Belgique 2016

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BELGIQUE 2016

 

Dans "Trends Tendances" Belgique du 15 04 16 Article intitulé : Des Belges auraient placé plus de 4 milliards d'euros en Suisse

" Plus de quatre milliards d'euros ont été placés par des Belges, selon cette enquête que relaie vendredi après-midi l'eurodéputé Vert Bart Staes.
Ce service fiscal a envoyé des courriers aux Etats membres de l'Union européenne pour les prévenir de ces sommes d'argent placées en Suisse, qui pratique le secret bancaire. Pour la Belgique, on parle de plus de quatre milliards d'euros.

"J'appelle le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, à étudier ces informations de manière adéquate et à communiquer à ce sujet de manière transparente avec le parlement fédéral", a commenté Bart Staes.
Le gouvernement de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en particulier son ministre des Finances, Norbert Walter-Borjans, a en effet offert aux autorités belges l'occasion d'examiner ces données, tout en réclamant une réciprocité.
"Après le PanamaLeaks et le LuxLeaks, c'est un nouveau chapitre du SwissLeaks, des informations qui montrent qu'avec de la volonté politique et un échange d'informations entre autorités, on peut s'attaquer à la fraude fiscale, ce qui donne plus de revenus aux autorités et rééquilibre le focus européen dogmatique de l'épargne", a-t-il ajouté.
Les données recueillies par le Land allemand contiennent des informations sur des particuliers et des entreprises disposant de comptes en Suisse pour un montant total de plus de 101 milliards de francs suisses (environ 93 milliards d'euros). Les comptes appartenant à des Belges représentaient au 1er juillet 2006 4,78 milliards de FS (4,38 milliards d'euros) et au 30 novembre 2008 3,24 milliards de FS (soit 2,97 milliards d'euros).
M. Van Overtveldt a indiqué avoir ordonné à l'Inspection spéciales des Impôts (ISI) d'enquêter sur ces dossiers.
Selon son cabinet, il s'agit d'une liste anonyme, avec des codes par pays. L'enquête s'annonce compliquée et prendra du temps, a-t-on souligné de même source."

Camille van Vyve dans "Trends Tendances" Belgique du 14 04 16 Article intitulé : Le temps de travail, nouvelle source d'inégalités

" Le sujet est à la mode, à tel point qu'il s'est même invité au contrôle budgétaire - sans aucune raison évidente. Kris Peeters (CD&V) a en effet profité de l'annonce des mesures budgétaires faite par le gouvernement fédéral pour confirmer son plan sur le " travail faisable " visant à mieux répartir le temps de travail des salariés.
 Idée générale : annualiser le temps de travail afin de ne plus devoir s'en tenir strictement aux 38 heures par semaine, le tout assorti d'un quota annuel de 100 heures supplémentaires que le travailleur pourra choisir de se faire payer ou de capitaliser sur un " compte-carrière " exploitable pour des congés futurs. Ce cadre correspondrait à une évolution de société : non seulement la technologie permet et incite à davantage de flexibilité que par le passé, mais en outre cette flexibilité est rendue nécessaire par un modèle familial qui a radicalement changé par rapport au siècle dernier (deux parents qui travaillent ou familles monoparentales avec garde alternée).
L'intention est louable. Mais les syndicats montent évidemment au créneau en dénonçant une flexibilité élaborée au seul profit de l'employeur. Impossible de se positionner à ce stade : il nous faudra des précisions sur la mise en pratique de ces mesures, attendues pour l'été. Mais au-delà de ces questions de plomberie, on est en droit de s'interroger sur la notion même de temps de travail - fut-il de 38 heures par semaine ou de 38 heures par semaine en moyenne. Certes, dans la plupart des grandes entreprises, en particulier celles qui font appel à de la main-d'oeuvre ouvrière, ces horaires sont respectés à la lettre. Mais faites le compte dans votre entourage : qui preste exactement 38 heures par semaine ? Dans les PME, les entreprises de services, la consultance, les bureaux d'étude, d'avocats, qui compte réellement ses heures ? Quel cadre oserait le faire ?
Le travail n'est pas un moyen mais une fin. Il donne un statut, il est une activité intellectuelle et sociale prépondérante.
Alors que ce bon vieux Keynes prédisait en 1930 qu'un siècle plus tard, la technologie allait permettre à chacun de ne travailler plus que 15 heures par semaine pour un niveau de vie plus élevé encore que celui de l'époque, force est de constater que les choses ne se sont pas passées exactement de la sorte. Certes, le progrès technique a permis de réduire le temps de travail d'environ 60 heures par semaine en moyenne au début du 20e siècle à environ 40 heures dans les années 1950, et la tendance s'est encore poursuivie ensuite. Mais cette réduction ne s'est pas faite de façon équitable. Volontairement ou non, les travailleurs du bas de l'échelle sociale ont travaillé de moins en moins d'heures, pour des salaires de plus en plus faibles. Et à l'autre bout du prisme social, les travailleurs qualifiés ont, volontairement ou non, abattu de plus en plus d'heures de travail pour des salaires de plus en plus élevés. L'arrivée des femmes sur le marché du travail n'a pas freiné le mouvement. Ceux qui croyaient que le modèle du mâle travaillant 50 heures par semaine pour subvenir aux besoins de femme et enfants allait se muer en un modèle de couple équilibré, chacun travaillant environ 35 heures par semaine afin de pouvoir partager équitablement les tâches ménagères se sont fourré le doigt dans l'oeil. Dans les familles où les deux parents travaillent, c'est souvent 40, 50 ou même 60 heures chacun. Mais avec la capacité financière de déléguer une bonne partie des tâches ménagères et la garde des enfants après l'école - ce qui polarise encore un peu plus la société. Pour ceux-là, le travail n'est plus un moyen, mais une fin. Il donne un statut, il est une activité intellectuelle et sociale prépondérante où se tissent aussi des liens d'amitié, au détriment de ceux que l'on créait par le passé dans son voisinage. Pour construire sa carrière et donc se construire, il faut se rendre indispensable, et pour se rendre indispensable, il faut travailler beaucoup. Si certains s'épanouissent dans ce modèle, pour d'autres, c'est devenu un piège. Un piège de luxe comparé à celui dans lequel s'embourbent les chômeurs et les travailleurs précarisés, mais un piège tout de même. Le plan de Kris Peeters ne réglera probablement ni l'un ni l'autre. Mais il participe, comme le système de congé parental largement utilisé, à un assouplissement du cadre de travail auquel tous les travailleurs aspirent sans doute.

Alain Mouton dans "Trends Tendances" Belgique du 24 03 16 Article intitulé : 'Brussels 03/22': les véritables causes des attentats de Bruxelles

" Les attentats de Bruxelles ont deux causes principales: la déstabilisation au Moyen-Orient, due à l'obsession de vouloir instaurer partout les droits de l'Homme et la démocratie à l'occidentale, et l'émergence de communautés parallèles dans les pays de l'UE.
Après le 9/11 aux États-Unis, après Madrid en 2004, après Londres en 2005 et Paris l'an dernier, c'était au tour de Bruxelles mardi dernier. Ce que certains prédisaient déjà depuis un certain temps est arrivé: la capitale de la Belgique et de l'Europe a désormais aussi dû faire face à un attentat terroriste. Cette dernière horreur s'inscrit dans une série d'événements qui se produisent depuis près de quinze ans dans le monde occidental. Mais aussi en dehors, car des pays comme l'Indonésie, le Nigeria et la Côte d'Ivoire ont tout autant eu à souffrir d'attentats perpétrés par des fondamentalistes musulmans.
Les attentats les plus récents - Paris et Bruxelles - sont directement liés à la guerre au Moyen-Orient. On n'a pas encore tous les éléments au sujet de l'identité des auteurs des attentats de Zaventem et de la station de métro Maelbeek, mais l'État islamique (EI) a revendiqué ces actions, tout comme celles de Paris l'an dernier. Le conflit qui se déroule à des milliers de kilomètres de l'Europe s'est exporté ici en partie parce que des centaines, si pas des milliers de musulmans de nos contrées sont partis en Syrie au cours des dernières années pour combattre dans les rangs de l'EI. Ils peuvent apparemment revenir souvent et sans trop de problèmes en Europe, et provoquer un bain de sang.
L'EI occupe une zone à cheval sur l'Irak et la Syrie qui se trouve à la frontière avec la Turquie et à un jet de pierre de l'Europe. En Libye aussi, une partie de la région côtière est aux mains de Daech. Ce cancer politique au Moyen-Orient et au nord de l'Afrique ne disparaîtra pas rapidement et résulte en partie des politiques désastreuses des États-Unis et de l'Union européenne dans la région.
Après les attentats du 9/11, des conseillers néoconservateurs ont murmuré à l'oreille du président américain George W. Bush: chassons un certain nombre de dictateurs au Moyen-Orient et remplaçons-les par des régimes démocratiques selon le modèle occidental. Il en a été autrement. L'Irak, premier objectif des États-Unis, est tombé dans le chaos. Mais les néoconservateurs, aux USA et en Europe, n'ont pas appris la leçon, trop obsédés qu'ils étaient par leurs lubies idéologiques.
Après le Printemps arabe de 2011, une nouvelle opportunité s'est présentée de se débarrasser de certains dictateurs et d'instaurer une démocratie libérale à l'occidentale, ont-ils pensé. Et à nouveau, le résultat a été le chaos. En Libye, le président Kadhafi fut écarté, surtout sous l'impulsion du Président français de l'époque Nicolas Sarkozy, qui avait encore un oeuf à peler avec l'homme (Khadafi avait soutenu financièrement la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007, mais cela ne pouvait pas se savoir). La Libye est depuis lors un failed state. Après cela, le président syrien Bachar Al-Assad devait également être déchu. Nouvel échec. Le résultat a été le même qu'en Libye: le chaos une fois de plus. Les dirigeants occidentaux n'ont apparemment toujours pas compris que les droits de l'Homme et les élections démocratiques ne sont pas des produits d'exportation. Pour ma part, je pense que les dirigeants occidentaux (sauf à imaginer de la corruption directe) n'ont toujours pas compris que là, où nous nous avons un pouvoir exécutif, dans les pays qu'ils déstabilisent volontairement, le pouvoir ressort d'un consensus tribal. En faisant tomber celui qui est à la tête du pays avec accord majoritaire tribal, ils ravivent les guerres tribales (dites de religion ou non) en faveur de la vente d'armes et de la montée d'extrémismes qui se présentent ou que l'on présentent comme religieux permettant ainsi la mise sous tutelle de ces pays en faveur des grands groupes industriels qui financent parfois les politiciens décideurs des déstabilisations et les déstabilisateurs eux-mêmes. 
Paradoxalement, un certain nombre d'États du Golfe - l'Arabie Saoudite et le Qatar en tête - se sont joints aux puissances occidentales qui voyaient dans le Printemps arabe une sorte de révolution démocratique. L'Arabie saoudite et compagnie ont vu dans la déstabilisation de la région une opportunité d'étendre leur puissance. Notamment en mettant le feu aux tensions entre sunnites (l'Arabie Saoudite et les autres États du Golfe) et chiites (sous la direction de l'Iran). Les pays du Golfe ont soutenu toutes sortes de groupements djihadistes en Irak et en Syrie, qu'ils n'ont plus pu contrôler au fil du temps. L'EI en est l'incarnation. Simultanément, toutes sortes de jeunes fondamentalistes ont été attirés vers l'Irak et la Syrie par le chant des sirènes de Daech. Ils ont servi de chair à canon dans la région, mais également, dans un certain sens, à leur retour en Europe.
Le fait que ces djihadistes ont subi un lavage de cerveau dans leur pays de naissance européen n'est pas sans lien avec la politique perfide que l'Arabie Saoudite (à qui la France distribue des médailles ou une médaille au prince héritier d'Arabie Saoudite. MDR.) mène depuis des décennies. Il est de notoriété publique que, depuis des années, de l'argent transite massivement entre l'Arabie saoudite et les mosquées salafistes en Europe. Pour mémoire, le salafisme est un des courants les plus radicaux de l'Islam. En outre, les communautés étrangères en Europe sont submergées par la propagande salafiste, et les chaînes satellites y contribuent.
Par ailleurs, le fondamentalisme musulman peut facilement prendre racine dans certaines villes européennes - Bruxelles, Paris, Londres - du fait que les musulmans y vivent en communauté fermée. On peut même dire que des communautés parallèles fermées y sont nées, et dans lesquelles il y a clairement de la sympathie et du soutien pour les djihadistes. Sinon, comment quelqu'un comme Salah Abdeslam aurait-il pu rester aussi longtemps sous les radars ?
Les personnes qui émettaient des critiques sur la situation dans certains quartiers étaient taxées de racisme. Maintenant, on paie l'addition de cette non-politique catastrophique
Les hommes politiques locaux portent une énorme responsabilité dans l'émergence d'une telle communauté parallèle dans certains quartiers de Bruxelles. Certainement du côté de la gauche. Des communes comme Molenbeek devaient devenir une expérience multiculturelle. Mais à cause d'une politique du laissez-faire et du refus d'instaurer une politique d'intégration, ces quartiers sont rapidement devenus un cocktail explosif où la petite et la grande criminalité prospèrent en symbiose avec un islamisme radical qui a pu y prendre racine facilement. Les habitants d'origine étrangère qui n'ont pas voulu y prendre part sont partis. Et les politiciens locaux ont regardé ailleurs pour des raisons électorales. Le secteur bien subsidié des travailleurs sociaux, qui devaient officiellement y promouvoir l'intégration, a vendu une histoire pour se sentir bien, alors que la réalité était toute autre.
Le journaliste hollandais Arthur Van Amerongen qui dans son livre "Un quartier pourri", il y a dix ans déjà, mettait en garde contre le djihadisme à Molenbeek devait se taire. Le politicien Luckas Vander Taelen - membre de Groen et donc au-dessus de tout soupçon - n'était plus le bienvenu sur la liste électorale en 2012, après ses critiques sur le mauvais comportement de jeunes habitants d'origine étrangère dans sa propre commune de Forest. Le procédé était connu: celui qui critiquait la situation dans certains quartiers était taxé de racisme ou de crypto-nazisme fanatique. Maintenant, on paie l'addition de cette non-politique catastrophique.

Bruno Leijnse dans "Trends Tendances" Belgique du 8 février 2016 : Atos licencie... et fait venir des travailleurs indiens

" Le fournisseur de services informatiques Atos fait venir de la main-d'oeuvre indienne bon marché pour ensuite lui rechercher du travail en Belgique. Entre-temps, les licenciements tombent...
Le climat social chez Atos Belgium se détériore depuis déjà pas mal de temps. Mais en septembre dernier, une nouvelle étape a été franchie, suite à l'annonce du licenciement de 21 collaborateurs permanents. Au même moment, Atos faisait venir 28 travailleurs indiens. Le front syndical commun a introduit un préavis de grève, qui sera activé dès la prochaine annonce de licenciement.
Dans une lettre d'information interne, Atos annonçait, fin 2014, l'arrivée de 28 Indiens. Dans celle-ci, on les appelait 'landed Indian resources'. "C'est à nous de leur trouver des projets", écrivait le management belge. C'est surtout cette dernière phrase qui a attisé le conflit social. Celle-ci sous-entend qu'il n'y avait pas, à l'origine, un besoin urgent d'importer cette main d'oeuvre indienne, mais qu'Atos prospecte simplement le marché avec un produit moins cher. Pour être précis, Atos avait une mission pour quelques-uns de ces 28 Indiens, notamment en tant que consultants SAP chez Delhaize, mais pas pour la grande majorité d'entre eux.
Sécurité sociale indienne en Belgique
Moins chers, les Indiens le sont clairement. Atos les engage sous la convention de sécurité sociale avec l'Inde, que Karel De Gucht a signée le 3 novembre 2006. Celle-ci établit que les Indiens ont le droit de travailler chez nous pendant cinq ans, tout en payant leur sécurité sociale en Inde. La différence au niveau du coût est énorme.
En Belgique, Atos demande un permis de travail B pour ses Indiens, ce qui leur donne le droit, après prolongation, de travailler pendant huit ans chez nous. Ce qui est illimité dans la pratique, car ils peuvent entre-temps obtenir un permis de séjour permanent.
La condition est qu'ils soient diplômés de l'enseignement supérieur (bacheliers ou plus) et qu'ils gagnent un salaire annuel brut de minimum 39.824 euros (chiffres pour 2016). Ce montant inclut le salaire, les primes de fin d'année, le pécule de vacances et les avantages en nature comme le logement ou la voiture de société, pour autant que ceux-ci soient mentionnés dans le contrat de travail. Les bonus conditionnels ou les compensations pour les frais supplémentaires en tant que travailleur étranger ne comptent pas.
Selon un grand prestataire de service en ressources humaines, Atos et l'employé paient chacun 12% de cotisations sociales en Inde sur les revenus (mais pas sur les indemnités de logement, les heures supplémentaires ou les bonus). C'est beaucoup moins cher que les cotisations belges, qui s'élèvent à 13,07% pour l'employé et à un peu moins de 30% maintenant (et 25% en 2019) pour l'employeur, grâce à la diminution structurelle progressive des charges dans le cadre du tax shift. Mais les cotisations belges s'appliquent à l'ensemble du package salarial brut. Atos fait valoir que ses employés indiens reçoivent au moins le package salarial minimum, mais le conseil d'entreprise attend depuis des mois déjà une explication sur la composition précise du package d'indemnités.
Du banc à la porte
Parallèlement à l'annonce de l'arrivée des employés indiens, Atos Belgium mettait au point une réorganisation fin 2014. L'entreprise a trois activités: les managed services, l'intégration de systèmes et les services professionnels. Comme il est parfois difficile d'allouer une personne avec une spécialisation précise à 100% sur un contrat ou un projet, Atos a proposé d'allouer une partie du personnel affecté aux projets au pool du personnel 'à louer'. La main d'oeuvre pouvait ainsi plus facilement être répartie sur les projets. Celui qui n'était pas occupé ou affecté à un projet était disponible pour être envoyé en mission en externe. Dans le jargon, on appelle cela 'le banc'. Ceux qui sont 'sur le banc' ne sont pas facturables et représentent donc un poste de coûts. Dans la pratique, ils essaient de se recycler. La proposition semblait efficiente, mais les chefs de projets sont chacun responsables de la rentabilité de leurs projets. "Ils sont mis sous pression de d'abord sourcer leurs projets via nearshoring - surtout des Roumains et des Bulgares - ou offshoring - des Indiens - et seulement ensuite avec 'le banc'. Cela revient moins cher. Un développeur Java coûte quatre fois plus ici qu'en Inde", décrit un interne. "Celui qui est sur le banc n'a pas priorité. Il ou elle est en concurrence avec le marché libre."
Atos a également annoncé qu'il n'en restera pas aux 28 Indiens et que davantage d'employés seraient transférés vers le pool du personnel 'à louer'.
Réaction d'Atos
"Pour être un leader mondial incontournable, Atos fait du global sourcing. Nous regardons au-delà des frontières lorsqu'il s'agit de trouver l'expertise adéquate", a réagi le groupe dans une communication préparée. "Lorsque la demande pour un informaticien hautement qualifié ne peut pas être remplie par une personne de la région, Atos opte pour - selon sa stratégie de 'global sourcing' - des jeunes informaticiens hautement qualifiés en Inde et amenés en Belgique, afin de pouvoir fournir la bonne expertise au bon endroit."
En interne, la direction argumente qu'elle doit faire de l'offshoring et du nearshoring parce que sinon Atos perd des contrats en faveur d'acteurs qui le font encore plus, comme Accenture. L'an dernier, Atos est passé à côté de quelques gros contrats, dont le celui pour la société postale néerlandaise TNT, qui est allé à Accenture.
Selon Jef Loos, de Whitelane Research, qui examine chaque année plus de 500 grands contrats d'outsoucing en Belgique, la diminution des coûts est encore et toujours la raison principale du nearshoring et de l'offshoring. "Le pourcentage de near/offshoring dans les grands contrats augmente chaque année. En Europe, le rapport est actuellement de 33/66 en moyenne. Dans certaines entreprises belges, on arrive déjà à 20/80, avec 80% du travail réalisé en dehors de la Belgique. Les sociétés qui désirent rester compétitives sont obligées d'adopter un modèle du type 'global sourcing'", estime Loos. "Faire venir des Indiens ne se fait pas tellement pour économiser, mais plus pour optimaliser la collaboration avec les clients. C'est une étape intermédiaire pour les familiariser au travail ici et organiser ensuite le travail qui sera fait 100% à distance."
Atos Belgium se réduit
Entre-temps, Atos Belgium continue à se contracter, selon les derniers comptes annuels belges disponibles. En 2014, la productivité a diminué de 13%, à 185 millions d'euros, le personnel s'est réduit de 9,5% en un an. La direction parlait de 'roulement de personnel plus élevé que normalement' et de 'restructuration limitée', en dehors de davantage d'offshoring en Inde et de nearshoring en Pologne. Il y a une pénurie de gros contrats, surtout dans le département projets, a-t-elle annoncé. Début 2015, le Français Antoine Kerrinckx a pris la fonction d'administrateur délégué, le troisième en trois ans. Les décisions importantes pour la Belgique sont prises aux Pays-Bas, où l'entreprise y est beaucoup plus grande.
La principale stratégie de croissance chez Atos, ce sont les acquisitions. En 2011, Atos a repris Siemens IT Solutions & Services, en 2014 le français Bull et très récemment, Unify, l'ancien département de communication d'entreprise de Siemens, avec ses 5.600 équivalents temps plein. Aux États-Unis, Atos a acheté les activités d'outsourcing de Xerox l'an dernier. La filiale cotée en bourse Worldline est en voie d'acquisition d'Equens/PaySquare. Fin septembre, encore sans Unify, le groupe totalisait 92.184 employés.
Ces acquisitions font d'Atos, de loin, le plus grand acteur ICT européen du continent. Depuis l'acquisition de Siemens, l'action a par ailleurs plus que doublé de valeur. La stratégie n'est cependant pas une histoire du type 1+1=3, comme le montre le chiffre d'affaires en baisse et le grand reflux de personnel en Belgique. Une enquête interne en Belgique a relevé le haut niveau de stress parmi le personnel.
La différence de CCT joue en cas de licenciement
Du fait des acquisitions, les membres du personnel d'Atos travaillent maintenant sous différentes conventions collectives de travail (CCT). Les anciens employés de Siemens ont une CCT qui, en cas de licenciement, leur permet de partir sans devoir prester leur période de préavis. Ce n'est pas le cas pour ceux qui viennent de l'ancien Atos Origin. Les 21 employés licenciés proviennent, selon nos informations, de ce dernier groupe. Il doivent continuer à travailler pendant leur - parfois longue - période de préavis. Certains sont déjà partis chez un autre employeur.
Atos ne voulait pas commenter ces informations. Selon le porte-parole, "l'entreprise recherche une mission en détachement pour mettre un employé à une place de travail qui lui convient, si un employé ne dispose pas de l'expertise adéquate localement. L'accent est mis pour atteindre cet objectif dans la plupart des cas.". Le groupe souligne que "dans tous nos process, nous travaillons conformément à la législation belge, et à la législation du pays d'un potentiel employé."

Dans "Trends Tendances" Belgique du 2 février 2016 : 'Sans cash, qui empêchera un fisc omnipotent de se servir sur les comptes ?'

"Le cash n'existera plus en 2026", dans dix ans donc. C'est en tout cas l'avis de John Cryan, le nouveau patron de la Deutsche Bank. Et il ne s'est pas privé de le dire au cours de la dernière édition du Forum de Davos, cette réunion annuelle des grands patrons de ce monde.
À vrai dire, John Cryan n'est pas le premier à souhaiter la suppression du cash de nos sociétés et à le dire haut et fort.
Des économistes distingués et des consultants pensent également que ce serait une excellente chose. Outre les problèmes liés au cash, comme ses coûts de production, de stockage ou pour éviter la contrefaçon, le liquide serait également à l'origine du blanchiment d'argent sale. Bref, pour toutes ces raisons, c'est un peu "haro sur le cash" depuis ces deux dernières années.

D'ailleurs les gouvernements font tout pour décourager leurs citoyens d'utiliser le cash. En Belgique, il est interdit de payer quoique ce soit par cash au-delà de 3.000 euros. Et le gouvernement français, toujours excessif dans ses démarches, a même abaissé la barre à 1.000 euros, autant dire, rien. Encore une fois, ce débat qui semble anodin est pourtant potentiellement dangereux pour le citoyen. L'argument de la lutte contre le crime, le blanchiment d'argent sale, le terrorisme ou la fraude fiscale ne suffit pas à justifier la disparition programmée du cash. Après tout, comme l'écrit si bien l'analyste financière Simone Wapler, les trafiquants, criminels et autres terroristes utilisent aussi les routes et l'éclairage public, et on ne les supprime pas pour autant !
Le débat sur la disparition du cash ne doit pas être confisqué par les banques commerciales. Elles ont tout à y gagner...
Quant à la suppression du cash, elle est dangereuse, car elle signifie que toute notre épargne sera dématérialisée. Autrement dit, le jour où nos avoirs, épargne, livrets, comptes, déclarations d'impôt, prélèvements automatiques, facturations, numéros de compte, allocations, salaires et dépenses de santé seront en ligne, et de plus en plus corrélés, qui empêchera un État malveillant ou un fisc omnipotent de bloquer d'un seul "clic" tous ces comptes ? Bonne question en effet !
Les Suisses, qui sont des gens raisonnables, ont la chance d'avoir un journal sérieux, Le Temps, qui a publié une tribune expliquant que la suppression du cash est... immorale ! Rien que cela ! Et ce n'est pas faux. Il est juste de dire qu'une société sans cash est immorale, car la propriété de l'individu est entièrement soumise et prisonnière d'un système dirigiste de contrôle, de prédation et de spoliation. Nous avons encore la chance de vivre dans des démocraties, mais ces démocraties sont sans le sou, et on l'a vu à Chypre, lorsque les caisses sont vides, on vient se servir sur les comptes des épargnants.
Et sans cash, ce sera infiniment plus facile. Il suffira de transférer le montant d'un clic vers les comptes de l'État.
Le débat sur le cash ne doit pas être confisqué par les banques commerciales qui ont tout à y gagner. Ce débat doit venir sur la place publique avant qu'il ne soit trop tard.