pays, comme la Finlande, par exemple, n'ont pas su faire. Ce sont ces deux agences qui ont contribué à la reprise, parce que, grâce à elles, les secteurs dominés par les multinationales en Irlande ont traversé la crise sans vrai dommage.
Moins qu'une crise de compétitivité, la crise irlandaise était donc une crise bancaire, avant tout ?
C'était une crise bancaire, mais aussi la crise d'un modèle politique fondé sur les baisses d'impôts. Une fois la récession arrivée, le budget de l'Etat n'a pas été en mesure de faire face aux baisses des recettes fiscales et il a fallu relever fortement les taxes. Mais il ne faut pas s'y tromper : l'austérité budgétaire n'avait pour seul but que de maintenir l'Irlande dans la zone euro. Cela n'avait rien à voir avec le secteur privé et l'économie nationale.
L'Irlande est en pleine campagne électorale. Que vous inspire les programmes des différents partis ?
Ce qui est frappant, outre le discours du parti du Premier ministre sortant sur la reprise, c'est que les politiciens n'ont pas retenu la leçon des années d'avant la crise. Ils proposent toujours des baisses d'impôts, comme si l'Irlande pouvait vivre avec des impôts à l'américaine et des services publics à l'européenne. Je crois que les électeurs irlandais sont désormais prêts à comprendre qu'il faut payer davantage d'impôts pour financer des services publics dont le pays a réellement besoin. D'ailleurs, ces services publics font partie de la compétitivité du pays et sont essentiels pour que les multinationales et leurs employés demeurent à long terme dans le pays. Il est fâcheux que le Fine Gael [le parti conservateur du premier ministre, Ndlr] continue à privilégier ces baisses d'impôts pour plaire à son électorat aisé. Or, le manque d'investissement public est un danger pour l'économie irlandaise.

Michel Santi dans "La Tribune" du 23 02 16 Article intitulé : Hibernatus économique

" Pourquoi les repères sont-ils perdus ? Et pourquoi la droite et la gauche - de tous les pays occidentaux- semblent-elles appliquer la même politique économique, à quelques nuances cosmétiques près ? Où sont les clivages d'antan dans lesquels nous nous retrouvions - et pour lesquels nous nous affrontions - tous ? C'était la gauche qui défendait les dépenses publiques et les redistributions des richesses censées établir une société plus équitable. Pendant que la droite plaidait pour des finances publiques équilibrées afin de réduire l'intervention et le pouvoir de l'Etat à sa plus simple expression.
Quand la politique monétaire brouille volontairement les pistes
L'essentiel du débat et des déchirements était donc centré autour de la fiscalité jusqu'à ce que la politique monétaire - celle mise en place par les banques centrales - ne vienne brouiller les pistes et harmoniser les clivages traditionnels. Une école de pensée apparut et devait dominer les débats publics en gros dès l'arrivée au pouvoir de Reagan aux Etats-Unis et de Thatcher en Grande Bretagne qui, sous l'impulsion de Milton Friedman, unit progressivement sous sa bannière gauche et droite dont la vie fut quasiment du jour au lendemain facilitée. Ces deux bords irréconciliables furent en effet soulagés - et par la même occasion déresponsabilisés- par les enseignements de Friedman selon lesquels la politique de la banque centrale était bien plus déterminante pour l'activité économique et pour la croissance que la politique fiscale de leur État de tutelle. Comment a-t-on pu croire en cette farce aussi délirante qu'ubuesque .... tout comme on peut croire dans la farce actuelle des cours de Bourse ? Sommes-nous toujours nous aussi cons ou aussi corruptibles ?
Plus de choix de société, des réajustements techniques à effets SOCIOECOPOFI négatifs voire destructeurs
A même de relancer la croissance en réduisant le loyer de l'argent, la banque centrale pouvait donc mettre ses liquidités à disposition du marché qui en disposerait ainsi à bon escient et de manière optimale sur des marchés boursiers faussés volontairement par la norme comptable mark-to-market sous le silence des professionnels et surtout les cetifications des commissaiers aux comptes type celle du délateur Patrick Sellam. De fait, les années 1990 et le début des années 2000 furent des périodes de prospérité occidentales qui vinrent à l'appui de cette thèse monétariste. Quant aux krachs boursiers des années 2000 et 2007/2008, ils ne représentaient que des accidents de parcours provoqués par la lenteur de ces mêmes banques centrales à remonter le levier de leurs taux d'intérêt afin de contenir les bulles spéculatives du moment. Cette approche nouvelle réduisait donc l'ancien débat existentiel et passionné de la fiscalité - c'est-à-dire du choix de société - à des réajustements techniques et à leur moment opportun de la part de la banque centrale. Ceci est l'objet de la prochaine note de synthèse qui sera mise en ligne le 1er mars. La note suivante de début avril détaillera les réalités des cotations boursières et ses effets négatifs sur toute la chaine.
Le système financier définit le capitalisme
La question n'était donc absolument plus de savoir quel capitalisme voulait-on, mais plutôt quels leviers fallait-il activer et à quel moment afin d'assurer que le robinet des liquidités qui a confondu liquidité et trésorerie puisse en tout temps s'adapter aux besoins du marché. Du coup, la définition du capitalisme passait des mains des politiques à ceux de la banque centrale, et plus généralement du système financier. c-à-d des banques = fin des Etats libres Si ce n'est que notre monde se retrouve aujourd'hui dans une situation ubuesque où les banques centrales n'ont strictement plus aucun pouvoir car confrontées au plancher du taux 0. Tandis qu'il leur suffisait d'appuyer mécaniquement sur quelques boutons pour relancer la croissance et l'inflation en baissant des taux quand ils sont autour de 4 à 5%, elles en sont réduites actuellement à rendre leurs taux négatifs - c'est-à-dire à faire payer les prêteurs ! - pour tenter de lutter contre la déflation. Et le système n'est pas corrompus ?
Alors que nos économies entrent fermement et sûrement en période de glaciation, les banques centrales sont emmurées comme Hibernatus et dans l'impossibilité de réagir car à bout de munitions. C'est à peu près à ce moment que nos élus devraient intervenir pour ramener la politique - la vraie - au centre du débat démocratique.

 Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d'Art Trading & Finance.

Dans "Moneytalk" Belgique du 17 02 16 Article intitulé : Les intérêts négatifs illustrent l'impuissance des banques centrales

" Geert Van Herck, stratège en chef chez Keytrade Bank, considère les intérêts négatifs comme un signe d'impuissance des banquiers centraux. "La plupart des indicateurs économiques pointent vers le bas."
    Selon un rapport de la banque d'affaires J.P. Morgan, la Banque Centrale Européenne pourrait réduire ses taux jusque -4,5% afin de stimuler l'économie. Estimez-vous que ce soit un scénario réaliste ? Et pourquoi les épargnants ne retireraient pas massivement leur argent des banques si les intérêts sont négatifs?
Geert Van Herck: "Il est indubitable que les banques centrales recherchent fiévreusement de nouvelles mesures pour contrer la déflation et la crainte de récession menaçantes. C'est pourquoi un taux d'intérêt négatif de 4,5% n'est pas à exclure, mais pour ce qui me concerne, cela illustre uniquement l'impuissance des banques centrales à inverser la tendance économique. Malgré les injections massives de liquidités, l'économie mondiale semble se diriger vers une récession et les mesures des dernières années ont juste ralenti les problèmes.
Pour l'épargnant, ce n'est pas une bonne nouvelle: dans les pays scandinaves, il y a déjà des accises sur l'argent de l'épargne. Une raison essentielle de ne pas retirer l'argent est qu'il est en tous les cas en sécurité. Même si cette sécurité a désormais un prix. C'est faux car les banques peuvent le saisir. Il est évident qu'il nous faut garder voire convertir nos liquidités. Le système de maitrise totale de nos avoirs est liberticide. Sous couvert de lutte contre le blanchiment (qui n'est qu'une fumisterie), il a été mis en place un flicage à tous les niveaux. L'histoire a montré et démontré que lorsqu'il y a flicage cela se termine toujours mal.

Certainement en périodes de marchés volatiles."
L'économie allemande a connu une croissance de 0,3% au cours du quatrième trimestre. Le moteur de la zone euro peut-il continuer à fonctionner ainsi de manière imperturbablement stable ? Ou l'impact de toute l'inquiétude dans le monde se fera-t-il sentir tôt ou tard? Auparavant, c'était principalement les exportations qui maintenaient l'économie allemande à flot; aujourd'hui, c'est plutôt le consommateur. Ce glissement rend-il la croissance plus stable ou justement pas? Ce consommateur n'est-il pas plus sensible aux problèmes dans le reste du monde ?
Van Herck: "Nous ne sommes pas convaincus que la zone euro est un îlot de stabilité, alors que l'économie des pays émergents et des Etats-Unis tourne à un régime inférieur. A cet égard, les dernières publications de l'IFO, qui mesure la confiance des producteurs allemands, n'étaient d'ailleurs pas aussi manifestement positives pour l'économie allemande: les prévisions des dirigeants d'entreprises allemands ont reçu un fameux coup dans l'aile. Trop de focalisation sur le consommateur n'est pas à conseiller: les dépenses de consommation et le chômage sont plutôt des indicateurs a posteriori. Les indicateurs précurseurs comme la confiance des producteurs sont beaucoup plus importants pour la prévision de la conjoncture, et ces indicateurs des producteurs pointent tous vers le bas, ces derniers mois. Ce qui peut aussi avoir un impact sur la confiance des consommateurs dans les prochains trimestres."

Selon le ministre du Pétrole des Emirats Réunis, les membres de l'Opep, le cartel pétrolier, seraient maintenant tout de même prêts à conclure des accords au sujet d'une limitation de la production. Des quotas peuvent-ils rapidement mettre fin à la surproduction? Estimez-vous probable que l'Arabie Saoudite change tout de même son fusil d'épaule et ferme le robinet de pétrole? Qu'est-ce que cela signifierait pour le prix du pétrole ?
Van Herck: "Nous doutons que des quotas de production aient beaucoup d'impact sur l'évolution des prix du pétrole. Nous ne pouvons pas ignorer que toutes les matières premières cycliques (cuivre, minerai de fer, charbon ou pétrole) étaient fortement sous pression au cours des derniers trimestres. La surproduction y a aussi contribué, mais nous ne devons tout de même pas perdre de vue que les perspectives en baisse pour la croissance de l'économie mondiale ont joué un rôle tout aussi important dans cette évolution des prix. Un rétablissement des prix des matières premières est néanmoins très probable dans les prochains mois, en raison du sentiment très pessimiste sur le marché des matières premières C'est souvent le signe avant-coureur d'une reprise (temporaire ou non). Voir à cet égard aussi l'évolution des prix de l'or. Une décision de l'Arabie Saoudite de produire moins pourrait toutefois aider les prix du pétrole, mais pour augmenter de manière structurelle, de meilleures nouvelles économiques seront surtout nécessaires."

Dans "La Tribune" du 18 02 16 Article intitulé : La zone euro dégage un excédent commercial record

" La balance des paiements courants (échange de biens et de services) a été excédentaire à hauteur de 314 milliards d'euros en 2015, selon la BCE. L'Allemagne y contribue largement
Jamais la zone euro n'avait dégagé un tel excédent de sa balance des paiements courants (échange de biens et de services avec le reste du monde). En 2015, il a atteint 314 milliards d'euros, soit 3% du PIB de la zone euro. En 2014, l'excédent n'était "que" de 2,4% du PIB.
 "L'accroissement de l'excédent des transactions courantes s'explique essentiellement par une hausse de l'excédent sur les biens (de 251,5 milliards d'euros à 320,1 milliards)" explique la BCE. Plus concrètement, c'est l'Allemagne qui est largement à l'origine de cet excédent. Les exportations allemandes de biens hors zone euro ont atteint 761 milliards d'euros, en hausse de 5,6%, alors que les importations ont progressé moins vite (+3,5%), atteignant 521,5 milliards. D'où un excédent commercial allemand record  de 239,5 milliards d'euros avec le reste du monde, hors zone euro. Au total -y compris les services-  la balance courante allemande dégage un excédent proche de 8% du PIB! Bravo à l'allemagne qui a planté l'Europe.
Sanctions européennes
En théorie, au delà de 7% d'excédent, la commission européenne devrait sanctionner l'Allemagne pour déséquilibre. Mais aucune procédure n'a été ouverte...

 

Dans "Trends Tendances" Belgique du 18 02 16 Article intitulé : L'OCDE brosse un tableau pessimiste de l'économie mondiale

" L'OCDE a confirmé jeudi les craintes sur la santé de l'économie mondiale, en amputant ses prévisions de croissance pour la seconde fois en trois mois, "déçue" à la fois par le ralentissement des pays émergents et la "très modeste" reprise des économies avancées.
   L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) table désormais sur une croissance mondiale de 3% pour cette année, contre 3,3% en novembre dernier quand elle avait déjà amputé ses prévisions de 0,3%.
A l'image du FMI, qui a également revu à la baisse ses chiffres en janvier, l'organisation internationale basée à Paris, se basant sur de "récentes données décevantes" sur la croissance mondiale, craint les conséquences de la baisse du cours du pétrole et des matières premières, ainsi que celles du ralentissement de l'économie chinoise.

Le ralentissement est "généralisé" relève l'OCDE, soulignant qu'il n'y a pas vraiment de locomotive qui tire la croissance, comme ces dernières années quand la croissance des émergents pouvait compenser les ralentissements des pays développés.
"La croissance du PIB mondial ne devrait pas être supérieure cette année à celle de l'année dernière, qui était déjà la plus lente des cinq dernières années", a-t-elle prévenu dans la révision de ses prévisions économiques.
Pour 2017, elle abaisse également sa première prévision publiée il y a trois mois de 3,6 à 3,3%, ne s'attendant désormais qu'à un très léger rebond de la croissance.
"La croissance ralentit dans de nombreuses économies émergentes et la reprise est très modeste dans les économies avancées avec des prix bas qui dépriment les exportateurs de matières premières", constate l'OCDE, qui taille dans pratiquement toutes ses prévisions.
Elle ampute de 0,5% les prévisions de croissances pour les Etats-Unis à 2% et pour l'Allemagne qui recule à 1,3%. La France reste pratiquement stable (-0,1%) à 1,2%, soit un niveau inférieur au 1,5% de croissance attendue par le gouvernement.
Si les prévisions pour la Chine restent sans changement à 6,5% et celles de l'Inde gagnent même 0,1% à 7,4%, le Brésil est le pays le plus sévèrement dégradé par l'OCDE, qui prévoit désormais une récession atteignant -4% en 2015, contre -1,2% il y a trois mois.

Instabilité financière
Commentant les très fortes baisses des marchés financiers depuis le début de l'année, l'institution basée à Paris alerte également sur des "risques substantiels d'instabilité financière" et prévient que certaines économies émergentes "sont particulièrement vulnérables à des mouvements aigus des taux de change et aux effets d'une forte dette domestique" libellée en dollars.
"L'augmentation rapide de la dette privée dans les pays émergents et le niveau relativement élevé d'endettement à des niveaux historiques constituent un risque clef dans de nombreuses économies émergentes, notamment la Chine", prévoit l'organisation qui regroupe les économies développées et les principales émergentes.
A quelques jours d'une réunion des ministres des Finances du G20 à Shanghai, l'OCDE plaide pour "une réponse politique collective plus forte afin de renforcer la demande", constatant que "la politique budgétaire est aujourd'hui restrictive dans la plupart des grandes économies" et que la politique monétaire menée par les banques centrales atteint ses limites pour relancer la croissance.
"Les Etats peuvent actuellement emprunter à long terme à des taux d'intérêts très bas", souligne l'organisation, constatant que de nombreux pays ont aujourd'hui de la marge pour renforcer la demande à travers de la politique budgétaire".
"Un engagement à augmenter collectivement l'investissement public donnerait une impulsion à la demande tout en restant sur un rythme budgétaire soutenable", assure-t-elle.

Enfin, elle s'inquiète de la situation en Europe et appelle les pays membres à "parler d'une seule voix afin de promouvoir l'unité et la croissance", citant notamment les divergences surgies lors de la crise des migrants, "les menaces extérieures à la sécurité, l'impopularité des mesures d'austérité et les forces centrifuges dans un certain nombre de pays", dans une allusion implicite à des cas comme la Catalogne.
"Ces incertitudes politiques risquent de ralentir encore plus les investissements et pourraient conduire à des conditions financières plus difficiles", explique l'organisation."

Dans "Moneytalk" Belgique du 17 02 16 Article intitulé : Les intérêts négatifs illustrent l'impuissance des banques centrales

" Geert Van Herck, stratège en chef chez Keytrade Bank, considère les intérêts négatifs comme un signe d'impuissance des banquiers centraux. "La plupart des indicateurs économiques pointent vers le bas."
    Selon un rapport de la banque d'affaires J.P. Morgan, la Banque Centrale Européenne pourrait réduire ses taux jusque -4,5% afin de stimuler l'économie. Estimez-vous que ce soit un scénario réaliste ? Et pourquoi les épargnants ne retireraient pas massivement leur argent des banques si les intérêts sont négatifs?
Geert Van Herck: "Il est indubitable que les banques centrales recherchent fiévreusement de nouvelles mesures pour contrer la déflation et la crainte de récession menaçantes. C'est pourquoi un taux d'intérêt négatif de 4,5% n'est pas à exclure, mais pour ce qui me concerne, cela illustre uniquement l'impuissance des banques centrales à inverser la tendance économique. Malgré les injections massives de liquidités, l'économie mondiale semble se diriger vers une récession et les mesures des dernières années ont juste ralenti les problèmes.
Pour l'épargnant, ce n'est pas une bonne nouvelle: dans les pays scandinaves, il y a déjà des accises sur l'argent de l'épargne. Une raison essentielle de ne pas retirer l'argent est qu'il est en tous les cas en sécurité. Même si cette sécurité a désormais un prix. C'est faux car les banques peuvent le saisir. Il est évident qu'il nous faut garder voire convertir nos liquidités. Le système de maitrise totale de nos avoirs est liberticide. Sous couvert de lutte contre le blanchiment (qui n'est qu'une fumisterie), il a été mis en place un flicage à tous les niveaux. L'histoire a montré et démontré que lorsqu'il y a flicage cela se termine toujours mal.

Certainement en périodes de marchés volatiles."
L'économie allemande a connu une croissance de 0,3% au cours du quatrième trimestre. Le moteur de la zone euro peut-il continuer à fonctionner ainsi de manière imperturbablement stable ? Ou l'impact de toute l'inquiétude dans le monde se fera-t-il sentir tôt ou tard? Auparavant, c'était principalement les exportations qui maintenaient l'économie allemande à flot; aujourd'hui, c'est plutôt le consommateur. Ce glissement rend-il la croissance plus stable ou justement pas? Ce consommateur n'est-il pas plus sensible aux problèmes dans le reste du monde ?
Van Herck: "Nous ne sommes pas convaincus que la zone euro est un îlot de stabilité, alors que l'économie des pays émergents et des Etats-Unis tourne à un régime inférieur. A cet égard, les dernières publications de l'IFO, qui mesure la confiance des producteurs allemands, n'étaient d'ailleurs pas aussi manifestement positives pour l'économie allemande: les prévisions des dirigeants d'entreprises allemands ont reçu un fameux coup dans l'aile. Trop de focalisation sur le consommateur n'est pas à conseiller: les dépenses de consommation et le chômage sont plutôt des indicateurs a posteriori. Les indicateurs précurseurs comme la confiance des producteurs sont beaucoup plus importants pour la prévision de la conjoncture, et ces indicateurs des producteurs pointent tous vers le bas, ces derniers mois. Ce qui peut aussi avoir un impact sur la confiance des consommateurs dans les prochains trimestres."

Selon le ministre du Pétrole des Emirats Réunis, les membres de l'Opep, le cartel pétrolier, seraient maintenant tout de même prêts à conclure des accords au sujet d'une limitation de la production. Des quotas peuvent-ils rapidement mettre fin à la surproduction? Estimez-vous probable que l'Arabie Saoudite change tout de même son fusil d'épaule et ferme le robinet de pétrole? Qu'est-ce que cela signifierait pour le prix du pétrole ?
Van Herck: "Nous doutons que des quotas de production aient beaucoup d'impact sur l'évolution des prix du pétrole. Nous ne pouvons pas ignorer que toutes les matières premières cycliques (cuivre, minerai de fer, charbon ou pétrole) étaient fortement sous pression au cours des derniers trimestres. La surproduction y a aussi contribué, mais nous ne devons tout de même pas perdre de vue que les perspectives en baisse pour la croissance de l'économie mondiale ont joué un rôle tout aussi important dans cette évolution des prix. Un rétablissement des prix des matières premières est néanmoins très probable dans les prochains mois, en raison du sentiment très pessimiste sur le marché des matières premières C'est souvent le signe avant-coureur d'une reprise (temporaire ou non). Voir à cet égard aussi l'évolution des prix de l'or. Une décision de l'Arabie Saoudite de produire moins pourrait toutefois aider les prix du pétrole, mais pour augmenter de manière structurelle, de meilleures nouvelles économiques seront surtout nécessaires.

Dans "La Tribune" du 18 02 16 Article intitulé : La zone euro dégage un excédent commercial record

" La balance des paiements courants (échange de biens et de services) a été excédentaire à hauteur de 314 milliards d'euros en 2015, selon la BCE. L'Allemagne y contribue largement
Jamais la zone euro n'avait dégagé un tel excédent de sa balance des paiements courants (échange de biens et de services avec le reste du monde). En 2015, il a atteint 314 milliards d'euros, soit 3% du PIB de la zone euro. En 2014, l'excédent n'était "que" de 2,4% du PIB.
 "L'accroissement de l'excédent des transactions courantes s'explique essentiellement par une hausse de l'excédent sur les biens (de 251,5 milliards d'euros à 320,1 milliards)" explique la BCE. Plus concrètement, c'est l'Allemagne qui est largement à l'origine de cet excédent. Les exportations allemandes de biens hors zone euro ont atteint 761 milliards d'euros, en hausse de 5,6%, alors que les importations ont progressé moins vite (+3,5%), atteignant 521,5 milliards. D'où un excédent commercial allemand record  de 239,5 milliards d'euros avec le reste du monde, hors zone euro. Au total -y compris les services-  la balance courante allemande dégage un excédent proche de 8% du PIB! Bravo à l'allemagne qui a planté l'Europe.
Sanctions européennes
En théorie, au delà de 7% d'excédent, la commission européenne devrait sanctionner l'Allemagne pour déséquilibre. Mais aucune procédure n'a été ouverte...

Michel Santi dans "La Tribune" du 16 février 2016 : Quand les taux d'intérêt négatifs ébranlent notre tissu économique

" Les taux d'intérêt négatifs jouent négativement sur le secteur financier. C'est pourtant la seule arme de politique économique disponible, gauche et droite s'entendant pour refuser une politique de relance budgétaire. Alors que celle-ci serait à l'évidence la solution. Par Michel Santi, économisteLes taux négatifs ne semblent pas compatibles avec notre système bancaire actuel. Les établissements bancaires ayant effectivement le plus grand mal à faire des bénéfices dans un environnement de taux d'intérêt négatifs, c'est donc l'ensemble de notre tissu économique qui se retrouve ébranlé alors que notre monde s'enfonce jour après jour davantage dans ce paradigme nouveau de taux crevant un plancher jadis réputé infranchissable. Et pour cause car les taux négatifs sont en fait une taxe prélevée sur les banques qui doivent s'en acquitter dès lors qu'elles placent leurs liquidités auprès de leur banque centrale. Comme pour des motifs évidents, les banques ne peuvent répercuter l'ensemble de cette taxation sur leurs clients, elles doivent donc se résoudre à encaisser une perte sévèrement sanctionnée ces dernières semaines par les marchés financiers.

La seule et unique arme contre la déflation Pour autant, l'instauration de taux d'intérêt négatifs (défendus et invoqués maintes fois par moi au fil de multiples articles) est la seule et unique arme encore à disposition de nos banques centrales pour lutter contre la paralysie économique induite par la déflation. Les taux négatifs étant la seule réponse à la crise en matière de politique monétaire, la relation de cause à effets semble évidente entre austérité et taux négatifs. Nos politiques comptent intégralement sur des banques centrales à bout de souffle pour relancer nos économies car ils n'ont eux-mêmes pas le cran - ou plus le pouvoir ? comment n'auraient-ils pas le pouvoir ? Lobbyisés, corrompus...en fait c'est la même chose et c'est l'évidence connue et reconnue- d'instaurer des politiques publiques à même de soutenir l'activité économique.

La gauche et la droite contre les déficits les mêmes lobbies auraient-ils payés ou promis des postes aux signataires et/ou à leurs amis ou famille ? La gauche et la droite étant désormais unies dans un même combat aberrant contre les déficits, les gouvernements divers et variés qui se succèdent se défilent de leurs responsabilités en refusant de gérer la patate chaude de la croissance dans un contexte où les banques centrales parviennent désormais au bout de leur dynamique de création monétaire.

Nos brillants responsables politiques - qui excellent en déclarations d'intention creuses et stériles - devraient pourtant se rendre compte que le public n'a que faire de ces débats sur les taux d'intérêt négatifs qui ne concernent qu'une infime minorité de spécialistes quand les citoyens attendent d'authentiques mesures de relance de la dépense et de la demande agrégées. Le coût de cette austérité débile - jusque là payé par le citoyen - est dorénavant également assumé par le système bancaire par taux négatifs interposés. Travailleurs, épargnants, actionnaires, intermédiaires financiers : c'est toute la chaîne et c'est tous les acteurs économiques qui paient donc aujourd'hui le prix de cette folle rigueur budgétaire qui entame les profits des institutions bancaires après avoir paralysé la consommation. L'allemagne a gagné et ses collabos ont perdu. L'histoire se répète.

Pourquoi défendre l'austérité? Et pourtant, la dénonciation de l'austérité reste très mal perçue par les médias comme par les gens de pouvoir, les rares économistes (comme votre serviteur) stigmatisant cette politique autodestructrice étant par ailleurs qualifiés de dangereux gauchistes... Ouf, je ne suis pas le seul Question aux confins de la philosophe en réalité, car pourquoi diable les gens, les banquiers, les consommateurs et les politiques s'obstinent-ils à combattre une politique expansionniste qui aurait pourtant 100% d'effets bénéfiques sur leur propre activité et accessoirement pour l'économie ? Pourquoi laisse-t-on à l'extrême gauche le monopole de la dénonciation de politiques austéritaires qui s'avèrent pourtant létales pour toutes et pour tous ?

Charles Sannat dans "Economie matin" du 11 février 2016 : Mon conseil : ayez de la mémoire !

" Je suis franchement sidéré par ce que je vois et ce que j’entends… Vous pourrez découvrir dans cette édition un article où le gouverneur de la Banque de France qui n’est autre que l’ancien patron de la BNP Paribas, explique qu’il « n’est pas inquiet pour les banques françaises » ! En fait, la politique française étant la politique des banques, il est totalement logique de retrouver les uns chez les autres.
Avez-vous remarqué à quel point il faut comprendre toujours l’inverse de ce qui est dit ? Le ministère de l emploi s’occupe au mieux du chômage ! Plus on vous parle de sécurité moins il y en a. Si vous faites appel à votre mémoire, Nicolas Sarkozy alors Président disait dans un discours à Toulon que les Français n’avaient « rien à craindre pour leur épargne à la banque »… c’était il y a longtemps ! Au tout début de cette grande crise et pourtant aujourd’hui alors que la situation s’aggrave à nouveau , on nous ressort les mêmes propos lénifiants et totalement faux.
Prudence donc dans les informations que vous « recevez » et surtout, un petit conseil, faites preuve de mémoire. Souvenez-vous. Quand vous ne vous souvenez pas ? Posez la question à Google, il a une excellente mémoire !!! Tout recommence, avec la même communication qu’en 2007!
Bref, l’information importante du jour c’est Janet Yellen la cheftaine scout de la FED la Banque centrale américaine.
Comme vous le savez, si vous suivez avec moi les aventures de notre petit monde économique, la FED devait monter les taux car c’est le plein emploi, la croissance « et toussa et toussa ». J’ai toujours soutenu (et nous ne sommes pas très nombreux c’est le moins que l’on puisse dire) que la FED ne pourrait pas initier un mouvement réel de hausse des taux d’intérêt sans casser définitivement le peu de reprise économique. Faire l’inverse réellement c’était créer volontairement les conditions d’un effondrement que les mêmes banques centrales ont tout fait pour éviter ces dernières années.
Bref, le problème de la Banque centrale américaine est de recréer un peu de rendement sans tuer l’économie, mais en période déflationniste c’est totalement illusoire ce que sait très bien la FED. Il s’agit simplement de faire croire à l’illusion d’une normalité monétaire alors qu’il n’y a pas de normalité monétaire. Nous sommes dans une économie casino où les faux monnayeurs impriment tant et plus.
Ce qui devait donc arriver arrive encore plus vite que prévu…
Comme nous l’apprend l’AFP « la présidente de la Banque centrale américaine (Fed) Janet Yellen a redit mercredi qu’elle s’attendait à une hausse graduelle des taux d’intérêt aux Etats-Unis mais s’est montrée inquiète de l’impact du ralentissement de l’économie mondiale.
Les développements économiques à l’étranger “comportent des risques pour la croissance américaine”.
Mme Yellen a notamment signalé “les incertitudes sur la politique de change” en Chine qui accroissent “la volatilité sur les marchés financiers”.
La patronne de la banque centrale juge aussi que si elles continuaient, les conditions financières moins favorables aux Etats-Unis — que ce soient le déclin des actions en bourse ou une nouvelle appréciation du dollar — , peuvent “peser sur l’activité et le marché du travail”. »
Autant dire que la patronne de la FED a listé presque toutes les difficultés de l’économie mondiale (en omettant sciemment les difficultés propres à l’économie américaine) pour conclure que les hausses de taux sont encore possibles mais sont moins probables…
« le Comité prévoit que les conditions économiques vont évoluer de telle façon que seulement une hausse graduelle des taux sera requise, redit-elle. Mais la politique monétaire n’est en aucun cas sur une trajectoire prédéterminée, a-t-elle ajouté »….
C’est donc encore une fois, dans ce monde de fous, cette simple petite phrase attendue et prononcée comme les « marchés » le souhaitaient qui aura permis d’enrayer la chute importante de ces derniers jours.
L’inflexion de la politique de remontée des taux ?
Ce n’est évidemment pas encore totalement acté et encore moins officiel, néanmoins, il est évident que les propos de la FED ne semblent pas pousse-au-crime.
Je maintiens qu’il est impossible à la FED d’augmenter les taux alors que la dette US est monstrueuse, que tous les acteurs économiques empruntent à taux variables, et que le dollar s’apprécie déjà fortement ce qui est en soi une forme d’augmentation indirecte des taux dans la mesure où cela provoque le même effet de ralentissement économique et qu’il faut être un grand malade pour vouloir ralentir une économie qui tourne déjà vraiment au ralenti !!! C’est la panne garantie !
La Fed sera donc au bout du compte obligé de réenclencher de plus belle la planche à billets et pour le moment c’est exactement ce que nous indiquent les cours de l’or.
En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !
Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae

Pierre-Henri Thomas dans "Trends Tendances" Belgique du 11 février 2016 : Préparez-vous aux taux négatifs

" Avec le Japon qui y est passé récemment, un quart de l'économie mondiale vit désormais avec des taux négatifs. Cela réjouit les emprunteurs. Mais cette situation crée des déséquilibres inquiétants et rend la tâche de l'épargnant de plus en plus difficile.
   Vous êtes locataire. Et votre propriétaire, plutôt que de vous demander un loyer, vous paie pour que vous occupiez son bien. Il est fou, direz-vous. Pourtant, cette aberration existe depuis quatre ans nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI sur les marchés financiers. Depuis 2012, dans nos pays, les taux d'intérêt sont entrés en territoires négatifs. Les clients d'une petite banque suisse paient depuis le premier janvier 0,125 % par an pour pouvoir y déposer de l'argent. Au Danemark, les entreprises paient un maximum d'impôts à l'avance pour éviter d'avoir trop de dépôts. Et certains Danois qui avaient un crédit immobilier à taux variable reçoivent désormais de l'argent de leur banque...
Un quart de l'économie mondiale vit désormais sous le régime des taux négatifs. Ces derniers sont apparus en zone euro en 2012, quand les investisseurs ont craint que l'euro n'éclate. La Banque centrale européenne a commencé à les adopter elle-même en juin 2014, en infligeant un taux négatif aux banques commerciales venant déposer leurs excédents chez elle. Une ponction de 0,10 %, puis 0,20 % et qui est passée à 0,30 % en décembre. Voici quelques jours, la Banque du Japon est elle aussi passée en territoire négatif. Le Danemark, la Suède et la Suisse font également partie du club. Non seulement les taux de dépôt de liquidités en banque centrale dans ces pays sont négatifs, mais les taux longs, ceux du marché obligataire, le sont aussi : désormais, l'équivalent de 5.500 milliards de dollars d'obligations d'Etat supportent un taux négatif. Parmi elles, nos OLO belges, jusqu'à une maturité de cinq ans. Et ce n'est pas fini. L'idée germe aussi aux Etats-Unis. Voici quelques jours, la Réserve fédérale américaine (Fed) a indiqué que les prochains stress tests qu'elle fera passer aux grandes banques du pays comprendront un scénario de taux négatifs... Willem Buiter, le chief economist de Citigroup, estime que "la prochaine fois que la Fed devra intervenir, elle utilisera aussi des taux négatifs. Elle n'aura pas trop le choix."

Et dans l'article de Christine Lejoux dans "La Tribune" du 12 février 2016 : Les banques s’efforcent de rassurer les marchés

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/les-banques-s-efforcent-de-rassurer-les-marches-550396.html

Mon commentaire

Christian PIRE a écrit le 12/02/2016 à 6:38 :
En fait le système est malade du système de cotation et d’information boursière. Un exemple frappant avec la Société Générale sur deux jours.
Hier 10 février :
SOCIETE GENERALE est annoncé en baisse de -12.57 % en Variation Spéculative du Jour (CAC 40 actuel), baisse qui devient en Variation Humainement Responsable, avec la prise en compte de la faiblesse des volumes échangés en parfait respect du principe juridique d’égalité des porteurs de parts, une baisse de -0.2464 %. De -0.2464 % à -12.57 % = 50 en effet de levier comptable de destruction. Cherchez l'erreur ! Et pour le fun, seuls 14 373 128 titres ont été échangés (à différents cours) sur un flottant de 733 343 986 titres soit un volume de 1.96 % du flottant.
Et pourtant un jour avant :
Hier 9 février : SOCIETE GENERALE est annoncé en hausse de 8.99 % en Variation Spéculative du Jour (CAC 40 actuel), hausse qui devient en Variation Humainement Responsable, avec la prise en compte de la faiblesse des volumes échangés en parfait respect du principe juridique d’égalité des porteurs de parts, une hausse de 0.1051 %. De 0.1051 % à 8.99 % = 85 en effet de levier comptable de création. Cherchez l'erreur ! Et pour le fun, seuls 8 576 916 titres ont été échangés (à différents cours) sur un flottant de 733 343 986 titres soit un volume de 1.17 % du flottant.
Souvenez-vous dans ce même journal :
Michel Prada, ex-Président de COB, dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 : Article intitulé : Refonder l’évaluation financière pour restaurer la confiance « Les problèmes de valorisation sont au cœur des crises. Le sujet de l’évaluation financière échappe aujourd’hui à l’écran radar de la plupart des acteurs et des observateurs des marchés financiers. C’est là un véritable paradoxe au regard du rôle central joué par les problèmes de valorisation des actifs dans les dernières crises qui ont secoué non économies. L’incapacité des institutions financières à valoriser de façon précise et convaincante leurs actifs financiers complexes en l’absence de transactions sur le marché a en effet déclenché une crise de confiance sans précédent depuis 1929. L’heure est aujourd’hui à une refondation de l’évaluation financière, qui doit concerner tant les pratiques de place de la profession et sa déontologie. » 

Monsieur de Juvigny, Secrétaire général adjoint de l’AMF, le 6 décembre 2010 dans « La Tribune » va encore plus loin en précisant : « L’évaluation financière est si peu encadrée qu’elle fait presque figure d’anomalie dans l’univers réglementé de la finance. Mais avec l’essor du concept de « juste valeur », l’évaluation est apparue comme le maillon faible de l’information financière lors de la crise du « subprime », qui a mis en évidence la difficulté à cerner la valeur intrinsèque d’un actif en l’absence de transactions sur le marché. Avant d’ajouter que « L’AMF n’exclut pas la « possibilité de faire référence, à terme, aux standards de l’IVSC, mais « ne se prononce pas, à ce jour, en faveur de normes précises et contraignantes ».
Et pourtant :
Jean-Paul Gaudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française, dans « Confrontation Europe » de juillet/septembre 2010 : « Le concept de « fair value », la « juste valeur » sonne à priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier. Dès lors que les marchés deviennent illiquides, les évaluations ne font que refléter le pessimisme ou l’optimisme des rares participants, dont le comportement ressort alors de phénomènes de hordes, déclenchant de brutales variations de valeur des actifs, à la hausse comme à la baisse.  »

Souvenez-vous :

ARTICLE PARU DANS L'AGEFI SUISSE EN DATE DU 8 04 15

Que diriez-vous du BourseLeaks après HSBCLeaks et SwissLeaks ?

Stéphanie Villers dans "La Tribune" du 11 février 2016 : Quand les bulles éclatent...

" La chute des marchés ne sera pas sans conséquence sur l'économie réelle. Par Stéphanie Villers, économiste, Humanis
Trop c'est trop. C'est en filigrane ce que nous révèlent ces derniers jours les marchés financiers. On croyait qu'ils en voulaient davantage avec plus de liquidités et de plans d'assouplissement monétaire mais en fait, la dégringolade des bourses qui se poursuit depuis le début d'année nous montre que l'overdose est proche et que les marchés sont prêts à craquer. Les bulles se dégonflent.
Les marchés financiers font prendre l'eau à la croissance mondiale
Depuis quelques jours, toutes les raisons sont bonnes à prendre pour broyer du noir. Après la chute du pétrole, le ralentissement de la Chine et des Etats-Unis, maintenant voilà que les craintes se portent désormais sur les banques ou encore sur les valeurs technologiques. Vu des marchés, les fondations de la croissance mondiale lâchent de toutes parts. Les « esprits animaux » prennent le dessus et les investisseurs sombrent dans l'exagération et l'irrationnel.
Il est vrai que les banques se cherchent. Elles ont besoin de renouveler leur business model pour être en phase avec l'apport du numérique mais elles restent solides et dégagent de confortables résultats. De même, les startups, parties sur les chapeaux roues, nécessitent des ajustements mais leurs perspectives de croissance sont réelles.
En Chine, les autorités locales ont du mal à communiquer mais leurs objectifs de long terme sont clairement identifiés. La phase de transition menée afin de développer le secteur des services au détriment de l'industrie commence à porter ses fruits avec des pans de l'économie qui s'en trouvent déstabilisés. Mais pouvait-il en être autrement ? On n'abandonne pas un secteur au profit d'un autre sans dommage collatéral.
Des signes d'essoufflement aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, s'il est vrai que l'économie commence à montrer des signes d'essoufflement après six ans de croissance discontinue, reste que le potentiel au niveau du secteur des services demeure. De même, rappelons que les mesures prises par la Federal Reserve pour sortir le pays de la crise de 2008 ont fonctionné. Les trois Quantitative Easing lancés successivement entre 2008 et 2014 ont permis de relancer la machine économique. L'activité américaine est peu à peu repartie, le chômage a régressé. La confiance des ménages et des entreprises est venu en soutien de la croissance.
Le début de la fin annoncé par les marchés
Mais, si la déprime boursière se confirme, les marchés vont finalement avoir raison induisant des phénomènes auto-réalisateurs. Un éventuel krach boursier ne serait sans conséquence sur l'économie réelle. La contamination passera par les ménages américains. Lorsque les bourses vont plier, leur richesse diminueront et avec elle, leur envie d'y croire et de dépenser. Les deux tiers de la croissance américaine sont engendrées par les dépenses des ménages. Si les américains consomment moins, les chinois produiront encore moins et les effets de compression et de contagion se diffuseront par le commerce mondial.
La zone euro, « les promesses de l'aube » évanouies
La zone euro, à peine sortie la tête de l'eau, verra son économie sombrer de nouveau dans une croissance sans allant. Pourtant, le contre-choc pétrolier cumulé à la faiblesse de l'euro et les taux d'intérêt bas constituaient ensemble un contexte conjoncturel inédit et rarement égalé pour soutenir l'activité de l'économie européenne. 2016 devrait être l'année du rebond européen. L'investissement allait enfin sortir la tête de l'eau grâce à l'octroi de crédits facilité par le système bancaire.
Déjà, la BCE se félicitait du bien-fondé de sa politique monétaire non-conventionnelle lancé en mars 2015 et annonçait vouloir en faire davantage dès mars prochain. Mais, ce qui marche pour les uns, ne fonctionne pas forcément pour les autres. La conduite des actions de la BCE n'arrive plus à convaincre et les effets stimulants de sa politique sur les marchés boursiers se délitent.
Les marchés doutent
Les marchés ont fini, en effet, par douter de l'efficacité des quantitative easing qui risquent de se transformer peu à peu en pierre d'achoppement contre laquelle les indices boursiers vont invariablement buter. A la décharge des marchés, leurs craintes proviennent peut-être aussi de l'incapacité de la zone euro à se renouveler et à remettre à plat les modèles du passé pour envisager à l'unisson les voies de la croissance pour demain. A quoi, en effet, des liquidités supplémentaires serviraient-elles si les perspectives de développement ne sont pas au rendez-vous ?
Les marchés financiersont su miser sur le rebond de la croissance américaine depuis fin 2009 mais semblent aujourd'hui avoir du mal à envisager une réelle reprise en zone euro sans le soutien des Etats-Unis et de la Chine. Et même l'injection massive de liquidités n'arrive plus à stimuler l'enthousiasme. La capacité de la zone euro à prendre seul le relais de la croissance des deux premières puissances économiques qui s'essouffle semble peu probable.
Heureux qui comme les Etats-Unis ont connu les bienfaits de la croissance pendant plus de six ans. En zone euro, alors que la crise est venue d'outre-Atlantique, les perspectives restent conditionnées aujourd'hui à la capacité de la bourse américaine à ne pas sombrer trop rapidement dans le rouge. Les 10% de la population européenne au chômage qui pouvaient entrevoir un espoir de retour à l'emploi vont pour la plupart être empêchés par une croissance qui n'arrivera pas à renaître de ses cendres. Tel semble être le scenario économique que prévoient aujourd'hui les marchés financiers pour 2016.

Commentaire accepté par "La Tribune".

Christian PIRE a écrit le 11/02/2016 à 13:55 :
Si les marchés prévoyaient réellement le scenario décrit les volumes échangés seraient tellement à la hausse que l'AMF devrait encore débrancher le courant comme elle l'a déjà fait. Aveu lors d'une émission de Cash Investigation. Cette phase est normale dans le contexte actuel et annonce une forte hausse, forte hausse qui a échéance de quatre ans sera créatrice d'un environnement inverse. Je vous propose également d'intégrer l'effet comptable mark-to-market dans vos raisonnements qui fausse les cours à plus de 98% quotidiennement.

Christian PIRE a écrit le 11/02/2016 à 14:53 :
Mercid'avoir fait paraître mon propos inverse à la pensée générale.
Je propose à Madame Villers de s'intéresser au Fonds de Stabilisation Boursier. Où comment "soigner le mal par le mal" avant d'adapter les réglementations.

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Michel Santi dans "La Tribune" du 11 février 2016 : Wall street : comment achever la bête immonde ?

Quelle est la raison profonde - intime -des crises financières ? Comment sont provoqués les krach et pourquoi les bulles implosent-elles ? Toujours pour une simple et unique raison qui est que les paris irraisonnés et démesurés entrepris par le monde de la finance le sont avec de l'argent emprunté ! Le dernier épisode de crise grave - les subprimes - n'ayant à cet égard pas failli à cette règle élémentaire d'un secteur bancaire repu, toujours et éternellement préoccupé de majorer ses profits, mais qui finit par imploser sous le poids d'un levier contracté faramineux.
Culture de la dette et du risque à outrance
Culture de la dette et du risque à outrance est mise en pratique par plusieurs générations de banquiers considérant l'augmentation régulière de leur bonus année après année comme un fait acquis, voire naturel. Pour ce faire -gagner toujours plus-, c'est l'ensemble de cette corporation qui s'est retrouvée à la manœuvre pour développer comme à l'infini le bilan de leur banque-employeur et en récolter logiquement les fruits sonnants et trébuchants. Ainsi, Citigroup - qui avait mis un siècle à parvenir en 2001 à un bilan de 1'000 milliards de dollars- put-elle le doubler en six ans puisque celui-ci avait atteint la taille de 2'000 milliards en 2007, juste avant les subprimes.
La course globalisée au profit
Il faut nourrir la bête, donc, et tout le monde s'est mis à ce petit jeu fort lucratif, même les émergents et les nations en développement qui ressentent aujourd'hui rudement le choc des endettements tant privés que publics. C'est donc la course globalisée aux profits qui règne sur le monde depuis le démarrage de ce millénaire, mais à condition évidemment que ces bénéfices soient engrangés le plus rapidement possible.
Dans cette optique, il va de soi que les investissements à destination de l'économie réelle - rentables sur le moyen voire le long terme - sont totalement délaissés au profit de tous les instruments à même de cracher des profits sur le très court terme. Un tel paradigme - combinant l'endettement, le levier et la raréfaction des investissements productifs - a donc imposé la nécessité de politiques monétaires révolutionnaires - en tout cas inédites - dont l'objectif est de venir au secours d'une économie cruellement en manque de liquidités.
 La croissance hyperbolique du système financier
En effet, les baisses de taux quantitatives n'ont été lancées et amplifiées qu'à la faveur d'un constat sans appel, qui est que seule la création monétaire serait susceptible de tirer nos économies de la torpeur où les ont plongées et la déficience des investissements et la croissance hyperbolique d'un système financier parasitique. Et pour cause: tous ces artifices - qui appartenaient à l'arsenal théorique des banques centrales - étaient considérés avec une sorte d'effroi jusque là car suspectés d'attiser l'hyperinflation
Près de dix ans après la plus grosse crise financière depuis la Grande Dépression, après plusieurs trillions de dollars, d'euros, de yens et de yuans créés à partir du néant, nos banquiers centraux donneraient beaucoup pour obtenir un taux d'inflation de seulement 2% au sein de nos nations occidentales étouffées par une stagnation caractérisée - voire causée - par une absence morbide d'inflation.
Un lien rompu entre la masse monétaire et les prix
C'est en fait à un autre mal bien plus insidieux qu'elles sont désormais confrontées, celui-là même que le Japon tente désespérément de combattre sans succès depuis vingt ans : la déflation. Le lien de cause à effet entre la masse monétaire et les prix a effectivement été rompu à partir du moment où les banques ont cessé de prêter à l'économie pour se concentrer sur le casino planétaire qui leur permettait de multiplier des profits tout aussi virtuels que massifs. Voilà pourquoi les records des mois et des années précédents enregistrés sur les marchés boursiers étaient aberrants. Voilà également pourquoi ils appartiennent aujourd'hui à des temps révolus. Car on ne peut indéfiniment et impunément spéculer, jouer, se payer avec de l'argent fictif. Aujourd'hui, Wall Street rejoint enfin Main Street dans son infortune.

Commentaire ci-dessous accepté par "La Tribune". ICI

Christian PIRE  a écrit le 11/02/2016 à 15:23:
Si vous écrivez "un lien rompu entre la masse monétaire et le prix" il faut également écrire "un lien rompu entre le cours de Bourse et le prix". En effet, en extrapolant en dehors de toute logique le cours réalisé par une très faible minorité de titres à la fermeture de la Bourse comme seule référence de valorisation comptable et financière de tous les titres, il a été créé volontairement une volatilité quotidienne de plus de 98% aussi indue que nécessaire pour les spéculations sur produits dérivés et autres ignominies SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancière. A quand, une double information boursière donnant le cours actuel, qui en somme ne devrait intéresser que les vendeurs du jour, et un cours moins anxiogène ou moins euphorisant en appliquant le principe juridique d'égalité des porteurs de parts. Ce faisant la très grande partie de la volatilité aurait disparue et donc il y aurait baisse des possibilités de dérives de la spéculation débridée. Deux exemples concrets avec la plus forte et baisse du CAC 40 d'Hier 9 février : SOCIETE GENERALE est annoncé en hausse de 8.99 % en Variation Spéculative du Jour (CAC 40 actuel), hausse qui devient en Variation Humainement Responsable, avec la prise en compte de la faiblesse des volumes échangés en parfait respect du principe juridique d’égalité des porteurs de parts, une hausse de 0.1051 %. De 0.1051 % à 8.99 % = 85 en effet de levier comptable de création. Cherchez l'erreur ! Et pour le fun, seuls 8 576 916 titres ont été échangés (à différents cours) sur un flottant de 733 343 986 titres soit un volume de 1.17 % du flottant. TECHNIP est annoncé en baisse de -2.53 % en Variation Spéculative du Jour (CAC 40 actuel), baisse qui devient en Variation Humainement Responsable, avec la prise en compte de la faiblesse des volumes échangés en parfait respect du principe juridique d’égalité des porteurs de parts, une baisse de -0.0351 %. De -0.0351 % à -2.53 % = 71 en effet de levier comptable de destruction. Cherchez l'erreur ! Et pour le fun, seuls 1 494 632 titres ont été échangés (à différents cours) sur un flottant de 107 749 663 titres soit un volume de 1.39 % du flottant.

La société générale perd aujourd'hui : SOCIETE GENERALE est annoncé en baisse de -12.57 % en Variation Spéculative du Jour (CAC 40 actuel), baisse qui devient en Variation Humainement Responsable, avec la prise en compte de la faiblesse des volumes échangés en parfait respect du principe juridique d’égalité des porteurs de parts, une baisse de -0.2464 %. De -0.2464 % à -12.57 % = 50 en effet de levier comptable de destruction. Cherchez l'erreur ! Et pour le fun, seuls 14 373 128 titres ont été échangés (à différents cours) sur un flottant de 733 343 986 titres soit un volume de 1.96 % du flottant.

 

Dans "Trends Tendances" Belgique du 11 février 2016 : Austérité: "Après huit ans, on peut parler d'acharnement thérapeutique"

" Les politiques d'austérité en Europe échouent depuis huit ans nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI et les poursuivre relève de l'acharnement thérapeutique, dénonce le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, dans une lettre ouverte publiée jeudi dans La Repubblica.
 "L'austérité ne suffit pas. Et d'ailleurs les pays qui ont eu de la croissance en Europe y sont parvenus uniquement parce qu'ils ont violé les règles relatives aux déficits" publics, juge-t-il dans cette tribune.
Il cite ainsi le Royaume-Uni et son déficit supérieur à 5% du PIB et l'Espagne, "qui a accompagné sa croissance avec un déficit supérieur à 6%". Mais aussi le contraste entre une Europe en plein marasme et le dynamisme de l'économie américaine qui a fait selon lui le pari de la "croissance, des investissements et de l'innovation".
Dans ces conditions, "si des soins ne marchent pas, après huit ans, on peut parler d'acharnement thérapeutique", dénonce M. Renzi. Il est grand temps que l'Europe fixe une nouvelle direction à sa politique économique. "Parce qu'avec seulement l'austérité, on en meurt".
Le bouillonnant chef du gouvernement réclame depuis des semaines davantage de flexibilité budgétaire pour mieux soutenir une croissance encore fragile.
Mais ces demandes répétées irritent ses partenaires, à commencer par l'Allemagne et la Commission européenne ces deux là sont nos partenaires...en ce qui me concerne je pense qu'ils ont été plus nos ennemis , qui ne manquent jamais de rappeler que l'Italie a déjà bénéficié dans le passé d'une forme de flexibilité budgétaire en raison des réformes accomplies.
Matteo Renzi ne cesse d'avertir l'Europe qu'elle est condamnée à disparaître si elle ne se réforme pas. Mercredi, il comparait l'UE à l'orchestre jouant sur le pont du Titanic alors que le paquebot sombrait dans l'Atlantique.
Son ministre des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a réuni mardi à Rome ses collègues des six pays fondateurs de la Communauté européenne, devenue depuis Union européenne, pour réfléchir aux moyens de relancer le projet européen à bout de souffle.
Ces six pays (Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, France et Luxembourg) ont signé une déclaration commune dans laquelle ils jugent indispensable de renforcer la gouvernance de la zone euro, et l'intégration européenne, avec ceux des 28 qui y sont prêts.
Dans sa lettre ouverte jeudi, M. Renzi suggère également de procéder à des "primaires" dans le processus de sélection du président de la Commission européenne."

Dans "Trends Tendances" Belgique du 10 février 2016 : L'UE reporte d'un an l'encadrement plus strict des marchés financiers

" La Commission européenne a proposé mercredi de reporter d'un an, à janvier 2018, l'entrée en vigueur de la directive dite Mifid II, qui réforme les règles en vigueur sur les marchés d'instruments financiers. Par cette décision, elle a estimé "prendre en compte le caractère exceptionnel du défi technique que sa mise en oeuvre représente pour les régulateurs et les acteurs du marché".
"Nous donnons un an supplémentaire aux gens pour se préparer convenablement et procéder aux changements nécessaires à leurs systèmes", a déclaré le Commissaire européen à la Stabilité financière, le Britannique Jonathan Hill, cité dans un communiqué.
Cette directive doit permettre de mieux encadrer les marchés d'instruments financiers afin de limiter la spéculation et de rétablir la confiance des investisseurs mise à mal par la crise financière qui a secoué le monde entier à partir de 2008. Elle ne pourra réussir que si elle prend le problème à sa base. La base est la valorisation comptable prise comme seule référence financière. Ainsi, l'information et les bases de réflexion et de décision sont faussées quotidiennement à plus de 98 %. Voir le tableau ci-dessus.

Les crises boursières sont des crises comptables à effets systémiques SOCIOlogiques, ECOnomiques, POlitiques et FInanciers.
Les Européens étaient parvenus en janvier 2014 à un accord de principe sur cette directive qui devait initialement entrer en vigueur en janvier 2017.

Romaric Godin dans "La Tribune" du 10 février 2016 : Crise financière : les banques centrales, seules responsables ?

" L'affaire semble entendue : la baisse des marchés s'expliquerait par la générosité des banques centrales. Cette interprétation oublie cependant pourquoi cette politique monétaire très accommodante est devenue inévitable...
La crise financière est de retour. Près de huit ans et demi nous retrouvones les cycles SOCIOECOPOFI après les premiers soubresauts de la crise des subprimes, les Bourses mondiales plongent à nouveau en fait, les Bourses ne plongent pas, c'est l'aspect de la valorisation comptabe qui n'ayant pas changé plonge à nouveau, la santé des banques est préoccupante, l'économie réelle inquiète. Pour la plupart des observateurs, la cause est entendue : ce nouveau coup de grisou a un coupable tout désigné, les banques centrales et leurs politiques accommodantes, le « QE ». Ce sont elles, assure-t-on, qui, en déversant des milliards de dollars, d'euros, de livres et des centaines de milliards de yens ont alimenté une bulle sur les marchés qui, aujourd'hui, éclate. Ce sont elles qui, en imposant des taux négatifs, pèsent sur les résultats bancaires.
Cette explication n'est pas entièrement erronée. Les politiques d'assouplissement quantitatif menées par la Fed, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon, puis la BCE ont certes déversé d'immenses quantités de liquidités sur les marchés. Leur diffusion dans l'économie réelle a été plus lente, voire réduite. Effectivement, les banques n'ont de nouveau pas joué leur rôle. Elles ont donc alimenté un puissant courant acheteur que les difficultés chinoises et le ralentissement de la croissance européenne ont brutalement freiné. D'où cette correction qui, en réalité, a débuté en août dernier, lors de la première « dévaluation » du yuan chinois.
Les deux erreurs de 2008 et 2010
Mais cette explication n'est que partielle. Cette nouvelle secousse, rappelons-le, n'est que la poursuite de la grande crise de 2007 - crise de la dérégulation - allant à son terme. Une crise qui a connu deux relances : la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 qui a conduit le système financier au bord de l'abîme et le « sauvetage » tardif et inefficient de la Grèce le 10 mai 2010 qui a plongé la zone euro dans une tourmente économique dont elle n'est qu'à peine sortie. Dans les deux cas, l'erreur est venue principalement de gouvernements inconscients, pressés de gérer le court terme (on se souvient de l'obsession, pendant tout le printemps 2010, d'Angela Merkel pour les élections régionales en Rhénanie du Nord Westphalie) et enfermés dans des certitudes économiques fondées sur l'efficience du marché.
En 2008, les Etats-Unis ont ainsi voulu « faire un exemple » avec Lehman Brothers et montrer que l'Etat ne viendrait pas en aide à ceux qui avaient pris des risques démesurés. Le marché jouait son rôle « purificateur. » En 2010, les dirigeants européens ont appliqué la théorie ricardienne : il fallait rétablir rapidement les comptes publics des Etats touchés par la crise pour rétablir la confiance des marchés et des agents économiques. Il fallait aussi « punir » ceux qui avaient dépensé trop en leur faisant sentir les conséquences des déséquilibres qu'ils étaient censés avoir créés. Dans les deux cas, ces décisions ont été des désastres immenses et les banques centrales sont intervenues alors comme des « filets de protection », sauvant ce qui pouvait l'être. La BCE a été, du reste, la moins déterminée à agir. On se souvient que Jean-Claude Trichet a remonté deux fois les taux en pleine crise, en juillet 2008 et en juillet 2011, et qu'il a fallu attendre Mario Draghi et l'été 2012 pour voir une action déterminée de l'institution contre la crise européenne. Ce n'est pas sans raison que la BCE a été la dernière à se lancer dans le QE. Et ce n'est pas sans raison que la zone euro a été la région la plus frappée par la crise depuis 2007...
L'erreur des autorités européennes
Les banques centrales ont donc été des pompiers et sans doute se sont-elles muées en partie en pyromanes, mais pourquoi cette mutation a-t-elle eu lieu ? Parce qu'elles ont échoué en réalité à relancer les perspectives de croissance, donc d'inflation. Mais cet échec n'est pas que celui des banques centrales, c'est aussi celui des gouvernements qui se sont uniquement reposés sur la politique monétaire pour faire le travail de redressement de ces perspectives, alors qu'eux, au contraire, tiraient dans le sens inverse. L'exemple de la zone euro est, de ce point de vue, très parlant. Entre 2010 et 2014, les gouvernements et les autorités européennes, y compris la BCE, ont mené et incité à une politique centrée sur la consolidation budgétaire et les « réformes structurelles » visant surtout à réduire le coût du travail. Une politique clairement déflationniste qui a ruiné la croissance potentielle européenne et détruit la confiance dans l'avenir qu'elle devait établir. Dès lors, l'inflation faible s'est installée durablement.
Depuis octobre 2013, l'inflation annuelle sous-jacente, hors énergie et alimentation, n'est passé qu'une fois au-dessus de 1 %, c'était 1,1 % en octobre 2015. Dans ces conditions, les anticipations d'inflation ont reculé et lorsque les anticipations d'inflation reculent, l'incitation à investir est nulle. Or, la zone euro ne pourra connaître de reprise réelle sans reprise de l'investissement.
Les effets mondiaux de la politique européenne
Du reste, cette politique déflationniste européenne a eu d'autres répercussions. En réduisant la croissance européenne de façon durable, elle a pesé sur les exportations de plusieurs pays, comme la Chine. La deuxième économie du monde a alors tenté de contenir, pour des raisons politiques, ses niveaux de production tout en accélérant son retournement vers une économie moins dépendante de l'extérieur et plus de la demande interne. Ces deux mouvements ont conduit à une surproduction industrielle chinoise et à une explosion de l'endettement dans l'Empire du milieu à partir de 2012. Mais lorsque l'économie chinoise a engagé son ajustement inévitable, sa croissance a ralenti, entraînant une baisse des prix des matières premières (déjà engagée par la baisse de la croissance européenne) et une baisse de la demande chinoise en importations. D'où deux conséquences pour la zone euro : une nouvelle baisse de l'inflation et un ralentissement des perspectives économiques. Pour l'Allemagne, par exemple, la Chambre de Commerce vient de revoir à 1,3 % (contre 1,7 % pour le gouvernement) sa perspective de croissance pour 2015.
L'avertissement de Mario Draghi
Dans ces conditions, les banques centrales ont à nouveau agi (à l'exception de la Fed qui semble néanmoins revenir sur sa politique de resserrement). Mais cette politique ne peut se substituer à l'absence de perspectives pour les agents économiques. Elle peut aider la demande, pas la créer. Or, il fallait la créer. Lorsque Mario Draghi a projeté de lancer la BCE dans le grand bain du QE, le 22 août 2014, à Jackson Hole, il a indiqué qu'il ne le ferait que s'il était aidé, que si, en complément de la BCE, il y avait une politique de croissance en zone euro, comprenant une vraie relance. L'idée était simple : en relançant la demande, les Etats auraient stimulé la demande et créé des débouchés pour les fonds libérés par le QE. Autant de liquidités qui n'auraient pas servi, alors, à alimenter des bulles spéculatives. Mais il a obtenu une fin de non-recevoir. Wolfgang Schäuble, à l'époque, avait assuré qu'on avait « mal compris Mario Draghi. » Fermez le ban. Pour satisfaire les foules, on avait lancé un « plan Juncker » qui, comme le « pacte de croissance » de François Hollande en 2012, s'est perdu dans les sables de Bruxelles. Et le QE a bel et bien trop alimenté les bulles...
Ce que la politique monétaire accommodante a permis d'éviter
Il faudrait cependant ne pas oublier que les banques centrales ont permis d'éviter la mise en place d'un cercle déflationniste. Le QE aurait apporté un point d'inflation en 2015 en zone euro. Sans lui, l'inflation aurait été de -0,8 %, ce qui aurait enclenché à coup sûr une spirale déflationniste où, non seulement, l'investissement serait à l'arrêt, mais où les salaires et l'emploi aurait dû s'ajuster. Une telle spirale est un des pires dangers économiques dont il est fort délicat de s'extirper, le cas japonais ne cesse de le prouver. Mais il est souvent trop sous-estimé par les partisans de la « destruction créatrice » de Schumpeter. L'action de la BCE en 2014-2015 a donc été essentielle, comme en 2008 et 2012.
Mais, comme tout remède, il a des effets secondaires. Une action déterminée d'accompagnement des Etats ou de l'UE aurait pu réduire ces effets en permettant une meilleure transmission à l'économie réelle. On a préféré ne rien faire pour sauver la façade d'une politique de réduction budgétaire soit disant efficace, mais qui se révélera absolument inutile en cas de nouvelle récession. Pire même, pendant longtemps, les Etats - singulièrement la France - ont compté sur la seule action des banques centrales pour faire revenir la croissance, ne prenant pas au sérieux les avertissements de Mario Draghi sur l'incapacité de la politique monétaire à créer de la croissance.
Lampistes ?
La responsabilité des banques centrales est donc celle d'un lampiste. Les vrais responsables, ce sont les Etats et les autorités européennes qui ont mené une politique déflationniste et ont refusé toute vraie politique active de relance. Les banques centrales, la BCE en particulier, ont contenu avec les moyens dont elles disposaient l'incendie qu'elles n'ont pas allumé, ni entretenu. Cette action, produit de la passivité et de l'aveuglement idéologique des Etats, avait un revers. On en subit aujourd'hui les conséquences. Mais, en réalité, les banques centrales ont été les seules à montrer réellement du courage, de l'initiative et de l'innovation pour faire face à une crise d'une ampleur unique.
Accuser les banques centrales, c'est donc se tromper de responsable en réalité. C'est aussi prétendre que le marché aurait, sans leur action, réalisé un ajustement moins douloureux, alors que les expériences de 2008 et 2010 prouvent le contraire. C'est donc se payer de mots. Et l'économie européenne - et mondiale - s'est trop longtemps payée de mots. Elle a soif de vraie inflation que seule une politique de relance de l'investissement et des salaires apportera.

CYCLE SOCIOECOPOFI/ECONOMIE

Dans "Boursorama" du 1 février 2016 : La dégressivité des allocations chômage ulcère déjà les syndicats

" Depuis dimanche soir, la position du gouvernement est claire : la dégressivité des allocations chômage n'est plus un tabou et pourrait faire partie des pistes explorées lors des négociations des nouvelles règles d'indemnisation. Cette position est délirante au moment où les révolutions industrielles et techniques vont tout changer, au moment où la paupérisation allemande a lms à genoux les Etats etc..  Et dire que d'un autre côté, on parle de rente universelle.... Qui va consommer ? Les quelques privilégiés et les autres vont les regarder sans rien dire, sans rien faire en pleine société de sur-consommation... L'histoire se répête. Il y a d'abord eu les propos de Myriam el-Khomri, la ministre du Travail, qui a affirmé dimanche sur BFM TV que «toutes les pistes», «y compris celle de «la dégressivité des allocations», seraient étudiés.  Sur iTélé, Michel Sapin a passé la deuxième couche ce lundi matin, tout en prenant d'infinies précautions. «Cela fait partie des choses qui seront discutées par les partenaires sociaux», a déclaré le ministre des Finances, mais cela «doit s'accompagner d'autres (pistes) : si vous êtes dans la dégressivité d'un côté, vous devez être (...) dans l'augmentation du droit à la formation, des droits à la reprise de l'emploi».  Le ministre de l'Économie Emmanuel Macron est alors apparu dans le rôle de la troisième lame. En visite à Saint-Nazaire ce lundi, il a précisé que «la dégressivité» des allocations chômage faisait bien partie des options «dont les partenaires sociaux auront à discuter».
Une «mauvaise mesure», un «casus belli»
Actuellement, les demandeurs d'emploi bénéficient d'une allocation fixe (environ 57% de l'ancien salaire brut, 70% du net) tout au long de leur indemnisation, qui peut durer jusqu'à deux ans, et trois ans pour les seniors, avant de basculer dans le régime de solidarité financé par l'État. La dégressivité des allocations a quant à elle déjà été mise en oeuvre entre 1992 et 2001. Mais en septembre 2001, une étude de l'Insee a conclu qu'elle avait ralenti le retour à l'emploi, indépendamment de la conjoncture économique et ce alors qu'elle avait «été mise en place avec l'intuition qu'elle encouragerait le retour à l'emploi».

CYCLE SOCIOECOPOFI/INTERIM

Laurence Bottero dans "La Tribune" du 28 janvier 2016 : "L'intérim est un levier essentiel de compétitivité"

" Avec une croissance dans tous les secteurs et un +10,5 % en décembre, l'intérim est la solution privilégiée par les entreprises en besoin de compétences. La preuve d'une nécessaire flexibilité, dit le président du Prism'Emploi* PACA. En 2015, l'intérim a permis au niveau national la création de 25 000 emplois équivalents temps plein. Comment l'analysez-vous ? Je l'analyse comme un besoin de flexibilité de la part des entreprises. L'intérim est un levier essentiel qui permet aux entreprises de conserver leur compétitivité. L'intérim est un indicateur avancé et son évolution anticipe toujours les besoins d'emploi.
PACA n'a pas dérogé à la règle nationale ?
PACA a un peu traîné la patte, mais tous les secteurs ont redémarré, même le BTP qui enregistre un +16,6 % en décembre, suivi par les transports à +15,5 %, les services à +12,3 %, l'industrie et le commerce. Redémarrage il y a, mais peut-être pas aussi important qu'attendu. Et si la croissance ne redémarre pas, c'est parce que la législation change constamment. Il faut savoir positiver lorsque les paradigmes sont modifiés de manière stakhanoviste.
L'intérim est pourtant souvent perçu comme de l'emploi précaire.
La précarité est bien davantage dans l'usage abusif de certains dispositifs. L'intérim bénéficie de leviers sociaux, de formations... Dire que le travail temporaire est précaire est obsolète.
Comment envisagez-vous 2016 ?
2016 a tout pour être une bonne année, sauf si l'on modifie encore la législation. Il faut que 2016 soit une bonne année car 2017 sera à nouveau une année d'élection et nous savons ce qui se passe ces années-là. Rien. Il ne faut pas oublier non plus que ceux qui réussissent sont ceux qui s'adaptent.

CYCLE SOCIOECOPOFI/EMPLOI

Matthieu Hoffstetter dans "Bilan" Suisse du 25 janvier 2016 : Quels emplois au terme de la 4e révolution industrielle?

 A LIRE TOUT SIMPLEMENT, A REFLECHIR VOIRE A MEDITER

    •    Fin 2013, une étude de l'université d'Oxford menée par Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne annonçait que 47% des postes de travail aux USA étaient à «risque élevé» d'être remplacés par des machines et des robots d'ici 2030. La 4e révolution industrielle sera-t-elle synonyme de chômage massif, y compris dans des pays où la flexibilité maximale du marché du travail avait contenu jusqu'à présent l'élévation rapide et massive du taux de chômage? Au World Economic Forum de Davos, la question de l'emploi après les mutations technologiques actuelles est sur toutes les lèvres.
    •    Lire aussi: Le premier hôtel géré par des robots ouvrira cet été au Japon
    •    Si certaines usines sont largement envahies par les robots, la production manufacturière n'est désormais plus la seule à être menacée par la mécanisation. Des tâches que l'on pensait réservées à l'être humain voici quelques années encore comme la médecine, la cuisine, le journalisme ou encore la conduite automobile sont désormais opérées par des robots dans certaines structures innovantes. Tout n'est pas encore possible pour les robots, mais «il est difficile de prédire d'ici combien de temps nous aurons des robots capables de remplacer l'homme dans ses tâches les plus complexes», confie Dileep George, cofondateur de Vicarious, une société spécialisée dans l'intelligence artificielle.
    •    Les robots ne ressentent pas la fatigue
    •    Mais les progrès technologiques se font à pas de géants et l'ère des robots capables de réaliser toutes les tâches des humains pourrait survenir. «Si on peut répliquer tout ce que peut faire un humain, on peut remplacer les travailleurs par des machines», avertit Dileep George. Et contrairement aux humains, les robots ne ressentent pas la fatigue, n'ont pas d'obligations familiales ou de garanties sociales: ils peuvent donc travailler 24h/24.
    •    Erik Brynjolfsson est loin d'être aussi catégorique. Pour ce spécialiste de l'économie digitale au sein du MIT de Boston, «les machines sont encore loin d'être capables d'être écrivains, scientifiques, entrepreneurs». Il reste donc des activités où l'imagination, la créativité, la réactivité et la recherche de solutions nouvelles face à des problèmes ne sont pas prêtes d'être accaparées par les robots. Cependant, son analyse de la situation est contrastée: d'un côté il constate qu'«il y a aujourd'hui aux USA moins de jobs et de business innovants qui se créent que voici 20 ans», mais ce ralentissement ne l'inquiète pas outre mesure et il «reste optimiste: il va falloir former la main-d'oeuvre, lui apporter de nouvelles compétences».
    •    «Les gouvernements doivent laisser les entreprises se charger de l'emploi»
    •    Un constat partagé par le Prix Nobel de l'économie Christopher Pissarides: «Les connaissances qui seront exigées demain pour travailler sont différentes de celles enseignées aujourd'hui dans les écoles: il va falloir anticiper davantage et se former tout au long de la vie», assure l'économiste chypriote. Même son de cloche du côté de Troels Lund Poulsen, ministre danois du commerce et de la croissance: «L'éducation et la formation seront les clefs principales pour aider les gens qui vont perdre leurs emplois à en retrouver un».
    •    Lire aussi: 100 nouveaux robots intelligents d'ici à 2020
    •    Le rôle de l'Etat sera donc clairement de créer les conditions les plus favorables au business en formant une main d'oeuvre la plus adaptée possible aux nouvelles situations économiques. Mais pas question de s'appuyer sur le secteur public pour créer directement de l'emploi: «Les gouvernements doivent laisser les entreprises se charger de l'emploi: elles le font mieux», déclare Christopher Pissarides.
    •    Davantage d'entrepreneurs, de professions libérales dans le domaine intellectuel,... Un changement de paradigme pour de nombreux pays (dont la Suisse) où la part des salariés reste prépondérante. Une mutation avec l'augmentation du nombre d'entrepreneurs et d'indépendants qui en inquiète certains. Mais face à ces réserves, Erik Brynjolfsson s'interroge: «Avec nos modèles d'emplois sur lesquels certains s'arc-boutent, voulons-nous protéger le futur du passé ou alors préserver le passé du futur?» Il milite donc pour se débarrasser des carcans anciens et inventer de nouvelles solutions. Un défi urgent, car, comme il le rappelle, «le progrès technique augmente de manière exponentielle, les organisations, entreprises et administrations, ne s'améliorent pas aussi vite».

 

 

Dans "Club Patrimoine" du 29 janvier 2016 : La croissance française au plus haut depuis 4 ans en 2015

" Au quatrième trimestre 2015, le PIB en volume croît de 0,2 %. En moyenne sur l'année, l'activité accélère : +1,1 % en 2015 après +0,2 % en 2014. Les dépenses de consommation des ménages se replient de 0,4 % au quatrième trimestre 2015 (après +0,4 % au troisième trimestre). Les dépenses en biens diminuent (-0,9 % après +0,7 %), en particulier en énergie et en habillement."

Dans "www.faitsdivers.org" Suisse du 22 janvier 2016 : Une femme très pauvre hérite de 600 000 euros mais préfère tout donner

" Marija Zlatic, 86 ans, vit dans des conditions très précaires, près de Boljevac en Serbie. Elle touche une retraite misérable de 65 euros par mois. 

L'octogénaire a récemment hérité de la somme de 600.000 euros. 

Mais elle préfère continuer sa vie modeste dans sa maison délabrée et donner l'argent à d'autres. Notamment à ceux qui l'aident tous les jours depuis plusieurs années. 

Ces personnes, qui habitent dans un village à deux heures de marche de la maisonnette de Marija, lui apportent régulièrement des vivres et du bois pour se chauffer. 

"Je n’ai pas besoin d’argent, alors je l’ai donné. Eux, ils en ont besoin. Ma retraite me suffit largement", assure Marija. 

La vieille dame a en fait hérité après la mort de son mari, qui vivait lui en Australie. Marija avait quitté son village pour le suivre en 1956, mais elle était rentrée moins de deux ans plus tard pour s’occuper de sa mère malade et n’était plus jamais repartie. "

Dans "Bilan/AFP" Suisse du 22 janvier 2016 : A Davos, le compte à rebours est lancé pour résoudre la crise migratoire

Le compte à rebours est lancé pour résoudre la crise migratoire faute de quoi c'est tout l'édifice européen qui va s'effondrer, ont estimé plusieurs responsables réunis cette semaine au Forum économique de Davos.
"Nous avons quelques semaines devant nous pour fournir nos options (...) faute de quoi il y aura des réponses individuelles des pays, le début d'un inéluctable processus de démantèlement", a prévenu vendredi le ministre français de l'Economie, Emmanuel Macron, devant un parterre de décideurs.
Depuis mercredi, plusieurs participants à cette réunion de l'élite mondiale dans le village suisse enneigé ont dit que l'Europe jouait sa survie face à l'afflux de migrants.
Jeudi, Manuel Valls avait mis en garde contre une "dislocation" du projet européen face aux différents défis qui se dresse devant lui, dont la crise migratoire.
"Nous devons avoir prise sur ce problème dans les six à huit semaines", a prévenu jeudi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, parce "quand le printemps va revenir et que le nombre (de migrants) va quadrupler, alors que l'Union ne peut plus gérer" de telles arrivées. Quand on déstabilise les pays volontairement .......
Dans la sphère privée également on s'inquiète.
"L'Union européenne est en train de tomber en morceaux" a assuré le financier américain George Soros, une figure de la finance mondiale.
"C'est la panique dans la politique d'accueil de l'Europe", car "nous avons passé le point de bascule au-delà duquel l'afflux (de migrants) baisse la capacité d'intégration des pays", a-t-il dit jeudi soir devant quelques participants au forum réunis dans un hôtel.

Dans cette "panique", c'est "chacun pour soi, et dans ces conditions je ne peux pas blâmer (le Premier ministre populiste hongrois) Viktor Orban d'essayer de protéger ses frontières", a affirmé le financier né à Budapest, tout en précisant qu'il convenait de le blâmer pour refuser de participer à une politique d'accueil commune.
 "Seuls à gérer"
 Le ministre des Affaires étrangères polonais Witold Waszczykowski se sent lui aussi abandonné face aux migrants en provenance de l'Est, dont un million d'Ukrainiens sur fond de conflit avec la Russie, même si les autorités ukrainiennes démentent qu'il s'agisse de réfugiés.
"Nous sommes seuls à gérer cette crise", a-t-il dit à Davos, rappelant que pour les migrants en provenance du Proche-Orient Proche-Orient que la france et l'europe continuent de déstabiliser volontairement au titre d'une idéologie de business et absolument pas au titre d'une origine humaine et Humaniste. Les réfugiés sont LES réfugiés des lobbies financiers qui "achètent" les décisions qui leurs sont favorables.. Le business par la déstabilisation des pays. Après les USA, cette pratique redevient à la mode. Il est vrai que dans ce domaine la france a aussi une sacré expérience avec l'Afrique etc... , l'UE avait tout de même réussi à trouver un accord avec la Turquie.
Une désorganisation européenne d'autant plus délicate à gérer que certains pays membres n'attendent des propositions de Bruxelles que pour mieux les rejeter, a critiqué la Commissaire européenne aux affaires étrangères Federica Mogherini, également présente au forum.
"Nous risquons de nous retrouver dans ce cycle où les pays demandent des solutions européennes dont ils bloquent ensuite la mise en oeuvre", selon elle, dénonçant des postures électoralistes.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a lui réclamé une "augmentation de 30% dans les réponses aux appels aux financements humanitaires des Nations unies".
Le département d'Etat a précisé que cet appel à contributions devrait porter l'aide humanitaire internationale pour les réfugiés "de 10 milliards de dollars en 2015 à 13 milliards de dollars cette année".
Mais certaines voix se sont aussi élevées pour affirmer que cette crise pouvait présenter des avantages économiques, comme celle du gouverneur de la Banque centrale européenne Mario Draghi qui en parle comme d'une "opportunité". Tout est dit. Il faut voter contre l'europe qui se met en place. Cette europe est une europe du business et non l'Europe de la Paix. LE PASSE NOUS A APPRIS QUE CETTE APPROCHE ETAIT CELLE QUI MENAIT AUX GUERRES AU PROFIT DE LEURS PROMOTEURS LOBBYISATEURS.

VOUS EN DOUTEZ ? PRENEZ LE TEMPS DE POSER VOS QUESTION SUR INTERNET ET VOUS AUREZ NOMBRE DE DOCUMENTS ETATIQUES EXPLICATIFS QUI PROUVENT QUE LES GUERRES ONT ETE PROVOQUEES VOLONTAIREMENT SUR DES MENSONGES SOCIOLOGIQUES, ECONOMIQUES, POLITIQUES OU FINANCIERS. EX : LA GUERRE DU VIETNAM ETC ...
"C'est une opportunité. Vous investissez sur l'intégration des réfugiés et vous récupérer du retour sur investissement", abonde l'économiste Hélène Rey, également présente à Davos. En pleine crise économique et paupérisation des Peuples "accueillants" et le tout dans une compétition mondiale au plus bas coût et en pleine révolution industrielle, informatique etc ... Compétition dans laquelle nous jouons contre des pays à la démographie inverse à la nôtre, aux us et coutumes à mille lieux des nôtres etc.. En fait, en pleine révolution SOCIOECOPOFI (SOCIOlogie, ECOnomie, POlitique, FInance), nos politiques nous sabordent en faveur du plus grand return financier de tous les siècles pour les promoteurs des politiques actuelles.
"L'immigration pourrait en fait accroître un peu la croissance en Europe" du fait des dépenses engagées pour les héberger. "Politiquement c'est une autre histoire", estime Nariman Behravesh, chef économiste du cabinet britannique IHS.
Le FMI est plus circonspect: "Avec un taux de chômage élevé dans plusieurs pays européens, l'intégration des réfugiés (...) pourrait prendre plus de temps qu'ailleurs", selon un rapport du Fonds présenté mercredi à Davos par sa patronne, Christine Lagarde.

Commentaire : Le 28 janvier la presse publia quantité d'articles sur la moisson" des contrats notamment en Iran. Je ne les ai pas mis pour ne pas alourdir cet document. Un exemple pour la France ICI

Dans "Le Temps" Suisse du 25 janvier 2016 : Ce qu'il faut retenir du WEF 2016

" La 46e édition du World Economic Forum s'est clôturée samedi. Elle s'est tenue sous tension, alors que trois grandes crises ébranlent le monde
Le 46ème Forum de Davos avait une saveur particulière cette année.
La manifestation s'est tenue sous tension alors que trois grandes crises ébranlent le monde: crise des réfugiés en Europe, crise des marchés avec des matières premières au plus bas et crise conjoncturelle avec une économie chinoise qui connaît le taux de croissance le plus bas depuis 25 ans.
L'économie mondiale à la peine
Le jour de l'ouverture du WEF, le FMI a tiré la sonnette d'alarme: l'économie mondiale pourrait bien dérailler. L'institution a abaissé de 0,2 point sa prévision de croissance pour 2016 (3,4%) comme pour 2017 (3,6%) en pointant la situation «périlleuse» de nombreux pays émergents, guettés par le «ralentissement généralisé». L’enjeu n’est pas mince: les pays émergents et en voie de développement pèsent pour «plus de 70%» de la croissance planétaire. A mettre en rapport avec mes commentaires de l'article precedent.
La Chine a annoncé, elle, se trouver à 6,9% de croissance, soit le taux le plus bas depuis 25 ans. Devant les inquiétudes, les autorités ont voulu convaincre qu'elles avaient la situation en main: «L'économie est sur la bonne voie», a assuré Li Yuanchao.
Alors que la Réserve fédérale américaine vient d'entamer une remontée de ses taux, les marchés sont sous tension. Cette semaine, la plupart des places boursières sont rentrées dans un marché baissier (c'est à dire qu'ils sont à moins de 20% de leur plus haut niveau) et le pétrole semble s'installer sous la barre des 30 dollars - du jamais vu depuis 13 ans - ce qui crée des tensions chez les pays producteurs sans encore faire sentir d'effets positifs du côté des consommateurs.
Seul à avoir réussi à calmer les marchés, Mario Draghi a assuré vendredi avoir des instruments illimités pour raviver l'inflation en Europe, toujours au plus bas.
L'Europe pourrait éclater
Les chefs d'Etat de de gouvernement avaient des mines très sombres à Davos. Pour le premier ministre français Manuel Valls, «l'Europe pourrait sortir de l'histoire» au moment où la crise des réfugiés montre l'incapacité de l'Union de faire face de manière coordonnée. Le Vieux Continent sent aussi qu'il faut accélérer les réformes sur le plan économique si il ne veut pas rester à la traîne de la 4e révolution industrielle. Emmanuel Macron, le ministre français de l'économie, a ainsi annoncé la fin des 35 heures à Davos, même s'il n'est pas sûr qu'il obtiendra l'appui de François Hollande. Ubuesque ! En être encore à ce niveau là....
David Cameron s'est montré déterminer à négocier un nouveau partenariat avec l'UE plus avantageux pour son pays avant d'organiser un référendum où le peuple décidera si le Royaume-Uni reste, ou pas, dans l'alliance. Les enjeux de sécurité et de défense sont aussi au centre des discussions, sur le continent pour se défendre contre le terrorisme, en Syrie et en Irak pour stopper le flux de réfugiés qui provient de ces pays. Qui a déstabilisé ces pays, à quel titre et à quel prix payé par l'ensemble des Peuples ? Quels sont les résultats de ces déstabilisations ? Cela fait vivre qui, au détriment de qui ? Pour Wolfgang Schäuble, ministre des finances allemands, il faut envisager une sorte de «plan Marshall de plusieurs milliards». Super....pour l'allemagne qui a besoin de cela. Mais pour nous et les autres pays ? Quant à l'ensemble des Peuples, ils ne seront plus considérés que comme des éléments dans un jeu où l'Etre Humain devra se battre pour rester compétitif en un moment ou le travail manquera et sera monopolisé par ceux qui accepteront le moins en terme de qualité de Vie pour eux et leurs enfants, pour la minorité des techniciens et intellectuels recherchés ou pour les politiques coopérateurs. Quant aux autres... Qui est, sont, les mieux préparés à ce jeu de dupes ?
Les inquiétudes montent autour de l'emploi
L'OIT estime que pour 2015, le chiffre final du chômage devrait se situer à 197,1 millions et la prévision pour 2016 fait état d’une augmentation d’environ 2,3 millions pour atteindre 199,4 millions. Il est probable qu’1,1 million de sans emploi viendront aggraver le chiffre total en 2017, selon l'institution. Dans un rapport basé sur un sondage mené au sein de 366 entreprises représentant 13 millions de salariés, le WEF indique de son côté que 5 millions d’emplois sont menacés par la quatrième révolution industrielle dans les cinq ans qui viennent.
Des experts parlent aussi de 47% de jobs aux Etats-Unis qui pourraient être remplacés par l'automatisation des processus. Les experts craignent un chômage de masse et que l'écart de revenus se creuse encore un peu plus entre ceux qui ont des jobs peu qualifiés et les plus éduqués. Le risque de tension sociale serait alors accru. Le vice-président américain Joe Biden, présent à Davos, a loué la classe moyenne qui constitue le socle de la démocratie au moment où les écarts entre classes sociales semble s'élargir.
La Suisse ne doit pas se reposer sur ses lauriers
L'Open Forum, en marge du WEF, a aussi été l'occasion de se demander si le modèle suisse était en danger. Une discussion, réunissant les patrons d'ABB, Adecco et UBS, aux côtés de Johann Schneider Amman, qui s'est transformé en plaidoyer pour moins d'interventionnisme de l'Etat et de réglementation. Egalement présent, le directeur de l'EPFZ a défendu l'importance de la formation et la nécessité pour la Suisse de se rappeler d'où vient sont succès. Et de ne pas se reposer sur ses lauriers.
La Russie ne veut pas sombrer
Pas plus que l’an dernier, les Russes présents à Davos n’ont bombé le torse. Après une année 2015 difficile, aucun participant ne s’est aventuré à prédire une amélioration en 2016. «Il n’y a rien à attendre de l’économie russe cette année», a prévenu Vladimir Dmitriev, président de la banque de développement Vnesheconombank. Les milieux économiques n’ont pas plus d’espoir: «Il n’y a pas que le secteur pétrolier qui va encore souffrir. Toutes les activités qui dépendent des dépenses des consommateurs vont être à la peine, de même que la construction», a expliqué Elizaveta Osetinskaya, directrice éditoriale de l’agence d’information russe RBC.
Lire aussi:  Les Russes ne veulent pas sombrer dans le pessimisme
La montée du populisme inquiète Au fait, c'est quoi le populisme ? Serait-ce le simple fait de dire non ?
Les craintes de la montée du populisme ont pesé sur Davos alors que des rendez-vous importants vont jalonner l'année 2016 comme les élections aux Etats-Unis où Donald Trump fait figure de favori du parti Républicain et le référendum en Grande-Bretagne sur l'éventuelle sortie du pays de l'UE. Ce qui poussent les plus modérés à agir. Angela Merkel qui vient d'habitude à Davos où elle reçoit un chaleureux accueil de la part des participants a du rester cette année pour gérer la crise née de l'afflux de réfugiés.
Joachim Gauck, le président allemand, a exprimé au WEF son opposition à la chancelière qui se refuse, pour l'instant et au contraire de l'Autriche, de mettre une limite à l'afflux de migrants alors que son pays en a déjà accueilli 1 million en 2015. Pour le président «si les démocrates ne veulent pas parler de limitations alors les populistes et les xénophobes le feront». L'Allemagne utilise l'immigration pour corriger les effets de sa démographie. Voir article suivant paru le lendemain de cette revue de presse spéciale DAVOS.
Les robots vont-ils remplacer les humains?
De nombreux débats ont tournés autour de cette question toute la semaine. L'arrivée des processus automatisés et des robots dans l'entreprise et la vie de tous les jours va massivement transformer l'économie. Côté positif, l'intelligence artificielle (IA) va permettre à l'homme de résoudre des problèmes très complexes comme le cancer ou les changements climatiques. Mais elle va aussi remplacer toute une série de jobs et de nombreux experts estiment que tout le monde peut être touché.
Pour Illah Nourbakhsh, professeur de robotique à Carnegie Mellon qui travaille avec Uber sur les voitures sans pilote, «cela va affecter les cols bleus comme les cols blancs». L'économiste du MIT Erik Brynjolfsson souligne que “nous nous dirigeons vers un monde où il y aura beaucoup plus de richesses pour quelle répartition ? Il sufffit d'analyser aujourd'hui pour comprendre où pourrait nous mener le futur et beaucoup moins de travail". Une étude publiée par le WEF montre que l'IA va détruire 7,1 millions de jobs ces cinq prochaines années dans les 15 principales économies du monde et n'aidera en parallèle à en créer que 2 millions d'autres.
Une révolution qui annonce la fin du travail?
Le chômage technologique pousse les économistes à imaginer de nouvelles solutions. Sans beaucoup de succès
Cinq millions d’emplois à risque dans les pays développés. 47% des postes aux Etats-Unis… Depuis le début de la semaine, à Davos, les études se sont multipliées pour dire les dangers qui pèsent le marché du travail alors que l’intelligence artificielle et les robots ne cessent de progresser.
La quatrième révolution industrielle créera-t-elle plus d’emplois qu’elle n’en détruira? UBS, mardi, exprimait déjà des craintes. «Les emplois peu qualifiés sont à risque et ces changements pourraient creuser les inégalités», a expliqué Axel Weber, président de la grande banque suisse. Pour Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie très enclin au catastrophisme, «par le passé, les vagues d’innovation ont créé de nouveaux métiers, mais rien ne prouve que ça se reproduira!»
Rencontré en marge d’une conférence, Philipp Jennings, président du syndicat UNI Global, représentant le secteur des services, s’est dit ravi que le thème de l’emploi soit au cœur de toutes les discussions. «Nous avons essayé d’attirer l’attention sur ce sujet et les conséquences des progrès technologiques depuis des années. Il ne s’agit pas seulement d’un épisode, qui concerne par exemple la gouvernance d’internet, mais que tous ces changements auront un impact global sur la façon dont l’économie fonctionne», a ajouté le responsable. Il voit ceci comme un triangle des Bermudes, dont la technologie, le chômage et la cohésion sociale forment les trois parties.
Les progrès technologiques pousseront-ils vers un monde sans travail? La préoccupation provient notamment de la digitalisation de toute l’économie qui devrait bientôt laisser place à la robotisation. «Le but du futur a toujours été le plein-emploi, explique Dileep Georges de la start-up Vicarious qui s’est donné pour mission de concevoir la prochaine génération d’algorithme pour l’intelligence artificielle. Mais si nous parvenons à créer des machines aussi intelligentes que nous, elles feront le travail à notre place». C’est le moment où l’homme va se retrouver face à une grande question, «que faire d’un temps de loisir désormais illimité?», selon Eryk Brynjolfsson du MIT.
Ce chômage technologique amène peu de réponses de la part des économistes qui s’avouent pour la plupart dépassés pour anticiper ce qu’il adviendra du marché du travail. Selon ce dernier, «nous assistons à un grand découplage avec plus de millionnaires mais le revenu médian est plus bas qu’il y a 20 ans. À la première révolution industrielle, nos aînés ont apporté des innovations comme éducation généralisée puis la sécurité sociale. Il faudra des nouvelles idées de ce type». Le revenu minimum de base devient un thème en vogue, notamment du côté de certains représentants de la Silicon Valley. Les Suisses voteront sur ce thème le 5 juin.
Reste que l’économie est dynamique et que rien ne permet de tout voir en noir. Comme le relève Eryk Brynjolfsson, «il n’y avait pas de pilote avant les avions, nous ne savons rien des métiers liés aux technologies à venir».

Commentaire  : Et le lendemain paru :

Dans "Trends Tendances" Belgique du 26 janvier 2016 : Les PME allemandes, prêtes à recruter des réfugiés

" Plus de la moitié des PME allemandes estiment que les réfugiés peuvent contribuer à adoucir la pénurie de main d'oeuvre, leur plus grosse préoccupation à l'heure actuelle, et 85% sont prêtes à en recruter, selon un sondage publié mardi. Selon cette enquête réalisée par la société de conseil EY (ex-Ernst and Young) auprès de 3.000 entreprises représentant le "Mittelstand" allemand, 49% des PME souffrent d'un manque à gagner en raison de la difficulté à trouver la main d'oeuvre adéquate.
Plus de la moitié des PME sondées (55%) "anticipent que les réfugiés qui arrivent en Allemagne vont contribuer à adoucir la pénurie de main d'oeuvre", selon un communiqué d'EY, et 85% "seraient prêtes à donner un emploi à un réfugié dans leur entreprise". Voilà encore une des conséquences de l'europe allemande. Allemagne qui, n'ayant aucun contrepouvoir politique contre elle, a pu triturer l'Europe de la Paix initiale comme simple outil au service de l'allemagne. Nos politiciens nationaux n'ont été que des guignols pour les uns et des collabos pour les autres.
L'Allemagne a accueilli 1,5 million de demandeurs d'asile depuis le début 2014, dans lesquels certains voient, à terme, le salut pour une économie allemande qui pâtit déjà du vieillissement de la population et a du mal à assurer la relève dans certains métiers et secteurs.
Chez les PME, la pénurie est particulièrement marquée dans les services, dans le BTP et le secteur de l'énergie, selon EY, et elle conduit à un manque à gagner annuel de chiffre d'affaires estimé à 46 milliards d'euros.
Mais il faudra attendre encore de longues années avant que les réfugiés tout juste arrivés puissent combler les trous, mettent en garde nombre d'experts, le temps d'apprendre la langue et d'acquérir les qualifications nécessaires sur un marché du travail très regardant sur diplômes et certificats. FAUX et archi FAUX. Cela dit, il faut bien qu'ils trouvent un moyen de faire passer la pillule. Le marché du travail en allemagne est regardant à la qualité avant tout, alors qu'en france c'est le diplôme. Situation qui a fait que quantité de personnes en france se sont inventées des diplômes (à priori même Taubira aurait menti) tant le marché est fermé sans diplôme. Réalité empirée maintenant avec la mode des clubs des anciens qui se cooptent entre-eux. Comme le démontre l'expérience française par rapport à l'allemagne, si le diplôme est loin de faire la qualité, il permet vrai ou faux de faire partie de certains clans. Clans à l'intérieur desquels, il n'est demandé que d'être un mouton non "gêneur". Exemple dans le monde financier où l'on continue de vendre des fausses performances et de pratiquer l'abus de confiance et l'escroquerie des investisseurs à toutes les échelles y compris par ceux qui devraient être l'élite à savoir ceux qui se font appeler Conseil en Gestion de Patrimoine et leurs associations (voire mes courriers à ces associations pour comprendre). Rien d'irrévérencieux...malheureusement. Point de généralité, je connais quantité d'entre-eux qui, bien que n'ayant d'autre choix que de suivre la déliquescence des association et regroupements divers et variés, essayent d'offrir dans tous les cas des réelles prestations HONNETES et LOYALES. 
Parmi les PME interrogées par EY, 80% voient dans les faibles connaissances linguistiques "le plus gros obstacle" à l'intégration des réfugiés sur le marché du travail.

Euractif dans "La Tribune" du 26 janvier 2016 : Davos voit dans l’instabilité la nouvelle norme mondiale Non, Davos crée l'instabilité mondiale

" Le Forum économique mondial de 2016, qui s'est clôt le 23 janvier, examinait les prévisions économiques pour le 21e siècle : économie robotisée et intelligence artificielle dans un monde plus instable et inégal.
Les éditions récentes du Forum économique mondial de Davos ont vu des hommes politiques, chefs d'entreprises et banquiers tenter de faire amende honorable après la débâcle financière de 2008, qui a plongé le monde dans une série de crises graves.
Les risques qui menacent l'économie mondiale restent extrêmes. Si les personnalités politiques appellent l'UE à la prudence, les hommes d'affaires sont toujours optimistes quant à un « atterrissage en douceur » de l'économie chinoise, en récession après trois décennies de croissance effrénée.
De leur côté, les pessimistes estiment que la chute des prix du pétrole pourrait annoncer un ralentissement de la production mondiale qui frapperait brutalement la seule économie florissante de l'Europe : l'Allemagne.
Face aux risques croissants, les techno-optimistes ont tenté de convaincre l'élite internationale des bienfaits de la révolution numérique. Pour eux, une nouvelle génération de robots et de systèmes d'intelligence artificielle constitue la promesse d'une quatrième révolution industrielle et d'une prospérité retrouvée. Prospérité retrouvée pour qui ? Pour les Peuples paupérisés, mis au chômage, en concurrence avec des prix maintenus les plus bas possible etc...
Incertitude et inégalités
La révolution numérique s'accompagne pourtant elle aussi de nouveaux défis, et même les techno-optimistes en sont conscients. Les professeurs Erik Brynjolfsson et Andrew McAffee avertissent ainsi que la numérisation pourrait mener à « une plus grande concentration des richesses et du pouvoir », et donc à une économie encore plus instable.
À long terme, il faudra s'habituer à une « incertitude et une volatilité à la fois dans l'économie et dans la politique, et cela ne changera pas », confirme Jim Moffat, directeur général de Deloitte. « Les organisations commencent à s'adapter. »
Les dirigeants politiques, hommes d'affaires et autres personnalités interrogés par EurActiv lors du Forum de Davos peignent tous le même tableau : le monde ne peut plus être divisé entre les optimistes et les pessimistes. La « nouvelle norme » de l'instabilité pourrait apporter un avenir radieux à certaines, mais elle laissera également plus de citoyens sur le carreau.
La perte de contrôle sur le commerce mondial est notamment alimentée par l'érosion des structures de base du pouvoir.  La crise des réfugiés, les turbulences du secteur de l'énergie et même le système politique instable en Espagne sont autant de symptômes de cette tendance, assure Moises, Naim, ancien directeur de la Banque mondiale et membre actuel du Carnegie Endowment for International Peace. « Davos est une manifestation de cette tendance. »
Il explique que le vide de pouvoir a été le principal sujet de conversation d'un dîner tout est dit "le vide du pouvoir" auquel il a assisté en compagnie des principaux PDG participants au forum. « Il s'inquiètent beaucoup des menaces potentielles provenant de sources inattendues », selon lui.
Au début de l'année 2016, la Chine est la principale source d'inquiétude. En pleine transition entre une économie basée sur l'exportation et un marché principalement domestique, le principal moteur de croissance mondial est grippé et le monde doute des chiffres de croissance annoncés par Pékin.
Nouriel Roubini, professeur d'économie de l'université de New York, pessimiste notoire, fait pourtant partie de ceux qui estiment que l'économie chinoise va connaitre un « atterrissage en douceur » et se stabiliser.
Pessimisme pour l'Europe
Plusieurs participants s'accordent cependant à dire que la Chine n'a pas été le principal sujet des conversations, contrairement aux attentes.
Le prix Nobel Joseph Stiglitz est d'avis que l'élite mondiale « devrait être plus pessimiste vis-à-vis de l'Europe et moins vis-à-vis de la Chine ». L'économiste appelle notamment à une modification du cadre de gouvernance de la zone euro et à la fin de l'austérité. Il s'inquiète également de l'absence de réaction pertinente à la crise des réfugiés.
Carl Bildt, ancien premier ministre suédois, a cité certains des nuages à l'horizon européen : le référendum britannique sur l'Europe (dont le résultat sera « 50-50 », selon lui), la crise des réfugiés (qui pourrait mener à la désintégration de Schengen, une catastrophe économique pour l'Europe) et la transition numérique, que les dirigeants européens sous-estiment, selon lui, au vu de la fragmentation législative en matière d'économie.
Pour Christopher Pissarides, prix Nobel d'économie en 2014, c'est la fragmentation politique est la principale menace qui pèse sur l'Europe. « Les institutions européennes ne font pas leur travail d'agrégateurs des intérêts nationaux », regrette-t-il. « Ce n'est pas l'UE et le projet commun auquel nous nous attendions dans les années 1990, quand le processus s'est accéléré. »
Le marché numérique fragmenté est également perçu comme un frein empêchant le Vieux Continent de faire partie de l'avant-garde de la quatrième révolution économique, indique Carlos Moedas, commissaire européen à la recherche, à la science et à l'innovation.
« L'Europe est un centre de connaissance, nous avons tous ce qu'il faut pour réussir, mais les divisions nationales nous en empêchent », assure-t-il.
« Chômage intermittent »
Étant donné sa population vieillissante et sa dépendance énergétique, l'Europe ne peut pas se permettre de passer à côté du changement du paradigme technologique, avertissent spécialistes et entrepreneurs. À l'ère où le marché du travail sera dominé par un chômage intermittent, les seuls gouvernements qui assureront une économie florissante à leur pays sont ceux qui mettront en place des politiques de stimulation de l'entrepreneuriat et équipent leurs citoyens de compétences adéquates.
 « Le plus grand défi sera de gérer le chômage intermittent de masse » et un système social en déclin, préviennent Nicolas Colin, investisseur français, et Bruno Palier, chercheur à Science Po.
Après près de dix ans à essayer de panser les plaies de la grande récession, le forum de Davos a tenté cette année de considérer l'avenir avec optimisme, mais l'espoir ne suffira pas à l'époque de l'instabilité.

ET EN MÊME TEMPS

Myret Zaki dans "Bilan" Suisse du 21 janvier 2016 : «Le cash n’existera plus dans dix ans»

" La banque de détail et la gestion des données bancaires connaissent une révolution, selon les dirigeants du FMI, de Morgan Stanley, de Deutsche Bank et de Paypal réunis à Davos.
   “Le plus grand défi pour le secteur financier, ce n’est pas la régulation, mais les nouveaux challengers numériques des banques”, lance Gillian R. Tett, rédactrice en chef du Financial Times aux Etats-Unis. « Nous pourrions même voir les banques apprécier soudainement les régulateurs, car ils ont le pouvoir de freiner leurs concurrents du web ».
Pour Christine Lagarde, directrice du FMI, le fait que des jeunes recourent à des services bancaires souvent sans jamais être entrés dans la succursale d’une banque signifie que le secteur de la banque de détail connaît une transformation profonde.
Pour Dan Schulman, CEO de Paypal, on assiste à une redéfinition des services bancaires de base, “qui se transformeront davantage ces cinq prochaines années que durant les 20 dernières”, estime-t-il, soulignant que c’est un phénomène que reflète le e-commerce en général, tous les commerçant créant des plateformes web pour se rapprocher de leur client. Ainsi, avec l’explosion du mobile, Dan Schulman estime que « tout ce que peut faire une succursale bancaire sera contenu dans votre main ». Et les masses de données ainsi récoltées permettront aux banques de créer des propositions de valeur dans les prêts et d’autres domaines.
Le challenge des assureurs
De même, le blockchain, technologie d’enregistrement des transactions, et avec lui le domaine des monnaies virtuelles comme le bitcoin, portent les germes de changements majeurs pour l’économie, selon Christine Lagarde. Mais cette technologie soulève des risques élevés car elle n’est pas réglementée, n’est pas soumise à une banque centrale et à une supervision étatique et peut être utilisée aux fins de transactions illicites, notamment dans le financement du terrorisme, avertit la responsable du Fonds monétaire.
Pour James Gorman, CEO de Morgan Stanley, la technologie tire depuis longtemps le secteur bancaire, depuis l’avènement des cartes de crédit et des distributeurs automatiques. A présent, il s’agit d’imaginer la version entièrement digitale des paiements, du crédit, et de la gestion de patrimoine. Pour John Cryan, CEO de Deutsche Bank, si les banques évoluent trop lentement sur le plan numérique, elles risques de voir leur activité désintermédiée. Pour lui, le cash n’existera pas dans dix ans.  
“L’argent se numérise clairement, même si 85% du nombre de transactions sont toujours effectuées en cash. La tendance est inexorable”, confirme Dan Schulman. Quant au blockchain, il sera la nouvelle technologie d’identification digitale. A cet égard, John Cryan le voit devenir un outil à l’usage des entités supranationales, « et les Etats-Unis devraient prendre un rôle de leader dans ce processus ». Ceci dit, le bitcoin reste largement perfectible. « Ce n’est pas une vraie valeur refuge, il n’est pas assez fiable ni assez liquide », estime John Cryan, qui indique que deutsche Bank collabore avec plusieurs autres banques dans le but de développer la technologie blockchain.
Du point de vue des assureurs, les challengers du web sont clairement complémentaires à leur business. « Nous devons trouver des alliances avec les disrupteurs, qui ont besoin de nous, souligne Tom de Swaan, président du groupe Zurich Insurance. Aucun d’entre eux ne veut prendre de risque assurantiel sur son bilan. Et de notre côté, nous avons des raisons évidentes de collaborer avec les disrupteurs et de les utiliser pour créer de nouveaux produits, de nouveaux mécanismes de distribution, et d’accroître la valeur des deux côtés ».  

Commentaire : La disparition du cash est une catastrophe, car il était une de nos dernières Libertés. Cela dit, je pense que ce mot de Liberté est, hormis pour la génération des plus de 30 ans (et encore) ou quelques individualités plus jeunes, totalement oublié. Malheureusement, l'excès futur fera que cette dernière fera l'objet d'un retour violent comme sait le faire et l'a demontré l'Histoire.

Jean-Christophe Chanut dans "La Tribune" du 13 janvier 2016 : Assurance chômage : vers une baisse des allocations ?

" Le Secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, estime nécessaire que les partenaires sociaux revoient à la baisse la durée et le montant des indemnités chômage
La négociation sur l'assurance chômage n'a pas encore débuté que la pression commence sur les partenaires sociaux gestionnaires du régime. La durée et le montant des indemnités chômage en France doivent être abordés "avec courage" lors de la négociation qui s'ouvre sur les nouvelles règles de l'assurance-chômage, a ainsi jugé le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen, lors de l'émission "Preuves par trois" organisée par Public Sénat et l'AFP.
Pour le secrétaire d'État:
"il serait assez vraisemblable qu'il faille un petit peu changer les paramètres de notre assurance-chômage (...). Je pense que ces questions-là  doivent être traitées avec courage par les partenaires sociaux (...). Il est extrêmement difficile de diminuer les aides aux chômeurs pendant une période où le chômage est encore très élevé. Mais en même temps, on sait bien que, un peu pour des raisons financières, mais aussi pour mobiliser plus de moyens sur la formation des chômeurs, il est assez vraisemblable qu'il faille un petit peu changer les paramètres de notre assurance-chômage" Qui a dit "foireux" ?
L'actuelle convention d'assurance chômage, qui fixe les règles d'indemnisation, arrive de fait à échéance le 30 juin et les partenaires sociaux doivent entamer les négociations de la future convention fin janvier ou début février.
Actuellement, il faut avoir au moins travaillé quatre mois pour pouvoir bénéficier de l'assurance chômage. Et la durée maximale d'indemnisation est fixée à 24 mois pour les moins de 50 ans et à 36 mois pour les plus de 50 ans. Le montant de l'indemnité est, dans le cas général, de 57 % du salaire de référence en brut.
Une dette cumulée de 29 milliards d'euros en 2016 Raisonnement débile car combien est remis dans le circuit de la consommation ? Quels dégâts psychologiques et autres si l'on en arrive à paupériser la majeur partie des personnes en âges de travailler ? Comme je le dis souvent "Les camps de concentration humains ont toujours été précédés de camps de "concentration économique"".
En 2015, Le déficit de trésorerie du régime devrait atteindre  4,4 milliards d'euros.  Pour 2016, le déficit de l'Unedic devrait diminuer à 3,6 milliards d'euros . La dette cumulée de l'Unedic, quant à elle, devrait être de 25,7 milliards d'euros en 2015 et dépassera les 29 milliards d'euros fin 2016 à réglementation et cotisations constantes, soit l'équivalent de quasi une année de cotisations chômage.

Anne de Guigné dans "Le Figaro" du 14 janvier 2016 : Contrats aidés: la majorité des employeurs reconnaissent un effet d'aubaine Dans un monde basé sur la compétitivité sans règle humaine (paupérisation volontaire des Peuples pour maintenir un % financier de return pour une minorité infime), tout sera "effet d'aubaine" jusqu'au jour où arrivera un tribun qui saura draîner les paupérisés et autres Peuples et là...... même les flics (ici je ne parle pas de la Police ni de la Gendarmerie dans son aspect noble) qui acceptent de tirer sur des gosses désarmés pour des projets de barrages illégaux en terme juridique européen (projet abandonné quelques temps après) seront dépassés par le nombre de personnes et leur détermination. Etc...

" Depuis les années 1980, les gouvernements français s'adonnent massivement aux contrats aidés, des contrats de travail pour lesquels l'employeur bénéficie d'une aide de l'État. Aide mise à charge de tous tout comme les défiscalisations immobilières etc...En période de crise, ce coup de pouce à l'embauche est même perçu par les politiques comme un levier indispensable de lutte contre le chômage. Le gouvernement actuel ne fait pas exception à la règle: en 2016, les divers contrats aidés coûteront même 2,5 milliards d'euros au budget du pays.
Tous les économistes critiquent pourtant l'efficacité de ces contrats. Selon plusieurs études, le taux de réinsertion professionnelle, à moyen terme, des salariés embauchés dans de telles conditions apparaît plus faible que celui des chômeurs qui n'en ont pas bénéficié. L'enquête menée par les services statistiques du ministère du Travail, la Dares, auprès de 11.000 employeurs de salariés en contrats aidés, confirme ce point de vue. Elle a été menée en 2014, six mois après l'embauche des salariés en contrats aidés. Comment s'en étonner à la lecture des premiers articles ? En fait, cela est même un succès, qu'en pensez-vous ?
L'enquête démontre que les contrats aidés du secteur marchand sont bien plus efficaces que ceux du non marchand, en terme d'insertion professionnelle. Alors que 37% des employeurs non marchands (associations, collectivités territoriales, éducation nationale, hôpitaux…) pensent maintenir leur salarié dans l'établissement après la fin de l'aide financière publique, ce taux monte à 84% pour les employeurs du privé, et même 88 % dans le secteur de l'hébergement et de la restauration.
Coup de pouce intégré aux stratégies RH
Ces excellents résultats dans le privé sont toutefois à prendre avec des pincettes: 58% des employeurs concernés reconnaissent un effet aubaine. Même sans l'aide de l'État, ils auraient embauché le salarié en question, et pour la grande majorité d'entre eux à temps plein. En revanche, seulement un employeur non marchand sur cinq aurait embauché son salarié sans coup de pouce.
Le système des contrats aidés semble d'ailleurs parfaitement intégré aux rouages RH du secteur public. Selon l'étude, 84% des employeurs du non marchand avaient, dès le départ, l'intention de recruter en contrats aidés, contre 31% de employeurs du secteur marchand. Quasiment un tiers des salariés en contrats aidés dans le non marchand (45% pour les établissements sanitaires et sociaux, mais 2% pour le secteur marchand) ont ainsi été embauchés en remplacement d'un précédent contrat aidé.
Conclusion: le gigantesque budget alloué aux contrats aidés bénéficie bien plus aux structures qui accueillent les salariés, entreprises comme acteurs de la sphère publique, qu'aux personnes concernées."

Dans "Club Patrimoine" du 29 janvier 2016 : La croissance française au plus haut depuis 4 ans en 2015

" Au quatrième trimestre 2015, le PIB en volume croît de 0,2 %. En moyenne sur l'année, l'activité accélère : +1,1 % en 2015 après +0,2 % en 2014. Les dépenses de consommation des ménages se replient de 0,4 % au quatrième trimestre 2015 (après +0,4 % au troisième trimestre). Les dépenses en biens diminuent (-0,9 % après +0,7 %), en particulier en énergie et en habillement."

De "Direct Matin, Fabrice Coffrini/AFP" du 30 janvier 2016 :  La Suisse envisage de donner 2.300 euros par mois à tous ses citoyens

" La Suisse pourrait devenir le premier pays à mettre en place un revenu universel.  Les citoyens suisses pourraient bientôt profiter d'un revenu universel conséquent, l'équivalent de 2.300 euros par mois. Le gouvernement a en effet accepté d'organiser un référendum sur la question, le 5 juin prochain. Si la loi était approuvée, chaque citoyen suisse recevrait près de 2.300 euros par mois, sans condition. Ce "revenu universel garanti" serait même accordé aux résidents étrangers en situation régulière, ainsi qu'aux enfants. Les mineurs recevraient en effet une allocation d'environ 130 euros par semaine. Il s'agirait d'une première mondiale, même si d'autre pays, comme la Finlande, sont également en train d'étudier la mise en oeuvre d'une mesure similaire. Pour financer ce revenu universel, l'Etat suisse utiliserait les taxes qu'il perçoit, ainsi que les économies qui seraient réalisées sur l'ensemble des prestations sociales existant actuellement, puisqu'elles seraient toutes supprimées. Au total, cela représenterait environ 186 milliards d'euros par an. A l'origine de cette initative, on trouve un groupe d'artistes, d'écrivains et d'intellectuels. Ces derniers avancent notamment l'argument que le fait de donner un revenu universel à tous les citoyens ne les empêcherait pas de vouloir travailler, afin d'améliorer leurs revenus, ou tout simplement de s'épanouir dans une activité. Plusieurs études réalisées sur la question ont en effet avancé une telle conclusion. Toutefois, un sondage (Demoscope) réalisé récemment auprès des électeurs suisses a montré qu'un tiers d'entre eux estimaient que les gens cesseraient de travailler s'ils recevaient un revenu garanti, alors que 56% ne pensaient pas que ce dernier puisse un jour être mis en place"

De "les-crises.fr" du 1 février 2016 :

Commentaire : Ce graphique est excessivement intéressant car il démontre que l'ouverture totale des frontières (sans aucune limite) créera des distorsions de compétitivité salariale aussi néfastes pour les Etats pour productives pour les entreprises travaillant leur compétitivité sur la paupérisation de leurs salariés.

Dans "Trends Tendances" Belgique du 18 janvier 2016 : La révolution numérique va coûter "5 millions d'emplois en 5 ans" multiplié par les principales économies mondiales, imaginez ce que cela donne comme déstabilisation

" La quatrième révolution industrielle, qui se traduit par la numérisation ou l'impression 3D, entraînera la perte de 5 millions d'emplois en cinq ans dans les principales économies mondiales, prévient un rapport diffusé lundi par le World Economic Forum (WEF), organisateur du forum de
La quatrième révolution industrielle "entraînera de larges perturbations non seulement sur le modèle des affaires, mais aussi sur le marché du travail pendant les cinq prochaines années", indique le rapport diffusé avant le Forum de Davos qui débute mercredi.
Après la première révolution (avènement de la machine à vapeur), la deuxième (électricité, chaîne de montage), la troisème (électronique, robotique), arrive la quatrième qui combinera plusieurs facteurs à l'oeuvre comme l'internet des objets ou le big data pour transformer l'économie.
Ces transformations entraîneront une perte nette de plus de 5 millions d'emplois dans une quinzaine d'importants pays développés et émergents", affirme le WEF qui a analysé la situation dans des économies comme celles des Etats-Unis, de l'Allemagne, la France, la Chine ou encore le Brésil. "Sans une action urgente et ciblée dès aujourd'hui pour gérer cette transition à moyen terme et créer une main d'oeuvre avec des compétences pour l'avenir, les gouvernements devront faire face à un chômage en hausse constante et à des inégalités", alerte le président et fondateur du WEF, Klaus Schwab, cité dans un communiqué.

Commentaire : A quand la mise en place nationale de Fonds de Stabilisation Boursier pour atténuer les effets, corriger les endettements étatiques et proposer une solution financières aux citoyens autre que les conflits et le risque de guerre à terme ?

Ilse De Witte dans "Trends Tendances" Belgique du 18 janvier 2016 : Geert Noels: 'Arrêtons l'ineptie des banques centrales'

" Une crise financière en Chine, une déstabilisation d'un certain nombre de pays à cause du prix plancher du pétrole, l'échec de la politique des banques centrales,... L'économiste d'Econopolis Geert Noels voit peu de raisons d'être optimiste au sujet de l'économie mondiale. Il s'adressait à un auditoire d'entrepreneurs lors d'un Trends Lunch.
"Une crise des subprimes touche la Chine. C'est un problème pour la Chine et pour le reste du monde", déclare Geert Noels, économiste et fondateur d'Econopolis. Il n'a aucune confiance dans les statistiques des Chinois et doute que le gouvernement chinois puisse investir dans la lutte plus de 3000 milliards de dollars pour les réserves internationales.
Selon Noels, il y aurait eu un accord mondial entre les banques centrales au cours de la semaine dernière, comme à l'époque de la chute de Lehman Brothers. "Je déduis cela de certains mouvements sur les marchés financiers. Il y a des actions coordonnées en cours, tout comme nous l'avons observé ces dernières années dans les moments de crise."
Noels n'a pas de preuves tangibles de l'action coordonnée des banques centrales, "mais bien un sentiment très fort". Par la suite, l'économiste a également évoqué la tonalité de mise en garde adoptée tant par Christine Lagarde, la présidente du FMI, que par la Banque des Règlements Internationaux (BRI) au cours des dernières semaines. "Leurs mots font penser à 2008", estime Noels.
Dans son style passionné et enthousiaste, il a mis en garde par rapport à la politique menée par les banques centrales de par le monde. "Je suppose que chacun connait le jeu du Monopoly. Que faites-vous si un des joueurs n'a plus d'argent? Vous lui donnez de l'argent de la banque pour que cette personne puisse continuer à jouer ? Cela ne se trouve pourtant pas dans les règles du jeu, mais tout le monde le fait. Et vous ôtez ainsi au jeu ce qui en fait son âme. Le but du Monopoly, c'est de prendre des risques calculés. Si vous venez à chaque fois à la rescousse des participants qui ont pris trop de risques, ils prendront encore plus de risques la fois suivante. Que faites-vous s'il y a un hôtel sur chaque terrain? Vous mettez un second hôtel sur ces mêmes terrains? C'est de l'ineptie. Les gens adaptent leur comportement. Pourquoi épargnerais-je encore pour ma pension si je reçois tout de même une somme d'argent plus tard ? Il y a une raison pour laquelle nous devons nous tenir aux règles du jeu. Les gens ont besoin d'un contrat, d'un horizon. Cessons ces mesures non orthodoxes. Arrêtons l'ineptie."
Plan B
Mais selon ses propres dires, Noels se fait peu d'illusions. "La Banque Centrale européenne n'a pas de plan B. Les banquiers centraux vivent avec une vision télescopique. Ils poursuivront sur leur élan tant qu'ils en auront les moyens. Les taux d'intérêt ne peuvent peut-être plus diminuer, mais ils peuvent encore toujours acheter plus d'obligations d'Etat. Et les dettes ont-elles été éliminées au cours des dernières années ? Non, tout au contraire, la montagne de la dette continue à croître. On cite aujourd'hui toutes sortes d'économistes, mais personne n'évoque Minsky et le "moment de Minsky". A un certain moment, vous vous retrouvez coincé par les dettes. Ils désirent créer de la croissance qui n'existe pas en imprimant de l'argent supplémentaire. C'est une sorte de système pyramidal."
"La Banque Centrale Européenne a elle-même déclaré qu'elle se sentait confortable lorsque l'inflation varie entre 0 et 2%. Nous nous situons à 1%. Quel est le problème ? Il ne s'agit pas d'inflation. Avez-vous déjà entendu quelqu'un se plaindre du fait que les prix baissent ? Il s'agit de dettes. Plus d'inflation fait fondre les dettes plus rapidement. Je pense que nous devons de toute urgence reconnaître qu'un certain nombre de dettes ne seront jamais remboursées."
"0 pour cent d'intérêt, c'est 0 pour cent"
"Pourquoi devrions-nous supprimer l'exonération fiscale sur le livret d'épargne? Parce que Bruxelles ne se situe qu'à la 62ème place au classement des centres financiers. Londres, on ne pourra pas la rattraper, mais il y a tout de même une trentaine de pays que nous devrions pouvoir battre. Nous sommes à peu près les seuls avec cette exonération pour les livrets d'épargne. Les autres pays ne connaissent pas cela. C'est un point de référence. Ce n'est pas bon pour l'épargnant et ce n'est pas bon pour le paysage financier en Belgique. Vous créez une monoculture."
Selon Noels, on doit aussi expliquer cela au grand public. "J'ai sursauté lorsque j'ai lu les titres des journaux: "Nouvelle attaque sur les livrets d'épargne", avec ma photo en dessous. C'est simplement LE moment de s'en occuper. Les épargnants ne le sentiront pas. Il reçoivent 0% d'intérêt sur leurs livrets d'épargne. Et cela restera 0%, même s'ils doivent payer un impôt dessus. Le lobby des banques a plaidé pendant des années pour le maintien de cette exonération, mais il a maintenant changé son fusil d'épaule."
"Attention cependant", ajoute Noels. "Je ne veux pas dire que chacun doit aller retirer son argent de son livret d'épargne et commencer à acheter des actions avec cet argent. C'est toujours dangereux lorsque les gens commencent à dire 'il n'y a pas d'alternative'."
"Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi les personnes qui sont riches désirent prendre tellement de risques avec leur argent et leur placements. Il y a des risques que vous pouvez éviter. Pourquoi prendre des risques qui ne sont pas nécessaires ?

Dans "Trends Tendances" Belgique du 18 janvier 2016 : Les 1% les plus riches possèdent plus que le reste du monde'

" Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé l'an dernier celui des 99% restants avec un an d'avance sur les prévisions, a indiqué lundi l'ONG britannique Oxfam à l'approche du forum économique mondial de Davos (Suisse). "L'écart entre la frange la plus riche et le reste de la population s'est creusé de façon spectaculaire au cours des douze derniers mois", constate un rapport de l'ONG intitulé "une économie au service des 1%" publié à l'approche du Forum économique mondial (WEF), qui débute mercredi à Davos.
"L'an dernier, Oxfam avait prédit que les 1% posséderaient plus que le reste du monde en 2016. Cette prédiction s'est en fait réalisée dès 2015: un an plus tôt", souligne le rapport.
Illustration du creusement spectaculaire des inégalités ces dernières années, l'ONG a calculé que "62 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale", alors que "ce chiffre était de 388 il y a cinq ans".
L'ONG appelle les participants au forum de Davos à agir: "nous ne pouvons pas continuer à laisser des centaines de millions de personnes souffrir de la faim, alors que les ressources qui pourraient les aider sont amassées par quelques personnes en haut de l'échelle", affirme Manon Aubry, chargée des questions de justice fiscale et d'inégalités chez Oxfam France, citée dans un communiqué.
"L'ère des paradis fiscaux"
Selon l'ONG, "depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de l'humanité a bénéficié de moins d'1% de l'augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1% les plus riches se sont partagés la moitié de cette hausse".
Pour faire face à cette croissance des inégalités, Oxfam appelle notamment à mettre un terme à "l'ère des paradis fiscaux", soulignant que 9 entreprises sur 10 figurant "parmi les partenaires stratégiques" du WEF "sont présentes dans au moins un paradis fiscal".
"Nous devons interpeller les gouvernements, entreprises et élites économiques présents à Davos pour qu'ils s'engagent à mettre fin à l'ère des paradis fiscaux qui alimentent les inégalités mondiales et empêchent des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté", affirme Winnie Byanyima, la directrice générale d'Oxfam International, qui sera présente à Davos.
L'an dernier, plusieurs économistes avaient contesté la méthodologie utilisée par Oxfam. L'ONG avait défendu l'instrument de mesure utilisé dans cette étude: le patrimoine net, c'est-à-dire les actifs détenus moins les dettes.

Pour comprendre cela, je vous propose de visionner la vidéo suivante (merci au site www.les-crises.fr) : Prennez de visionnez la vidéo "Les quatre cavaliers" et ensuite la vidéo de Marc HALEVY ICI

Damien Durand dans "Le Figaro" du 18 janvier 2016 : La Suisse enchaîne les années de déflation... sans impact sur son économie

  " La confédération fait mentir ceux qui annoncent que la déflation est forcément source de récession et de chômage. Elle parvient à anticiper pour rendre la baisse des prix indolore.
C'est maintenant officiel: après un modeste 0,5% en 2014, l'inflation a été nulle en France en 2015. L'Hexagone n'a donc jamais été autant «au bord de la déflation» comme l'avertissent les économistes. Avec l'idée que «passer de l'autre côté» risque d'être un problème économique bien pire encore que la croissance molle. Une promesse de cataclysme économique qui ne semble pas perturber l'un de nos voisins: la Suisse.
Déflation structurelle
La confédération helvétique affiche en effet un taux d'inflation pour 2015 de -1,14%, autrement dit une situation de déflation assez marquée. Un contexte familier en Suisse: depuis 2009, le pays s'est retrouvé cinq fois en déflation. Ce qui ne l'empêche pas d'afficher cette année une croissance certes plutôt faible (0,8%) mais un chômage inexistant (3,3%). Et 2016 devrait être une nouvelle année de déflation: le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) prévoit déjà un chiffre de -0,1%... et 1,5% de croissance.
La Suisse se retrouve en déflation prolongée par un triple mouvement. Primo, la crise économique qui affecte le pays comme ses voisins de l'UE dans lesquels elle est enclavée et qui a freiné brutalement son dynamisme économique (le taux de croissance y était de 4,1% en 2007). Secundo, malgré les quantités importantes de liquidités injectées dans l'économie (le taux directeur en Suisse varie entre -1,25% et -0,25%), les banques rechignent à prêter… et les entreprises à emprunter. Tertio, la forte réévaluation du franc suisse, après sa chute début 2015, a contribué à la baisse des prix. Autant d'éléments qui poussent à la déflation. Mais la Suisse a su se maintenir, notamment grâce à une économie exportatrice performante qui a permis d'alimenter la croissance, l'investissement et l'emploi, là où la déflation, en principe, ravage tout.
Epouvantail
C'est l'ensemble de l'économie qui s'est ajustée à la déflation, ce qui permet de ne pas en subir les effets négatifs
André Fourçans, économiste spécialiste des questions monétaires
Et si la Suisse voit sereinement l'avenir, malgré le spectre de la déflation qui effraie le reste de l'Europe, c'est grâce à sa capacité d'anticipation. «Le vrai problème c'est quand vous vous retrouvez avec -1% d'inflation alors que votre économie était habituée à avoir +2%. Cela créé un choc: les augmentations salariales conçues pour coller à vos habituels 2% font exploser le coût du travail quand vous vous retrouvez en déflation. Conséquence, vous assistez à une baisse de la croissance et surtout à une hausse du chômage» explique au Figaro André Fourçans, économiste spécialiste des questions monétaires. «C'est souvent la première année que la déflation est la plus dure, du fait de nécessaires ajustements. Actuellement en Suisse, vous avez certes une déflation, mais les salaires nominaux et le coût du travail, eux, n'augmentent pas. Et avec la déflation, les salaires réels, et donc le pouvoir d'achat, grimpent. C'est l'ensemble de l'économie qui s'est ajustée à la déflation, ce qui permet de ne pas en subir les effets négatifs». Du moins tant qu'elle reste relativement modérée.
Et l'économiste l'assure: passée une période d'ajustement, il n'y a pas de raison que la France souffre plus que sa voisine du phénomène, si en tout cas elle devait y faire face. D'autant que même si la barre symbolique du zéro n'a pas été franchie, les différences de taux d'inflation entre la France et la Suisse sont dans la réalité plutôt faibles. André Fourçans dénonce d'ailleurs cette vision trop «conjoncturelle» qui ferait d'un passage en déflation le pire des maux: «Dans les faits, depuis plusieurs années nous n'avons plus d'inflation en France, sans que cela ne pose réellement problème. Nous avons juste oublié que l'inflation n'est jamais une évidence. Mais, concrètement, il n'y a pas beaucoup de différences pour un pays d'avoir une inflation à +0,5% ou à -0,5%»."

Benjamin Masse-Stamberger dans "Le Figaro" du 12 janvier 2016 : La crise financière qui vient sera plus violente que celle des subprimes

" Dans un contexte de grande instabilité des marchés, Benjamin Masse-Stamberger analyse les risques de retour d'une crise financière mondiale. Et évalue les conséquences qui pourraient en découler pour notre pays. Benjamin Masse-Stamberger est journaliste, membre fondateur du Comité Orwell. Ancien grand reporter à L'Express, il est co-auteur de Casser l'euro pour sauver l'Europe aux éditions des Liens qui libèrent. Il tient le blog basculements.

Souvenons-nous des subprimes. La crise avait débuté en 2007, avec la faillite de deux fonds spéculatifs de la banque américaine Bear Sterns. Du fait de l'évolution de la conjoncture, et du retournement du marché immobilier, de nombreux souscripteurs avaient réclamé, en même temps, à récupérer leurs avoirs. Dans l'incapacité de rembourser, les deux fonds avaient fait faillite. Ce mouvement avait enclenché une crise de confiance, qui avait elle-même fait tanguer les Bourses mondiales, avant d'aboutir, de fil en aiguille, à la plus grande crise financière depuis la Grande Dépression.
Or, c'est justement un phénomène semblable que les observateurs attentifs ont pu noter, en décembre dernier, de l'autre côté de l'Atlantique. Des fonds spéculatifs, comme le New-Yorkais Third Avenue, ou encore Stone Lion, ont dû mettre la clef sous la porte, dans l'incapacité de faire face à des demandes soudaines et massives de retraits de fonds.
Bien sûr, cela pourrait n'être qu'une coïncidence, si les deux événements n'intervenaient dans un contexte extrêmement similaire. D'abord, avec de très fortes tensions sur les marchés financiers, notamment en Chine, où la Bourse tangue depuis plusieurs mois. Ensuite, avec des banques centrales qui ont inondé l'économie mondiale de liquidités, soignant le mal par le mal: si la crise économique s'en est trouvée apaisée, aux Etats-Unis surtout, les germes ont été plantés pour la crise suivante, liée à l'explosion des bulles formées par cet excès d'argent dans le système. Un phénomène - de manière, là encore similaire à 2008 - que l'on observe déjà en partie, avec des fuites de capitaux massives dans certains pays émergents, au risque de déstabiliser leurs économies.
Ce sont les mêmes « experts », qui, en 2007, nous assuraient que l'autorégulation était la panacée universelle, et que l'économie mondiale, grâce au progrès technique, allait voguer indéfiniment sur une mer d'huile. On a vu le résultat…
Autre similarité: les déséquilibres de l'économie mondiale, dont le symptôme principal réside dans les difficultés chinoises. L'Empire du Milieu éprouve les plus grandes difficultés à passer d'un modèle fondé sur les exportations d'une industrie à bas coût, à un autre reposant sur la consommation intérieure et les services. Mais l'Occident ne se porte guère mieux: certes, la croissance américaine a redémarré, mais la réindustrialisation est en grande partie un leurre, et c'est bien l'action résolue de la Fed, la Banque Centrale américaine, qui a permis de maintenir à flot l'économie américaine. Quant à l'Europe, si certains pays se portent mieux que d'autres, elle a globalement le plus grand mal à sortir de la situation de déflation où l'empilement des plans d'austérité l'a conduite. Le Vieux Continent, comme les Etats-Unis, est de plus voué à subir les effets du ralentissement chinois, d'autant que Pékin ne cesse de dévaluer sa monnaie, afin d'améliorer sa compétitivité, aux dépens notamment des pays occidentaux. Après 2008, la coopération internationale, via le G20, devait primer. En fait, c'est bien la guerre de tous contre tous qui s'est poursuivie sans répit.
Même constat du côté du secteur financier. La finance devait être réformée et régulée. En fait, les problèmes ont été transférés des grandes banques, désormais effectivement mieux surveillés, vers la finance de l'ombre, elle encore moins régulée que ne l'étaient les grands établissements financiers avant la crise de 2008. Selon le Financial Stability Board, le «shadow banking» représentait fin 2015 80 000 milliards de dollars - soit plus de 50 % des actifs financiers et de 120 % du PIB mondial - contre seulement 50 000 milliards en 2007. Autant dire - dans un contexte d'accélération toujours plus grande des transactions financières - que l'opacité et l'instabilité du système financier n'ont fait que se renforcer.
Tous les ingrédients d'une nouvelle crise sont donc réunis. Bien sûr, les rituels experts nous répéteront que «cette fois c'est différent.» Que la finance est aujourd'hui sous contrôle. Que les banques centrales sont désormais aux aguets. Que l'économie mondiale repose sur des bases plus solides. Seul hic: ce sont les mêmes «experts», qui, en 2007, nous assuraient que l'autorégulation était la panacée universelle, et que l'économie mondiale, grâce au progrès technique, allait voguer indéfiniment sur une mer d'huile. On a vu le résultat…
On a d'autant plus de mal à les croire que d'autres, comme le célèbre spéculateur George Soros, qui figurait lui parmi les quelques-uns à avoir prévu la crise de 2008, annonçait fin 2015 que la situation actuelle était très semblable à celle de l'époque. Que, peut-être, il suffirait d'un «cygne noir», ces fameux événements imprévisibles, pour amorcer un véritable mouvement de panique. Le défaut d'un grand pays émergent pourrait être celui-là. Les plus malins, au sein du secteur financier, l'ont évidemment déjà anticipé.
Bien sûr, un tel scénario n'est pas certain à 100 %. Mais, si l'on veut l'éviter, mieux vaut l'envisager franchement, plutôt que se mettre la tête dans le sable, comme cela a été si souvent le cas, en particulier en France. Notre pays, dont le tissu économique et social se remet à peine de la précédente crise, aurait en effet particulièrement à perdre d'une deuxième secousse. Il faudrait alors beaucoup plus que les rituels appels à l'union nationale, et autres symboles de renouveau patriotique, pour éviter qu'il ne se délite complètement."

Charles Sannat dans "Economie matin" du 12 janvier 2016 : La déflation, l'inflation et l'or, le combat des dieux !!

" Depuis 2007 et l’explosion de la crise des subprimes rien, je dis bien rien n’a changé. Nous vivons depuis maintenant presque 9 ans un combat titanesque, dantesque, je dirais même d’anthologie entre les forces inflationnistes et les forces déflationnistes.
On pourrait croire qu’il ne se passe rien parce que finalement ces deux adversaires de force presque identique se « compensent » et donc pour le commun des mortels, pour l’être humain normal il n’y a ni vraiment d’inflation, ni vraiment de déflation, finalement il ne « se passe pas grand chose », c’est le calme plat, une forme de stabilité en réalité profondément trompeuse. Ce phénomène de déflation et d’inflation (ce qui est totalement contradictoire) je lui ai donné le nom il y a quelques années d’indéflation pour décrire la coexistence de deux concepts radicalement opposés qui pourtant coexistent dans les faits en raison justement de ce combat de titans qui est à l’oeuvre aujourd’hui.
L’économie est déflationniste !
L’économie mes chers amis est déflationniste. Elle est déflationniste structurellement et conjoncturellement.
Structurellement car par définition, le capitalisme vise toujours à faire mieux avec moins, à produire plus pour moins cher, à augmenter sa productivité et son efficience.
En termes conjoncturels, l’économie traverse une phase encore plus déflationniste dans la mesure où la mondialisation, la globalisation, les progrès de l’informatique et de la robotique sont profondément déflationnistes aussi.
Exact, mais il faut aller au-delà car si les prix baisses, les conditions de production (salaire, protection, stabilité etc..) baissent aussi. Tout comme en Bourse, les cours ne veulent rien dire sans prise en compte des volumes, les chiffres de déflation ou d'infation ne veulent rien dire sans la prise en compte des conséquences systémiques. Il est vrai que nous sommes à l'ère de la conceptualisation à outrance en défaveur d'une anayse structurée et volontairement objective dans sa volonté. Aujourd'hui, trop souvent, nous remplaçons l'analyse, l'objectivité par des affirmations conceptualisées selon la "bonne pensée" médiatique du moment et médiatisée à grand coup de mots n'ayant comme seul sens, leur absence de sens.  Enfin, il ne faut pas oublier la démographie partout orientée vers le vieillissement des populations au mieux et au pire comme au Japon vers la réduction de la population aussi bien active que totale. Là-aussi, pourquoi devrions-nous être systématiquement en croissance de population ? L'équilibre, l'équilibre...
L’économie mondiale, globalement est donc profondément déflationniste non, ce sont nos décisions et nos normes qui l'a rende déflationniste ou inflationniste, or dans un monde qui repose sur une pyramide de dettes en augmentation constante, la déflation est le pire des scénarios, la déflation entraîne l’insolvabilité et l’effondrement du système. Il faut donc par tous les moyens combattre la déflation.
On ne peut combattre la déflation que par l’inflation !
Pour éviter la déflation, il n’y a pas d’autre choix que d’invoquer les forces maléfiques de l’inflation !!! Pour ce faire les banques centrales du monde entier ont décidé de politique de taux d’intérêt proches de zéro ou négatifs, on peut même décider d’injecter de l’argent créé de toutes pièces à travers des « rachats d’actifs » ou autres plans appelés QE par exemple. Sans prise en compte des effets des règles comptables qui transforment du vent en référence financière, nous ne pourrons que nous tromper
Tout cela amène à augmenter de façon très importante la quantité de monnaie disponible dans le système économique. Cela vient également biaiser complètement le processus de fixation des prix puisque l’argent est gratuit, l’argent ne coûte rien. Les éléments qui biaisent le système sont la répartition, les optimisations comptables et financières, les lobbies, la corruption intellectuelle et/ou financière des décideurs etc...
Résultat ? Nous obtenons la formation de bulles financières ou spéculatives monumentales. Ces bulles sont avant tout comptables. Ces bulles comptables ont pour objet de dévier la liquidité vers les uns en défaveur des autres qui n'ont que des chiffres comptables sans réelle liquidité. Réalité à la base des krachs. Nous assistons à la coexistence de deux phénomènes contradictoires avec l’augmentation de certaines choses et la baisse de certaines autres. Si les salaires des gens baissent par exemple, si les matières premières baissent parce qu’il n’y a pas de croissance, l’immobilier monte toujours, l'immobilier ne monte pas toujours, l'immobilier est faussée par les défiscalisations, les politiques urbanistiques misent en place pour faire vivre (rentabilité organisée via la concentration de population sur un schéma dupliqué à foison alimentant la paupérisation salariale, l'inflation immobilière etc.. favorablent à la concentration de richesses et de pouvoir vers ses promoteurs) des grands groupes commerciaux et autres absurdités et les actions montent encore quand va-t-on inclure dans ce type de raisonnement les effets comptables qui faussent à plus de 98% les raisonnements. En fait, nous sommes malades de notre docilité intellectuelle et morale. Docilité qui dans certains cas pourrait faire croire à de "l'imbécilité"., sans parler des obligations !!! J'arrête la lecture de cet article. Monsieur Sannat a connu de meilleurs jours....ou c'est moi qui suit "à côté de la plaque".
C’est cela l’indéflation. Mais globalement, vues par les « gens d’en bas », les choses finalement semblent relativement stables.
Rien n’a changé, la déflation gagne toujours d’où une fuite en avant nécessaire
Dès que l’on arrête les « stimuli » monétaires et les injections de monnaies, l’économie retrouve sa tendance naturelle à savoir la déflation. Il est impossible d’en sortir sauf à changer la nature des facteurs qui l’expliquent à savoir la mondialisation, les progrès techniques, la nature même du capitalisme et enfin la démographie.
Comme nous ne remettons en cause aucun de ces facteurs déflationnistes (je ne juge pas, je constate froidement) il est évident que je peux vous annoncer sans me tromper que la déflation va se poursuivre.
Comme la déflation entraîne au bout du compte l’insolvabilité généralisée (les dettes augmentent, les PIB baissent, donc tout le monde termine par une faillite retentissante), et que personne ne veut d’un effondrement total du système, il n’y a qu’une seule issue… lutter contre cette déflation en utilisant l’inflation donc en jouant sur la quantité de monnaie.
D’où l’idée que plus c’est pourri mieux c’est !!!
Et oui, le raisonnement est très simpliste mais pour le moment il fonctionne à merveille. Plus la situation est pourrie, plus l’économie est mauvaise et déflationniste plus les autorités financières, les banques centrales et autres mamamouchis de l’économie seront obligés pour éviter l’effondrement de créer tout plein de billets tout neufs !!! Et cela va faire monter les actifs comme les actions, les obligations, et l’immobilier que l’on va se dépêcher d’acheter non pas parce que c’est intelligent de le faire à long terme mais parce ce que, à court terme, le prix des actifs va forcément monter.
Plus c’est pourri donc, plus les taux baissent et l’argent coule à flot, plus le risque inflationniste revient et donc l’or augmente !
Mais retenez bien une chose. Les prix de l’or ne prennent en compte qu’une seule chose : le risque inflationniste. Les prix de l’or ne prennent pas du tout en compte le risque d’insolvabilité qui serait la conséquence ultime de la victoire de la déflation dans ce combat de titans.
Dans tous les cas, l’économie actuelle est morte et votre épargne aussi. L’économie est morte parce qu’au bout du compte, soit l’inflation soit la déflation gagneront et dans les deux cas votre épargne sera laminée, soit par une hyperinflation soit par des faillites.
La seule question est de savoir combien de temps les autorités mondiales sauront piloter ensemble la situation pour maintenir ce statut quo, et franchement, aujourd’hui bien malin celui qui peut le dire. Cela peut durer encore 10 ans comme prendre fin dans un mois. Il ne faut pas non plus oublier le risque de choc exogène qui viendrait enrayer cette belle stratégie bien fragile de nos banques centrales. Le moindre grain de sable peut provoquer un effondrement presque immédiat.
Vous devez avoir conscience de ce combat entre inflation et déflation, vous devez avoir conscience de la fragilité extrême de ce système et du statut quo dont nous bénéficions tous.
En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !
Article écrit par Charles Sannat pour son blog Insolentiae

 

Dans "Trends Tendances" Belgique du 12 janvier 2016 : La recette miracle de la Suisse dont on devrait s'inspirer

" C'est une tradition bien ancrée maintenant dans le business: le Forum de Davos réunit chaque année la crème de la crème des mondes économique et politique. En 2016, à nouveau, les puissants se retrouveront du 20 au 23 janvier dans cette station suisse pour parler des défis mondiaux.
Klaus Schwab, le fondateur de ce Forum des puissants, a dévoilé à mes confrères du journal suisse Le Temps les grandes lignes de ce qui sera discuté sur place.
La première remarque, c'est que notre monde devra s'habituer à vivre avec une croissance plus faible. Les prévisions pour 2016 font état d'une croissance mondiale de l'ordre de 3%, contre plus de 5% avant la crise de 2008. Si cette croissance molle perdure, comme certains économistes le pensent, c'est simple, cela signifie que la richesse mondiale, qui doublait habituellement tous les 14 ou 15 ans, ne le fera plus que tous les 24 ans ! C'est donc un premier défi: les gouvernements devront apprendre à gérer l'exclusion sociale, car la machine à créer des emplois sera momentanément grippée !
Les autres défis que voit le fondateur du Forum de Davos sont les conflits régionaux, les cyber-attaques de grande ampleur et les chocs dans tout le système monétaire et fiscal, car le monde est hélas encore surendetté. Klaus Schwab estime la dette mondiale à 200.000 milliards de dollars. C'est énorme, et il faudra bien trouver une solution pour la dégonfler. Pourquoi ne pas mettre en place des fonds de Stabilisation Boursier nationaux ? Voir ICI
La recette miracle de la Suisse dont on devrait s'inspirer
L'autre message que fait passer le patron du Forum de Davos, c'est que les populations européennes doivent s'adapter au nouveau monde. En Europe, dit-il, "nous nous sommes habitués à un niveau de vie, à un système de sécurité sociale - qu'il trouve juste - mais désormais, dit-il, sur le plan technologique, par exemple, nous n'avons pas seulement la concurrence des Etats-Unis, mais aussi celle de la Chine et de l'Inde, et demain d'autres pays. Les Européens doivent être beaucoup plus conscients que tout ce que nous avons aujourd'hui peut être rapidement perdu si nous n'évoluons pas assez vite".
En conclusion, pour le fondateur du Forum de Davos, "changer veut dire embrasser le futur, embrasser le changement". Et le pays qui a compris cela, toujours selon Klaus Schwab, c'est la Suisse. Le pays est toujours classé parmi les pays les plus compétitifs au monde, avec le risque de confort que cela implique, c'est-à-dire d'oublier de s'inquiéter. Or, aujourd'hui, ne plus se faire de souci est dangereux. Le monde change tellement vite que plus personne n'a de situation garantie. Le fondateur du Forum de Davos dit qu'il faut être confiant, et en même temps s'inquiéter constamment. C'est visiblement la recette miracle de la petite Suisse. Et les Suisses ne basent pas leur économie sur la paupérisation, bien au contraire, ni sur une un système de sécuroté socaile à minima... À nous autres Belges de nous en inspirer.

Commentaire : Un article est en rédaction sur les changements de paradigmes SOCIOECOPOFI actuels. Cet article est très intéressant car les propos sur la Suisse demontent les réflexions et affirmations de cet article que l'on pourrait prendre raisonnablement comme négatives.

Marie Théobald dans "Le Figaro" du 12 janvier 2016 : Pourquoi 2016 sera l'année de la reprise dans la zone euro

" LE SCAN ÉCO - Baisse des prix du pétrole, hausse des salaires, taux d'intérêt faibles... Tous ces indicateurs devraient pousser les ménages à consommer davantage et les entreprises à investir.
Dans la zone euro, la reprise se confirmerait mais resterait modérée. C'est ce qu'affirme l'Insee dans ses perspectives économiques de ce début d'année 2016 pour la zone euro, préparées avec l'IFO (institut allemand) et l'Istat (institut italien). Le produit intérieur brut croîtrait de 0,4% par trimestre en volume au premier semestre 2016 après avoir augmenté d'1,5% en moyenne annuelle en 2015, selon les dernières estimations.
La croissance du PIB a légèrement ralenti au troisième trimestre 2015 (0,4% après 0,5% au deuxième trimestre) en raison de la stabilisation des investissements et du ralentissement des exportations, et ce, malgré une croissance robuste des consommations privée (0,4%) et publique (0,6%).
Quels sont les moteurs de la reprise annoncée pour 2016?
• Une progression de la consommation des ménages dûe à la baisse des prix du pétrole
La nouvelle baisse des prix du pétrole et la hausse de l'emploi et des salaires favoriseraient le pouvoir d'achat, ce qui porterait la consommation privée, après un léger fléchissement attendu au quatrième trimestre 2015, sous l'effet des craintes causées par les attaques terroristes meurtrières du 13 novembre à Paris.
Cette robustesse de la demande intérieure, dopée par une légère accélération du commerce mondial, devrait entraîner une augmentation des importations. Le commerce extérieur ne devrait donc pas bénéficier de cette accélération de la consommation...
En revanche, cette hausse de la demande, ainsi que l'amélioration du climat des affaires, le nouvel élan de la croissance aux États-Unis et une diminution des inquiétudes vis-à-vis de l'économie chinoise devraient doper la production industrielle. Celle-ci accélérerait de 0,4% aux premier et deuxième trimestres 2016, après avoir connu une perte d'élan au printemps 2015 (elle accusait un recul de -0,1% au deuxième trimestre 2015). Le ralentissement de l'activité dans les pays émergents suscitait alors l'inquiétude, provoquant une révision à la baisse des prévisions de leur croissance.
L'augmentation des investissements générée par des conditions de financement favorables et une utilisation accrue des capacités de production
Face à la faiblesse de l'inflation, la Banque centrale européenne maintient sa politique monétaire accommodante. Dans ce contexte, les taux d'intérêt resteraient bas, ce qui favoriserait l'investissement sur cette même période, les entreprises s'endettant pour un coût moindre.
De plus, la hausse du taux d'utilisation des capacités de production générerait également une accélération de l'investissement, que ce soit en équipement ou en construction.
• La consommation publique poussée par la politique budgétaire
Selon l'Insee, la politique budgétaire stimulerait la consommation publique, principalement du fait de la hausse des dépenses allemandes pour l'accueil des réfugiés.
• Une augmentation de l'inflation
L'inflation atteindrait 0,5% au premier trimestre 2016 puis 0,4% au deuxième trimestre. En 2015, les prix étaient restés stables du fait de la chute des prix de l'énergie. Qu'est-ce qui changerait en 2016? «Sous l'hypothèse de stabilité du taux de change à 1,08 dollar pour 1 euro et d'un baril de pétrole à 35 dollars, le prix du pétrole pèserait moins sur l'inflation», indique l'Insee. Celle-ci serait en outre stimulée par des facteurs internes (hausse des revenus, de la consommation et des investissements).
Cependant...
Dans sa note l'Insee avertit qu'«une escalade des conflits au Moyen-Orient pourrait ébranler la confiance des consommateurs, des producteurs et des investisseurs dans le monde. Dans un tel scénario, le cours du pétrole pourrait remonter brusquement, car beaucoup de pays de cette région comptent parmi les principaux producteurs de pétrole du monde».
Par ailleurs, des risques existent aussi par rapport à la transformation structurelle de l'économie chinoise actuellement tournée vers l'export et les investissements pour aboutir à une économie tirée par la consommation. «Un raté dans ce processus de transformation pourrait de nouveau conduire à une sortie des capitaux des pays émergents, ce qui pourrait causer des turbulences sur les marchés financiers, voire entraîner une crise de change. À l'inverse, les importations des pays émergents pourraient accélérer plus fortement qu'anticipé, en contrecoup de leur chute du début 2015», peut-on lire dans la note."

Cédric Boitte dans "Trends Tendances" Belgique du 8 janvier 2016 : Des gourous de Wall Street prédisent un krach boursier

 " George Soros, Dennis Gartman et les analystes techniques d'UBS prévoient une chute sensible des Bourses cette année sur fond de tensions en Chine où Marc Faber prédit un atterrissage brutal de l'économie après des décennies de forte croissance. çà c'est ballot alors que je prédis une phase de hausse à écheance de 2020
La Chine exporte ses problèmes
La principale inquiétude du moment est évidemment la Chine. Après l'atterrissage brutal des Bourses chinoises et des matières premières, c'est au tour de la deuxième économie mondiale pointe ainsi Marc Faber, analyste suisse et auteur du Gloom Boom Doom Report. En dévaluant son yuan, la Chine exporte ses problèmes dans le reste du monde souligne George Soros. Surnommé "l'homme qui fit sauter la Banque d'Angleterre" en référence à son pari baissier sur la livre en 1992, le milliardaire dresse des parallèles entre la situation actuelle et la crise financière de 2008. En commençant à relever ses taux, la Réserve fédérale américaine pourrait bien avoir précipité la chute de Wall Street comme en 2000 ou en 2006.
7 ans de malheur
Les analystes techniques d'UBS se référent également à la dernière crise, prévoyant une chute d'au moins 20% à 30% en 2016-2017. Ils axent surtout leur conclusion sur le cycle habituel de Wall Street qui forme un sommet (environ) tous les 7 ans comme le montre le graphique ci-dessous. Les analystes d'Hulbert Financial Digest épinglent pour leur part que le Dow Jones a près d'une chance sur deux de finir l'année dans le rouge après avoir reculé au cours de la première séance de janvier comme ce lundi. À noter que les spécialistes d'UBS recommandent d'acheter de l'or pour éviter la chute des actions.

Evolution de l'indice S&P 500 avec cycles de 7 ans

 

Dans "Trends Tendances" Belgique du 8 janvier 2016 : Ces indicateurs alternatifs qui prédisent l'économie

" Comment prédire l'avenir quand l'économie fait l'objet de nombreux soubresauts? Voilà une question qui est, d'autant plus d'actualité, que la semaine dernière, personne n'avait imaginé que l'année 2016 allait démarrer avec une énorme crise boursière en Chine.
   Il ne faut jeter la pierre à personne, avec le terrorisme, les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques, il y a de quoi faire perdre son latin à n'importe quel économiste ou prévisionniste. La règle aujourd'hui, c'est qu'il n'y a plus de règle! Et comme les méthodes classiques ne sont pas capables de nous rassurer sur l'avenir, de plus en plus de décideurs se basent sur d'autres indicateurs pour tenter (je dis bien tenter) de deviner l'avenir.
Les uns, par exemple, épluchent la presse ou plutôt son état de stress. C'est ce que fait un universitaire de Stanford. Partant du principe que les médias reflètent nos angoisses via les sujets traités, il analyse le vocabulaire utilisé, et sa fréquence, en espérant ainsi saisir le stress ambiant.

Comme les méthodes classiques ne sont pas capables de nous rassurer sur l'avenir, de plus en plus de décideurs se basent sur d'autres indicateurs pour tenter de le deviner.
D'autres, comme le géant BlackRock, une société qui gère des milliards de dollars d'actifs, utilise les recherches en ligne des internautes ; ce qui lui donne une idée ou des indications sur leurs intentions d'achats, et donc sur l'état de la consommation et l'activité.
Certains encore, sur l'air de "quand le commerce va bien, tout va bien", se basent sur le trafic maritime. L'indice qui est souvent ausculté ici est le Baltic Dry Index, qui mesure en quelque sorte l'état de ce trafic. Lorsqu'il est bas, ce n'est pas bon en principe pour l'économie mondiale. Mais je dis "en principe", car la corrélation est de moins en moins évidente aujourd'hui.
Les auditeurs plus âgés se souviendront qu'il y a un indicateur, qui a souvent été utilisé pour savoir si notre économie allait mieux ou pas, c'est celui de l'intérim ! Lorsque l'intérim redémarre, on peut espérer que l'économie et les créations d'emplois vont suivre. A l'inverse, une baisse de l'intérim laisse sous-entendre que les entreprises ont le pied sur le frein et qu'il faudra attendre encore pour voir la reprise économique.
Vous voyez, les indicateurs alternatifs ne manquent pas si on veut savoir ou tenter de savoir si l'économie se redresse ou pas. L'un des plus originaux que j'ai vus jusqu'à présent, c'est le baromètre "body minute". En effet, cette chaine d'instituts de beauté a constaté que ses clientes s'offraient des massages avant tout quand elles étaient optimistes pour l'avenir. Aux dernières nouvelles, ces prestations étaient hélas en baisse..."

Commentaire : Alors .... et SOCIOECOPOFI qui a un "carton" plein depuis 1996... Il est vrai qu'en prédisant un cycle de hausse en pleine crise, c'est plutôt "chaud".

Frédéric Fubini dans "La Tribune" du 8 janvier 2016 : Une réflexion économique si pauvre...

" Les économistes influents sont toujours les mêmes, avec en bandoulière, leurs théories dépassées par la crise. Le marché de la réflexion économique est décidément fermé.
Imaginez que vous vous soyez endormi en 2006, et que vous vous réveilliez seulement aujourd'hui. L'économie mondiale vous semblerait à peine reconnaissable. En effet, pendant que vous rêviez de fortunes immobilières, les États-Unis et l'Europe ont été frappés par la plus grave crise financière depuis 80 ans, tandis que l'économie étatiste chinoise a rapidement pris le dessus sur l'Allemagne et le Japon, jusqu'à devenir la deuxième économie mondiale (sachant par ailleurs qu'en dépit de son récent ralentissement, elle devrait bientôt surpasser l'économie américaine).
Face à des changements aussi considérables et inattendus, vous seriez sans doute encore plus surpris d'observer ce qui n'a pas évolué : la manière dont les économistes réfléchissent sur eux-mêmes et sur leur discipline.
 L'absence de renouvellement intellectuel
Pour le constater, il suffit de se rendre sur le site web Ideas.RePEc.org. Le site RePEc (Research Papers in Economics) fournit sans doute ce qui se rapproche le plus d'une hiérarchisation crédible des économistes, un peu à la manière du classement ATP intéressant les joueurs de tennis professionnels. Totalement ouvert et entièrement gratuit (grâce à la contribution de centaines de volontaires issus de 82 pays), ce site propose en ligne une base de données décentralisée, qui rassemble près de deux millions de travaux liés à la recherche économique, tels que documents de réflexion, articles de presse, ouvrages et autres logiciels. Son indice d'influence évalue le nombre de citations faisant référence à chaque auteur, en prenant en compte l'impact et l'époque concernée (sans quoi Adam Smith et Karl Marx occuperaient encore aujourd'hui le haut du classement).
Ce classement étant mis à jour chaque mois, RePEc permet aux internautes de découvrir quels économistes sont considérés par leurs pairs comme les plus influents au cours du temps. J'ai ainsi comparé le classement de décembre 2006 avec celui de septembre 2015, afin de déterminer si l'indice RePEc avait évolué en phase avec la réalité économique.
J'ai constaté que ce n'était pas le cas. Malgré la survenance de troubles financiers et économiques profonds - très largement imprévus - au cours de la décennie, l'influence intellectuelle exercée par ceux dont les théories ont le plus clairement souffert demeure absolument intacte.

Des prévisions rationnelles? L'efficience des marchés?
Face à une succession d'éclatements de bulles de crédit représentant plusieurs milliers de milliards de dollars, que penser du point de vue de Robert Lucas selon lequel les prévisions rationnelles permettraient à des « agents », parfaitement précis dans leurs calculs, de maximiser l'utilité économique ? Que penser de l'hypothèse formulée par Eugene Fama autour de l'efficience des marchés, selon laquelle les prix des actifs financiers reflèteraient systématiquement l'ensemble des informations à disposition concernant les fondamentaux économiques ?
Nul besoin d'être économiste pour s'interroger sur ces questions. Or, Lucas et Fama ont tous deux progressé dans les classements RePEc au cours de la période que j'ai évoquée, passant respectivement de la 30e à la neuvième place, et de la 23e à la 17e. Cette persistance au plus haut du classement se révèle frappante de manière générale. Si l'on observe le top 10 des économistes de septembre 2015, six y étaient déjà présents en décembre 2006, deux autres étant passés en 11e et 13e positions.
16% de renouvellement dans le top 100
La mobilité au sein des classements RePEc demeure limitée même lorsque l'on élargit la fourchette examinée. À titre d'exemple, seuls 14 économistes présents au top 100 de 2015 ne figuraient pas au top 5 % des économistes en 2006, fourchette pourtant beaucoup plus large, tandis que seulement deux autres avaient progressé de plus de 200 places au cours de la décennie précédente. Parmi les économistes récemment classés entre les 101e et 200e positions, seuls 24 n'étaient pas présents au top 5 % de 2006, et seuls dix économistes avaient progressé de plus de 200 places. Le taux de renouvèlement parmi les 200 économistes les plus influents a atteint seulement 25 % - et tout juste 16 % dans le top 100 - lors d'une décennie au cours de laquelle la puissance explicative des théories économiques dominantes a pourtant cruellement fait défaut.
Des barrières à l'entrée insurmontables
L'aspect le plus frappant réside dans une dichotomie entre le rythme des évolutions d'une part au classement des économistes, et d'autre part dans l'économie elle-même. Les barrières à l'entrée au club des dix personnes les plus riches de la planète, ou encore des dix sociétés les plus prospères au monde, semblent moins insurmontables que les barrières à l'entrée du top dix des économistes. D'après le magazine Forbes, seules deux des dix personnes les plus riches en 2015 (Bill Gates et Warren Buffet) appartenaient déjà à ce top dix en 2006. De même, seules trois sociétés - ExxonMobil, General Electric, et Microsoft - ont occupé le top dix de la capitalisation de marché à la fois en 2006 et 2015.
Des hommes blancs, la soixantaine ou plus
Dans le classement des économistes, en revanche, les critères tels que le sexe ou l'origine géographique viennent confirmer une inertie généralisée. Seules quatre femmes figuraient au top 200 du classement RePEc en 2015, trois en décembre 2006, et seulement deux à la fois en 2006 et 2015. De même, les pays émergents - qui représentant pourtant plus de 90 % de la population de la planète, trois quarts de la croissance du PIB mondial au cours de la dernière décennie, et près de la moitié du revenu total en dollars courants - ne comptent que 11 des leurs dans le top 200 des économistes de septembre 2015, et dix en décembre 2006. Par ailleurs, dix de ces 11 économistes - à savoir trois Iraniens, quatre Indiens, deux Turcs et un Chinois - vivent et travaillent aux États-Unis ou au Royaume-Uni depuis leur vie étudiante.
Le reste des économistes du top 200 formulé par RePEc sont généralement des hommes, blancs, ayant la soixantaine ou plus - soit d'un âge supérieur d'environ trois décennies à celui auquel l'auteur économiste ou scientifique est généralement le plus innovant, d'après les recherches de l'économiste Benjamin Jones. Aucun individu noir, qu'il soit Américain ou autre, ne figure dans le top 200.
Faut-il s'étonner qu'à l'issue même d'une Grande Récession ayant soulevé de sérieux doutes concernant les théories d'un marché rationnel si dominant il y a dix ans, les plus hauts rangs de la recherche économique demeurent si largement inchangés ? Après tout, nombre de ces experts ont apporté d'immenses et durables contributions dans notre compréhension de la manière dont fonctionnent les marchés et les sociétés, sachant par ailleurs que les idées ont tendance à progresser et à disparaître lentement, tels les glaciers, et non à toute vitesse comme les armées.
Un marché fermé
Pour autant, remplacez le nom des économistes de premier plan par le nom de produits issus de n'importe quel marché - par exemple celui de l'automobile ou des semi-conducteurs - et la plupart des observateurs s'entendront pour constater que le classement RePEc s'apparente à un marché fermé, inefficace, et caractérisé par d'importantes barrières à l'entrée. Les économistes majeurs d'aujourd'hui seraient-ils si désireux de préserver leurs propres idées qu'ils en ignoreraient (voire repousseraient) l'innovation issue de nouveaux horizons ?
Pour un groupe d'acteurs si confiants dans le libre marché, et si adeptes de la « destruction créatrice », il y a là une question à traiter de toute urgence. Car la réponse revêt non seulement d'immenses implications pour la croissance purement intellectuelle, mais également pour le bien-être de l'humanité toute entière.

Paul Molga dans "Les Echos" du 8 janvier 2016 : Le bidonville est-il l'avenir de l'urbanisme ?

" Dharavi, Bombay, grand bidonville d'Asie. Le prince Charles créé surprise décrivant, livre « Harmony », « une organisation intuitivement supérieure ».
Plus dense, mixte, d'emblée piétonne et économe en énergie, l'organisation spontanée des « quartiers informels » inspire les nouveaux modèles de développement urbain.
Et si le prince Charles avait eu raison ? Il y a cinq ans, dans son livre « Harmony », sorti dans la foulée du film « Slumdog Millionaire », il vantait « l'organisation intuitivement supérieure » de Dharavi (Inde), le plus grand bidonville d'Asie, fort de 1 million d'habitants. L'héritier du trône britannique comparait les développements immobiliers « fragmentés et déstructurés » des nations occidentales à « l'ordre et l'harmonie » qui règnent dans ces quartiers poussiéreux. Livrés à eux-mêmes dans un environnement hostile, délaissés par les autorités, les résidents ordonnent intuitivement une façon efficace de vivre ensemble, constatait-il. Ils recyclent leurs déchets, construisent leur habitat avec les matériaux qui leur tombent sous la main et élèvent la solidarité en principe d'aménagement durable. « Nous avons beaucoup à apprendre sur la façon dont les systèmes complexes peuvent s'auto-organiser autour du capital communautaire pour créer des ensembles harmonieux », avait-il lâché aux médias, incrédules, en marge de l'ouverture des Jeux du Commonwealth dans la capitale indienne, New Delhi.
Des chercheurs emboîtent aujourd'hui le pas princier. « Ces quartiers informels ne sont pas inférieurs à la ville officielle. Ils sont la ville ?"off", comme les festivals en marge du calendrier : des lieux qui se construisent spontanément avec la seule compétence des habitants, sans urbanistes ni architectes, et qui n'ont comme seule visée que de parvenir à vivre collectivement le mieux possible », estime Valérie Clerc, chercheuse à l'Institut de recherche pour le développement.
Les panoramas urbains comparés qu'elle présente lors de séminaires font toujours sensation. Elle y montre des ressemblances troublantes entre certains de ces bidonvilles et les plus belles rues d'Antibes, de Santorin, de Saint-Paul-de-Vence, de Rome ou de Barcelone ! « L'hygiène n'y est pas décente, mais leur agencement calque le modèle des villes durables : compactes, denses, piétonnes, aux rues étroites et ombragées, mélangeant habilement emploi et habitat dans un espace public partagé entre tous qui solidifie les liens sociaux », décrit la chercheuse. Vue du ciel, la morphologie de ces quartiers fait apparaître des évidences fonctionnelles, comme la sauvegarde de surfaces paysannes pour alimenter des marchés de proximité, la géométrie des rues, facilitant l'orientation dans ces dédales sans noms, et l'optimisation de l'espace : 90 % au moins des surfaces disponibles sont occupées, avec une densité qui peut atteindre 300.000 habitants au kilomètre carré, soit 15 fois celle de Paris.
Intégrer plutôt que détruire
Aujourd'hui, 40 % de l'expansion urbaine mondiale se fait dans des bidonvilles de façon « rapide et incontrôlée », selon le rapport « Global Risks 2015 » publié l'an dernier par le Forum économique mondial de Davos. « C'est un mouvement irrésistible », observe Julien Damon, professeur associé du master urbanisme à Science po et chroniqueur aux « Echos ». Un tiers de la population citadine, soit plus de 1 milliard d'humains, s'entasse déjà dans les périphéries urbaines, et la proportion devrait atteindre 40 % en 2030. C'est déjà le cas au Caire, où le foncier public disponible en périphérie, les propriétés institutionnelles abandonnées et les terrains non constructibles ont été illégalement urbanisés, partageant les décideurs politiques entre stratégie de « bulldozérisation », de laisser-faire ou de régularisation. « Ce qui fait hésiter les autorités, outre la pression démographique que les politiques publiques peinent à suivre, c'est l'exemple vivant que fournissent ces bidonvilles en matière d'adaptation de la ville à ses propres contraintes, explique Valérie Clerc. Ils réinventent l'espace urbain. On doit donc travailler à leur intégration plutôt qu'à leur destruction », milite-t-elle.
Medellin est l'une des premières à s'y être essayée. En 2003, la deuxième ville de Colombie a mis en service une ligne téléphérique pour relier faubourgs déshérités et centre-ville. Le bouleversement a été tel pour ses 45.000 usagers quotidiens qu'une deuxième ligne a été fournie par le groupe français Poma, en 2008, puis un escalier mécanique géant en 2012 pour relier les flancs de la « Comuna 13 », alors connue comme le bidonville le plus violent de la ville. L'extrême pauvreté n'a pas été éradiquée, mais le désenclavement (le centre n'est plus qu'à une dizaine de minutes, contre plusieurs heures auparavant) et les aménagements publics qui ont accompagné ces investissements (voie d'accès bitumée, création d'écoles, de logements et d'espaces verts) ont créé des nouveaux liens qui raniment la périphérie oubliée.
L'exemple fait tache d'huile. Après Medellin, Caracas et Rio de Janeiro ont inauguré leur « métrocable » avec le même succès et interpellé nombre d'urbanistes et d'industriels sur le potentiel économique durable des bidonvilles. Depuis bientôt quatre ans, Lafarge teste grandeur nature une organisation logistique pour livrer en tricycle du béton à prise retardée avec des seaux de 15 litres dans les rues étroites de Dharavi. « Ce conditionnement laisse entrevoir un énorme potentiel », explique le groupe, qui lorgne les 10 millions de logements neufs dont aura besoin l'Inde chaque année d'ici à 2030.
L'accès à l'électricité est l'autre condition de l'intégration des villes « off ». « Sans énergie, pas d'eau potable, pas de transport, pas de cuisson, pas de chauffage ni de lumière dans les maisons, les écoles et les centres de santé, pas de communication et encore moins d'hygiène », explique Hervé Gouyet, président de l'ONG Electriciens sans frontières. « Comme au Caire, qui a fait le choix de chauffe-eau solaires pour ressusciter ses habitats pauvres, les projets de réhabilitation des bidonvilles introduisent la question climatique, apprécie Valérie Clerc. Les formes urbaines qui en naissent sont souvent plus durables que dans les quartiers planifiés, intégrant des rues étroites, une densité, une compacité et une morphologie qui atténuent le stress thermique et accroissent le potentiel d'efficacité énergétique. » Un comble : rattrapés par l'expansion des villes officielles, certains de ces bidonvilles réhabilités sont désormais plus prisés que les quartiers centraux.

Dans "Le Temps" Suisse du 8 janvier 2016 : George Soros annonce une nouvelle crise sur les marchés

" Le milliardaire américain George Soros a estimé jeudi que les fortes turbulences sur les marchés mondiaux, déclenchées par le ralentissement chinois, pourraient être le signe d'une nouvelle crise financière rappelant celle de 2008 S'exprimant lors d'un forum d'investisseurs à Colombo au Sri Lanka, le milliardaire américain George Soros a estimé que les difficultés de la Chine et les dévaluations successives de sa monnaie fragilisaient la stabilité financière internationale. Ces déclarations interviennent alors que les marchés étaient sévèrement secoués jeudi une nouvelle fois par la déroute boursière en Chine (-7%) où la séance a duré moins d'un quart d'heure.
«Malheureusement, la Chine a un très gros problème d'ajustement, a de nombreux choix à faire et peut transférer ses problèmes au reste du monde en dévaluant sa monnaie et c'est ce qu'elle fait», a dit Soros.Un affaiblissement du yuan chinois a «infligé des pressions déflationnistes» au reste du monde, a-t-il ajouté devant le Sri Lanka Economic Forum.
«Nous faisons face à un très grave problème d'ajustement qui est assez récent et je dirais que cela équivaut à une crise et nous en sommes au début. Quand je regarde les marchés financiers, je vois une situation sérieuse qui me rappelle la crise que nous avons eue en 2008». Le problème est totalement différent et souvenez-vous il y a quelques années, il avait fait des commentaires sur le pétrole pour mieux travailler les marchés dérivés, ce qu'il avait reconnu quelque temps après.
Appel à la prudence
Le milliardaire d'origine hongrais a indiqué qu'il avait recommandé à ses équipes de se montrer très prudentes dans les décisions d'investissement. «Je leur dit d'être très très prudents». Il a averti que les pressions déflationnistes pourraient aboutir à un cercle vicieux.
La baisse des prix peut être bonne pour les consommateurs à court terme mais s'avérer dangereuse s'ils se mettent à retarder leurs achats dans l'espoir d'un recul supplémentaire des prix, ce qui peut pousser les entreprises à retarder leurs investissements. Je ne pense pas que ce sera le cas vu les besoins actuels tant des consommateurs que des Etats.
«Au lieu de dépenser leurs revenus, ils vont réduire leur endettement car ils pourront acheter des biens moins chers l'an prochain que cette année. Les liquidités sont devenus une forme d'investissement attractive et c'est très mauvais pour les marchés financiers. Le système bancaire qui a prêté beaucoup d'argent argent qui a été détourné pour une très grande partie ou affecté à des "copains"  aux pays en développement fait maintenant marche arrière», a poursuivi Soros.
Il a mis en garde le Sri Lanka, qui sort d'une longue guerre civile, contre les espoirs d'afflux de capitaux étrangers et a recommandé un renforcement de son économie. «Je suis désolé de devoir être un porteur de mauvaises nouvelles car vous devez affronter une situation internationale très difficile», a-t-il dit. La situation internationale est une situation de bataille pour des positionnements stratégiques dans le "nouveau" monde qui se met en place. Dans ce jeu, les nouveaux pays "forts" appliquent la politique de Sun Tzu de déstabilisation via l'exposition de l'ensemble de leurs forces de déstabilisations économique, militaire (la Chine, le Japon etc.. se réarment) et SOCIOECOPOFI (SOCIOlogie, ECOnomie, POlitique, FInance)"

Commentaire : Voir ICI et ICI et ICI etc...

François Neiva dans "La Tribune" du 4 janvier 2016 : Une théorie pour mieux maîtriser la folie des marchés financiers

" L'instabilité économique et financière, liée à la formation de bulles spéculatives, est inhérente au capitalisme. Les analyses de l'économiste Hyman Minsky, trop peu connu en France, permettent de mieux le comprendre, et d'envisager des remèdes.
De nombreuses études font état d'une inquiétude sur la possibilité d'un éclatement de bulles spéculatives. Alors que certains pays se débattent encore pour sortir de la crise, ces craintes questionnent. Comment en est-on, à nouveau, arrivé là ?
Dans le jargon financier, certaines phrases glissées dans d'épais rapports sont lourdes de sens. « Nous considérons actuellement que le risque de marché est très élevé [...] Les performances du marché des actions font naître une inquiétude sur une potentielle surévaluation des actifs surévaluation comptable ou financière ? Quand va-t-on cesser de ne pas prendre en compte la fictivité des cours ? , alors que la recherche de rendement continue à être soutenue par des taux d'intérêt historiquement bas. » Tel est le constat dressé par l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) dans son Tableau de bord des risques publié au mois de septembre 2015. Est-ce bien le raisonnement de l'Autorité européenne des marcés financiers ? Comment penser qu'une telle absurdité est encore possible aujourd'hui malgré tous les enseignements des dernières crises ?
Le risque d'explosion d'une nouvelle bulle financière
Le Comité européen du risque systémique (CERS) écrit en 2015 : « La soutenabilité du niveau actuel du prix des actifs dépend de plus en plus d'une reprise économique plus rigoureuse c'est faux puisque la reprise engendrera des hausses encore plus importantes des cours, tandis que la quête de rendement continue d'exposer les investisseurs à un risque de réévaluation sur les marchés financiers mondiaux [...] Les retombées des faibles taux d'intérêt sur la stabilité financière doivent être surveillées étroitement. »
Ces deux institutions, créées en 2010 pour renforcer la surveillance des marchés financiers, partagent dans un langage mesuré une même crainte : l'explosion d'une nouvelle bulle financière. Les ingrédients semblent réunis : une politique monétaire très expansionniste, des performances boursières qui étonnent, des actifs surévalués dans certains secteurs. À croire que les leçons de la crise n'ont pas été tirées.

Pourquoi les sociétés semblent-elles myopes quant aux maux qui les corrodent ? L'économiste américain Hyman Minsky apporte un début de réponse. Sa pensée, peu reprise en France, a été remise au goût du jour en 2008. Devant l'incapacité d'une majorité d'économistes à prévoir la crise financière, les ouvrages de Minsky, notamment John Maynard Keynes (1975) et Stabilizing an unstable economy (1986), se sont révélés particulièrement éclairants.
Le paradoxe de la tranquillité
Son ambition est de comprendre le fonctionnement du capitalisme. Contrairement à de nombreux économistes, le professeur de Berkeley ne part pas des notions de marché ou de prix. Il met l'accent sur le comportement des agents économiques, en s'appuyant sur une intuition simple. Le capitalisme repose sur la manière dont les ménages, les entreprises ou les administrations publiques se financent.
En analysant les différentes entités économiques, Minsky dégage une typologie des financements en système capitaliste. Le financement dit prudent voit les emprunts être couverts à chaque période par le montant des recettes. Vient ensuite un financement spéculatif, dans lequel les emprunts doivent être couverts sur une période beaucoup plus importante : la décision d'investir se fonde sur des retours attendus longtemps après. En dernier lieu, l'économiste identifie un financement Ponzi, du nom du célèbre escroc américain du début du siècle, qui correspond à une crise du surendettement : les agents empruntent pour payer leurs dettes.
Selon lui, ces différents modes de financement ne sont pas statiques. Durant les périodes de calme, les agents ne se contentent pas de rendements faibles. Pour augmenter leur rentabilité, ils prennent de plus en plus de risques. Ils cherchent à s'endetter davantage ou se lancent dans des positions de moins en moins tenables sur les marchés. Minsky appelle cet état de fait le « paradoxe de la tranquillité » : les crises se préparent lorsque l'économie est prospère.
Les financements Ponzi dérivent à terme vers ce que l'économiste Paul McCulley a nommé le « moment Minsky » : les agents surendettés vendent massivement leurs actifs pour servir les intérêts de la dette, plongeant le système dans une crise profonde.

De bulle en bulle, de crise en crise
Hyman Minsky relève l'existence d'une apparente contradiction : la stabilité engendre toujours l'instabilité financière. L'économie n'est jamais en situation d'équilibre. L'instabilité ne provient pas de chocs externes, mais du fonctionnement capitalistique lui-même. En développant son « hypothèse d'instabilité financière », l'économiste hétérodoxe soumet l'économie à la fatalité. Les cycles se répètent. Lorsque l'économie se remet de la crise précédente, les acteurs se lassent et recommencent à prendre des risques inconsidérés.
Le souvenir de la crise de 2008 permet de comprendre l'utilité des travaux de Minsky. Les propos d'Alan Greenspan, ancien président emblématique de la Réserve fédérale, encourageant la généralisation des crédits immobiliers spéculatifs dans les années précédant l'éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, montrent a posteriori combien l'aveuglement des agents économiques peut être puissant en période d'euphorie.
La régulation est morte. Vive la régulation !
Pour conjurer cette fatalité, Hyman Minsky fait de l'intervention publique une nécessité. La seule manière d'empêcher les comportements prédateurs de s'exprimer pleinement revient à repenser le rôle du régulateur. Plutôt que de s'éterniser dans le débat stérile entre réduction des impôts contre augmentation des dépenses publiques, Minsky encourage les décideurs publics à s'engager pleinement dans une réforme du système financier pour qu'il nourrisse l'économie réelle au lieu de la déstabiliser.
À partir d'une analyse détaillée de la Grande Dépression des années 1930, l'économiste américain démontre que la mise sous tutelle du marché financier ne règle pas les fondements du problème. Elle permet, et c'est déjà énorme, de maintenir le cycle dans ses phases de financement prudent ou spéculatif. En empêchant le passage à des stratégies de financement Ponzi, la régulation répond à un impératif, comme en témoigne la relative stabilité financière des Trente Glorieuses. Le Glass-Steagall Act (1933), qui entérinait la séparation entre activités bancaires de dépôt et d'investissement aux États-Unis, a permis, entre autres mesures, de limiter l'impact systémique des comportements bancaires abusifs.
Le retour en grâce des théories de Minsky
Depuis les années 1980, la déréglementation généralisée des marchés entraîne nos sociétés dans une direction opposée. La succession d'éclatement de bulles spéculatives (Japon, NTIC, subprimes, pour ne citer que les plus importantes) donne du crédit aux théories de Hyman Minsky. Le régulateur, lui, demeure étonnamment frileux. En France, l'immense fossé entre le discours politique affiché après 2008 et la réalité des mesures prises montre à quel point le chemin intellectuel à parcourir paraît interminable.
« L'économie évolue, tout comme doit le faire la politique économique » (H.Minsky)
Il est important de tirer des leçons du passé. L'Histoire de la pensée économique sert en partie à cela. Les élites politiques et économiques semblent n'avoir pas appris des crises précédentes. L'intervention multiple des banques centrales des pays à plus haut revenu depuis 2009 contribue à alimenter l'économie de liquidités qui, nécessairement, se déversent quelque part.
La régulation ne suffit pas
La régulation ne suffit pas. La décision de relever de 0,25 point les taux d'intérêt de la Réserve fédérale, annoncée par Janet Yellen, sa présidente, marque une prise de conscience. De nombreuses incertitudes subsistent sur les impacts de ce choix, si bien que le calendrier de hausse des taux reste pour le moins modéré, avec une seule augmentation d'ampleur égale prévue pour l'année 2016.
Les craintes partagées par diverses instances de régulation paraissent sous-estimées. Plusieurs catégories d'actifs sont jugées surévaluées, notamment sur les marchés immobiliers et des taux, traditionnellement sujets aux bulles. Cet été, la Chine a vu sa Bourse s'effondrer après l'éclatement de sa bulle immobilière. Autant de signes que les autorités doivent prendre en compte. En matière monétaire, comme ailleurs, la politique de l'autruche n'est jamais une solution profitable.

Commentaire : Et toujours une absence totale de prise en compte des volumes échangés dans les raisonnements ....

"Qu'est-ce que l'ignorance ? Avec des mots simples, ce n'est rien que l'obscurité." Hsuan Hua

Patrick Capelli dans "La Tribune" du 5 janvier 2016 : Quelle place pour l'homme dans la transition digitale ?

" Les 10 et 11 décembre 2015, a eu lieu la première édition de La Tribune Lab, deux matinées pour explorer le futur, avec, comme invités autour de Philippe Mabille, le chirurgien urologue Laurent Alexandre, fondateur de la société de recherche génétique DNAVision (à gauche), et l’ancien ministre Thierry Breton, PDG d'Atos (à droite).
C'est un véritable tsunami technologique qui arrive. La première vague, celle du numérique, a été surfée en vainqueurs par les "Gafa" américains. L'Europe peut-elle mieux aborder celle des données et des NBIC qui risquent de tout submerger ? Réponses croisées de Thierry Breton, ancien ministre et PDG d'Atos, et de Laurent Alexandre, fondateur de la société de recherche génétique DNAVision.
C'est dans le cadre prestigieux de la Monnaie de Paris, créée en 864 et plus vieille institution française encore en activité, que La Tribune a exposé ses 30 unes du futur pour célébrer les 30 ans du journal économique. Et c'est sous les ors de l'Hôtel de la Monnaie que s'est déroulée, les 10 et 11 décembre, la première édition de La Tribune Lab, deux matinées pour explorer le futur. La première table ronde avait pour sujet « Transitions numériques et industries du futur : quelle place pour l'homme dans la transition digitale ? » Pour répondre à cette question cruciale pour les prochaines générations, deux intervenants: Thierry Breton, ancien ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, coauteur, en 1984, de Softwar, et auteur, en 1987, de Netwar, des romans d'anticipation, et PDG du groupe informatique Atos ; et Laurent Alexandre, chirurgien urologue, fondateur de la société de génétique DNA Vision (et actionnaire de La Tribune).

L'industriel et le scientifique ont tenté de répondre à la question essentielle de la place de l'humain dans la société qui se dessine, où algorithmes, automates et robots auront pris la main sur l'homme. Se dirige-t-on inéluctablement vers un avenir où la technologie régira toutes les activités humaines, de la procréation au travail et jusqu'à la mort, elle-même retardée de plusieurs dizaines d'années grâce aux NBIC (nanotechnologie, biotechnologie, informatique, cognitique) ?
Le facteur exponentiel des données
Pour Thierry Breton, la clé du futur réside dans la data : « La véritable mutation, c'est cette submersion des données numériques dans laquelle nous sommes plongés, les traces numériques que nous laissons, l'activité économique qui va être bouleversée. » Le PDG d'Atos évoque l'histoire du roi indien Belkib, qui a voulu récompenser le brahmane Sissa, inventeur du jeu d'échecs. Celui-ci demanda humblement à son souverain de déposer un grain de blé sur la première case, puis deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, huit sur la quatrième et ainsi de suite. Problème :

le facteur exponentiel ne permet pas d'aller au bout des 64 cases : « À la moitié du jeu, on atteint la production totale de blé de l'Inde. Pour parvenir à la dernière case, il faudrait mille fois la production de blé de toute la planète en 2012 », note Thierry Breton. Ce facteur exponentiel est illustré par la loi de Moore, qui postule que la capacité des puces informatiques double tous les dix-huit mois. Pour celles et ceux d'entres-vous qui ont assisté à mes interventions pour HSBC et Sérénalis il y a quelques années
« La loi de Moore s'applique aux data. Tous les dix-huit mois, la quantité de données produites est doublée. En 2006, on était à la moitié du jeu d'échecs. À partir de la deuxième moitié, on rentre dans un monde totalement inconnu ! pense l'ancien ministre de l'Économie. Ce qui va bouleverser nos comportements aux niveaux micro- et macroéconomiques. Avec deux dimensions : une évolution du Net, avec les objets connectés et la Web-scale IT [informatique à l'échelle du Web, ndlr], une nouvelle manière de faire de l'informatique inspirée par les pratiques des leaders du Web, ou encore le machine learning [l'apprentissage automatique]. Avec des algorithmes de plus en plus situés dans les objets eux-mêmes et non plus dans le nuage informatique. »
Prédire le futur est un acte hasardeux et difficile, selon Laurent Alexandre :
 « Le coût du séquençage ADN a été divisé par trois millions en dix ans, et, en même temps, on a toujours une très grande difficulté à prévoir le tsunami technologique, qui n'est plus seulement numérique mais concerne aussi les nanobiotechnologies et l'intelligence artificielle. On n'a prévu ni les smartphones ni les réseaux sociaux. Que va donner la rencontre de la vague technologique avec le monde réel ? Quels effets aura la loi de Moore quand elle s'appliquera à l'éducation ? Quand elle se heurtera au corporatisme hospitalier ? »

Pour l'urologue et écrivain, une grande partie de la faute incombe à des élites politiques « profondément technophobes » : « Nos hommes politiques sont moins techniciens que ceux de la Troisième République ! » Or, d'autres, comme les Chinois, pensent à long terme. Quant aux plateformistes américains, les Google, Amazon, Facebook et Apple, ils se projettent dans mille ans. Selon Laurent Alexandre, « cette opposition entre le court-termisme extrême de nos élites et les acteurs qui envisagent le xxiie siècle et au-delà, est profondément mortifère ». Le fondateur de Doctissimo s'interroge : « Qu'allons-nous faire des techniques de bébés à la carte ? Qu'allons-nous faire des thérapies géniques "cross fertilisées" avec la robotique ? Si nous ne changeons pas d'élites politiques, le déclin d'un pays comme la France est inévitable. »
Pour Laurent Alexandre, impossible d'arrêter ce « tsunami technologique ». Mais on peut néanmoins l'orienter, le réguler, l'organiser. Et ainsi, l'Europe ne reproduira pas son erreur face à la vague numérique qu'elle a été incapable d'épouser, avec comme conséquence une mainmise totale de ce marché par les géants américains du Web.
« En Europe, nous nous sommes fait avoir avec la première vague du numérique. Nos entreprises ne valent rien à côté de celles du numérique. WhatsApp, 55 salariés, quatre ans et demi d'existence, a été racheté 22 milliards de dollars par Facebook. Par comparaison, les valeureux 130 000 salariés de Peugeot qui font les trois-huit dans les brouillards de l'Est ont créé 12 milliards de valeur en cent trente ans ! Cette captation de valeur a été terrible et se ressent dans la croissance anémique des pays de l'Europe de l'Ouest. »
Les neuf solutions d'Emmanuel Macron
Pourtant, il y a une quinzaine d'années, l'Europe détenait 75 % de la valeur mondiale de l'industrie des télécoms, et une marque comme Sagem était la plus utilisée en France en 2003. Depuis, Sagem, Alcatel et Nokia ont disparu ou été rachetés, tandis qu'Apple, Samsung et Microsoft règnent en maîtres sur le marché de la téléphonie mobile.
 « En termes de souveraineté et de décision, le pouvoir revient à ceux qui maîtrisent la technologie. En 1900, l'aéronautique, l'électricité, la chimie, le téléphone et le cinéma sont nés en France, en Angleterre et en Allemagne. Aujourd'hui, nous sommes les perdants de la révolution technologique. Pour faire partie des gagnants, il faut un sursaut rapide », analyse le fondateur de DNA Vision.
Alors qu'en Allemagne, la stratégie industrielle est bien définie autour du concept d'industrie 4.0, où en est la France ? Malgré les 34 plans de la Nouvelle France Industrielle lancés par Arnaud Montebourg et regroupés récemment en neuf solutions par Emmanuel Macron, sommes-nous à la hauteur des défis qui s'annoncent ? Thierry Breton rappelle qu'Atos est pleinement engagé derrière cette industrie 4.0 made in Germany.
 « Avec Siemens, nous avons fait la plus grosse fusion depuis Airbus. Atos a récupéré 33 000 ingénieurs, portant le nombre total, pour le groupe, à 100000 ingénieurs. Nous sommes devenus une SE, une société européenne. Si on analyse le cours de la Bourse en 2008 et aujourd'hui, la première création de valeur de tous les groupes technologiques mondiaux, hormis les plateformistes américains, c'est Atos. Nous avons été étroitement associés à la conception du programme Industrie 4.0 en Allemagne : virtualiser chaque unité, chaque atelier pour y développer la maintenance prédictive, la fabrication automatisée, les imprimantes 3D pour remplacer les pièces sur place, etc. J'ai rencontré Emmanuel Macron pour lui dire que la France doit faire la même chose. »
Continuer la construction européenne
Si Laurent Alexandre reconnaît qu'Atos et SAP sont de belles réussites, il estime néanmoins que les entreprises technologiques européennes ne pèsent rien ou presque devant les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), si on parle de capitalisation boursière et de puissance financière.
« En France, on s'esbaudit devant la réussite de BlaBlaCar, qui atteint 1,4 milliard d'euros de capitalisation boursière. Mais les Gafa sont à 1 400 milliards de dollars ! Nous n'avons même pas d'acteurs secondaires - excepté peut-être Spotify - comme Netflix, Tesla, Uber, qui valent entre 20 et 100 milliards. Si nous n'arrivons pas à créer des plateformistes de second rang, nous aurons une fuite de valeur et des cerveaux vers la Silicon Valley. »
Pour Thierry Breton, « le sujet, ce n'est pas l'envie d'entreprendre mais l'écosystème économique. En Californie, le "dollar californien" ne veut plus rien dire vu les montants astronomiques de la capitalisation de certaines startups. Mais, à partir du moment où cet argent devient de la monnaie réelle, on change de paradigme, car alors on a les moyens d'envisager le temps long. Qu'est-ce que l'argent sinon un moyen d'acheter du temps ? »
Seule solution pour l'industriel : continuer la construction européenne, y compris sur les données.
« Il faut un espace de confiance européen des données, réclame le patron d'Atos. L'ère du nuage informatique est amenée à évoluer, avec des données suffisamment légères pour qu'on puisse les dissocier du lieu de production et les mettre dans un nuage de centre de données situé ailleurs. Aux États-Unis, le premier utilisateur d'Internet est Netflix, qui utilise plus d'un tiers de la bande passante, la moitié avec YouTube. L'étape suivante s'appelle fog computing [informatique dans le brouillard]. Avec la médecine et l'industrie 4.0, on génère de plus en plus de données qui sont de plus en plus lourdes. Avec le fog computing, on les garde en local et ce sont les algorithmes qui sont acheminés vers ces données. C'est le grand retour du hardware. Il faut adopter une démarche à un ou deux pays européens puis l'élargir aux autres. Les données industrielles notamment, de plus en plus stratégiques, sont stockées localement, mais il faut une régulation intra-européenne. Notre concept, avec Siemens, est clair : les données créées en Europe doivent être stockées et traitées en Europe. Nous sommes le premier continent en termes de création de valeur, de capitaux et de formation. Le combat est à mener au niveau européen. »
La parade au monstre cybernétique
Mais ces mégadonnées créatrices de valeur ne risquent-elles pas de se transformer en intelligence artificielle, et, tel Terminator, de menacer la survie même de l'espèce humaine ? Pour Laurent Alexandre, la seule parade à ce monstre cybernétique réside dans « l'esprit de synthèse et la capacité de prendre des décisions stratégiques », prérogatives de l'homme (pour l'instant). Le médecin entrepreneur avertit :
  « Le plus important, c'est la culture générale. Il ne faut pas former des spécialistes, car partout les automates vont faire mieux que l'homme. Watson, d'IBM, réalise en quelques minutes ce qu'un cancérologue mettrait trente-huit ans à faire en travaillant jour et nuit. Il va y avoir une phase de complémentarité, mais l'automate va dépasser l'homme. Les techniciens vont être laminés »
L'intelligence artificielle est de deux natures : l'une faible, que l'on peut contrôler, et l'autre forte, dotée d'une conscience propre et potentiellement hostile. C'est bien entendu la seconde qui fait peur. Elon Musk et Bill Gates, que l'on ne peut soupçonner de technophobie, ont récemment alerté sur le risque de créer une multitude de HAL 9000, cet ordinateur qui tue les astronautes dans 2001, L'Odyssée de l'espace.
« Aujourd'hui, l'intelligence artificielle est faible, comme la Google Car. Mais l'intelligence artificielle forte n'est pas nécessaire pour remplacer l'homme. Watson est une intelligence artificielle faible, mais elle concurrence les chirurgiens. Le premier métier aux États-Unis, c'est conducteur de camions. Si la Google Car se généralise, cela risque de poser un problème pour les gens non qualifiés. Pour être provocateur, que fait-on en 2050 pour les gens qui ont moins de 150 de QI ? » demande le fondateur de DNA Vision.
Des implants intracérébraux
Première réponse : augmenter nos capacités par des implants intracérébraux dès 2030, comme le prône Ray Kurzweil, le « pape » du transhumanisme et directeur de l'ingénierie de Google. Mais une telle éventualité soulève des questions vertigineuses. En France, 15 % de parents souhaitent utiliser les technologies génétiques pour avoir des bébés plus intelligents, et 50 % des Chinois, selon Laurent Alexandre, qui s'interroge :
« Que sera un monde avec une minorité qui aurait des capacités intellectuelles augmentées ? Je n'ai pas la réponse. Les questions qui se posent avec le numérique vont passer demain vers la génétique. L'informatique et les neurosciences vont fusionner. La simple sélection des embryons permet d'augmenter la capacité intellectuelle d'un pays de 60 points en très peu de temps. Allons-nous entrer dans l'ère de la guerre des cerveaux ? »
Selon Nicolas Colin, expert de l'économie numérique et fondateur de The Family, le fordisme a produit les institutions que nous connaissons : une forme de compromis social, la retraite, le pouvoir d'achat, un capitalisme redistributif. La révolution numérique n'a pas encore produit ses propres institutions. Comment retrouver un équilibre ? Quelles fondations nouvelles pour accompagner cette mutation ? L'univers virtuel créé par les ordinateurs et les serveurs bouleverse nos habitudes centenaires. La création de valeur ne se fait plus selon une vision territoriale des choses.
« L'organisation cadastrale, le département découpé en fonction de la durée du voyage à cheval pour aller voter : depuis des millénaires, c'est le territoire qui détermine les évolutions de nos sociétés, explique Thierry Breton. À partir du XVe siècle, l'espace maritime devient créateur de richesses. Puis, au xxe siècle, c'est au tour de l'espace aérien. Désormais, il existe un quatrième espace, informationnel, qui doit être organisé, régulé, structuré. Combien de temps faudra-t-il pour organiser le cyberespace ? Sans doute encore une génération. Le maître mot, c'est : beaucoup plus de souplesse sur le marché du travail. Je crois beaucoup à l'Europe pour y arriver. » Ce territoire nouveau et encore non régulé sera-t-il source de conflits entre les tenants du tout-technologique et ceux qui refusent de manipuler l'humain ?
Des institutions obsolètes
Un avenir inéluctable pour Laurent Alexandre :
« Il va forcément y avoir un conflit entre les transhumanistes, qui veulent changer l'homme, et les bioconservateurs, car c'est toucher à l'oeuvre de la transcendance. Nos institutions sont totalement obsolètes. Nos règles sociales et économiques sont inadaptées. L'interdiction d'UberPop est une bêtise insondable ! On empêche des gamins de banlieue de devenir chauffeurs d'UberPop. C'est briser l'ascenseur social pour les jeunes issus de la diversité. C'est un scandale économique et politique, sous la pression de lobbys que je ne citerai pas. Nos institutions doivent être changées et réfléchies à l'aune du temps long. Si des gens à courte vue sont capables d'empêcher des gisements de dizaines de milliers d'emplois, car ils n'ont rien compris à la vague schumpetérienne qui arrive, cela va très mal se passer. C'est le symbole de l'incapacité des législateurs à comprendre le monde qui vient. C'est un crime contre l'intégration et une incitation à la communautarisation. C'est une vision imbécile. Ce n'est pas moral de maintenir au chômage des gens qui pourraient avoir un emploi. »