Allemagne 2016

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ALLEMAGNE 2016


BFMTV
lStiglitz: "Une solution serait que l’Allemagne sorte de la zone euro"

12/09/2016 à 09h46

 
Joseph Stiglitz livre un diagnostic sévère sur l'état de la zone euro. - Mandel Ngan - AFP
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Invité de RMC lundi 12 septembre, le prix Nobel d’Économie s’est notamment prononcé pour un "démantèlement" de l’eurozone. Car si rien n’est fait, prévient-il, "l’Europe va se désintégrer".
Pour aider la zone euro à sortir de la crise, Joseph Stiglitz a sa petite idée…qui ne devrait pas faire l’unanimité.
Invité de RMC ce lundi 12 septembre, le prix Nobel d’Économie (en 2001) a évoqué ses différentes propositions, partant d’un principe simple: "L’euro a été créé pour apporter la prospérité mais ce n’est pas le cas". Selon l’économiste américain, la zone euro a surtout failli car elle n’a pas su mettre en place les institutions nécessaires.
Deux alternatives s’offrent alors, selon lui, aux dirigeants européens: "La première solution serait de terminer le projet, avoir une banque centrale de dépôts et une assurance sur ces dépôts. Ainsi que des résolutions des questions bancaires sur l’ensemble de la zone euro et des euro bonds (des obligations européennes)", a-t-il affirmé.
"Il n’y a pas de lumière à la fin du tunnel"
Une autre alternative consisterait à "démanteler" l’Europe, purement et simplement. "La première solution  - et la meilleure - serait que l’Allemagne et d’autres pays nordiques quittent l’eurozone. La deuxième solution, c’est qu’il y ait deux blocs: une Europe du nord et une Europe du sud", a-t-il assuré.
"Ce sont des sujets dont les dirigeants européens doivent débattre. Mais l’on ne peut pas rester, comme ça, au milieu du gué, sinon l’Europe va se désintégrer. Il n’y a pas de lumière à la fin du tunnel dans lequel vous êtes".
Joseph Stiglitz: "L'euro, comment la monnaie unique menace l'avenir de l'Europe"


la tribune


Ces années 30 qui hantent l'Europe
Par Michel Santi  |  05/09/2016, 10:56  |  743  mots


(Crédits : DR)
En forçant à la convergence des économies à la compétitivité notoirement dissemblable, l'euro a affaibli les pays du noyau dur européen. D'où cette crise qui n'en finit pas, semblable à celle des années 30. Par Michel Santi, économiste
Avant l'adoption de l'euro, une nation européenne gagnait en compétitivité par la dévaluation de sa monnaie nationale qui dopait provisoirement ses exportations en donnant au pays en question l'illusion de se mesurer à l'Allemagne. Un pays comme l'Italie aimerait aujourd'hui user de cette arme de la dévaluation afin de tenter de contrebalancer les niveaux de productivité allemands tout en redonnant au passage de l'oxygène à son économie. Car l'argument maintes fois brandi, selon lequel l'euro a été un rempart qui a évité la catastrophe à certaines nations fragilisées et qui a établi une zone de stabilité au sein des pays de l'Union, est désormais caduc. L'abandon des monnaies nationales n'a fait en réalité que déplacer le problème tout en l'aggravant au passage. Le risque devise fut tout bonnement remplacé par le risque crédit avec, en filigrane, le défaut de paiement de certains pays de l'Union.
Le côté sombre de l'Union européenne
Le constat est aujourd'hui sans appel car l'Union ne pourra être maintenue que si l'Allemagne consent à en payer le prix par un transfert de richesses en faveur de certaines nations nécessiteuses. La sempiternelle rengaine du « plus d'Europe » n'est donc plus audible parmi les Européens et la résolution de la crise ne passera certainement pas par davantage d'intégration européenne. Voilà pourquoi les vicissitudes économiques de l'Union déboucheront sur une période de turbulences politiques et démocratiques. Les dirigeants allemands ne répètent-ils pas inlassablement que « ce n'est pas parce que l'on a les extincteurs qu'ils seront forcément utilisés pour éteindre l'incendie »? L'Union européenne dévoile désormais son côté sombre, marqué bien plus par la peur que par la fierté de ses liens commerciaux et économiques générateurs de valeurs ajoutées. L'Europe de l'abolition des barrières douanières et des frontières, celle qui s'était plongée à corps perdu dans un ultra- libéralisme qu'elle croyait salvateur s'efface sous nos yeux devant une mosaïque de pays dont toute confiance en l'avenir s'évapore.
L'échec du modèle ultralibéral européen
Cette crise n'est pas seulement financière car elle consacre l'échec du modèle ultralibéral européen. Les pères fondateurs de la Banque centrale européenne (BCE) focalisèrent toutes les énergies vitales de leur institution sur la quête et sur le maintien d'une stabilité des prix érigée au rang de Graal. L'économiste allemand Otmar Issing, membre du premier conseil d'administration de la BCE, et son premier président le Hollandais Wim Duisenburg prirent le parti d'attacher leur banque centrale au mât de la sacro-sainte lutte contre l'inflation, au mépris de la croissance et de l'emploi. C'est cette tare congénitale qui est responsable du déclenchement de la crise subie par l'Union et c'est cette superstructure qui est aux sources de son amplification.
Comment les fondateurs de la monnaie unique espéraient-ils faire tenir une construction si fragile adossée à des nations économiquement, politiquement et institutionnellement si divergentes, hors de tout mécanisme de compensation et d'entraide ? Par la seule vertu de l'équilibre budgétaire ? En renonçant à la précieuse flexibilité conférée par une devise souveraine (librement imprimable), en abdiquant leur politique monétaire (la définition de leurs taux d'intérêt), en forçant à la convergence des économies à la compétitivité notoirement dissemblable, l'euro a affaibli les pays du noyau dur européen. En outre, il a rendu inévitable la formation de bulles spéculatives dans les pays périphériques qui ne pouvaient plus désormais compter que sur ces excès pour entretenir leur activité économique. Ainsi, les tourmentes financières de l'Union sont-elles le symptôme profond du mal endémique de la construction européenne ayant relégué au second plan croissance et emploi.

 la tribune

La victoire de l'extrême-droite est aussi une défaite du "modèle allemand"
Par Romaric Godin  |  05/09/2016, 12:12  |  2018  mots

Angela Merkel a connu une nouvelle défaite électorale dans son Land de Mecklembourg Poméranie Occidentale. (Crédits : STEFANIE LOOS)
La percée du parti d'extrême-droite AfD lors des élections régionales de Mecklembourg Poméranie Occidentale le 4 septembre est une gifle pour Angela Merkel. Mais c'est aussi une preuve de la fragilité du modèle économique, social et politique de l'Allemagne.
La gifle reçue par Angela Merkel et son parti, la CDU, lors des élections régionales de Mecklembourg-Poméranie Occidentale ce 4 septembre, est souvent attribué à la seule politique migratoire de la chancelière. Une partie des électeurs ayant rejeté cette politique a choisi le parti de droite radicale Alternative für Deutschland (AfD). Lequel, pour sa première participation, a obtenu 20,8 % des voix, soit 1,8 point de plus que la CDU. Pour beaucoup d'observateurs, les autres facteurs, et notamment le facteur économique, n'ont joué aucun rôle puisque, affirme-t-on, le chômage est en baisse et la croissance vigoureuse.
La politique migratoire, seule cause de la poussée d'AfD ?
Cette analyse est cependant superficielle. Certes, nul ne peut nier que la politique migratoire a permis de mobiliser les électeurs autour d'AfD. Il y a là un réflexe de crainte et un rejet de l'ouverture des frontières qui est présente dans toute l'Allemagne, mais particulièrement en ex-RDA. En mars, en Saxe-Anhalt, AfD avait mobilisé 24,3 % de l'électorat. La poussée de ce nouveau parti depuis les élections régionales de septembre 2015 en Saxe et en Thuringe, autres Länder de l'ex-RDA, où AfD avait obtenu respectivement 9,7 % et 10,6 %, montre clairement l'impact de la crise migratoire. Mais une fois cette cause première affirmée, il convient de s'interroger plus avant sur les raisons de ce réflexe. La crainte de la vague migratoire prend en effet pied dans un malaise plus général que prouve les résultats électoraux.
Défaite de la CDU, mais pas seulement
Ainsi, si ce Land est le Land d'origine d'Angela Merkel, il n'est pas comme on l'entend souvent un « bastion » de la CDU. Bien au contraire, la CDU avait perdu davantage de terrain en 2011 (- 5,8 points) que ce dimanche (-4 points). Les Chrétiens-démocrates n'y ont plus gagné les élections régionales depuis 1994. Certes, se faire doubler par AfD et passer sous les 20 % est une rude gifle pour la chancelière, mais, en réalité, la CDU était déjà depuis longtemps en déclin dans ce Land, bien avant la politique migratoire. La sanction contre Angela Merkel est claire, mais elle n'est en réalité qu'une partie d'une sanction plus large contre l'ensemble de la classe politique du pays. Car si la CDU a perdu 4 points ce dimanche, la SPD sociale-démocrate a accusé un recul de 5 points, Die Linke, héritière de l'ancien parti dominant de la RDA, a perdu 5,2 points, les Verts ont reculé de 3,9 points et les néo-nazis de la NPD de trois points. Autrement dit : AfD a ratissé large, comme elle le fait depuis sa création. Elle a regroupé les déçus du système politique et économique allemand.
Il est donc plus probable que la politique migratoire ne soit qu'un élément déclencheur et mobilisateur d'un mécontentement plus général, par le fait que cette politique soit grosso modo acceptée par l'ensemble de la classe politique à l'exception d'AfD. AfD est, avec la CSU bavaroise, le seul parti à s'opposer à cette politique et il apparaît, du coup, comme une alternative politique plus vaste. D'où sa capacité à mobiliser des électeurs de tous bords, notamment ceux venant de Die Linke. La réaction à la politique migratoire traduit en effet souvent une volonté de maîtrise des frontières et de crainte d'un déclassement de l'Etat providence, soucis très répandus parmi les électeurs de Die Linke et même d'une partie de la SPD dans l'ex-RDA.
La gauche désavouée
Or, ces électeurs s'interrogent de plus en plus sur la capacité de Die Linke et de la SPD à pouvoir changer la donne. Ce qui est ici en cause, c'est clairement le jeu de coalition de la politique allemande. La participation de la SPD aux « grandes coalitions » avec la CDU au niveau régional (notamment en Mecklembourg-Poméranie Occidentale) et au niveau fédéral l'a disqualifiée pour représenter tout changement. Mais, de plus en plus, Die Linke, qui, en Thuringe et en Brandebourg, gouverne avec la SPD et est présent au Bundestag, apparaît aussi comme un parti membre du système. Pour ne rien dire des Verts qui semblent désormais avoir pour seule ambition de monter une coalition fédérale avec la CDU. Dès lors, le vote de rejet se concentre sur l'opposition extraparlementaire. Ce n'est pas un hasard si le seul parti dimanche qui a progressé, outre AfD, est la FDP libérale, éjectée en 2013 du Bundestag.
Désaveu du système
Le vote AfD est donc aussi un vote contre le système politique allemand. Ce vote n'est pas nouveau. La part des deux grands partis n'a cessé de s'effondrer depuis le début des années 2000, même si cette érosion a été temporairement stoppée en 2013. En 1998, CDU et SPD représentaient 76 % des voix, en 2013 seulement 67,2 %. En nombre de voix, la différence est plus nette : huit millions d'électeurs ont abandonné les partis traditionnels. A noter que la « grande coalition » de 2005-2009 avait encore exagéré ce désaveu. Ceci a donné lieu à la montée d'une opposition disparate selon les régions et les moments : on a vu des fortes poussées au cours des 15 dernières années de Die Linke, du FDP, des Verts, de certains partis d'extrême-droite ou encore du parti Pirate. AfD n'est que le dernier épisode de ce mouvement, mais c'est un épisode plus puissant que les autres. A la différence des autres partis ou mouvement protestataire du passé, AfD a la capacité de rassembler ces mécontentements. Il l'a fait en utilisant la critique de la politique migratoire comme catalyseur de ce mécontentement latent.
Le Mecklembourg-Poméranie Occidentale, un Land symbolique des fragilités de l'ex-RDA
Rien d'étonnant, de ce point de vue, que l'ex-RDA soit le terrain de prédilection d'AfD. Car, l'image d'un Land de Mecklembourg-Poméranie Occidentale plein de prospérité ne traduit guère la réalité, si l'on s'en tient aux statistiques. Certes, la situation s'améliore et le Land profite de la relativement dynamique croissance de l'Allemagne. Le chômage y a été fortement réduit. Mais, dans le détail, le tableau est moins réjouissant. Le Mecklembourg-Poméranie Occidentale a certes connu une croissance de 1,9 % en 2015, soit 0,2 point de plus que l'Allemagne dans son ensemble, mais depuis 15 ans, la croissance n'a dépassé 2 % qu'une seule fois, en 2007, alors que le Land a connu six ans de contraction de sa richesse (deux pour l'ensemble de l'Allemagne). C'est, en fait, un bien terne bilan pour une ancienne contrée du bloc de l'Est. La croissance moyenne du Land entre 2000 et 2015 a été de 0,84 % contre 1,35 % pour l'ensemble de la République fédérale.

Si le Land dispose de quelques atouts touristiques, il a vu une grande partie de ses anciennes structures, comme la pêche, les industries lourdes ou les chantiers navals disparaître. Certes, le chômage est à son plus bas niveau depuis la réunification, mais le taux de chômage au sens national demeurait, en moyenne sur l'année 2015, à 10,4 % le troisième taux le plus élevé d'Allemagne, quatre points au-dessus de la moyenne nationale. Surtout, la baisse du chômage s'explique par la situation démographique d'un Land vieillissant que les jeunes fuient. 23 % de la population a plus de 55 ans (20,5 % pour l'Allemagne). En dix ans, la population du Land a reculé de 6 %.
La raison de cette situation tient aussi à la migration vers les autres Länder. En Mecklembourg-Poméranie Occidentale, le salaire brut moyen représente encore 79,4 % de la moyenne nationale. Certes, en 1991, il était à 55,5 %, mais le rattrapage est inachevé. Le Mecklembourg-Poméranie Occidentale est, du reste, le plus en retard des Länder dans ce domaine : en ex-RDA, le salaire moyen représente 82 % du total. Ramené par heure, la rémunération est encore plus faible : à 18,92 euros, elle ne représente que 75,9 % de la moyenne fédérale.  Résultat : le revenu disponible par habitant du Land de Mecklembourg-Poméranie Occidentale reste inférieur de 7,2 % à la moyenne fédérale et de 3,1 % à la moyenne de l'ex-RDA. Depuis 2010, ce revenu n'a quasiment pas bougé. Le Land est alors logiquement la lanterne rouge de la consommation des ménages et de l'épargne en Allemagne.
Désinvestissement
On se rend donc compte que les habitants de Mecklembourg-Poméranie Occidentale ont maintes raisons de mécontentements. Ils peuvent considérer, comme ceux de nombreux Länder de l'ex-RDA, qu'ils sont les oubliés de la croissance allemande et que celle-ci n'est clairement plus suffisante pour satisfaire leur volonté de rattrapage et d'égalité avec leurs compatriotes de l'ouest. Certes, on a beaucoup investi dans ces Länder de l'ex-RDA depuis la réunification, mais le mouvement s'est inversé depuis quelques années. Selon l'office statistique régional, le degré de modernité des investissements si l'on exclut le bâtiment est inférieur à la moyenne fédérale et, en 2013, l'investissement par habitant dans ce Land était de 5.004 euros, 3.000 de moins qu'en 1995 et 1.907 euros de moins que la moyenne nationale. Depuis quinze ans, on investit moins en Mecklembourg-Poméranie Occidentale qu'en moyenne en Allemagne. Dans un Land vieilli et encore pauvre, cet absence d'investissement, et singulièrement d'investissement public, est durement ressenti. Rien n'est donc plus faux que de présenter les habitants de ce Land, ou ceux des autres Länder de l'ex-RDA, comme des « enfants gâtés ». Ils restent dans une situation de fragilité et c'est une des sources de leurs craintes liées à l'arrivée des réfugiés. C'est sur ce terreau que prospère l'extrême-droite.
L'erreur d'Angela Merkel : surestimer le modèle allemand
La conclusion que l'on peut tirer de cette situation est que l'erreur fondamentale d'Angela Merkel a été de surestimer les forces de l'Allemagne. Son slogan  « wir schaffen das » (« nous réussirons ») sous-entendait que la République fédérale disposait d'une telle puissance économique et d'une telle force politique intérieure qu'elle pourrait aisément absorber le choc de l'arrivée de plus d'un million de migrants. En réalité, tout se passe comme si Angela Merkel s'est laissé tromper par son propre discours : son triomphe supposé dans la crise de l'euro où s'est imposé le « modèle allemand » comme référence en Europe, où l'Allemagne a affirmé sa puissance politique et où l'Allemagne est parvenue à réaliser des taux de croissance légèrement plus élevés que la moyenne l'a clairement grisée. En réalité, derrière l'image d'une prospérité insolente, la République fédérale cache de nombreuses poches de mécontentement, fruit de sa politique économique et sociale : le risque de pauvreté y est important, le sous-investissement chronique, la réunification incomplète et la déception politique forte. C'est tout cela qu'a sous-estimé la chancelière et qui a permis à AfD de profiter de sa politique migratoire pour s'imposer comme le troisième parti de la politique allemande. C'est cette surestimation des forces de l'Allemagne que paie aujourd'hui Angela Merkel.
Boîte de Pandore
Les conséquences pourraient être redoutables. Désormais, le caractère « anti-système » et alternatif d'AfD semble l'emporter sur les faiblesses d'un parti qui ne cesse de s'entredéchirer et dont le programme économique demeure bien peu convaincant. Par son erreur d'appréciation, Angela Merkel a ouvert la boîte de Pandore qui semblait fermée depuis 1945 : celle de l'impossibilité d'un parti fort à la droite de la CDU/CSU. Les exemples français ou italien montrent qu'une telle boîte une fois ouverte peut avoir des conséquences graves à long terme. Dans l'immédiat, l'émergence d'AfD va conduire naturellement à une réaction des autres partis qui, tous, vont tenter de se présenter comme des éléments « anti-système » en se définissant comme des partis « anti-Merkel ». On le voit déjà dans le comportement de la SPD. Ceci risque de rendre la constitution des alliances après les élections fédérales de 2017 une opération très délicate.
Dans La Tribune du 22 08 16 : Bilan positif pour le Smic allemand

Par Nicole Sagener, Euractiv.de  |  22/08/2016, 13:36  |  558  mots  
  
Des ouvriers travaillent sur le moteur d'une E-Golf à Wolfsburg, en mai 2016. (Crédits : REUTERS/Fabian Bimmer)
Contrairement à ce que certains experts prophétisaient, le salaire minimum en Allemagne n’a ni pénalisé l’emploi ni favorisé l’inflation: c'est, dix-huit mois après l'instauration du salaire minimum en Allemagne, le constat que publie l’institut IAB de Nuremberg, chiffres à l'appui. Un article de notre partenaire Euractiv.
Avant que le salaire minimum de 8,50 euros par heure ne soit imposé à l'échelle fédérale début 2015, des experts avertissaient que la mise en place du dispositif provoquerait des licenciements massifs et compliquerait la situation des employés, plus qu'elle ne l'améliorerait. Or, une étude de l'IAB, institut de Nuremberg de recherche pour le marché du travail et l'emploi, a prouvé que le Smic n'a pas supprimé de postes en Allemagne. Les craintes étaient donc infondées. L'institut de Nuremberg a interrogé environ 16.000 entreprises, dont près de 20% ont affirmé avoir été affectées directement ou indirectement par la mise en place du salaire minimum.
>> Lire : Le salaire minimum allemand modère le recours aux allocations chômage des salariés
La majorité d'entre elles n'a pas réagi aux nouvelles contraintes salariales par une augmentation du nombre de licenciements. Certaines ont augmenté le prix de leurs produits ou services. Mais, selon les chercheurs de l'IAB, rares sont les entreprises affectées par le Smic à avoir pris cette décision (18%).
Le nombre de petits boulots a diminué de 90.000 postes
Seules 4,7% des entreprises, soit moins de 1 entreprise sur 20, a choisi de réduire son personnel. Néanmoins, il faut prêter attention aux détails : si le nombre d'employés a été réduit, l'étude montre que c'est en raison du refus de prendre de nouvelles dispositions. 10% des entreprises sont concernées, et 5,3% ont déclaré qu'elles s'adapteraient ultérieurement.
En revanche, l'IAB estime que, sans cette nouvelle mesure, 60.000 emplois supplémentaires auraient été créés. Mais principalement dans le cadre d'emplois précaires. Par conséquent, le nombre de « petits boulots » a diminué d'environ 90.000 postes. Aussi les experts estiment-ils que les « effets négatifs sur l'emploi » du Smic allemand sont relativement faibles.
L'Allemagne est loin d'être le seul pays à avoir introduit une législation sur le salaire minimum : en juillet 2016, 22 États membres sur 28 ont imposé un salaire minimum. Tout en étant la première puissance économique, l'Allemagne se retrouve avec un salaire minimum faible, en septième position des pays européens.
Vers un rapprochement avec le Smic français
Selon les statistiques du début 2016, les pays ayant le Smic horaire le plus élevé sont le Luxembourg, avec 11,12 euros, et la France, avec 9,67 euros. La Bulgarie se trouve à la fin du classement avec seulement 1,24 euros.
Par ailleurs, l'étude montre également que de nombreuses entreprises ont tenté de trouver des alternatives pour payer moins leurs salariés. Des exceptions ont en effet été mises en place dans le cadre de ce nouveau Smic : les apprentis, les stagiaires et les chômeurs chroniques, peuvent, temporairement, percevoir moins de 8,50 euros de l'heure. Beaucoup d'entreprises  ont choisi de modifier les modalités du travail, en optant notamment pour la sous-traitance, le CDD ou la réduction des heures de travail.


Le SMIC allemand devrait être réajusté tous les deux ans, en fonction des prix du marché. Si la tendance actuelle reste constante, il sera augmenté de 34 centimes au 1er janvier 2017, ce qui le rapprochera un peu plus du salaire minimum français.
>> Lire : Bonne nouvelle : les salaires allemands augmentent
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Par Nicole Sagener, traduit par Céline Nguyen

Dans Le Figaro du 18 08 16 : Le smic allemand n'a pas entraîné de licenciements massifs

    •    Par Manon Malhère
    •    Publié le 18/08/2016 à 07:00

Sur 60.000 entreprises sondées par l'institut de recherche sur l'emploi allemand IAB, moins de 5 % concernées par cette nouvelle loi sur le salaire minimum ont procédé à des licenciements.
Voilà qui devrait satisfaire la chancelière allemande, Angela Merkel. L'introduction en Allemagne d'un smic (8,5 euros brut de l'heure) au premier janvier 2015, après d'intenses négociations, n'a pas poussé aux licenciements en masse. C'était pourtant redouté par certains à droite de l'échiquier politique ainsi que par plusieurs économistes.
Sur 60.000 entreprises sondées par l'institut de recherche sur l'emploi allemand IAB, moins de 5 % concernées par cette nouvelle loi sur le salaire minimum ont procédé à des licenciements au lieu d'augmenter les rémunérations de leurs employés. En revanche, une entreprise sur cinq a décidé d'adapter le temps de travail de ses employés. En outre, certaines entreprises ont décidé d'élever les prix de vente des services qu'elles fournissent ou des produits qu'elles confectionnent. Au total, ce sont 60.000 emplois qui ont été perdus ou n'ont pas été créés à cause du salaire minimum, évalue globalement l'institut de recherche. C'est bien moins que les chiffres avancés par la Fédération allemande des chambres de commerce juste avant l'application de la loi, en décembre 2014. Elle estimait en effet que 200.000 emplois étaient menacés.
Le smic a été introduit après de longs débats dans ce pays qui privilégie largement les négociations salariales décentralisées.
Pour les employés, «les effets positifs sur la rémunération sont incontestés», indique par ailleurs l'institut de recherche. Et aujourd'hui, le taux de chômage reste toujours extrêmement bas (4,2 % en juin). L'Allemagne devrait relever le salaire minimal à 8,84 euros brut de l'heure en janvier prochain.

Michel Santi dans "La Tribune" du 18 07 16 Article intitulé : Désintégrer l'Europe

" L'Europe des "quatre libertés" est un univers schizophrène qui exige une liberté totale du secteur privé encouragé à s'enrichir, tandis qu'une rigidité grandissante paralyse un secteur public incapable de redistribuer.
Les fondements de l'Europe ont été édifiés sur le fameux principe des quatre libertés. Les capitaux, les biens, les services et le travail sont en effet censés se déplacer sans restriction aucune au sein de cette Europe mercantile. La compétition sans limite allant de pair avec le contrôle a minima du secteur privé étant supposés - selon cette imparable logique néo libérale - induire un état d'équilibre et de stabilité économiques.
L'Europe fut effectivement bâtie sur la doctrine selon laquelle, du fait de leur efficience absolue, les marchés font se mouvoir capitaux et travail vers les régions les plus productives. Cette infaillibilité des marchés ayant pour conséquence inéluctable que les biens et les services se vendent naturellement le mieux et au meilleur prix au sein des zones les plus aisées. Les quatre libertés font donc fi des bulles spéculatives, des effets déstabilisants des flux de capitaux prédateurs, des prises de risques excessives du système bancaire : autant d'aberrations et de spirales ayant affecté l'Europe de ces dix dernières années et qu'il est difficile de classer au tableau de chasse de l'équilibre de marchés prescients et efficients...
Entre liberté absolue du privé et rigidité croissante du public
En attendant, l'impérium néo-classique, qui règne toujours en maître absolu sur l'Europe et qui exige l'arbitrage ininterrompu du marché, rejette d'un revers de main dédaigneux et méprisant l'effet stabilisateur que pourrait avoir l'État sur cette jungle légale instaurée et promue ardemment par la technocratie. Nous nous retrouvons donc de facto dans un univers schizophrène qui exige une liberté totale du secteur privé encouragé à s'enrichir, tandis qu'une rigidité grandissante paralyse un secteur public désormais incapable de redistribuer car obligé de dépenser, d'emprunter et de taxer moins.
Cette asymétrie éhontée qui érige marché et secteur privé en guides suprêmes et qui relègue l'Etat au rang des antiquités aboutit à une polarisation extrême des richesses et des ressources au sein du continent. Ces quatre libertés créent donc des monstres de prospérité comme l'Allemagne, nécessairement aux dépens de victimes sacrificielles comme la Grèce. En somme, l'Union et tout particulièrement la zone euro a soit trop de liberté... soit pas assez ! Comme l'Allemagne refuse les transferts automatiques à même de soulager les nations en déséquilibre, et comme il n'est certainement pas à l'ordre du jour de créer l'union fiscale, cette Europe devra donc se désintégrer dans l'intérêt vital de certains pays en voie de ghettoïsation. En tout état de cause, la désintégration est préférable au statu quo.

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Romaric Godin dans "La Tribune" du 13 05 16 Article intitulé : Allemagne : forte croissance au premier trimestre

L'économie allemande a progressé de 0,7 % au premier trimestre 2016, du jamais-vu depuis deux ans. La demande intérieure a porté cette dynamique.
L'économie allemande a enregistré un bon premier trimestre 2016. Selon l'Office fédéral des Statistiques Destatis ce vendredi 13 mai, le PIB allemand a progressé de 0,7 % entre janvier et mars dernier. Du jamais vu depuis deux ans. Une progression forte, supérieure à celle de la France (estimée à 0,5 %) et à l'estimation pour la zone euro (0,6 %). Par rapport au premier trimestre de 2015, le PIB allemand progresse de 1,6 % en données corrigées des variations saisonnières.
Demande interne
Le détail de cette croissance n'est pas encore connu, mais Destatis souligne qu'elle s'explique principalement par l'impulsion de la demande interne, venant à la fois de la consommation et de l'investissement. La contribution de la demande externe et des exportations est, compte tenu de la faiblesse de la demande émergente, notamment, sans doute négligeable. Ces deux éléments sont des points encourageants, car il est possible ainsi que cette dynamique allemande, à la différence des précédentes, profite davantage aux partenaires de la zone euro.
Les pistes d'explication
Plusieurs pistes existent pour expliquer cette croissance. En janvier, la production industrielle allemande a connu une croissance inédite qui a, par la suite, été corrigée, mais qui explique une grande partie de la progression du PIB. Les entreprises ont, par ailleurs, longtemps reporté des investissements qui deviennent aujourd'hui nécessaires de renouveler. L'investissement de renouvellement est LE facteur de reprise. Reprise qui ne peut perdurer que si les conditions économiques ne sont pas déstabilisées, ce qui est le cas pour l'Allemagne. Allemagne qui, en imposant sa politique à l'Europe, a drainé les exportations européennes à son seul profit et en imposant l'ouverture des frontière à l'Europe a réglé en grande partie son déficit démographique.... en aggravant la situation des autres pays européens qui n'avaient pas aucun problème crucial de démographie. Voir mes commentaires de ces dernières années qui se confirment. Ici, je ne parlerai pas des pays déstabilisés volontairement par l'Europe dans le seul intérêt des groupes lobbyisateurs de ces idées. Les Allemands ont bien joué et se sont bien foutus de nous. Cela dit, l'absence de qualité de nos politiques fait qu'ils étaient sur une boulevard. Strike pour l'Allemagne et zéro pour nous, plus les "emmerdes" et les conflits. De nouveau, les Anglais en résistant à l'Allemagne ont tout gagné. Le jour où la France arrêtera de se faire passer pour résistante après sa (ses) colloba(s), elle pourra devenir ce qu'elle essaye de paraitre, à savoir : un grand en pays. Pour l'instant, les paroles cachent la misère. La consommation reste portée par le faible chômage et par la croissance des revenus. Enfin, il y a sans doute également un effet lié à la gestion de la crise des réfugiés.
Croissance durable ?
Ce chiffre est une bonne nouvelle pour la zone euro. Il prouve que, lorsque l'Allemagne se soucie de sa demande et de dépense plutôt que d'épargne et de sa seule compétitivité coût, la croissance est plus forte et bénéficie au reste de ses partenaires de l'Union monétaire. Là, on verra.... Reste à savoir si ce rythme pourra se maintenir. C'est peu probable, car les chiffres de la production industrielle et des commandes à l'industrie sont, pour le moment, plutôt dans une phase de recul.
Là, on verra....

BCE

Dans "Trends" du  01 06 16 Article intitulé : "La BCE manque en grande partie son objectif"
 Pierre-Henri Thomas Journaliste
01/06/16 à 15:23 - Mise à jour à 15:23
Le Français Jacques de Larosière, ancien directeur général du FMI, explique pourquoi nous souffrons toujours de l'implosion du système de Bretton Woods survenue voici plus de 40 ans. Et il s'interroge avec inquiétude sur la politique de la Banque centrale européenne.
Il a dirigé le Fonds monétaire international de 1978 à 1987, gouverné ensuite la Banque de France puis présidé la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD). Jacques de Larosière a donc été de ceux qui ont assisté en première ligne aux effets de l'effondrement, le 15 août 1971, du système monétaire de Bretton Woods, qui avait permis au monde de se reconstruire après la Seconde Guerre mondiale.
Dans ses mémoires, intitulés 50 ans de crises financières (1), cet ancien diplômé de l'ENA (même promotion que Michel Rocard) nous livre un témoignage précieux, à la fois personnel et instructif, sur un demi-siècle d'histoire financière. C'est d'ailleurs Yvo Maes, professeur à l'UCL et conseiller senior auprès de la Banque nationale de Belgique, qui l'a poussé à écrire cet ouvrage dans lequel on y croise parfois des compatriotes, tels l'ancien gouverneur de la BNB Jean Godeau, les administrateurs du FMI André Van Campenhout et Jacques de Groote, ou encore l'économiste Robert Triffin, auquel Jacques de Larosière voue une grande admiration. Yvo Maes a eu raison : le témoignage de Jacques de Larosière éclaire d'une lumière nouvelle et pénétrante les turbulences financières que nous vivons aujourd'hui.
TRENDS-TENDANCES. Vous avez choisi de titrer vos mémoires : "50 ans de crises financières". Les crises rythment en effet les dernières décennies. On a même l'impression qu'elles surgissent plus souvent et avec plus d'intensité. Pourquoi ?
JACQUES DE LAROSIERE. C'est la question centrale du livre. Ma thèse est celle-ci : nous avions sous le régime mis en place par les accords de Bretton Woods (signés en juillet 1944) un système de taux de change très stable (basé sur une monnaie pivot, le dollar, convertible en or à une parité fixe, 35 dollars l'once). Les taux de change ne pouvaient évoluer que dans des couloirs de variation très étroits. Les pays qui étaient membres de l'organisation étaient obligés de régler leur politique monétaire avec une grande discipline. Sans discipline, ils éprouvaient bientôt des problèmes de change, de déficit de leur balance des paiements. Ils pouvaient certes demander au FMI l'autorisation de dévaluer, mais la procédure était compliquée et culpabilisante pour les gouvernements. Le système était très cohérent.
Mais ce système, basé sur le dollar, ne pouvait pas tenir. Dès le départ, certains économistes comme le Britannique Keynes ou le Belge Robert Triffin l'avaient pressenti.
C'est le génie de ces deux auteurs d'avoir compris dès la fin des années 1940 la faiblesse inhérente de ce système qui a cependant bien fonctionné jusqu'à ce que les Etats-Unis glissent dans l'inflation durant les années 1960. Robert Triffin a bien montré que quand vous avez une monnaie centrale, vous arrivez rapidement à un dilemme. Soit vous avez une monnaie très bien gérée et rien ne se passe au niveau de la balance des paiements. Mais alors le système n'a pas assez de liquidités pour financer son développement. En effet, les pays étrangers ont besoin de dollars pour financer leur déficit, leurs investissements, leur rattrapage économique mais ils n'en n'ont pas puisque les Etats-Unis sont à l'équilibre. Soit les Etats-Unis glissent vers le déficit systématique, le système est alors alimenté en dollars, mais le dollar devient moins crédible et sa parité or est menacée. Les banques centrales étrangères ont alors tendance à demander sa conversion en or, mais le stock d'or n'est pas suffisant et on va vers la crise. C'est ce qui s'est d'ailleurs passé. Triffin avait écrit le scénario avec 20 ans d'avance !
Le système de Bretton Woods implose donc le 15 août 1971.
Oui. En août 1971, pour des raisons liées notamment au déficit américain creusé par la guerre du Vietnam, le système implose et l'on vit, sans en prendre toute la mesure, une profonde modification dans la manière dont l'économie mondiale est gouvernée. On tente bien, pendant un an ou deux, de le rafistoler, mais sans y parvenir. A partir de 1973, les taux de change deviennent flottants. Et le ciment qui liait les acteurs et qui était à la base de la discipline disparaît. C'est désormais le marché qui évalue la situation relative des monnaies. On peut désormais s'écarter de la norme. Et on le fait : après 1973, l'inflation atteint les 15 voire 20 % et ravage littéralement le système. La conséquence de cette libération du système de change est qu'elle donne libre cours à la facilité monétaire et budgétaire.
Vous pointez en effet qu'à partir de ce moment, l'endettement public explose. Dans la plupart des pays industrialisés, il passe en trois décennies de 20 % du PIB à environ 100 % aujourd'hui.
En effet. Nous finançons désormais par endettement des déficits budgétaires qui s'expliquent par l'Etat providence ainsi que la démagogie qui consiste à ne pas demander à l'impôt de financer les dépenses publiques... On opte pour la facilité et on entre dans une phase de dette qui dure toujours.
Quels rôles ont joué les marchés dans cette évolution ?
Les marchés se sont étoffés et ils ont permis cette financiarisation de la politique économique. Des pays comme la Chine ou les grands exportateurs de pétrole du Moyen-Orient ont pu éviter une trop grande appréciation de leur monnaie face au dollar, parce qu'ils ont pu acheter énormément de dollars sur le marché des changes. En achetant du dollar, ils ont facilité la vie des Américains mais ils ont aussi augmenté la masse monétaire mondiale. Prenez par exemple la Banque centrale de Chine : elle a créé de la monnaie chinoise pour pouvoir acheter des dollars.
En faisant cela, vous élevez le niveau de la création monétaire dans le monde. Et vous diminuez donc les taux d'intérêt puisque l'offre de monnaie est plus abondante. On a estimé que cette création monétaire a eu un impact à la baisse sur les taux d'intérêt d'environ 1 %. Ce qui est considérable. Mais on n'a pas pris conscience de cette nouvelle politique monétaire dérivée des changes.
A propos de politique monétaire, vous n'êtes pas très tendre à l'égard de celle menée aujourd'hui par la Banque centrale européenne. Vous dites qu'elle vous plonge dans un abîme d'interrogations et de doutes !
Je suis inquiet. J'ai des interrogations sur la validité de la politique monétaire de la BCE et ses conséquences. Nous assistons à un tournant : la politique monétaire de la BCE n'a plus seulement pour objectif d'assurer, comme avant, la stabilité du système monétaire et la stabilité du système financier. Elle veut désormais combler les carences de la croissance. Elle devient l'élément d'ajustement de cycles économiques déréglés et d'une croissance déclinante. Les Etats-Unis ont donné le départ de cette politique il y a quelques années avec leur quantitative easing, qui consiste à acheter systématiquement des titres financiers, en grande partie émis par les trésors, afin de faire descendre la courbe des taux sur toutes les échéances.
Cela a permis un redémarrage des Etats-Unis...
Oui. Dans un pays comme les Etats-Unis où le financement de l'économie repose aux trois quarts sur les marchés financiers, le fait de disposer de taux d'intérêt significativement plus bas (1 ou 2 %) ne pouvait avoir que des conséquences positives. Cela s'est traduit par une hausse de la croissance du PIB américain. On essaie depuis deux ans de faire la même chose en Europe. Mais là, les choses ne se passent pas aussi bien.
Pourquoi ?
Parce que le mode de financement de l'économie européenne repose pour les trois quarts sur les banques et non sur les marchés. On dira : qu'à cela ne tienne, si on baisse les taux, cela aura également un effet. Les banques peuvent prêter très bon marché les fonds qu'elles reçoivent quasiment gratuitement de la BCE. Mais cela ne fonctionne pas ainsi. Car lorsque les taux sont trop bas, les banques ont beaucoup de mal à conserver une marge suffisante entre les taux auxquels elles se financent et les taux auxquels elles financent l'économie réelle. En moyenne, le système bancaire a besoin, afin de financer ses coûts fixes (les charges opérationnelles, les charges en capital qui sont de plus en plus lourdes, etc.) d'avoir une marge qui oscille autour de 3 %. Si vous avez des taux de refinancement à zéro auprès de la Banque centrale et que vous pouvez prêter à 3 %, vous équilibrez donc vos coûts. Mais si le taux ambiant tourne plutôt autour de 2 %, comme c'est le cas aujourd'hui, la marge n'est pas suffisante. Les banques doivent donc arbitrer leur stratégie. Ou elles essaient de trouver des actifs plus rémunérateurs que le taux ambiant. Elles cherchent le rendement, mais prennent davantage de risques. Ou elles restreignent la voilure. Elles réduisent leurs engagements et octroient donc moins de crédits. Et l'on observe que c'est ce que font les banques européennes. Ces dernières années, les octrois de crédits ont baissé en moyenne de 2,5 % par an dans la zone euro.
La BCE manque-t-elle donc son objectif ?
Oui, en grande partie. Si les banques prêtent moins, l'objectif qui était de redynamiser le crédit est en effet manqué. Et il y a un autre élément très important : si vous interrogez les agents économiques sur les causes de la morosité actuelle, vous voyez surtout apparaître des raisons structurelles. Les gens estiment que les gouvernements ne font pas assez pour libérer un certain nombre de processus dynamiques qui pourraient à leur tour libérer davantage de croissance. On voit également poindre une inquiétude sur le vieillissement de la population et les faibles gains de productivité. Si ce diagnostic est le bon, ce n'est pas en jetant de l'argent dans la machine que l'on va la faire reprendre. Le risque est non seulement de ne pas obtenir les effets recherchés, mais en plus d'avoir des effets négatifs, de créer des bulles (sur les obligations ou d'autres actifs).
Il faut s'imaginer un moteur monétaire, alimenté par la liquidité, qui doit transmettre le mouvement à l'économie réelle via des courroies de transmission (en Europe, ce sont surtout les banques). Mais si les courroies de transmission s'affaiblissent trop, cela ne sert à rien d'injecter davantage de liquidités. La BCE devrait donc se demander comment faire pour rétablir cette courroie. Elle devrait donc s'intéresser davantage à la réglementation et aux charges qui pèsent sur les banques.
Revenons à ce laxisme budgétaire que vous dénoncez. Vous pointez un changement culturel auprès des hauts fonctionnaires ces dernières décennies : ils n'oseraient plus dire "non" comme avant à des ministres qui seraient trop dispendieux...
Oui, vous avez raison, mais ce n'est pas l'élément central. Pour moi, la déresponsabilisation est provoquée par la financiarisation qui a accompagné la disparition du système de Bretton Woods. Ce sont les marchés financiers qui possèdent désormais la responsabilité d'évaluer les taux de changes. Ce sont eux qui sont devenus les maîtres du jeu. Si vous êtes un haut fonctionnaire, vous êtes moins en charge quand vous n'êtes plus responsable du change de votre pays. Il est plus difficile de se sentir responsable des événements si vous êtes soumis à la volatilité des marchés financiers. D'ailleurs des hommes comme Helmut Schmidt ou Valéry Giscard d'Estaing avaient voulu préserver cette responsabilité des changes au niveau européen. Ils n'y ont pas réussi, mais c'était une vue très profonde.
Que faudrait-il faire alors pour refonder le système financier international ?
Pour répondre à votre question, il faut se demander si le rôle du dollar depuis 2007 a augmenté ou diminué. Et je vous mets au défi de me démontrer que la force du dollar et que son aspect de monnaie-pivot se sont réduits depuis la crise ! Les marchés sont surtout des marchés " dollars", avec une taille de plus en plus importante. Je ne suis pas sûr que la situation actuelle permette donc de repositionner le système. Ce que nous pouvons imaginer, en revanche, c'est une meilleure coordination. Les comportements macroéconomiques de chaque pays, dont l'addition crée la constellation d'un système monétaire international, pourraient être davantage surveillés. Ce n'est ni déraisonnable, ni diplomatiquement irréaliste.
Mais il manque des leaders politiques pour concrétiser cette meilleure gouvernance.
Il faut être à la recherche de quelques leaders éclairés qui puissent faire avancer les choses. Je crois que c'est possible, comme par le passé. J'ai eu la chance d'assister à certains de ces moments...
Vous songez à quels événements ?
Je pense par exemple à Paul Volcker (ancien président de la Fed, Ndlr) et à son implication dans la résolution de la crise latino-américaine (dans les années 1980, Ndlr) qui était une crise profonde.
Ce laxisme budgétaire né sur les ruines de Bretton Woods est un lourd héritage. Pour vous, s'attaquer au problème de l'endettement, restaurer une certaine stabilité et une certaine discipline monétaire, c'est une question de démocratie.
Il faut se souvenir que le processus démocratique est né en Angleterre avec le vote du budget : les sujets voulaient bien payer des impôts, mais ils voulaient savoir pourquoi. Aujourd'hui, les dettes continuent de s'accumuler. Or, je ne crois pas que cet endettement systématique, qui a multiplié par cinq le poids de la dette en termes réels (de 20 à 100 % du PIB), ait jamais été l'objet d'un véritable débat démocratique. Aucun parlement n'a dit : "nous allons expliquer clairement les inconvénients ou les avantages d'aller dans cette voie". C'est assez grave et cela montre une fois encore les dangers de la financiarisation : dans le déroulé de cette course à la dette, il n'y a pas eu un moment de recul, de réflexion. On a surfé sur la facilité. Que livre-t-on aux générations futures ? Un choix entre payer la dette si le contexte monétaire s'y prête (mais cette dette sera très lourde). Ou la renier, ce qui comporte aussi beaucoup d'inconvénients. Laisse-t-on aux jeunes générations un vrai choix démocratique ? Je ne crois pas.
(1) Jacques de Larosière, "50 ans de crises financières", Odile Jacob, 22,90 euros

 

Dans "La Tribune" du  01 06 16 Article intitulé : "La Grèce est soumise à une logique coloniale" (James Galbraith)
Par Romaric Godin  |  01/06/2016, 7:30  |  2730  mots
   
James Galbraith, économiste à l'université d'Austin (Texas) et ancien conseiller de Yanis Varoufakis lorsqu'il était ministre de l'Economie de Grèce, revient sur la situation dans ce pays, sur la zone euro et sur les "réformes structurelles" en France.
James Kenneth Galbraith, né en 1952, est le fils de John Kenneth Galbraith, figure de proue du keynésianisme étasunien de l'après-guerre et conseiller de plusieurs présidents des Etats-Unis. Professeur à l'université d'Austin, au Texas, il a critiqué l'emprise du marché sur la gauche dans son ouvrage L'Etat prédateur et est un des économistes les plus sévères à l'encontre de la pensée libérale. Ami de Yanis Varoufakis, il a été son conseiller pendant les quelques mois du passage de ce dernier au ministère des Finances grec en 2015. De passage à Paris, il livre à La Tribune ses réflexions sur la Grèce, l'euro, les « réformes structurelles » en France, et les élections aux Etats-Unis.
Votre dernier ouvrage traduit en français relate votre expérience en tant que conseiller du ministre des Finances grec Yanis Varoufakis au cœur de la tourmente grecque de l'an dernierⁱ. Un an après, quel regard portez-vous sur le nouvel « accord » annoncé le 24 mai dernier par l'Eurogroupe ?
La vente en liquidation de la Grèce se poursuit et ce soi-disant accord n'est qu'une nouvelle étape de ce processus. Il signifie encore des réductions dans les pensions, encore une accélération des privatisations à des prix bradés, encore des hausses de taxes indirectes. C'est l'assurance de la poursuite de l'étranglement de l'économie hellénique avec des délocalisations d'entreprises, des expulsions de particuliers de leur logement et la cession de biens d'Etat - les ports, les aéroports, les chemin de fer et même des terrains ou des plages - qui étaient des sources de revenus commerciaux pour le gouvernement.
Et l'engagement vis-à-vis de la dette est limité...
Les créanciers ont imposé deux ans de délai pour parler de la dette, sans aucune garantie sur le résultat et alors qu'ils imposent une politique qui ne rendra aucun résultat. Et quand bien même elle aurait quelques résultats, ils ne profiteraient pas aux Grecs, mais à des entreprises étrangères, à des compagnies pharmaceutiques ou agro-alimentaires qui pourront investir des marchés qui étaient, jusqu'ici des soutiens à l'économie locale. En fait, les Grecs ne sont plus les bienvenus sur les marchés grecs...
Ce que vous décrivez ressemble à une logique coloniale...
C'est une logique de colonisation. Si cela se passait aux Etats-Unis, ce serait normal. N'importe quel citoyen étasunien peut détenir une entreprise en Arizona, mais je crois que c'est différent en Europe où les nations existent et valent encore quelque chose. Ici, on voit la logique créancière triompher sur l'indépendance nationale. C'est la première fois que cela se produit et c'est assez inacceptable.
La dette grecque est-elle légitime ?
Il faut poser la question de la validité des dettes et de la responsabilité des grands Etats européens. Les dettes acquises par le gouvernement grec l'ont souvent été avec l'accord des créanciers pour financer des projets militaires ou des projets de construction qui ont profité aux entreprises allemandes ou françaises. On savait depuis 2010 que la dette n'était pas remboursable et l'on a transféré ces dettes sur les contribuables européens, y compris ceux de pays comme la Slovaquie où la richesse est inférieure à celle de la Grèce. Parallèlement, on exige du peuple grec, qui n'a pas été consulté, de rembourser l'intégralité de ces dettes. Tout ceci mène à une impasse politique pour la résolution du problème de la dette. Tout cela parce que des responsables européens refusent d'assumer leurs mauvais choix.
Comment jugez-vous l'action du gouvernement d'Alexis Tsipras ?
Je n'ai plus confiance dans le caractère du Premier ministre. Voici un an, j'ai été un temps proche de ce dernier et j'avais beaucoup de confiance en lui. Mais il est clairement entouré par des gens défaitistes qui lui ont dit : « Tu peux résister, mais il faudra, à la fin, faire ce qu'on nous dit. » Au ministère des Finances, nous appelions ce cercle la « troïka de l'intérieur ». A présent, c'est un homme qui a subi une défaite et qui a manqué son entrée dans l'histoire. C'est le chef d'une administration coloniale. Il se défend en affirmant qu'il vaut mieux que ce soit lui qui soit en place afin de pouvoir négocier quelques détails et faire porter l'effort sur les gens relativement plus riches. C'est peut-être vrai. Mais la réalité profonde, c'est que son administration fait ce qu'on lui dit de faire et se contente de répéter les formules des créanciers.
Si, l'an dernier, la Grèce avait refusé la logique des créanciers, au risque de sortir de la zone euro, serait-elle dans une meilleure position aujourd'hui ?
Lorsque, voici un an, j'ai transmis à Yanis Varoufakis une note sur le « plan X », celui qui prévoyait la sortie de la Grèce de l'union monétaire, c'était pour lui faire la liste des défis auxquels il faudrait faire face au cas où. Il y avait des questions légales, notamment sur le contrôle de la banque centrale, mais aussi des questions liées à la situation des banques commerciales, à la liquidité de l'économie, aux ressources énergétiques, aux fournitures de médicaments. Il s'agissait d'indiquer à quels responsables il fallait s'adresser.
Il semble que cette somme de défis ait semblé formidable aux responsables grecs d'alors. Ils ont douté de la capacité du gouvernement et de la société civile grecs à supporter le coût social et politique de la transition. A présent, je pense qu'ils ont sous-estimé les capacités et la patience du peuple grec dont la résolution est devenue évidente après la mise en place du contrôle des capitaux et le référendum du 5 juillet 2015.
Pour revenir à la question, les défis techniques auraient alors posé des difficultés importantes, mais qui se seraient allégées avec le temps grâce au contrôle des capitaux et à l'importance des paiements électroniques. Mais je ne pense pas que le gouvernement grec actuel disposait de la mentalité et de la résistance suffisantes pour soutenir un tel processus. De plus, pour soutenir la valeur de la monnaie, il faut des alliés et des soutiens extérieurs. La Grèce en disposait-elle ? Rien de moins sûr, c'est une question délicate. Quoi qu'il en soit, le gouvernement actuel ne prendra plus ce type d'initiative, la défaite est partout, et la réponse prendra la forme d'une résistance populaire qui se voit déjà.
Quel avenir, après cette crise grecque pour la zone euro ?
Pour préserver l'Union européenne à long terme, il faudra changer de système monétaire. La question ne concerne pas seulement la Grèce, mais aussi l'ensemble des pays déficitaires de la zone euro. Il faudra leur donner un moyen de réaliser les ajustements nécessaires de façon moins brutale et moins dogmatique que ce qu'on a vu en Grèce. Cette réflexion ne viendra pas de la Grèce, mais peut venir d'autres événements politiques au Portugal, en Espagne, en Italie ou même en Finlande, qui est très défavorisé par rapport à ses voisins nordiques par son adhésion à l'euro.
Quel nouveau système monétaire proposez-vous ? Peut-on encore s'appuyer sur la Modeste Propositionⁱⁱ que vous proposiez dans un livre écrit en 2013 avec Yanis Varoufakis et Stuart Holland et qui s'appuyait notamment sur des transferts et une politique active d'investissement ?
J'aimerais que l'on puisse encore ouvrir une discussion sur les bases de la Modeste Proposition qui, techniquement est encore valable, soit engagée au niveau européen. Cela ne me semble cependant pas possible pour le moment. Il faut donc pouvoir contourner ces blocages autrement. Je pense que les pays en difficulté devraient commencer à en discuter entre eux et forgent une alliance pour changer le système monétaire.
L'idée n'est cependant pas de recréer une « union latine » monétaire. J'explore plutôt pour le moment l'idée de créer une construction s'inspirant du système de Bretton Woods de 1944 au niveau européen. Le centre conserverait l'euro comme monnaie qui jouerait le rôle du dollar dans le système monétaire mondial d'avant 1973. Les autres pays disposeraient alors de leur propre monnaie avec des taux de change fixes, mais ajustables, mais serait protégés par la BCE des spéculateurs. Ceci me semble une moyen d'avancer dans les discussions. Car il ne faut pas se faire d'illusions : une dissolution de la zone euro qui ne serait pas organisée déclencherait une guerre économique. Et dans une guerre économique, les faibles gagnent rarement.
Vous avez néanmoins travaillé à une sortie de la zone euro dans un cadre tendu et en plein conflit avec les créanciers...
Oui, mais ce travail n'a jamais été utilisé comme une arme stratégique dans les négociations par le gouvernement grec. Nous avons travaillé dans le plus strict secret pour ne pas compliquer les négociations et pour éviter de déclencher une tempête politique en Grèce qui aurait déstabilisé le gouvernement. Nous avions un temps pensé organiser une réunion restreinte avec des représentants des créanciers, mais nous y avons renoncé. C'était trop risqué. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, n'attendait que l'opportunité d'ouvrir le débat. Il l'a tenté début mai, dans une rencontre avec Yanis Varoufakis.
Certains nous l'ont reproché. Je me méfie cependant des positions des économistes de la gauche de Syriza, comme Costas Lapavitsas, qui étaient favorables à une sortie de la zone euro. Cette analyse part d'un défaut des économistes de penser que l'on peut évaluer la situation après la transition. Mais je pense que la gauche grecque n'avait pas fait un travail soigneux d'analyse de ce qu'il fallait faire. Il existait aussi un problème de légitimité et il fallait s'assurer de la survie politique d'un gouvernement de gauche. Si l'on devait faire face au chaos, on aurait vu le retour de la droite au pouvoir. Il faut donc se montrer prudent. Notre travail consistait donc uniquement à être prêt si cette sortie devenait inévitable. C'était simplement une mesure de prudence pour ne pas être démuni et provoquer le chaos.
Dans ce travail théorique que vous avez effectué et que vous publiez dans votre livre, vous favorisez l'idée que, de façon transitoire, deux monnaies peuvent coexister. La loi de Grisham selon laquelle la « mauvaise monnaie chasse la bonne », jouerait alors en faveur des autorités ?
L'idée est de s'appuyer le plus possible sur la monnaie électronique. L'expérience des contrôles des capitaux en Grèce et à Chypre montre que les gens qui ont l'habitude d'utiliser le numéraire passent aux moyens électroniques pour réaliser des transactions quotidiennes. La tendance observée est que l'on stocke son épargne sous forme de billets ou de biens solides comme des automobiles ou des biens immobiliers et que l'on utilise les moyens de paiement électroniques pour l'utilisation des dépôts.
Dans le cadre de la transition, l'euro sera donc stocké et la nouvelle monnaie pourra être utilisée sous forme électronique pour les moyens de paiement du quotidien. Ceci permettra, avec un taux de change interne de 1 pour 1 de disposer d'un peu de temps pour organiser la transition. La conversion en nouvelle monnaie pour les paiements électroniques est rapide et sa large diffusion est allégée.
La France connaît une forte contestation de la réforme prévue du droit du travail. Dans votre livre, vous expliquez les effets néfastes de cette réforme. Quel est votre jugement sur les « réformes structurelles », mantra de la politique économique dans la zone euro ?
C'est une idéologie qui n'a aucun fondement sur les faits. C'est un dogme qui relève de la théologie. Ce n'est pas par des « réformes » que l'on parvient au plein emploi. Ce n'est pas la flexibilisation du marché du travail qui a permis aux Etats-Unis d'avoir un taux de chômage bas. C'est bien plutôt grâce aux institutions non lucratives dans la santé, l'enseignement supérieur, la recherche et qui disposent de subventions indirectes. Plutôt que ces « réformes », l'UE devrait mettre en place des assurances sociales permettant aux revenus des ménages de ne pas être déstabilisés en cas d'éloignement du marché du travail. Ce n'est pas en réduisant les salaires - conséquences finales de ces réformes - ou en renforçant les pouvoirs des entrepreneurs que l'on renforcera l'économie. Les entrepreneurs ne créeront pas des emplois par charité parce que le marché du travail sera flexibilisé. Les pays nordiques ont maintenu un taux de chômage très bas pendant 50 ans en maintenant une régulation salariale forte et en incitant les entreprises à investir dans des activités à haute productivité. La conséquence de ces réformes est très inquiétante : en dérégulant le marché du travail, on réduit la croissance de la productivité car on favorise la main d'œuvre bon marché. C'est l'inverse de ce que pensaient les économistes néoclassiques. Or, la productivité un des problèmes majeurs aujourd'hui.
Selon vous, le principal problème de l'Europe est-il la domination de la pensée économique allemande ?
C'est évidemment beaucoup un problème. Mais les Français ont aussi leur part de responsabilité. La France doit faire face à une tendance ordolibérale depuis 50 ans qui est portée par le patronat, des économistes, une partie du monde politique et l'administration. Souvent, les dirigeants français se cachent derrière l'Allemagne pour imposer leurs recettes, et prétendent répondre à une pression extérieure. Mais c'est une blague. Et c'est un problème pour les autres pays de la zone euro qui ne peuvent pas s'appuyer sur la France. Il est temps que la France retrouve des idées françaises, celles qui ont inspiré le gaullisme, mais aussi celles de l'école de la régulation. Il faut que la France puisse pouvoir porter une tendance progressiste originale.
La crise actuelle trouve sa source dans les problèmes de la Finance. Selon vous, le secteur financier est-il désormais moins dangereux pour l'économie réelle ?
Je ne vois pas vraiment de changement dans la situation de la finance mondiale. Bien sûr, après une crise, les banques sont plus prudentes, mais le secteur cherche toujours des moyens faciles d'augmenter ses revenus. Et on a vu surgir de nouvelles bulles depuis huit ans : dans les prêts estudiantins aux Etats-Unis, dans le gaz de schiste, dans les pays émergents. La fin de cette dernière bulle est d'ailleurs douloureuse, on le voit en Amérique latine et en Asie et cela pose beaucoup de problèmes. On constate aussi une croissance soutenue des dérivées dont on ne sait pas réellement à qui ils appartiennent, mais on sait que plusieurs banques, comme la Deutsche Bank en Europe, sont très exposées à ces marchés. Les conditions d'une nouvelle crise par la finance sont donc toujours présentes.
En tant que citoyen des Etats-Unis, comment observez-vous la montée de Donald Trump ? Est-ce un vrai danger sur le plan économique ?
Rien n'est clair pour le moment, mais l'élection de Donald Trump semble désormais possible. Peut-être n'est-il qu'un candidat faible. Mais son adversaire supposée, Hillary Clinton, est très faible elle aussi. Une grande majorité des électeurs rejette ces deux candidats. Si la candidate démocrate est élue, on peut penser que la politique actuelle se poursuivra, avec néanmoins des conditions économiques moins favorables. Si Donald Trump est élu, il est difficile de savoir ce qu'il se passera. Pour le moment, il propose moins d'impôts pour les riches et plus de dépenses d'investissement public. C'est très contradictoire...
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Crise grecque, tragédie européenne, par James Galbraith, aux Editions du Seuil (2016), 243 pages, 18 euros.
Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro, par James K. Galbraith, Stuart Holland et Yanis Varoufakis, aux éditions Les Petits Matins/Institut Veblen (2014), 73 pages, 5 euros.

ALLEMAGNE

Dans "La Tribune" du 24 06 16 Article intitulé : Brexit : l'Allemagne refuse plus d'intégration de la zone euro


Angela Merkel a déjà une stratégie contre le Brexit. (Crédits : HANNIBAL HANSCHKE)
Selon le Handelsblatt qui s'est procuré un "plan secret" du gouvernement allemand, Berlin voudrait faire un exemple du cas britannique pour décourager les autres pays tentés par la sortie, dont la France. Mais l'Allemagne refusera tout approfondissement de la zone euro, ne voulant pas entendre parler d'une plus grande solidarité financière
Angela Merkel l'a dit ce vendredi 24 juin : le vote britannique en faveur du Brexit est une « rupture » dans le processus d'intégration européen. Selon le Handelsblatt, le quotidien des affaires allemand, les services du ministère fédéral des Finances ont déjà préparé une feuille de route pour définir la « stratégie allemande » de gestion du Brexit. Un document de huit pages qui dresse quelques idées clé et devraient en décevoir certains.
Quel statut pour le Royaume-Uni ?
D'abord, le traitement du Royaume-Uni. Les services de Wolfgang Schäuble veulent « proposer des négociations constructives » à Londres avec comme objectif un « accord d'association ». Le Royaume-Uni ne serait pas dans l'Espace économique européen, comme la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein, mais aurait un statut plus particulier, entre celui de la Suisse et de l'Ukraine qui devra être défini plus précisément. L'avantage de ce statut serait de permettre un accès au marché unique européen limité. « Il ne faut pas offrir d'automatisme dans l'accès au marché unique », indique la note. Autrement dit, les relations seront libres là où les deux parties trouveront un intérêt partagés et Londres ne pourra pas « choisir » son accès.
Le but de ce choix est d'éviter l'effet « d'imitation » qu'une sortie facilitée créerait, selon le document. « La mesure et l'ampleur de l'effet d'imitation seront proportionnels au traitement du Royaume-Uni », indique le texte qui explicite les pays menacés, selon le ministère allemand par l'envie de quitter l'UE : la France, l'Autriche, la Finlande, les Pays-Bas et la Hongrie. Rien de vraiment neuf de ce point de vue : le problème de l'UE désormais est de trouver un équilibre entre sa tentation de faire un exemple et celui de protéger l'unité de l'union. Un élément n'est cependant pas pris en compte : si ce traitement "dur" de Londres provoque une vraie crise financière, Berlin pourra-t-il maintenir sa position ?
Pas plus d'intégration en zone euro

L'élément le plus important de ce texte est la position allemande sur la future réforme de l'UE. Les services de la Wilhelmstrasse, siège du ministère des Finances, mettent en garde contre le danger que France et Italie « utilisent après le Brexit l'incertitude pour demander plus de solidarité », par exemple par la mise en place d'une garantie commune des dépôts au niveau de la zone euro. Ceci conduirait, selon le texte, à plus de « socialisation des dettes » dans la zone euro et serait rejeter par les opinions publiques d'Europe du nord.
Berlin trace donc ses conditions à une plus grande intégration de la zone euro : un changement de traités pour « renforcer le contrôle sur la politique financière et économique », bref une mise sous tutelle européenne des budgets nationaux. Logiquement, les services de la Wilhelmstrasse s'attendent donc à ce qu'il n'y ait pas de « grands accords sur le sujet ». En résumé : l'Allemagne n'entend pas s'engager dans une zone euro plus intégrée. Rien d'étonnant à cela à un an des élections françaises et allemandes. La réponse européenne au Brexit ne devrait donc se faire que par une tentative d'impressionner ceux qui seraient tentés de suivre l'exemple britannique et non par un nouveau projet européen.

Romaric Godin dans "La Tribune" du 13 05 16 Article intitulé : Bonne nouvelle : les salaires allemands augmentent !

" Le syndicat IG Metall a négocié une hausse de salaires de 4,8 % sur 21 mois (2,8 % en 2016). Une bonne nouvelle pour l'Allemagne et la zone euro.
L'heure est à la revalorisation des salaires en Allemagne. Ce vendredi 13 mai, le syndicat IG Metall de Rhénanie du Nord Westphalie est parvenu à un accord avec le patronat sur une hausse de 4,8 % des salaires de ses adhérents sur 21 mois. A l'issue de 14 heures de discussions, l'accord, qui correspond pratiquement aux demandes initiales du syndicat (5 %), prévoit une prime de 150 euros immédiate, une hausse de 2,8 % au 1er juillet 2016, puis une seconde hausse de 2 % au 1er avril 2017. La hausse pour 2016 ne sera donc « que » de 2,8 %, mais c'est une augmentation notable alors que l'inflation est quasiment nulle outre-Rhin. A présent, les autres fédérations du syndicat vont se baser sur cette décision pour qu'elle puisse s'appliquer aux 3,8 millions de personnes couvertes par les accords collectifs.
Accélération
Souvent, l'accord négocié avec IG Metall donne le ton pour le reste des négociations dans l'ensemble de l'économie allemande. Ceci ne signifie pas que tous les salaires allemands vont progresser d'autant, mais que les négociations auront plutôt tendance à être favorables aux syndicats. En 2015, par exemple, les salaires négociés ont progressé de 2,1 %. Si l'on s'en tient à l'accord de ce vendredi, il y aura donc une nette accélération. Il convient cependant de rappeler que ces salaires négociés ne représentent pas l'ensemble des salaires allemands. Depuis vingt ans, la proportion des salariés non couverts par ces négociations a beaucoup augmenté et représente environ la moitié de l'ensemble des salariés. Pour ceux-là, les négociations sont individuelles et libres. La faiblesse du chômage soutient cependant, ces temps-ci, la hausse des salaires. En 2015, les salaires bruts réels ont ainsi, dans l'ensemble de l'économie, augmenté de 2,4 %, mais il faut prendre en compte l'effet non quantifié de l'introduction au 1er janvier 2015 d'un salaire minimum.
Bonne nouvelle pour la zone euro
Ce relèvement des salaires allemands est une bonne nouvelle au niveau macroéconomique dans la zone euro. Une des raisons de la crise de la zone euro avait été l'accroissement des divergences au sein de l'union monétaire en raison de la modération salariale allemande. Ceci a conduit l'économie allemande à dégager un excédent courant considérable (8,6 % du PIB en 2015) qui ont alimenté des déficits dans le reste de la zone euro et des ajustements violents des pertes de compétitivité de plusieurs pays. Enfin, cela est dit. Comment expliquer la collaboration des politiques français à la politique de paupérisation allemande ne profitant qu'à l'allemagne au détriment de Peuples entiers et de la misère généralisée dans plusieurs pays européens ? Où sont les glorieux politicards collabos français qui vantaient leur germanisme ? Pourquoi ces grandes gueules se taisent-elles aujourd'hui ? Cons ou simplement de minables imbéciles intéressés ? En relançant les salaires, l'Allemagne alimente sa demande interne, ce qui va réduire ses excédents courants, favoriser l'investissement des industries centrées sur la demande intérieure et soutenir les importations en provenance des autres pays de la zone euro (et du reste du monde). C'est un cercle vertueux où pourrait s'engager un rééquilibrage.
Les vertus de la hausse des salaires
Ce relèvement est d'autant plus nécessaire qu'il est le moyen le plus efficace pour relancer l'inflation. Une forte hausse des salaires conduira nécessairement, si elle se transmet aux dépenses des ménages sur les prix à la consommation. A condition, évidemment, que la productivité progresse moins vite que les salaires, ce que l'on peut supposer puisque la croissance de la productivité a ralenti en Allemagne au cours des trois dernières années. Elle était de 0,6 % en 2015. En augmentant les salaires plus rapidement que la productivité, l'Allemagne perd de la compétitivité, ce qui réduit encore son excédent en donnant sa chance à ses concurrents de la zone euro. Elle génère aussi de l'inflation qui donne plus de visibilité aux entreprises pour investir et augmenter sa productivité pour « amortir » l'effet de la hausse des salaires. A priori donc, c'est un élément très encourageant pour l'économie allemande et européenne.

En fait l'allemagne a peur que les européens comprennent qu'ils doivent mettre fin à l'europe boche. Cette europe est une fumisterie. Dès que le risque des élections sera passé gageons que les politiques schleus reprendront leur comportement de nazi financier. Nazi financier .....pour l'instant,  mais la zone germanique sauvée, reconstruite, renforcée et ayant l'europe dans sa main .........

J'y vais fort ? Souvenez-vous des insultes contre le Peuple Grecque - entre autre -, les mêmes historiquement employées.

Début d'un rééquilibrage
Reste évidemment que l'Allemagne n'est qu'au début de ce chemin de rééquilibrage et que celui-ci est soumis à plusieurs incertitudes. Entre 2000 et 2013, les salaires allemands ont progressé à un rythme trop faible : 1,81 % par an pour une augmentation de 1,5 % de la productivité du travail. Il eût fallu une augmentation de 3,5 % pour être dans la moyenne d'objectif d'inflation de 2 % de la zone euro qui a été grosso modo  la moyenne des grands pays de la zone. L'effet de cette modération salariale ne s'affaiblira donc pas avec deux années de hausse de plus de 2 % des salaires, même avec un affaiblissement de la croissance de la productivité. Il faudra encore beaucoup plus de temps pour organiser réellement le rééquilibrage de la zone euro.
Les conditions du rééquilibrage
Une étude de l'institut IMK, proche des syndicats allemands, paru en novembre dernier, a montré que, jusqu'à la mi-2015, la croissance des salaires allemands restait modérée. L'accélération est donc bienvenue, mais il ne s'agit que du début du phénomène. Pour assurer le maintien du phénomène, il faut également que ces hausses de salaires se traduisent par des hausses de dépenses et non par une hausse du taux d'épargne. Or, en 2015, les Allemands ont beaucoup épargné. Entre 2013 et 2015, le taux d'épargne des ménages est passé de 9,1 % à 9,7 %, réduisant l'effet de la hausse des salaires et continuant d'alimenter l'excédent courant. Enfin, la hausse des salaires ne suffit pas, il faut une politique d'investissement public et privé. Celle-ci est beaucoup plus lente à se mettre en place, même si les bons chiffres de croissance du premier trimestre 2016 montrent que la crise des réfugiés aide à soutenir cet investissement public. Eh oui, l'allemagne a joué pour régler son problème démographique  au mépris de la situation des autres pays. L'allemagne n'a pas changé. Si nos politiques continuent dans leur aveuglement, Churchill aura de nouveau raison.

"Se taire jusqu'à où, jusqu'à quand ?"

Votez contre l'europe allemande.

Votez contre les mêmes faits qui ont mis nos parents sur les champs de bataille, contre les mêmes faits qui ont fait déporter des Etres Humains, contre les mêmes faits qui ont encore dégénérés aujourd'hui en mêmes insultes envers certains Peuples européens que celles utilisées par les nazis, cela sous le silence et l'acceptation des  politiques au pouvoir actuellement .

 

CETTE EUROPE NE SERA JAMAIS L'EUROPE DE LA PAIX.

 

L'EUROPE DE LA PAIX NE POURRA SE CONSTRUIRE QUE SUR DES VALEURS HUMANITY INVEST, AVEC OU SANS L'ALLEMAGNE SI CETTE DERNIERE PERDURE DANS SES ERREMENTS ECONOMIQUES ET DESHUMAINS PASSES

LES CAMPS DE CONCENTRATION HUMAINS ONT TOUJOURS ETE PRECEDES DE CAMPS DE "CONCENTRATION ECONOMIQUE".

C'EST PAR L'EXPLOITATION DE LA MISERE QUE L'ON MONTE LES PEUPLES LES UNS CONTRE LES AUTRES.

 

L'europe actuelle met de nouveau à genoux des Peuples entiers pour la réalisation de dogmes politiques (lobbyisés ou non) que l'histoire a démontré inadéquats.


"Aussi l'homme de bien est-il aux aguets même pour ce qu'il ne voit pas, sur le qui-vive même pour ce qu'il n'entend pas : il n'est rien de plus visible que ce qui est caché, rien de plus manifeste que ce qui est latent. Voilà pourquoi l'homme de bien reste si vigilant lorsqu'il est seul avec lui-même." ZHONGYONG


"Aymeric Jung : Comme l’écrivait justement l’auteur de Big Brother “à une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire”."

« La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures. » [Noam Chomsky, Noam Chomsky éd. Seven Stories Press, 2002]

Dans "Trends Tendances" Belgique du 21 04 16 Article intitulé : Draghi: "La politique de la BCE est la seule à soutenir la croissance"

" Quelques semaines après avoir musclé son action face à une inflation léthargique, la BCE a demandé jeudi qu'on "laisse du temps" à ses mesures pour dévoiler pleinement leurs effets, mais exigé que les gouvernements fassent davantage leur part du travail . N'est-ce pas plutôt que les lobbies qui conseillent nos gouvernements soient moins "véreux" et les politiciens plus entreprenants et plus "libres"?
"Nos mesures fonctionnent, elles sont efficaces, laissez leur juste du temps pour montrer pleinement leurs effets", a déclaré M. Draghi, lors d'une conférence de presse.
Mais cela ne peut se faire tout seul. "Afin de récolter pleinement les fruits de nos mesures de politique monétaire, d'autres sphères de décision doivent contribuer de façon beaucoup plus appuyée, au niveau national et au niveau européen", a-t-il insisté avec un ton plus véhément qu'à l'habitude.
La politique de la BCE est "la seule à soutenir la croissance" depuis quatre ans, a-t-il regretté, reprochant aux gouvernements de ne pas avoir lancé les réformes structurelles indispensables.
Obéir à la loi
Le président de l'institution monétaire de Francfort (ouest) s'exprimait à l'issue de la réunion régulière du conseil des gouverneurs, qui a décidé, sans surprise, de maintenir ses taux d'intérêt directeurs à leurs niveaux historiquement bas.
Le taux central, baromètre du crédit en zone euro, est à zéro depuis le mois dernier, ce qui signifie qu'emprunter ne coûte pratiquement plus rien. Mais aussi que les placements ne rapportent plus, ou très peu, ce qui vaut à la BCE de vives critiques en Allemagne, pays où l'épargne est chérie.
"Nous avons pour mandat de chercher à atteindre la stabilité des prix pour toute la zone euro, pas seulement pour l'Allemagne", a dit M. Draghi.
"Nous obéissons à la loi, pas aux politiques, parce que nous sommes indépendants" enfin la BCE va prendre son indépendance , a insisté le président de la BCE
, s'exprimant officiellement pour la première fois après une récente vague de critiques en provenance d'Allemagne. Le très influent ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'est illustré avec une pique particulièrement virulente contre la BCE, l'accusant de favoriser la montée des mouvements populistes, venant d'un allemand qui a ou laissé insulté  le Peuple Grec avec les mêmes mots que les nazis..... critique sur laquelle Mario Draghi a préféré botter en touche.
"L'Allemagne est actuellement le principal problème de la BCE", a confié à l'AFP une source proche de la banque centrale. Enfin, cela commence a être reconnu et médiatiquement autorisé à publier.
Et la guerre des mots pourrait bien se poursuivre puisque la banque centrale, mise en échec depuis de longs mois par une inflation désespérément basse, a encore promis jeudi d'utiliser "tous les instruments disponibles " dans le cadre de son mandat, "si nécessaire".
Pénalisés par le recul des cours du pétrole, les prix ont fait du surplace en mars, après un recul de 0,2% en février, là où la banque centrale vise une "inflation proche mais inférieure à 2%".
Dettes d'entreprises en juin
Face à cette situation, l'institution monétaire européenne a élargi par deux fois son action au cours des cinq derniers mois.
Début mars, elle a abaissé l'ensemble de ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas, dévoilé un nouveau programme de prêts géants gratuits aux banques (TLTRO) et élargi le "QE", son vaste programme de rachats de dettes publiques et privées, avec même des rachats de dettes d'entreprises -- une opération encore inédite qui va débuter en juin.
Objectif de toutes ces actions: faire circuler l'argent dans le bloc monétaire, stimuler le crédit , l'investissement et la consommation. Et en bout de chaîne, faire repartir les prix.
Mais "la première évaluation des mesures décidées par la BCE en mars est plutôt désillusionnée: le +choc de confiance+ que la banque centrale avait espéré ne s'est pas matérialisé", note Michael Schubert, de Commerzbank.
Et "plus la déception dure, plus il est probable que la banque centrale prenne de nouvelles mesures. Elle va probablement opter pour les mêmes instruments que jusqu'à présent, ce qui risque de ne pas améliorer significativement la confiance", juge-t-il.

Commentaire : Il faut faire tomber cette europe pour mieux reconstruire l'Europe de la Paix avec ou sans l'Allemagne. Allemagne qui dans tous les cas doit retrouver sa place et non usurper le leadership de l'Europe de la Paix . Si nous ne devons rien à l'Allemagne (hormis les réalités des deux dernières guerres entre -utre), elle nous doit tous. Le Peuple Allemand, oui ; les politicards allemands.....

Nicolas Barotte dans "Le Figaro " du 25 04 16 Article intitulé : Les populistes allemands veulent exclure la France de l'Euro Les prémices de la répétition de l'histoire ? N'oublions pas les propos des politiques allemands ces dernières années sur certains pays d'Europe. "Politiques allemands" qui n'avaient rien de "populistes".

" Deux responsables de l'AFD, parti populiste de la droite d'Outre-Rhin, plaident ce lundi dans le quotidien Franfurter Allemeine Zeitung pour une zone euro réservée à quelques pays liés à l'Allemagne, sans la France et les autres nations méditerranéennes.
Le parti populiste de droite radicale AfD le reconnaît lui-même: il n'est pas encore prêt à exercer le pouvoir. Mais si tel était le cas, la France pourrait commencer à s'inquiéter. Dans une interview publiée lundi par le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, deux de ses principaux leaders, Alexander Gauland et Jörg Meuthen, se déclarent favorables à une zone euro restreinte aux pays du nord et du centre de l'Europe, comme «les Pays-Bas, l'Autriche, la Finlande ou les États baltes», qui ont «la même culture de stabilité» que l'Allemagne. «Les Français en ont une autre et ne parlons pas des Italiens, des Espagnols, des Portugais ou des Grecs», explique Jörg Meuthen.
«Personne ne veut mettre la France dehors», complète Alexander Gauland, faussement nuancé. «Mais la France est naturellement un problème politique» pour la zone euro. «En principe, il serait bon que les Français restent. Mais s'ils ne le peuvent pas économiquement ou ne le veulent pas, on doit trouver une autre construction», ajoute-t-il.
«En principe, il serait bon que les Français restent. Mais s'ils ne le peuvent pas économiquement ou ne le veulent pas, on doit trouver une autre construction.»
Alexander Gauland
Dès la fondation de l'Alternativ für Deutschland, en 2013, les eurosceptiques allemands s'étaient prononcés pour une Europe à plusieurs vitesses, avec une monnaie unique réservée aux pays les plus compétitifs. Les réformes engagées par la France depuis trois ans ne les ont donc pas convaincus. À deux mois du référendum britannique du 23 juin, ils veulent installer l'idée, comme le FN en France, qu'une déconstruction de l'Europe est possible.
L'AFD se rapproche du Front national
Des liens se tissent peu à peu entre l'AfD et le Front national en France, unis dans leur critique de l'Union européenne. Bien qu'ils aient critiqué abondamment le «nationalisme immoral» du parti de Marine Le Pen ou ses positions économiques trop «étatistes», les Allemands de l'AfD veulent désormais constituer un groupe commun au parlement européen avec l'extrême droite française. «Il s'agit de coopérations ponctuelles», précise Alexander Gauland, et non pas d'une alliance de partis, dit-il. Il juge néanmoins la leader du FN «relativement crédible» lorsqu'elle prend ses distances avec les positions «racistes et antisémites» de son père. Les relations de l'AfD avec le FN font débat au sein du parti allemand.
Porté par la crise financière en Europe, la crise des réfugiés et les doutes de la population sur l'intégration des populations d'origine étrangère en Allemagne, l'AfD a remporté des succès électoraux lors des échéances régionales de mars dernier. Même si son programme «anti-islam» suscite une forte polémique en Allemagne, les sondages lui promettent la troisième place sur le podium aux élections fédérales de l'automne 2017, avec environ 12% des suffrages. Ostracisé par les autres formations politiques, l'AfD ne participera à aucune coalition gouvernementale. Mais la formation espère profiter des succès des autres formations eurosceptiques en Europe.

Dans "La Tribune" du 25 04 16 Article intitulé : Autriche : l'extrême droite en tête au premier tour de la présidentielle

" Le parti, allié du FN au parlement européen, avait auparavant doublé son score lors des élections régionales de Haute-Autriche organisées en septembre, récoltant alors plus de 30% des voix.
Norbert Hofer, candidat du Parti de la liberté (FPÖ), a mené campagne sur deux thèmes principaux, la lutte contre l'immigration et contre l'Europe. Pour la première fois depuis l'instauration en Autriche du suffrage universel direct pour la magistrature suprême, la présidence ne reviendra ni aux conservateurs ni aux sociaux-démocrates.
Inédit. Le candidat de l'extrême droite autrichienne, Norbert Hofer, est arrivé largement en tête dimanche du premier tour de l'élection présidentielle, selon des résultats officiels encore provisoires. Avec 36,4% des suffrages, il affrontera au second tour le candidat indépendant Alexander van der Bellen, ancien chef de file des Verts autrichiens, crédité de 20,4% des suffrages.
Norbert Hofer, candidat du Parti de la liberté (FPÖ), a mené campagne sur deux thèmes principaux, la lutte contre l'immigration et celle contre l'Europe. Une recette qui avait déjà permis au parti, allié du FN au parlement européen, de doubler son score lors des élections régionales de Haute-Autriche organisées en septembre, récoltant alors plus de 30% des voix.
     | Lire Percée de l'extrême-droite en Autriche
Le chancelier social-démocrate, Werner Faymann, dont la formation n'a pu faire mieux qu'une quatrième place, a déclaré que le résultat du premier tour était un avertissement adressé au gouvernement qui devra travailler davantage et mieux coopérer. Il n'a donné aucune consigne de vote, pas plus que le vice-chancelier conservateur Reinhold Mitterlehner.
Fin du partage du pouvoir entre deux partis
La participation a avoisiné les 70%, bien plus que les près de 50% atteints il y a six ans, lorsque le président sortant avait obtenu un deuxième mandat. Heinz Fischer, âgé de 77 ans, n'avait pas le droit de solliciter un troisième mandat.
Quel que soit le résultat du deuxième tour, prévu le 22 mai, la présidence ne reviendra ni aux conservateurs ni aux sociaux-démocrates, une première depuis l'instauration en Autriche du suffrage universel direct pour la magistrature suprême. Depuis la fondation de la Seconde république en 1945, le SPO (Sozialdemokratische Partei Österreichs pour Partic socialo-démocrate d'Autriche) et l'ÖVP  (Österreichische Volkspartei pour Parti du peuple autrichien, qui est chrétien démocrate et conservateur), essentiellement, se sont partagés le pouvoir. Un seul président -Rudolf Kirchschläger, affilié à aucun parti et au pouvoir entre 1980 et 1992- était venu interrompre leur hégémonie."

Romaric Godin dans "La Tribune" du 21 04 16 Article intitulé : Allemagne : les salaires de l'est ne rejoindront pas ceux de l'ouest avant un demi-siècle

" Dresde, dans l'ex-RDA. Les salaires de l'est restent inférieur de 21% à ceux de l'ouest.
Les salaires dans l'ex-RDA restent 21% en-dessous en moyenne de ceux des Länder de l'ouest. Au rythme actuel, il faudra attendre 56 ans pour que la différence passe sous les 10%.
Plus de 25 ans après la réunification allemande, les écarts de salaires entre l'ex-RDA et les Länder de l'ouest restent importants, comme une étude de la branche de Dresde de l'institut Ifo vient de le montrer. La différence sur le salaire brut moyen en 2014 était encore de 21% en faveur de l'ouest, soit 5,35 euros par heure.
Une différence considérable encore, donc, même si, depuis la réunification elle a reculé de 6 points. L'Ifo souligne cependant combien ce « rattrapage » est lent: 1,7% par an. A ce rythme, indique l'étude, il faudra attendre 2070, soit encore 56 ans pour que la différence passe sous les 10 %. C'est dire si la réunification des salaires reste encore à faire.
Graves problèmes
Cette persistance de la divergence des salaires pose de graves problèmes pour l'ancienne RDA, déjà soumis à une désertification démographique intense. La différence salariale explique que la migration de l'est vers l'ouest est encore une donnée persistante de ces régions qui, partant, ont des difficultés considérables à se développer.
Sans surprise, c'est bien dans ces territoires que la poussée de l'extrême-droite est la plus forte. En mars, Alternative für Deutschland (AfD) est arrivé en deuxième position aux élections régionales avec 24,6% des voix. En septembre 2015, le même parti avait obtenu 10% des voix en Thuringe et en Saxe.
Pourquoi cette différence ?
L'étude de l'Ifo met en avant plusieurs raisons structurelles à cette persistance qu'elle essaie de quantifier. La principale raison est la prédominance des petites entreprises à l'est. Ces entreprises offrent souvent des salaires bruts moins élevés et refusent les tarifs négociés par les syndicats qui, eux, sont devenus récemment proches des niveaux de l'ouest.
Seulement voilà : la couverture par ces accords collectifs est extrêmement faible à l'est où elle ne concerne que 37% des salariés contre 56% à l'ouest. Du coup, les salaires sont maintenus à la baisse. D'autant plus que la structure économique de l'est est peu propice aux gains de productivité : la destruction des industries issues de l'ancienne RDA après la réunification a conduit à une prédominance des métiers de services et de commerce, principalement de services à la personne, mal payés et peu productifs. Là aussi, le potentiel d'augmentation des salaires reste faible.
La question du travail des femmes
L'Ifo cite encore un autre critère important : l'importance du travail féminin à l'est. Les femmes de l'ex-RDA travaillent davantage que les femmes de l'ouest pour des raisons culturelles, le régime est-allemand encourageant le travail féminin. Le taux d'activité féminin à l'est est supérieur de 5 points à celui de l'ouest. Mais, en Allemagne, les femmes demeurent, comme dans la plupart des autres pays d'Europe, moins payées que les hommes.
Pire même, l'écart est supérieur en ex-RDA (9% de différence) par rapport aux Länder de l'ouest (7% de différence). Logiquement donc, les salariés de l'ex-RDA sont donc moins payés au total. Du reste, tous ces éléments maintiennent un niveau de prix local beaucoup plus faible, ce qui tend également à tirer vers le bas les salaires.
Repenser l'ex-RDA
A l'heure où l'Europe a besoin d'une demande intérieure allemande forte et où la croissance du revenu ne débouche que très partiellement sur une hausse de la demande, la république fédérale ferait bien de cesser de rêver à une réunification idéalisée pour regarder les faits et investir dans l'outil productif de l'ex-RDA pour redonner à ce territoire toutes ses chances. Un des principaux non-dits des années qui ont suivi la réunification demeure le fait que ce territoire ne peut offrir que peu de perspectives à ses habitants et qu'il reste donc, un territoire sinistré au cœur de la première puissance économique d'Europe."

Dans "Le Figaro" du 20 04 16 Article intitulé : Allemagne: la colère monte contre la politique de la BCE

  " Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, mène la fronde contre l'arsenal déployé par Mario Draghi, qui met à mal l'épargne des retraités allemands. Depuis bientôt deux ans, la Banque centrale européenne (BCE) a sorti l'artillerie lourde pour soutenir l'activité économique de la zone euro et relancer l'inflation. L'objectif, en réduisant ses taux d'intérêt à zéro, est de stimuler la demande de crédit.
Mais cette politique a un revers: elle rend la rémunération de l'épargne de moins en moins attractive. Or, en Allemagne, épargner est une nécessité qui s'est renforcée ces dernières années pour financer les retraites et faire face au vieillissement de la population. Eh oui, tout ce qui peut favoriser l'Europe de la Paix défavorise l'Allemagne. Allemagne qui a mis jusqu'à aujourd'hui l'Europe de la Paix à genoux à son seul profit.

Ironie de l'histoire, les Allemands, qui défendaient bec et ongles l'indépendance de la BCE, sont aujourd'hui les plus virulents contre la politique monétaire menée par son président, Mario Draghi. Ils dénoncent ouvertement sa stratégie, jugée trop favorable aux pays réputés laxistes du sud de l'Europe."

Romaric Godin dans "La Tribune" du 18 04 16 Article intitulé : Pourquoi l'Allemagne veut un Allemand à la tête de la BCE

" La CSU, alliée bavaroise d'Angela Merkel, veut un Allemand comme prochain président de la BCE. Le retour d'une vision "ethnique" de la politique monétaire qui est préoccupante.
La CSU, petite sœur bavaroise de la CDU d'Angela Merkel, ne cesse de vouloir se démarquer de la chancelière. On l'a vu durant l'automne et l'hiver sur la question des migrants où elle réclamait une position plus dure de la part de Berlin. Désormais, cette question passe, dans le débat public allemand, au second plan en raison de la baisse des arrivées de migrants en Allemagne. Cette baisse est, du reste, explicable par l'application sur le sol grec des « zones de transit » jadis proposées par la CSU aux frontières de la République fédérale. Le débat du moment outre-Rhin porte sur la douleur des épargnants et donc des futurs et actuels retraités que l'on considère « sacrifiés » par la BCE à sa politique non-conventionnelle. La critique de la BCE dirigée par Mario Draghi est donc devenu sport national en Allemagne. Et la CSU, toujours à l'affût d'une proposition pouvant améliorer sa popularité dans la riche et conservatrice Bavière, l'a bien compris.
Aussi l'ancien ministre fédéral CSU de l'intérieur Hans-Peter Friedrich, aujourd'hui vice-président du groupe CDU/CSU au Bundestag, a-t-il réclamé dans le journal populaire Bild Zeitung de ce lundi 18 avril, que « le prochain président de la BCE devra être un Allemand ». Son collègue de la CSU, Hans-Peter Uhl, porte-parole du parti a, quant à lui, réclamé la présence d'un « expert financier allemand » à la tête de la banque centrale. Voici donc déjà la course à la succession de Mario Draghi, qui est officiellement en poste jusqu'en novembre 2019, ouverte. Et elle est ouverte désormais sur un critère précis : celui de la nationalité du futur chef de la politique monétaire européenne.
La CSU, combien de divisions ?
Certes, on peut considérer que la CSU n'est pas l'Allemagne et que son influence sur les décisions finales du gouvernement allemand reste limitée. Il est vrai que, sans être totalement ignoré par Angela Merkel, son allié bavarois pèse assez peu dans sa politique, notamment au regard du bruit que font les polémiques qu'elle lance régulièrement. C'est que la CSU est dans une position impossible : son positionnement politique l'éloigne de plus en plus d'une CDU « recentrée », notamment sur les questions de société, mais elle sait qu'elle n'a pas d'alternative à l'alliance avec la CDU, n'étant qu'un parti « régional » qui profite largement de l'absence de la CDU en Bavière. Bref, la CSU provoque, crie, s'indigne, mais elle ne fera jamais tomber un gouvernement dirigé par la CDU et ne divorcera jamais de la CDU. Pourquoi alors se préoccuper de tels propos ? C'est que, sur ce sujet, beaucoup plus que sur la question des réfugiés, la CSU se veut le reflet de l'opinion allemande et rencontre une approbation - tacite ou ouvertement affirmée - d'une immense majorité du monde politique. Ce n'est, du reste, pas un hasard si cette proposition émerge en pleine polémique sur la politique de la BCE outre-Rhin.
Le pacte à l'origine de l'union monétaire
Car cette revendication d'un patron allemand pour la BCE renvoie à un pacte implicite à l'origine de l'union monétaire. Lorsque la République fédérale a accepté de « dissoudre » le mark allemand dans l'euro en 1992, elle ne l'a fait qu'à condition que la nouvelle monnaie soit un équivalent de la devise allemande. Le pacte de croissance et de stabilité de même que l'indépendance de la BCE devaient être les piliers d'une politique similaire à celle de la Bundesbank depuis sa création en 1957. L'installation de la nouvelle banque centrale à Francfort gravait dans le marbre cet accord implicite : l'Allemagne « donnait » au continent la puissance du mark moyennant une conversion de ce même continent à la « culture de stabilité » allemande. Restait la question de la direction de la BCE qui devait garantir cette conversion. Dès le début, la question s'est révélée épineuse.
Méfiance originelle
La France de Jacques Chirac voulait en effet imposer « son » candidat, Jean-Claude Trichet. Mais l'Allemagne était méfiante, malgré les « galons » de stabilité du gouverneur de la Banque de France, un des artisans de la « politique du franc fort ». Berlin poussait pour la candidature du Néerlandais Wim Duisenberg, jugé « naturellement » plus proche des convictions allemandes. Un compromis en résulta : le Néerlandais prendrait la tête pour un demi-mandat, le Français lui succédant en 2002. L'idée dominante en Allemagne était que le premier président de la BCE devait assurer l'ancrage de la « culture de la stabilité » et la « crédibilité » de la nouvelle banque centrale.
Dès les prémices de l'union monétaire, la méfiance allemande s'est donc établie sur une base nationale. Le principe a été, d'emblée, qu'un « Latin » était moins susceptible qu'un « Germain » de diriger la BCE « correctement ». Tout le travail du mandat de Jean-Claude Trichet, de 2003 à 2011, s'est donc réduit à prouver à la Bundesbank son engagement dans la « culture de stabilité ». Cette obsession l'a amené à se montrer plus prudent, de 2007 à 2011, que les autres banques centrales et, même, à remonter par deux fois les taux en pleine crise, en juillet 2008, deux mois avant la faillite de Lehman Brothers, et en juillet 2011, alors que la crise de la dette souveraine en zone euro était proche de son paroxysme. Le Français a, en partie, réussi son pari. En 2011, Angela Merkel a ainsi pu croire que, comme lui, Mario Draghi, quoiqu'Italien, pourrait être aussi « allemand » que l'ancien directeur du Trésor français.
Une « double trahison » ?
On comprend alors que, au-delà des raisons financières souvent avancées avec raison pour expliquer la « colère » allemande contre la BCE, la rupture est encore plus profonde. C'est le sentiment d'avoir été doublement « trahi ». Une première fois dans la rupture du « pacte originel » sur lequel la BCE avait été fondée dans les esprits allemands. Une deuxième fois dans le pari qu'avait fait Angela Merkel en 2011 de « concéder » un Italien à la tête de la BCE. Cette deuxième raison est fort importante, car la nomination de Mario Draghi a été le fruit d'une défaite de la vision « ethnique » de la politique monétaire.
Le pari de la chancelière en 2011
Originellement, en effet, le gouvernement fédéral allemand, alors fondé sur une alliance entre la CDU/CSU et les Libéraux de la FDP, avait comme candidat le patron de la Bundesbank d'alors, Axel Weber. Ce dernier avait déjà contesté la politique de Jean-Claude Trichet, notamment les programmes de rachats de dettes souveraines en 2010-2011 (le programme « SMP »). Il se voulait le candidat d'une orthodoxie monétaire « pure » et sa qualité d'Allemand devait en être la garantie. Mais, en pleine crise de la zone euro, cette position était difficile à faire admettre par l'Allemagne à ses partenaires. Axel Weber fut alors la victime d'une entente plus vaste où les pays « du sud » acceptaient un durcissement de la surveillance budgétaire de la zone euro avec les directives Two Pack, Six Pack, le « semestre européen » et le pacte budgétaire, contre le maintien d'un « Latin » à la tête de la BCE. Pour apaiser la crise de la zone euro, la chancelière devait compter sur une BCE « modérée », aussi a-t-elle considérée que Mario Draghi, qui avait montré son engagement pour la « culture de la stabilité » au cours de son mandat à la Banque d'Italie, était un candidat de la « continuité » qui correspondait à ses intérêts. Axel Weber fut donc lâché et il démissionna avec fracas de la présidence de la Bundesbank en mai 2011 avant de rejoindre la direction de Credit Suisse un an plus tard...
Angela Merkel a déjà fait machine arrière
L'évolution de Mario Draghi vers l'assouplissement quantitatif et les taux négatifs est donc perçue outre-Rhin comme une trahison et comme la preuve que l'on ne peut pas faire confiance à un « Latin » pour diriger la politique monétaire. C'est aussi un échec pour Angela Merkel, et la CSU, qui n'est jamais avare de pièges pour la chancelière, le sait parfaitement. Aussi réclame-t-elle le retour du « sérieux » et la « regermanisation » de la BCE. C'est, du reste, un processus que la chancelière a engagé depuis plusieurs années. En décembre 2012, soit trois mois après le lancement du programme « OMT » qui mit fin à la crise de la zone euro, Berlin a refusé de nommer un Espagnol au directoire de la BCE et a imposé le luxembourgeois Yves Mersch, considéré comme un « faucon », partisan d'une politique monétaire plus dure. Après les élections fédérales allemandes de septembre 2013, la chancelière a également « exfiltré » le représentant allemand au directoire de la BCE, Jörg Asmussen, un Social-démocrate très proche de Mario Draghi, en le nommant à un poste gouvernemental subalterne et en le remplaçant par un pur produit de la Bundesbank, Sabine Lautenschläger. Il y a donc une volonté allemande de « contre-balancer » en interne l'influence de Mario Draghi. Jusqu'ici vainement. D'où l'exigence de posséder le principal levier de décision.
La nature du débat allemand
On le voit : l'exigence de la CSU n'est pas une demande en l'air. Angela Merkel ou son successeur, aura du mal en effet à défendre le choix d'un non Allemand à la tête de la BCE en 2019 après le pari « raté » de 2011. D'où la réémergence en Allemagne d'une vision « ethnique » de la politique monétaire. Derrière la demande de Hans-Peter Friedrich se dessine le retour de l'idée que seul un Allemand peut être le vrai garant de la stabilité monétaire et d'une politique « sérieuse » et que, partant, sans Allemand à la tête de la BCE, le « pacte originel » de l'union monétaire sera brisé. Le danger est donc réel que le débat outre-Rhin se limite à une discussion entre cette vision et celle de l'extrême-droite eurosceptique et xénophobe d'Alternative für Deutschland (AfD) fondée sur l'idée que l'euro était un « corps étranger » à la culture allemande et que la crise de la zone euro révélait l'incapacité des autres pays à se « convertir » à la « culture de la stabilité. »
Une BCE qui doit être « renationalisée » au service des intérêts allemands ?
Mais cette exigence pose un problème grave aux partenaires de l'Allemagne. Ces derniers sont-ils prêts à accepter cette « vision ethnique » de la politique monétaire ? Sont-ils prêts à se laisser « faire la leçon » par un « expert allemand » dont la principale qualité aura été d'être précisément un Allemand ? Ce serait accepter l'idée que la politique monétaire est le « domaine réservé » de l'Allemagne dans la zone euro. Or, la BCE est, à ce jour, la seule institution réellement fédérale de la zone euro. On peut critiquer assurément Mario Draghi, mais il a introduit dans la BCE une vraie nouveauté : il a fondé sa politique sur l'intérêt général de la zone euro, fût-il contraire à celui de l'Allemagne. On l'a trop oublié, mais la politique de Jean-Claude Trichet a été une des clés de la dévaluation interne réalisée par l'Allemagne avant la crise de la zone euro. Les deux hausses des taux de 2008 et 2011 n'avaient aucun sens au niveau de la zone euro, elles n'en avaient qu'au regard des tensions salariales allemandes. C'est ce temps béni que la CSU regrette. Qui niera encore que la France (naturellement elle n'est pas la seule) a de nouveau collaboré avec l'Allemagne contre ses propres intérêts et ses peuples ? Il faut mettre fin à l'europe allemande. Dans l'inverses, nous reconnaitrons des heures sombres. La politiques allemande est l'Allemagne, seulement l'Allemagne avec certains de ses pays limitrophes de culture allemande.
Car, sous couvert de savantes théories, les milieux d'affaires allemands veulent surtout que la BCE mène une politique dans leur intérêt, fût-ce au détriment des Etats du sud de la zone euro. C'est le vrai moteur de la « renationalisation » recherchée de la BCE. Et cela reflète la vision que la droite allemande a de la zone euro : un instrument au service de l'économie allemande, ou rien. Reste à savoir si, en 2019, les partenaires de l'Allemagne sauront s'opposer à cette vision.  Dans cette querelle se joue en partie l'avenir de la zone euro.

Romaric Godin dans "La Tribune" du 11 04 16 Article intitulé : Allemagne : la BCE comme bouc émissaire

" Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a lancé une charge inédite contre la BCE et plusieurs personnalités politiques lui ont emboîté le pas. Une attaque qui laisse entrevoir un début de panique chez les politiques allemands.
Lorsque, voici quelques années, le gouvernement français réclamait une baisse des taux de la BCE, les journaux et le gouvernement allemand s'agaçaient bruyamment de cette entorse à « l'indépendance de la banque centrale » et constatait encore avec désolation combien la « culture de stabilité » n'avait pas imprégné les mentalités latines. Mais, depuis 2014, la politique de la BCE qui, pour lutter contre le risque déflationniste se fonde sur la « répression financière » est bien moins favorable aux épargnants allemands. Et voici soudain que l'indépendance de la BCE n'est plus aussi sacrée. Depuis, ce week-end, la guerre semble même ouvertement déclarée entre les politiques allemands et Mario Draghi. Preuve que les positions théoriques tiennent souvent davantage à des questions d'intérêts qu'à des convictions bien ancrées. Lorsque l'Europe est moins favorable, l'Allemagne sait aussi se faire critique de l'Europe... Voir les propos tenus dans mes écrits depuis plusieurs années. Ah si la France n'avait pas collaboré avec l'Allemagne dans les délires allemands.... Ah si la France avait eu un ou une politique de la "pointure" de Merkel.... En fait, la France les a sauf qu'ils ne peuvent percer dans le système actuel ou la bienséance médiatique et les lobbies politiques les empêchent de prendre leur place. Souvenez-vous, à l'heure ou les réalités sur les emplois apparaissent du tintamarre des 35H. 35 heures prônés par Monsieur Riboud (ex Danone)bien avant Madame Aubry. Loi Aubry que pratiquement personne n'a lue et analysée. Dommage, en Allemagne il y aurait eu une analyse en terme d'intérêt pour l'Allemagne tandis qu'en France il n'y a eu que l'intérêt des politicards d'attaquer des concurrents. Exactement comme dans le monde financier et autres. Le jour où la France pensera France réellement, ce pays poura prendre sa vraie place.
Wolfgang Schäuble à l'offensive
La critique de la politique de la BCE est permanente de la part de la Bundesbank. Cette critique ne pose évidemment pas de problème dans la mesure où la Bundesbank joue son rôle d'opposition au sein du conseil des gouverneurs de la BCE. Mais, cette fois, c'est bien de la part du gouvernement que vient les critiques. Et particulièrement de la part de Wolfgang Schäuble, le ministre fédéral des Finances. Samedi 10 avril, à Kronberg, dans la banlieue huppée de Francfort, le ministre a reçu un prix pour son engagement pour « le redressement des finances publiques et ses efforts pour le développement du principe de responsabilité dans la zone euro. » Il y a livré un discours très rude contre la BCE et Mario Draghi.
Prenant ses habituelles précautions oratoires en refusant de remettre en cause l'indépendance de la BCE, « ce qui causerait plus de maux que de biens », Wolfgang Schäuble s'est immédiatement contredit en réclamant sans ambages la fin de la politique d'assouplissement quantitatif et de taux bas de la BCE. Il a annoncé qu'il ferait campagne, en fin de semaine, à la réunion des ministres des Finances du G20, pour un relèvement des taux. Il a indiqué avoir déjà réclamé cela auprès du secrétaire étasunien aux Trésor, Jack Lew, dans un entretien téléphonique. « Vous devez encourager la Réserve fédérale et nous devons, de notre part, encourager la BCE (...) à sortir de cette politique », lui a-t-il dit. Voici qui dénote une conception nouvelle, de la part du gouvernement allemand, de l'indépendance de la banque centrale.
Toute la droite allemande crie haro sur la BCE
Les déclarations de Wolfgang Schäuble ne sont pas isolées. Le ministre des Finances bavarois, Markus Söder, a estimé qu'il fallait que le « gouvernement fédéral exige un changement de direction de la BCE. » Un gouvernement qui doit « exiger » d'une banque centrale un changement de politique ? N'est-ce pas là un accroc à la « culture de stabilité » que l'Allemagne tente précisément de répandre dans le reste de la zone euro ? Dans le Welt am Sonntag du dimanche 11 avril, le ministre fédéral des Transport, Alexander Dobrindt, lui aussi membre de la CSU bavaroise, déplore la « politique à haut risque de la BCE  qui produit un trou béant dans les systèmes de retraites ». Et le vice-président du groupe parlementaire de la CDU, Michael Fuchs, de prévenir que son parti va aller plus loin dans la protestation en affirmant que « nous ne crions pas encore assez fort. » Dans les colonnes du Spiegel, Ralph Brinkhaus, lui aussi vice-président du groupe parlementaire de la CDU, affirmait que l'Allemagne « devait placer la BCE sous pression pour l'amener à se justifier, sinon rien ne changera ». Bref, l'heure est à la rébellion ouverte contre la banque centrale. Selon le Spiegel, le gouvernement envisagerait même de porter plainte contre la BCE si elle se lançait dans « la monnaie hélicoptère », information cependant ensuite démentie.
Opinion publique chauffée à blanc
Si les politiques de la droite allemandes sortent aujourd'hui du bois, c'est qu'ils sont sous une forte pression politique. Depuis plusieurs semaines, l'opinion publique allemande est chauffée à blanc par la presse conservatrice contre la BCE. Le lendemain de la réunion du 10 mars, la dernière en date, de la BCE, le Handelsblatt, journal des milieux d'affaires allemands, présentait en couverture un Mario Draghi cigare à la bouche brûlant un bouquet de billets de 100 euros. Dimanche, le Welt am Sonntag publiait une étude de la DZ Bank, la banque « centrale » des banques mutualistes allemandes, les plus remontées contre la politique de la BCE, estimant que depuis 2010, l'épargnant allemand a perdu 200 milliards d euros en raison de la baisse des taux, soit, comme le précise avec délice le quotidien conservateur « 2.450 euros de moins dans les poches des Allemands ». Le chiffre a conduit les conservateurs à réagir. Il est pourtant peu significatif, puisque que les taux sont naturellement soumis aux évolutions de la conjoncture et que c'est aussi la politique imposée par le gouvernement fédéral allemand à partir de 2010 qui a conduit à cette baisse des taux. Ce chiffre part d'un présupposé faux : le taux de 2010 serait un « taux naturel » qui n'existe pas. Mais il en faut plus aux politiques de la CDU et de la CSU pour se contrôler.
La BCE responsable de la montée d'AfD ?
Certes, on pourra encore une fois expliquer cette levée de boucliers outre-Rhin par le « traumatisme de l'hyperinflation des années 1920 », mais il existe également des raisons plus immédiates et concrètes. La première est évidemment politique. Wolfgang Schäuble en a apporté une preuve éclatante dans son discours de Kronberg en estimant que la politique monétaire de la BCE a contribué au succès du parti d'extrême-droite Alternative für Deutschland (AfD). « Mario Draghi peut être fier : la moitié du résultat électoral de l'AfD peut être le fruit de sa politique monétaire. » Une déclaration fort exagérée puisque chacun sait que la poussée d'AfD peut s'expliquer par la politique migratoire du gouvernement fédéral. Un exemple le prouvera. En juillet 2015, alors que les taux était déjà négatifs et l'assouplissement quantitatif lancé, AfD était à 3 % des intentions de vote. Deux mois plus tard, après l'annonce de l'ouverture des frontières, il était à 6 % et en novembre, lorsque la situation migratoire a échappé à tout contrôle, il est monté à 10 %. Il est aujourd'hui, selon les sondages, entre 12 % et 14 % et l'on a peu entendu parler de la BCE lors des campagnes électorales récentes qui ont conduit au succès de l'AfD en mars.
La BCE, bouc émissaire
En réalité, la BCE agit comme un bouc émissaire commode d'une classe politique allemande en désarroi devant la montée d'AfD. Accuser la BCE d'avoir contribué « pour moitié » à la montée de l'AfD, c'est, pour Wolfgang Schäuble se dédouaner à bon compte de ses responsabilités, non seulement dans le domaine migratoire, mais aussi dans la dégradation visible des infrastructures publiques et des services publics qu'ont généré sa politique budgétaire, mais aussi des conséquences sociales des « réformes structurelles ». Le débat sur la politique monétaire est donc une aubaine pour les Conservateurs allemands pour dissimuler leurs propres échecs et le risque politique qu'ils ont fait naître.
La question des retraités et la responsabilité de Wolfgang Schäuble
Mais si la CDU et la CSU sont vent debout, c'est aussi parce que l'électorat allemand vieillit très vite et que la politique de la BCE touche effectivement ceux qui épargnent pour préparer leur retraite. En critiquant la BCE, la droite allemande se présente en défenseur des retraités et elle tente ainsi d'empêcher l'AfD de progresser dans cet électorat. La réalité, ce n'est donc pas que la politique de la BCE est responsable de la poussée de l'AfD jusqu'ici, c'est qu'elle pourrait le devenir dans l'avenir, notamment parce que la presse conservatrice allemande n'hésite pas à jouer sur des « pertes » possibles pour les épargnants.
Mais là encore, les politiques allemands manquent le vrai sujet : si les taux sont bas ou négatifs, c'est parce qu'il existe de faibles perspectives d'inflation. Pourquoi rémunérer comme en 2010 les épargnants alors que les anticipations d'inflation sur 5 ans ont reculé d'un point ? Il faut donc redresser ces perspectives et si la BCE a recours à des méthodes très contestables comme l'approfondissement de sa politique de rachats d'actifs et de taux négatifs, c'est surtout parce qu'il n'y a pas d'usage du levier budgétaire. Or, c'est précisément Wolfgang Schäuble qui a refusé, lors du dernier sommet du G20, de recourir au levier budgétaire. Il a donc accepté ainsi d'isoler les banques centrales et a donc accepté de fait la politique actuelle de la BCE. Il a aussi renoncé à tout redressement des anticipations d'inflation, donc à des taux bas. Bref, on le voit là encore : la BCE est un excellent bouc émissaire pour dissimuler les erreurs de politique économique de l'Allemagne.
La fragilité du système financier allemand
Reste un dernier point, moins souvent évoqué : la fragilité du système financier allemand que la crise de la Deutsche Bank a encore récemment mis en lumière. La politique de la BCE met la pression sur ce système financier parce qu'il est obsédé par des rendements élevés qui sont naturellement trop élevés, et dans certains cas -assureurs- garantis. La faute n'en revient pas à la BCE, mais bien aux banques et assureurs allemands qui, compte tenu de la situation économique et financière aurait dû « déshabituer » les épargnants allemands à ces rendements. Le gouvernement fédéral, si prompt par ailleurs à faire la leçon au monde entier n'a pas jugé bon de réagir. C'est pourtant un problème majeur qui est à la source de l'excédent courant allemand, lui-même source d'un déséquilibre immense dans la zone euro. Si la politique de la BCE alimente des bulles, c'est que des banques entretiennent ces bulles par des promesses démesurées.
La BCE n'est donc pas seule en cause dans cette affaire et ceux qui poussent aujourd'hui des cris d'orfraies sont bien les responsables de leurs malheurs. Les banques allemandes devraient donc profiter de la situation actuelle pour encourager l'investissement en Allemagne et accepter des rendements plus faibles, mais plus utiles à l'économie. La critique de la BCE ne cache donc que le refus allemand de réformer un système économique intenable. Jadis, l'Allemagne accusait la France de critiquer la BCE pour ne pas vouloir se réformer. La même remarque, inversée, pourrait lui être retournée aujourd'hui.

Dans "Boursorama" du 15 03 16 Article intitulé : Volkswagen : des investisseurs réclament plus de 3 milliards d'euros en justice

" Une plainte collective a été déposée en Allemagne par près de 300 investisseurs institutionnels. A quand la même chose par les investisseurs non avertis et non qualifiés pour tromperie, abus de confiance et escroquerie et/ou autre ?
Nouvelle répercussion du scandale des moteurs truqués : un collectif de 278 investisseurs institutionnels (dont l'important fonds de pension américain Calpers) a porté plainte lundi 14 mars contre Volkswagen auprès du tribunal de grande instance de Brunswick, dans le nord de l'Allemagne.
Le cabinet d'avocats TISAB qui représente les plaignants réclame 3,255 milliards d'euros de dédommagement au constructeur automobile, qu'il accuse d'avoir enfreint ses obligations d'information des marchés financiers entre le 6 juin 2008 et le 18 septembre 2015. À la Bourse de Francfort, l'action Volkswagen a perdu plus de 35% de sa valeur en 2015 et baissé de plus de 14% depuis le début de 2016.
La marque n'a pas souhaité faire de commentaire. Le scandale Volkswagen a éclaté en septembre révélant au grand jour que le constructeur avait truqué onze millions de moteur diesel pour pouvoir les faire paraître moins polluants qu'en réalité lors des contrôles.
Depuis, le géant automobile est attaqué en justice part des clients détenteurs de voitures truquées, des actionnaires (la découverte de la tricherie a causé de l'effondrement de l'action Volkswagen) mais aussi des États.
Alors que le tribunal de Brunswick enquête déjà sur une possible violation par Volkswagen de ses devoirs d'information envers les investisseurs, le groupe a transmis début mars un document de plus de 100 pages retraçant le pourquoi et le comment de l'affaire des moteurs truqués. L'origine de la tricherie remonterait à 2005 et l'ex-patron, Martin Winterkorn, rapidement éjecté en septembre dernier, aurait été alerté dès mi-2014, sans pour autant réagir.
Le constructeur a annoncé la semaine dernière que suite aux coûts engendrés par ce scandale, il comptait supprimer 3.000 postes au sein de ses services administratifs en Allemagne, soit un emploi sur six d'ici fin 2017.
Le groupe aux douze marques dont Volkswagen avait déjà annoncé une baisse de ses investissements et un passage en revue de ses activités afin d'"énormément économiser", selon les mots de son nouveau patron Matthias Müller.
En février, les ventes de la marque Volkswagen ont reculé de 4,7%. Quelque 394.400 véhicules ont été vendus dans monde, contre 413.700 en février 2015. Une baisse principalement tirée par les les pays émergents qui font face à des difficultés économiques et le marché américain (-13%) où le scandale avait éclaté."

Marc De Vos, professeur à l'Université de Gand, dans "Trends Tendances" Belgique du 15 03 16 Article intitulé : L’Allemagne fait dérailler l'Union européenne'

" Nous avons laissé dériver l'État de droit européen pour les Turcs - de Schengen jusqu'aux droits humains - et nous en payons encore le prix, estime Marc De Vos, directeur du think tank Itinera et professeur à l'Université de Gand.
L'Union européenne a conclu un pacte avec le diable pour sous-traiter la surveillance de ses frontières extérieures à un prix exorbitant. Dans l'histoire politique de l'Europe d'après-guerre, je ne connais aucun précédent où le porte-drapeau mondial des droits sociaux a violé de manière aussi cynique ses propres principes. Toute once de respect international dont l'Europe bénéficiait encore en tant que phare de la démocratie, de la liberté et des droits humains, a disparu.
... "

Commentaire : Tout est dit. Et pour ceux qui critiquaient mes propos sur l'europe allemande, je veux leur dire combien j'aurais aimé me tromper. Ceux qui ont assité à mes conférences pourront vous dire que j'étais un fervent défenseur de l'Europe, de l'Europe de la Paix. Malheureusement, elle est devenue un outil allemand et des lobbies économiques et bancaires. A la "décharge" des lobbies, ils ne peuvent exister que parce que les décisionnaires se laissent corrompre. Comme dirait certains lobbies, ils en veulent et en redemande, on ne peut plus fournir.

Romaric Godin dans "La Tribune" du 14 mars 2016 Article intitulé :  Allemagne : le crépuscule de la "méthode Merkel" ? Quels dégâts ! Quel aveuglement des politicards européens lobbyisés (achetés) !

" Les trois élections régionales du 13 mars sanctionnent la domination de la crise migratoire dans le débat politique. Une crise qui a changé plusieurs données de la vie politique allemande : la capacité de rassemblement d'Angela Merkel, le tabou de l'extrême-droite ou encore la gouvernabilité du pays.
Le résultat des trois élections régionales de Saxe-Anhalt, Rhenanie-Palatinat et Bade-Wurtemberg du 13 mars sont un véritable coup de tonnerre qui, s'ils sont confirmés dans les prochains scrutins hautement symboliques dans le Mecklembourg (Land d'Angela Merkel) et à Berlin en septembre, pourraient modifier durablement le paysage politique allemand. La poussée du parti de droite xénophobe et eurosceptique Alternative für Deutschland qui, partant de rien, obtient partout plus de 10 % et devient en Saxe-Anhalt le deuxième parti du Land avec 24,2 % des voix, est le principal événement de cette journée. Avec quelle conséquence pour Angela Merkel et sa politique ? Tour d'horizon des conséquences possibles de ce vote.
Angela Merkel renforcée ?
Dans son Morning Briefing de ce 14 mars, le directeur de la rédaction du quotidien des affaires allemand, Handelsblatt, Gabor Steingart estime que « Angela Merkel sort victorieuse » de ce scrutin. Dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat, les deux partis arrivés en tête, les Verts et la SPD social-démocrate, sont, « des défenseurs de la politique migratoire » d'Angela Merkel. Il y a donc, selon cet observateur, confirmation de l'attachement des Allemands à cette dernière. Cette analyse contient du vrai. L'intégralité des partis représentés au Bundestag (sinon des députés) soutienne la politique de la chancelière. Logiquement, ces partis demeurent encore largement majoritaires.
De plus, en Rhénanie-Palatinat, la candidate CDU Julia Klöckner avait clairement pris position pour un durcissement de la politique migratoire. Elle s'était donc présentée comme une alternative conservatrice à la chancelière. Elle a pourtant subi une défaite majeure. La CDU est passé dans ce Land, qui est celui d'Helmut Kohl, de 35,2 % des voix en 2011 à 31,8 % en 2016. Gabor Steingart a donc raison de conclure que ces élections confirment « l'absence d'alternative » à Angela Merkel. De ce point de vue, la chancelière peut donc se considérer comme renforcée.
L'effondrement électoral de la CDU
Mais ce point de vue évite quelques réalités. D'abord, si globalement, la majorité des Allemands s'est déclarée en faveur de la politique migratoire du gouvernement, puisque ces trois élections étaient devenues une forme de référendum sur ce sujet, cette majorité se réduit fortement. Ensuite, Angela Merkel est réduite à voir la confirmation de l'attachement de sa politique dans la victoire d'autres partis qui, dans les deux Länder en question, ne gouvernent pas avec la CDU. C'est donc là quelque chose de très paradoxal. Ceux qui ont voulu soutenir la politique migratoire de la chancelière n'ont pas voté pour le parti de la chancelière...
La CDU est d'ailleurs partout en chute. En Rhénanie-Palatinat, on l'a vu, mais aussi en Bade-Wurtemberg, le Land de Wolfgang Schäuble, ancien bastion conservateur, où la CDU perdu 12 points à 27 %. En Saxe-Anhalt, la CDU perd aussi près de trois points, passant de 32,5 % à 29,8 % de l'électorat. Avec une telle déroute électorale pour son parti, il est difficile de conclure qu'Angela Merkel sort renforcée de ce dimanche électoral.
La perte de la capacité de rassemblement d'Angela Merkel
Ces résultats mettent en réalité à nu l'échec politique de la chancelière ces derniers mois. Jusqu'à septembre 2015, Angela Merkel était forte parce qu'elle était capable de faire l'unité au sein de la CDU entre les tendances centristes, « économistes » ou libérales et les  tendances les plus conservatetrices. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Elle a perdu cette capacité de grand écart. Les électeurs les plus conservateurs ne se reconnaissent plus dans la CDU et ont clairement préféré AfD. Selon une étude citée par Die Welt, 272.000 électeurs de la CDU en 2011 ont choisi ce parti.
Le désaveu des centristes et des Libéraux
Mais, en réalité, il y a pire pour la chancelière : en Bade-Wurtemberg, les éléments centristes ont préféré se tourner vers les Verts de Winfried Kretschmann. Cela a été aussi le cas, en partie, en Rhénanie-Palatinat. Par ailleurs, les Libéraux de la FDP, qui avaient été exclus du Bundestag en septembre 2013, progressent dans les trois Länder. Et là aussi, ils ont repris des électeurs à la CDU sur un programme très « ordolibéral » et très critique de la politique de la chancelière. La conclusion est sans concession pour la chancelière : en cherchant en permanence des compromis, tant sur la question des réfugiés que sur les politiques économiques et européennes, la chancelière a fini par s'aliéner une partie des électeurs centristes et libéraux. En fait sur ce coup là, elle a été une très grande politicienne allemande. Certes, elle a planté l'Europe de la Paix mais elle l'a fait pour l'Allemagne et rien que pour l'Allemagne. Pour cela, elle restera dans l'histoire le temps venu. En coup de baguette magique, elle a mis une solution en place pour régler le problème crucial de la démographie allemande. En fait, le seul vrai politique européen était Allemand et c'était Madame Merkel. Dommage qu'elle n'ait eu personne en face d'elle car la situation actuelle aurait pu être totalement différente. Madame Merket est une très grande politicienne et très grande Allemande.
La fin de la « formule magique » d'Angela Merkel
On l'oublie souvent en France, où l'on ne retient de la chancelière que sa position « pro-réfugiés », mais Angela Merkel a pour position officielle depuis la fin de l'automne de « stopper » l'afflux des réfugiés et elle a donné des gages aux conservateurs sur les expulsions ou sur les conditions d'accueil des réfugiés. De ce fait, elle est apparue comme un « maillon faible » pour ceux qui souhaitent une politique active d'accueil des réfugiés. Ils ont donc préféré se tourner vers des partis aux positions plus claires. Très clairement, cette élection prouve que la base électorale de la CDU se réduit comme peau de chagrin. La « formule magique » d'Angela Merkel est manifestement en panne. La chancelière a sous-estimé le mécontentement à sa droite et en "rééquilibrant" sa politique, elle a perdu des positions au centre.
Le Bade-Wurtemberg cache l'effondrement des Verts ailleurs
Le 13 mars est une défaite pour l'ensemble des partis du Bundestag en Allemagne, qu'ils soient dans la majorité ou dans l'opposition. Les vainqueurs sont les deux grands partis extraparlementaires qui avaient échoué en 2013 aux portes du Bundestag : AfD et la FDP. Les perdants sont tous les autres. La progression des Verts de 6 points en 5 ans (30,3 % contre 24,2 %) en Bade-Wurtemberg s'explique en grande partie par la popularité du ministre-président écologiste du Land, Winfried Kretschmann, qui a adopté un positionnement centriste qui a favorisé la migration des électeurs de la CDU vers les Verts. Mais ailleurs, le score des Verts est catastrophique. En Rhénanie-Palatinat, ils perdent 10,1 points de 15,4 % à 5,1 %, en Saxe-Anhalt, ils perdent 1,9 point de 7,1 % à 5,2 %. La semaine dernière, lors des municipales de Hesse, les Verts avaient perdu 7,4 points. La soirée est donc, globalement, décevante pour les Verts qui ont un lot de consolation dans le Sud-ouest.
Effondrement de la gauche
Même conclusion pour la SPD qui, si elle se maintient en Rhénanie-Palatinat, où elle était au pouvoir, perd 10 points en Bade-Wurtemberg et 11 points en Saxe-Anhalt où elle se maintient de justesse au-dessus de 10 %. Les Sociaux-démocrates, qui ont perdu  3 points aux municipales de Hesse, sont clairement menacés de marginalisation. Enfin, Die Linke, pourtant identifiée comme un parti « anti-système », connaît un dimanche noir, notamment en Saxe-Anhalt, Land de l'ex-RDA où il avait obtenu en 2011 23,7 % et où il n'a récolté que 16,3 % dimanche. La raison en est simple : dans cette région, Die Linke apparaît comme un parti « établi ». Il a donc été sanctionné. D'autant plus que sa position pro-réfugiés a clairement été rejetée par les électeurs, ce qui lui a bloqué toute possibilité de progression à l'ouest.
La défaite de la "Grande coalition"
Une grande part des électeurs des trois Länder ont donc rejeté le système politique allemand traditionnel. La crise migratoire met à jour une crise politique majeure : la confiance entre les Allemands et leurs politiques est désormais au plus bas depuis la guerre. Le grand perdant de ce scrutin c'est avant tout la grande coalition au pouvoir à Berlin. Ce n'est pas une nouveauté : elle avait déjà subi une défaite d'une ampleur moindre lors des régionales de 2014 et 2015, mais cette fois, elle est amplifiée par la thématique migratoire. CDU et SPD se maintiennent certes en Rhénanie Palatinat en obtenant ensemble 68,9 % des voix, 1,7 point de moins qu'en 2011. Mais c'est une exception.
En Saxe-Anhalt, où la « grande coalition » était au pouvoir, la chute est de 14 points et CDU et SPD ne cumulent que 40,4 % des voix. Mais le pire provient du Bade-Wurtemberg, troisième Land d'Allemagne par sa population où la « coalition berlinoise » recule de 20,4 points à seulement 39,7 % des voix. La « grande coalition » à l'allemande, tant vantée en France, a une nouvelle fois échouée, comme en 2009, où, dans un autre contexte, elle avait été déjà durement sanctionnée en perdant 15 points. La « grande coalition » ne semble pas être une solution opérante pour « gérer les grands problèmes. »
La victoire d'AfD ébranle le système politique allemand
Le grand vainqueur de cette soirée est donc AfD. Ce parti a réussi une percée encore plus puissante que lors des trois régionales de septembre 2013. En Bade-Wurtemberg, il est troisième devant la SPD avec 15,1 % des voix. En Rhénanie Palatinat, il glane 12,6 % et est aussi troisième.  Il a déjoué tous les sondages qui ne prévoyaient pas une telle poussée. L'explication de ce succès réside clairement dans sa position anti-migrant. Elle est le fruit de l'évolution du parti qui, en juin 2015, a choisi d'abandonner la position « économiste » de son fondateur Bernd Lücke, économiste hambourgeois qui avait conçu AfD comme un parti ordolibéral opposé à la zone euro, pour une position très clairement droitière, rejetant l'euro et l'immigration. Ce glissement vers l'extrême-droite était risqué, car, elle s'est traduite en Allemagne jusqu'ici par une marginalisation. Logiquement, dans les sondages début août, AfD n'était qu'à 3 % des intentions de vote.
La fin du tabou sur l'extrême-droite
Mais - et c'est une des principales leçons, la plus inquiétante, de ce scrutin - la crise migratoire a changé cet état de fait dans la politique allemande : le glissement vers la droite extrême n'a pas été sanctionné, mais récompensé. Jusqu'ici, les "poussées" d'extrême-droite en Allemagne (NPD en 1969, Republikaner dans les années 1980-90) s'étaient heurtées à un rejet rapide de l'opinion. Pas cette fois. Pourtant, les « bourdes » d'AfD n'ont pas manqué. Certains dirigeants ont même appelé à « tirer » sur les migrants à la frontière. Mais ceci n'a pas stoppé les électeurs. Autrement dit, le discours xénophobe n'est plus un tabou de la politique allemande. Malgré cela, AfD a obtenu le vote de près de 1,3 million d'Allemand ce week-end, auquel il faut ajouter les 260.000 électeurs des municipales de Hesse dimanche dernier. L'extrême-droite a de nouveau droit de cité outre-Rhin, sous une forme certes moins ouverte que les néo-nazis de la NPD, mais sous une forme claire.
La mobilisation des déçus du système politique
Dans ces conditions, il est possible que la progression d'AfD ne soit pas encore terminée. L'analyse des votes montrent que le parti a profité de flux venant de tous les partis, mais sa progression est principalement à mettre au crédit de deux provenances : les abstentionnistes et les électeurs des petits partis. Ces deux provenances représentent ainsi 62 % des électeurs d'AfD en Saxe-Anhalt,  48,2 % en Bade-Wurtemberg et 53,6 % en Rhénanie-Palatinat. En tout, plus de 50 %. AfD est donc parvenu à mobiliser les déçus de la politique et ceux qui rejettent traditionnellement le système politique du pays. Depuis 2009, une grande partie de l'électorat hésite outre-Rhin : elle s'est dirigée vers la FDP, puis vers les Verts, puis vers le Parti Pirate au cours du temps. Depuis 2013, elle semble choisir AfD et la question migratoire a amplifié le mouvement. La hausse de la participation profite donc à ce parti qui dispose ici de réserves de voix.
Encore des réserves de voix pour AfD ?
L'autre réserve d'électeurs provient de la CDU, puisqu'un cinquième de l'électorat chrétien-démocrate de 2011 a choisi AfD. Et cela est assez inquiétant pour Angela Merkel, car elle montre, comme on l'a vu, un désaveu de sa politique dans son propre parti. Le danger serait qu'AfD ne soit pas seulement un parti protestataire, mais, précisément, une réelle alternative à la politique de la grande coalition. Sa deuxième place en Saxe-Anhalt, sa troisième dans les deux autres Länder, la situent dans cette position. Une des inconnues du scrutin est de mesurer le poids des « autres sujets » dans cette progression : le refus de la politique monétaire accommodante de la BCE, le rejet de l'absence d'investissement en infrastructures de l'Etat fédéral, le rejet global de l'Union européenne. Si AfD parvient à cristalliser aussi sur ces sujets, il dispose encore de réserves dans l'opinion.
La gouvernabilité de l'Allemagne en question
Dernier point inquiétant : la gouvernabilité du pays. L'Allemagne était déjà difficilement gouvernable avec 5 ou 6 partis au Bundestag. Avec 7, cela risque de devenir impossible. On l'oublie souvent en France, mais le choix de la « grande coalition » n'est pas un choix « actif » issu d'une volonté de « réformer », c'est un choix par défaut, issu de l'absence de majorité alternative. Et qui ne débouche que rarement sur des « réformes ». Avec un AfD infréquentable à plus de 10 %, les possibilités d'alliances risquent d'être très limitées. Il faudra donc observer de près les alliances dans les trois Länder où il ne semble plus y avoir de coalition « classiques. » On l'a vu, la « grande coalition » n'est même pas possible en Saxe-Anhalt et en Bade-Wurtemberg.

Le salut d'Angela Merkel : sa capacité à former une coalition complexe
Ceci devrait conduire en 2017, lors des prochaines élections au Bundestag, à une grande coalition rabougrie ou à des alliances à trois très fragiles. Même si une alliance de gauche (Linke-SPD-Verts) a été formée et est assez stable en Thuringe, l'alliance entre les Verts, la CDU et la FDP avait échoué en Sarre en 2012. Paradoxalement, c'est peut-être là une chance pour Angela Merkel qui, outre-Rhin, est la seule à pouvoir réussir une synthèse « centriste » et à la tenir. Mais le problème restera le même : AfD sera renforcée dans son statut de parti « anti-système » et se renforcera. Un scénario qui rappelle celui du FN en France, mais qui est plus problèmatique dans un pays parlementaire comme l'Allemagne."

 

Florence Autret dans "La Tribune" du 11 03 16 Article intitulé : Et Merkel inventa l'eurodiplomatie...

" La crise migratoire provoquée par l'allemagne n'a fait que renforcer le leadership allemand, comme le montre l'accord en cours de négociation avec la Turquie.
Le 7 mars, au rez-de-chaussée du Juste Lipse, à l'ouverture du récent sommet Turquie-Union européenne, les commentaires fusaient sur le culot « des Turcs » qui venaient de bouleverser l'agenda : au lieu de se quitter en fin d'après-midi, les « chefs » allaient dîner ensemble pour discuter des propositions mises sur la table, à la surprise générale, par le Premier ministre turc. Ahmet Davotoglu demandait 3 milliards d'euros supplémentaires pour aider les Européens à ralentir le flux des migrants. L'éléphant turc venait d'entrer dans le magasin de porcelaine bruxelloise, peu habitué aux rapports de force aussi explicites. Mais quand les éléments d'un nouveau plan pour freiner l'arrivée des migrants en Europe commencèrent à filtrer, la lumière ne tarda pas à revenir sur la chancelière allemande. Plus tard dans la soirée, la conclusion provisoire de cette négociation inachevée était qualifiée ainsi : « En fait, c'est le plan Merkel ! ».
Rien n'est encore réglé
Il faudra remettre le sujet sur le métier lors du sommet du 18 mars. Mais une chose est sûre. De nouveau, tout repose sur elle, la chancelière, qui a insisté pour faire entrer la Turquie dans la boucle, qui a demandé à faire patrouiller la flotte de l'Otan du côté du Bosphore, qui est allée négocier à Ankara, elle enfin qui, à la veille du sommet, a provoqué le « mini-sommet » du dimanche soir, à trois, avec le Premier ministre Ahmet Davutoglu et Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais, sorte d'alibi européen dans ce qui était une rencontre entre la (vraie) représentante de l'Union et celui de la Turquie. Leur entretien à huis clos avait duré plus de cinq heures. Comment ne pas penser, alors, que la « surprise » turque du lendemain n'en était pas une pour elle ? Et qu'en conclure sur les rapports de force au sein du Conseil européen, sinon que cette crise migratoire renforce encore un peu le leadership allemand en Europe.
Comme dans la crise de l'euro, la chancelière allemande est la seule à se donner la peine d'expliquer ce qu'elle fait, à éviter les slogans « européistes », à avouer ses échecs, à formuler des regrets, à parler avec des mots simples. Lundi soir, elle a dit vouloir « prendre les Grecs sous les bras », les mêmes Grecs que l'intransigeance allemande, au début de la crise de l'euro, a contribué à faire sombrer dans le marasme. Et tout à coup, le pacte que l'Europe est en train de passer avec la Turquie, ce rapport de force inédit qui marquera probablement l'acte de naissance d'une politique étrangère européenne, devenait un geste en direction d'Athènes. Ce qu'il est effectivement. Merkel ne fait pas semblant d'avoir un grand dessein. Elle admet qu'elle avance pas à pas.
Merkel improvise
Certes la chancelière soutenait avant la crise la poursuite des négociations d'adhésion avec la Turquie. Mais c'était pour « s'inscrire dans la tradition », dit-elle. Avec la crise des migrants, « c'est différent ». Différent et nouveau, à cause de « la position géopolitique de la Turquie ». Géopolitique, voilà un mot qui a longtemps été banni du vocabulaire politique allemand, pour avoir trop été utilisé sous le nazisme, et qui refait surface dans une Union européenne jusqu'à ce jour incapable de se penser comme puissance !
Personne ne sait si l'Union survivra aux crises multiples qu'elle traverse. Mais une chose est sûre : ce choc migratoire est en train d'achever la mue commencée après la Chute du Mur. L'Union européenne avait été créée pour brider l'Allemagne, pour empêcher que sa position d'État tampon entre l'Est et l'Ouest ne soit le prétexte de son réarmement.
En une génération, ce qui devait être un carcan à sa puissance naturelle est devenu le berceau de celle-ci.
« À moyen terme, la puissance allemande deviendra un problème existentiel pour l'Union européenne. Non pas uniquement pour la France, mais pour toute l'Europe », écrit Luuk van Middelaar dans une remarquable analyse du « couple » franco-allemand (*), dans laquelle cet historien qui fut conseiller du président du Conseil pendant cinq ans dresse a contrario le constat sans concession de la difficulté française à retrouver sa place.
(*) France-Allemagne : une incompréhension permanente. Revue Le Débat, 2015/5.

Dans "La Tribune" du 18 02 16 Article intitulé : La zone euro dégage un excédent commercial record

" La balance des paiements courants (échange de biens et de services) a été excédentaire à hauteur de 314 milliards d'euros en 2015, selon la BCE. L'Allemagne y contribue largement
Jamais la zone euro n'avait dégagé un tel excédent de sa balance des paiements courants (échange de biens et de services avec le reste du monde). En 2015, il a atteint 314 milliards d'euros, soit 3% du PIB de la zone euro. En 2014, l'excédent n'était "que" de 2,4% du PIB.
 "L'accroissement de l'excédent des transactions courantes s'explique essentiellement par une hausse de l'excédent sur les biens (de 251,5 milliards d'euros à 320,1 milliards)" explique la BCE. Plus concrètement, c'est l'Allemagne qui est largement à l'origine de cet excédent. Les exportations allemandes de biens hors zone euro ont atteint 761 milliards d'euros, en hausse de 5,6%, alors que les importations ont progressé moins vite (+3,5%), atteignant 521,5 milliards. D'où un excédent commercial allemand record  de 239,5 milliards d'euros avec le reste du monde, hors zone euro. Au total -y compris les services-  la balance courante allemande dégage un excédent proche de 8% du PIB! Bravo à l'allemagne qui a planté l'Europe.
Sanctions européennes
En théorie, au delà de 7% d'excédent, la commission européenne devrait sanctionner l'Allemagne pour déséquilibre. Mais aucune procédure n'a été ouverte...

Dans "Le Figaro" du 16 février 2016 : Brexit: Beaucoup dedemandes britanniques sont "justifiées" (Merkel) Quel désaveu pour les autres politicards collabos... La Grande-Bretagne montre encore une fois que la voie de la collaboration n'est pas la bonne avec l'allemagne politique. Ah si la France cessait de se courber et de collaborer......L'histoire se répète. Quel dommage que Tsipras ait cédé devant les mensonges allemands.

" La chancelière allemande, Angela Merkel, a jugé mercredi, à la veille d'un sommet européen crucial pour l'avenir du Royaume-Uni dans l'Union européenne, que de nombreuses demandes de réformes réclamées par Londres étaient "justifiées". Comment imaginer une Europe sans un des seuls Etats ayant refusé la collabo à la française sous le couvert de sa police et gendarmerie zélées.  Police et gendarmerie qui tirent encore aujourd'hui sur des jeunes désarmés sur un simple ordre et brutalisent des migrants et les Familles manifestantes avec enfants. Hier, les Juifs, les Tziganes et autres , aujourd'hui les migrants économiques de l'europe allemande, comme quoi ...... Il est vrai qu'on ne peut faire aucun lien puisqu'il n'y a pas eu de déportation...hormis les raccompagnements musclés de pauvres bougres. Admirez les vidéos You tube pour celles et ceux qui croient que je délire.

Un exemple :


"Il ne s'agit pas juste des intérêts particuliers des Britanniques, sur certaines choses, certaines questions, bien au contraire. De nombreux points sont justifiés et compréhensibles", a-t-elle dit devant le Bundestag dans un discours présentant la position allemande avant le sommet de jeudi et vendredi. Savourez l'allemagne à genoux, elle qui a mis à genoux les politiques et paupérisé l'ensemble des Peuples européens. 
Même sur la question sensible de la limitation des prestations sociales pour les ressortissants d'autres pays de l'UE, Mme Merkel a apporté son soutien au Premier ministre britannique, David Cameron. Le comble. Cela dit, je ne peux que souhaiter que le Royaume-Uni sonne la fin de l'europe allemande. Churchill avait raison.
"Ces demandes sont aussi compréhensibles et justifiées (...) il est évident que chaque pays membre doit pouvoir protéger son système social contre les abus", a-t-elle dit. MDR A genoux la schleu.
"Tout comme David Cameron, je considère aussi comme nécessaire que nous, au sein de L'UE, en fassions plus sur la compétitivité, la transparence et la bureaucratie. L'Allemagne et la Grande-Bretagne partagent ces convictions depuis de nombreuses années Ah oui....A genoux, elle est", a-t-elle souligné.
Selon elle, le gouvernement allemand fera tout ce qui est en son pouvoir pour que, "au final, ce ne soit pas seulement la Grande-Bretagne qui profite mais aussi l'Allemagne et toute l'Europe".  Pourquoi se singulariser avec la Grande-Bretagne de l'Europe ?
"C'est dans notre intérêt que la Grande-Bretagne soit un membre fort dans une Europe forte", a insisté la chancelière.
M. Cameron a promis un référendum sur le maintien ou non de son pays dans l'UE. Il espère arracher un compromis lors d'un sommet des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE jeudi et vendredi à Bruxelles, ce qui lui permettrait d'organiser cette consultation dès le mois de juin.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a présenté le 2 février un pré-accord pour répondre aux revendications britanniques et éviter un "Brexit", mais de l'immigration à la souveraineté politique, en passant par la gouvernance économique, les pommes de discorde restent nombreuses."

Jean-Christophe De Wasseige dans "Trends Tendances" du 17 février 2016 : Royaume-Uni et Europe, retour sur une longue et houleuse relation (graphique)

" La dernière ligne droite des négociations pour éviter un 'Brexit', c'est pour ces jeudi et vendredi, lors d'un sommet européen crucial. On savait que les Anglais avaient un rapport ambigu à l'Europe, mais là, c'est le destin du continent qui est en jeu... Flash-back.

Le Royaume-Uni et l'Europe, une histoire mouvementée.

Le Royaume-Uni et l'Europe, une histoire mouvementée. © DR


En janvier 2013, David Cameron créait la stupeur. Il annonçait son intention de renégocier la place du Royaume-Uni dans l'Union européenne puis, sur cette base, de demander aux Britanniques s'ils veulent rester ou non dans l'UE. On savait que les Anglais avaient un rapport ambigu à l'Europe, qu'ils freinaient l'exercice de compétences en commun, qu'ils se méfiaient de l'union politique ou encore qu'ils raillaient l'euro. Mais là, c'était jouer avec le destin du continent (même si un précédent existe : un premier référendum en 1975).
Pourquoi ? Parce que la crise de l'euro a poussé les 19 pays de la zone vers plus d'intégration et que Londres aurait préféré qu'on approfondisse le marché unique. Parce que la crise financière a mené à plus de régulation et que la City n'adore pas cet exercice. Parce que l'immigration intra- et extra-européenne a considérablement enflé ces dernières années et que le Royaume-Uni veut y mettre un frein. Et enfin, parce que les europhobes du parti UKIP et les eurosceptiques d'une frange du parti conservateur plaident pour retrouver plus de souveraineté. Le 2 février, cette affaire du Brexit (British exit) a connu un nouveau développement. Le locataire du 10 Downing Street est parvenu à ficeler un compromis avec le président du Conseil Donald Tusk et avec des émissaires français et allemands. Il a reçu des réponses aux quatre points - très terre à terre - qu'il demandait. Un : un mécanisme va être trouvé pour que les neuf pays non-membres de l'euro puissent être mis au courant des décisions en matière économique et bancaire des 19 pays de l'eurozone. Deux : un effort va être mené pour réduire les charges réglementaires sur les entreprises. Trois : les parlements nationaux pourront contrecarrer un projet législatif de la Commission européenne, si leur poids atteint 55 % dans l'UE. Et quatre : malgré les principes d'égalité et de libre-circulation des personnes, un pays pourra limiter ses aides sociales aux immigrés intra-européens s'il fait face à un afflux " exceptionnel".
Conclusion ? L'UE se dote d'un bricolage de plus ; les 28 sont invités à adopter ce compromis lors du sommet des 18 et 19 février ; le référendum britannique est programmé pour la fin juin ; David Cameron va faire campagne en faveur de l'adhésion et les europhobes anglais vont moquer ce texte comme étant une Cam's Scam, " une arnaque de Cameron". Quant à l'Europe, elle joue sa survie sur un autre problème : la crise des migrants et le retour des frontières. Shakespearien ? Yes indeed !

Souvenez-vous :

EUROPE

AVERTISSEMENT : CET ARTICLE N'EST PAS A LIRE SI VOUS DESIREZ RESTER DANS L'IMAGE "WALT DISNEY" DE L'EUROPE POLITIQUE

Dans " La tribune" du 9 octobre 2014                                                                                                                              Article intitulé : La nouvelle leçon de stratégie du "Professeur" Juncker


" On peut aimer ou non Jean-Claude Juncker, mais il faut lui reconnaître une qualité: il assume.  Au moment de présenter son équipe mercredi 10 septembre, il a osé lâcher que Frans Timmermans, le vice-président néerlandais de la Commission, serait sa doublure lorsqu'il serait lui-même « physiquement ou mentalement absent ». Une allusion à peine cachée à son penchant pour l'alcool, qui a jeté un trouble et fait fuser les rires dans la salle de presse.
Quel meilleur moyen de faire taire les médisants que d'assumer ses faiblesses ? Dans le passé, il avait déjà reconnu que le mensonge était parfois nécessaire en politique, que la diplomatie efficace exigeait le secret. La semaine dernière, un confrère lui a posé la question que tout le monde avait sur les lèvres : fallait-il voir une stratégie délibérée dans la nomination de commissaires « à contre-emploi » ?
Un Britannique, Lord Hill, aux services financiers, alors que Londres a bruyamment pesté dans le passé contre l'entreprise de réglementation menée par le commissaire Michel Barnier.
Moscovici flanqué de deux gendarmes
Un Français, Pierre Moscovici*, aux affaires économiques, alors que les finances publiques françaises sombrent dans le rouge, une Roumaine, Corina Cretu, à la politique régionale, alors que Bucarest est régulièrement épinglée pour sa mauvaise utilisation des fonds européens. Un Grec, Dimitris Avramopoulos, à l'immigration, alors la gestion du flux de migrants par Athènes est un cauchemar. Ou un Chypriote, Christos Styliandès, à la gestion de crise et à l'aide humanitaire.
En son temps, François Mitterrand avait créé un effet comique sans précédent, en nommant dans le premier gouvernement Mauroy Creysson à l'Agriculture, Defferre à la Défense, Le Pensec à la Mer et Delors aux Finances... le Luxembourgeois joue plutôt sur le mode ironique. Plutôt que de contre-emploi, il faudrait parler dans ce cas d'une volonté délibérée de mêler le national et l'européen, et de prendre l'opinion à témoin de la loyauté des nouveaux commissaires. Imaginez plutôt le traitement qui sera réservé à Lord Hill s'il hésite à défendre le plafonnement des bonus voté cette année par le Parlement et attaqué par son pays devant la Cour de Justice ! Le Britannique se prépare à de grands moments de solitude.
La subtile géométrie inventée par Juncker ne s'arrête pas là. En créant des postes de vice-présidents chargés de coordonner des « équipes de projet », le Luxembourgeois a disposé dans son système des cordes de rappel politique qui vont lui éviter d'avoir lui-même à rappeler à l'ordre tel ou tel commissaire. Le cas de Pierre Moscovici est éclairant.
Le commissaire français travaillera avec deux vice-présidents : le Finlandais Jyriki Katainen et le Letton Valdis Dombrovskis.
« Aléa moral »

En charge de l'emploi, de la croissance et de la compétitivité, Katainen, qui a été ministre des Finances puis Premier ministre entre 2007 et 2014, s'est avéré l'un des défenseurs les plus durs de l'orthodoxie budgétaire et l'un des plus prompts à souligner l'« aléa moral » qui résultait de la création d'un fonds de sauvetage des États de la zone euro. Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est pas une colombe.
De l'autre côté, Dombrovskis, responsable de l'euro et du dialogue social, a infligé, en tant que Premier ministre, une cure d'austérité sans pitié à son pays. Les portefeuilles de ces deux vice-présidents ne se recoupaient-ils pas ? ont interrogé les experts. Comment, en effet, réparer la zone euro - le boulot du Letton - sans travailler sur la compétitivité - celui du Finlandais ? La vérité est qu'ils se recoupent et que leur zone d'intersection porte un nom : Moscovici, lequel se voit en pratique flanqué de deux gendarmes.
Mais - chut ! - il ne faut pas le dire.

Souvenez-vous :

Jean-Claude Juncker

Extrait article-ci-dessous : "Autrement dit, les chefs d'États et de gouvernements doivent trouver un président de la Commission qui soit assez docile pour sanctionner leurs choix de commissaires. La meilleure façon d'en obtenir un, c'est de faire en sorte que sa nomination ne dépende pas du parlement, mais bien du conseil. Bref, on le voit, le ver était dans le fruit et la « démocratie européenne » était déjà agonisante dans ses langes. Tout se passe comme si la chancelière avait utilisé le malheureux Jean-Claude Juncker comme « l'idiot utile » de la démocratie européenne."

Romaric Godin dans "La Tribune" du 28 mai 2014
Article intitulé
: Commission européenne : retour aux vieilles recettes pour choisir le président

" Le Conseil européen a donc décidé de botter en touche et d'apporter un démenti cinglant à toute la propagande électorale des « Spitzenkendidaten » (terme allemand adopté à Bruxelles pour désigner les candidats désignés par les partis européens) et à celle du parlement européen. Non, l'UE n'est pas une démocratie parlementaire et le candidat arrivé en tête n'est pas automatiquement celui qui sera soumis aux votes du nouveau parlement pour devenir président de la Commission européenne. Tout est clairement dit. Qui peut encore croire en l'Europe de la Paix bâtie par les politicards actuels ? Pour ceux qui en doutent, voir les articles qui suivent. Mardi soir, les chefs d'Etats et de gouvernements ont donc décidé de prendre leur temps et ont confié à Herman van Rompuy, le président du Conseil européen, le soin de « trouver des candidats. »
Pied de nez aux électeurs
C'est un joli pied de nez au slogan officiel de ces élections européennes 2014 : « Cette fois, c'est différent ! » Car en demandant au responsable belge amateur de haïkus de « trouver » des candidats, le Conseil rejette d'un revers de main les six candidats qui ont été mis à leur disposition par les partis européens, et, donc, du moins en théorie, par les électeurs. C'est donc affirmer sa puissance et son pouvoir suprême et rappeler que la nécessité nouvelle d'obtenir la majorité absolue des députés pour le président de la Commission ne change rien à ce fait. Car les monarques de jadis le savaient bien : faire attendre dans une antichambre, c'est faire sentir à celui qui attend toute l'étendue de son pouvoir. Bref, c'est bien le Conseil qui décide.
La force institutionnelle du Conseil
Le traité de Lisbonne dont on a tant vanté les vertus durant cette campagne confirme du reste cette puissance. Non seulement le parlement ne peut choisir lui-même un candidat à la présidence de la Commission, qui doit lui être soumis par le Conseil, mais c'est aussi le Conseil qui, ensuite, doit désigner avec le président de la Commission les commissaires, lesquels ne seront que validés en bloc par le parlement. Autrement dit, les chefs d'États et de gouvernements doivent trouver un président de la Commission qui soit assez docile pour sanctionner leurs choix de commissaires. La meilleure façon d'en obtenir un, c'est de faire en sorte que sa nomination ne dépende pas du parlement, mais bien du conseil. Bref, on le voit, le ver était dans le fruit et la « démocratie européenne » était déjà agonisante dans ses langes. Tout se passe comme si la chancelière avait utilisé le malheureux Jean-Claude Juncker comme « l'idiot utile » de la démocratie européenne. Sun Tzu ou Clausewitz ? Sur ce coup, le gagnant est Sun Tzu. On se souvient qu'en début d'année, elle rechignait à suivre les pas des socialistes et à nommer un Spitzenkandidat. Mais débordée par la demande et menacée par la candidature d'un Michel Barnier assez incontrôlable, elle s'est résolue le 8 mars à Dublin à adouber le Luxembourgeois. Angela Merkel est trop intelligente pour ne pas s'être rendu compte que cette candidature était peu enthousiasmante. Elle aurait pu la désirer précisément pour cette raison. Car, il faut bien l'avouer, on a peine à croire qu'il existe une levée de boucliers des parlementaires européens et des opinions publiques pour défendre l'ancien chef du gouvernement grand-ducal. Malgré les indignations et les soutiens de principe, il y a fort à parier que socialistes et conservateurs pourraient accepter de le sacrifier pour une personne plus « consensuelle. » Dans ce cas, le nouveau président de la commission devra sa nomination au Conseil et à Angela Merkel en particulier. Il sera docile.
Il ne faut cependant pas croire que la candidature de Jean-Claude Juncker soit totalement écartée. Bien au contraire. Mais en lui faisant faire antichambre. En affirmant d'emblée que sa nomination n'est pas naturelle, on s'assure là aussi de sa docilité face au Conseil en lui rappelant de qui il va tenir son poste. Non pas de sa majorité parlementaire, mais bien des chefs d'Etats et de gouvernements. Les élus européens s'opposeront-ils aux consignes nationales venus des chefs de gouvernement ? C'est peu crédible. Et s'ils le font et que le Conseil leur soumette un autre candidat de consensus ? Bloqueront-ils les institutions ad aeternam pour sauver l'honneur de Jean-Claude Juncker ? C'est peu probable. Trois jours après le vote, la réalité a rattrapé la fiction démocratique : c'est bien le Conseil qui décide. Cette fois encore, ce ne sera pas différent…

Souvenez-vous :

Pierre Moscovici

Extrait article-ci-dessous : "Pierre Moscovici ENA naturellement, alors ministre délégué aux Affaires européennes, avait traité les petits pays avec une morgue incroyable, coupant la parole aux uns, leur demandant d’abréger leur discours, exigeant que le représentant de la Belgique se taise." 

Marie-Françoise Bechtel, ancienne directrice de l'ENA rien n'est perdu, propos recueillis par Propos recueillis par Bertrand Rothé pour Marianne, repris par Olivier Berruyer, dans "Les Crises.fr/Marianne/Expansion" du 22 janvier 2014
Article intitulé :[Reprise] Les élites françaises ont honte de la France Je pense que le mot "élite" est très mal choisi car en fait d'"élites", c'est trop souvent la consanguinité de l'idiotie" intéressée" et recherchant une protection contre les effets de leurs propres tares. Que deviendraient ces idiots sans ce principe de protection..... Que de dégats! Quelle arrogance! Cela dit, l'arrogance n'est-elle pas une des spécificités de l'idiotie ?

" J’allais préparer des miscellanées quand je suis tombé sur ce lien dans un commentaire. Au vu de l’analyse remarquable de cette députée PS (qui tranche tellement avec les 80 % de députés qui relèvent clairement du tiers-monde intellectuel), il (Olivier Berruyer) m’a semblé plus important de le partager avec vous… (NB. Comme elle appartient au MDC de Chevènement, elle fait quelques appels du pied dans l’interview) L’ancienne directrice de l’ENA, députée de l’Aisne apparentée au groupe socialiste, livre ici un regard très critique sur le rapport des classes dirigeantes françaises à notre nation. De sa fréquentation des politiques à celle des élèves des grandes écoles, Marie-Françoise Bechtel a rapporté de nombreuses anecdotes édifiantes. Marianne : Vous venez d’affirmer dans un entretien publié dans l’Expansion que «la spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation». Pouvez-vous préciser cette pensée et la justifier par quelques exemples ? Marie-Françoise Bechtel : C’est une idée qui me poursuit depuis assez longtemps. Je me souviens l’avoir soutenue pour la première fois dans un entretien accordé à Joseph Macé-Scaron dans le Figaro fin 2000. Je lui avais dit que j’étais très frappée de voir à quel point les élites britanniques étaient fières de leur nation. En France, il suffit d'écouter les qualificatifs employés par les présidents concernant les Français pour avoir une idée du dédain, dédain en dehors des périodes électorales. Cela dit, la Liberté de l'Europe est Britannique avant tout, sans oublier l'importance des Résistants et notamment Français. Aujourd’hui, pour moi, c’est plus que jamais un constat absolu et évident. Les élites françaises ont honte de la France, ce qui n’empêche qu’elles peuvent avoir un comportement extrêmement arrogant, même si cela peut paraître paradoxal. Je cite souvent l’exemple de Jean-Marie Messier. Ce pur produit des élites françaises avait qualifié les Etats-Unis de «vraie patrie des hommes d’affaires», et ce, juste avant de s’y installer. Ici, le propos est chimiquement pur. Toutes les élites ne sont pas aussi claires, mais beaucoup n’en pensent pas moins. Ça ne fait qu’un exemple ! M.-F.B. : Je peux vous en trouver des dizaines. Prenons celui des grands patrons dont les groupes investissent à l’étranger et qui se soustraient au versement de leurs impôts en France. Vous ne pouvez pas dire que ce sont des comportements patriotiques… Total ne paie quasiment pas d’impôts en France. Bien sûr, à l’étranger, nombreux sont les groupes qui ont les mêmes comportements, mais ils savent être présents quand leur pays a besoin d’eux. Regardez aussi la façon dont on traite les commémorations de la guerre de 1914-1918 : les élites, dont le PS, incriminent les nations. On oublie que les peuples ne voulaient pas la guerre, et que c’est le déni de la nation qui nous entraîne aujourd’hui dans une Europe qui ne cesse de faire monter l’extrême droite. Autre exemple qui m’a été raconté de première main et qui illustre ce mélange de déni et d’arrogance. Dans les négociations européennes de 1997 à 1999, en vue de la conclusion du traité de Nice, Pierre Moscovici ENA naturellement, alors ministre délégué aux Affaires européennes, avait traité les petits pays avec une morgue incroyable, coupant la parole aux uns, leur demandant d’abréger leur discours, exigeant que le représentant de la Belgique se taise. Cette "élite" devrait se souvenir de ce qu'ont fait les Peuples Belges lors des guerres alors que les "élites" françaises (je ne parle pas des Peuples Français), avaient baissé leur froque comme des lâches qu'ils sont. Etant Belge, pour nous ce n'est pas grave car les politiques français sont considérés comme des cons, arrogants et collabos. Ayant beaucoup voyagé, cette vision est assez partagée au niveau mondial. Parlez de la france en Australie, Nouvelle Zélande etc.... Dans les instances bruxelloises, les politiques français sont appelé les "guignols de la parade" et font salle comble lorsque les fonctionnaires européens veulent décompresser en rigolant un peu.  L'autre bon mot "européen" lorsqu'il y a un politique français dans les négociation n'est-il pas : "Longe le mur, c'est un français" ? En France, ils paradent, à Bruxelles, ils font rire. En fait d'élite..... C’est ce même Pierre Moscovici, toute son action le démontre, qui est persuadé que la nation française a disparu, que nous sommes devenus une région de la grande nébuleuse libérale et atlantisée.
Mais il est intéressant aussi de se demander quand ce mépris de la nation a commencé à se développer chez nos élites. Je pense qu’une réponse se trouve dans les écrits de Jean-Pierre Chevènement. Il a pour la première fois, me semble-t-il, abordé cette question dans la République contre les bien-pensants, dans les années 90, il l’a ensuite développée dans La France est-elle finie ? En substance, il démontre que cette haine de la France et du peuple date de l’immédiat après-guerre, et je partage cette idée. Je pense que les élites ont trahi le peuple, qu’elles se sont compromises avec le régime de Vichy et qu’elles portent sur leur dos la défaite de 1939, «l’étrange défaite». C’est à ce moment-là que tout se joue. J’ai recueilli à travers des entretiens qui vont d’ailleurs être prochainement publiés les souvenirs du dernier membre vivant du CNR, Robert Chambeiron. Il explique avec beaucoup de précision l’état des partis politiques en 1940. La situation était catastrophique ! Ils n’ont plus aucune légitimité. Robert Chambeiron raconte ce discrédit et la façon dont peu à peu les principaux partis se sont reconstitués en admettant la nécessité d’une union nationale. Il raconte le premier entretien dans une pissotière entre Daniel Mayer, qui représente la SFIO, et l’envoyé du PC. L’entrée en matière est violente. Le premier envoie à l’autre les accords Molotov-Ribbentrop, l’alliance entre Staline et Hitler. Le communiste s’offusque et lui répond : «Comment pouvez-vous nous faire la morale après Munich ?» Tout le monde s’était déballonné devant Hitler. La chance des partis, il faut bien le dire, ça a été les Etats-Unis, les Britanniques et les résistants. Les Américains se méfiaient de De Gaulle, ils voulaient s’assurer du soutien des partis et des syndicats. C’est Washington qui les a réellement remis en selle.
Aucune partie de nos élites ne trouve grâce à vos yeux  M.-F.B. : Je n’ai aucune admiration pour la grande majorité des élites économiques, mais je pense qu’il y a des exceptions. Ainsi, par exemple, Jean-Louis Beffa, l’ancien patron de Saint-Gobain, me semble avoir encore une conscience nationale. En revanche, ce n’est pas du côté des banques qu’il faut chercher. L’épargne française est énorme, 17 % du revenu… Qu’en font-elles ? Rien, ou plutôt rien d’utile à notre pays. Quant aux élites politiques, je les fréquente au quotidien, ils sont atteints d’un double syndrome : d’une part, ce que mon ami Sami Naïr appelle le «bonisme», c’est-à-dire la bien-pensance vertueuse.
Et les hauts fonctionnaires ? En tant qu’ancienne directrice de l’ENA et en tant que conseillère d’Etat, vous en avez beaucoup côtoyé… M.-F.B. : Généralement, ils partagent l’idéal européiste angélique et vertueux. Ils ont tous appris que «l’Europe est notre avenir». Sur ce sujet, leur esprit critique est assez peu développé. Ils pensent tous que la France est une affaire dépassée. Mais il faut se méfier des amalgames. Dans cet univers, il y a d’abord et surtout Bercy. Le gros morceau, c’est le couple Trésor-Budget. C’est là où tout se joue, tout se décide. C’est impressionnant, le pouvoir qu’ils ont, et je pèse mes mots. Laisser faire Bercy, c’est une grave erreur. D’abord, ces messieurs se méfient des politiques. Ils font bloc. Souvenez-vous le principe français : "L’administration des choses remplacera le gouvernement des hommes" Comte de Saint-Simon......et l'administration étant dépendante des politiques, les autorités de supervision des politiques (Challenges du 7/10/13, Jean-Michel Naulot de l'AMF), la comptabilité des politiques (Les Echos 15/10/13, Monsieur Claude Lopater démissionnaire de l'Autorité des normes comptables), le juridique des politiques selon les déclarations (entre autres) de Jean-Louis Nadal ex-président de la Cour de cassation et la reconnaissance du procureur André Ribes dans "Le Monde 19 octobre 2013" des manipulation de jugement (eh oui!) et les politiques des lobbyies... J’ai été membre de la mission d’enquête sur l’affaire Cahuzac, eh bien, nous n’avons rien obtenu des directeurs ou responsables de ces deux administrations. Rien. Aucune réponse ! Blanc ! C’était impressionnant. Mais il y a en même temps des différences entre les deux. Les gens du Trésor sont toute la journée dans l’avion, un jour à Singapour, le lendemain à New York, pour placer l’argent public. Ils pensent en anglais. Au bout d’un certain temps, ils ne connaissent plus la France, c’est juste leur employeur. L’autre administration de Bercy qui compte, c’est le Budget, et cette direction serait plutôt gangrenée par l’idéologie allemande, si j’ose dire. Elle est devenue obsédée par l’équilibre budgétaire. En dehors de ces deux administrations, certaines se tiennent encore bien. Je pense d’abord à mon corps d’origine, le Conseil d’Etat. La plus haute juridiction administrative française a longtemps résisté aux dérives européennes. MDR. Le Conseil d'Etat est des plus attaqués sur ses liens avec les politiques. Comme bande de copains....Un salut particulier à Emmanuel Piwnica, "glorieux" avocat au conseil d'état que j'ai viré Mais vous avez une responsabilité dans cette histoire puisque vous avez sélectionné les élites et vous les avez formées lorsque vous étiez à l’ENA ! M.-F.B. : Il y a deux choses que je dois d’abord préciser. En tant que directeur de l’ENA, vous ne formez personne, ce sont les grandes administrations qui désignent les enseignants dans l’école. En revanche, c’est moi qui proposais au ministre les membres du jury, et j’avais d’ailleurs à l’époque choisi un journaliste de Marianne. Notre regretté Philippe Cohen avait ainsi participé à la sélection des futurs hauts fonctionnaires. Le deuxième élément que le grand public ignore souvent, c’est que l’ENA fonctionne comme une école d’application de Sciences-Po. Car, ne nous trompons pas, c’est Sciences-Po, la grande école. C’est là que les étudiants sont formés, voire déformés. Or Sciences-Po est devenue «l’école du marché», selon les termes mêmes de Richard Descoings, qui a reformaté cette école. Cet homme, à la fois très intelligent et très dangereux, était persuadé que le marché était la loi et que la loi était le marché. Il n’avait d’ailleurs pas vu venir la crise. Mais il a légué à cette école un formatage sans précédent. La victoire du marché se mesure aussi parce qu’il y a de plus en plus d’élèves d’écoles de commerce, notamment de HEC, qui entrent à l’ENA, tout ce petit monde jurant, la main sur la poitrine, que depuis sa plus tendre enfance il rêve de servir l’Etat. La conséquence est dramatique, ils récitent des discours appris. Je me souviens que de nombreux membres du jury m’ont dit que ces étudiants étaient tellement formatés que c’était difficile, voire impossible de les choisir, et encore moins de les classer. Et quand ils sont choisis, je me suis aperçue que je ne pouvais plus grand-chose pour des gens aussi – comment dire ? – fermés sur des certitudes, aggravées par le manque de culture.
Bio express : Marie-Françoise Bechtel fut directrice de l’ENA de 2000 à 2002. Elle est vice-présidente de la commission des Lois de l’Assemblée nationale. Mais elle est aussi un exemple de l’efficacité du système scolaire républicain. Fille d’instituteurs, elle est agrégée de philosophie et conseillère d’Etat.

Souvenez-vous : L’ENA, dont la nouvelle directrice, Nathalie Loiseau écrivait dans Le Figaro du 25 juin 2013  « La promotion Voltaire, avec ses personnalités connues (Hollande, Royal, de Villepin, Donnedieu de Vabres, Jouyet, Sapin, ndlr) a donné une fausse image de l’ENA. A l’image du feuilleton «L’école du pouvoir». Tout est dit.

Romaric Godin dans "La Tribune" du 15 février 2016 : En Allemagne, trois millions de personnes voudraient travailler plus

" Malgré le plein emploi , l'économie allemande ne parvient pas à satisfaire les besoins de tous les salariés. Le revers d'un modèle fondé sur la croissance du temps partiel.
    •    Le « miracle » allemand de l'emploi fait bien des envieux. Avec raison, du reste. En janvier 2016, le nombre de chômeurs en données brutes avait reculé sur un an de 3,7 %, soit 111.000 demandeurs d'emplois de moins. Le taux de chômage allemand se situe désormais à 4,5 % au sens de l'Organisation internationale du Travail, ce qui en fait le plus bas de la zone euro puisque, désormais, le chômage remonte en Autriche, ancien champion européen de l'emploi.
    •    22,6 millions d'heures de travail désirées et non satisfaites
    •    Ce succès connaît cependant quelques zones d'ombres, comme l'a souligné, ce lundi 15 février, l'Office fédéral des statistiques, Destatis. L'institut révèle qu'en 2014, il y avait  2,9 millions d actifs allemands qui auraient souhaité travailler davantage. Certes, 915.000 actifs souhaiteraient travailler moins, mais au final, ce serait 22,6 millions d'heures de travail hebdomadaires que les actifs allemands ne pourraient pas effectuer. C'est un potentiel de travail de près de 566.000 équivalents temps plein qui serait inutilisés, a calculé Destatis.
    •    2,9 millions de mécontents
    •    Ces chiffres amènent plusieurs conclusions. D'abord, le fonctionnement du marché du travail allemand, malgré ses créations d'emplois, engendre beaucoup de mécontents. Les 2,9 millions d'actifs qui voudraient travailler plus représentent 7,3 % de la population active . Et le mécontentement de ces personnes n'est pas mince, puisqu'ils voudraient en moyenne travailler 11,3 heures par semaine de plus, ce qui est globalement cohérent avec leur taux de travail moyen de 28,4 heures par semaine. En Allemagne, s'il n'existe pas de durée du travail unique légale, la semaine de 40 heures, qui a longtemps été la norme, reste en effet la référence dans l'esprit des actifs. On le voit donc, le « miracle » de l'emploi ne satisfait pas tout le monde, loin de là.
    •    Le fruit du développement du temps partiel
    •    Ce sous-emploi touche logiquement les personnes travaillant à temps partiel. 1,63 million d'entre elles, soit près de 14,9 % de l'ensemble des personnes travaillant à temps partiel en Allemagne souhaiteraient travailler davantage. En moyenne, le désir d'heures supplémentaires atteint 14,7 heures hebdomadaires pour les salariés à temps partiel. Or, le temps partiel explose en Allemagne. En 2010, les travailleurs à temps partiels représentaient 19 % des actifs. Quatre ans plus tard, cette proportion est passée à 27,5 %. On voit que la baisse du chômage allemand s'appuie surtout sur ce type d'emploi. Autrement dit, l'Allemagne a réduit son chômage en réduisant le temps de travail moyen qui, en 2014 était de... 35,4 heures pour l'ensemble des actifs. On notera, d'ailleurs, que 1,27 million d'actifs à temps plein souhaiterait aussi travailler davantage (mais 823.000 souhaiteraient travailler moins), ce qui est aussi le fruit d'une politique de baisse moyenne du temps de travail pour les emplois à temps plein.
    •    Le recours au temps de travail
    •    Le chiffre de Destatis vient prouver que l'économie allemande a également recours, pour baisser le chômage, au partage du temps de travail. Ce partage ne se fait certes pas, comme il s'est fait en France, par une législation généralisée (et qui, rappelons-le,  depuis 2000 a été largement amendée), mais par des créations de postes à durée du travail réduite. Les 10,8 millions de travailleurs à temps partiel outre-Rhin travaillent en moyenne 19,4 heures par semaines. Dire que la réduction du temps de travail est néfaste pour l'emploi et présenter un contre-exemple allemand à la situation française de ce point de vue semble donc inexact.
    •    Le modèle allemand de l emploi génère donc ses frustrations: les Allemands souhaiteraient aussi « travailler plus pour gagner plus », mais l'économie allemande est incapable de générer les 22,6 millions d'heures nécessaires. La France règle ce problème principalement par le chômage, l'Allemagne davantage par le temps partiel. Dans l'Hexagone, le taux de temps partiels en 2014 était de 18,9 %, soit près de dix points de moins qu'en Allemagne.
    •    Problème macroéconomique
    •    Cette situation a plusieurs conséquences importantes en termes macroéconomiques. Elle limite la transmission du plein-emploi sur la demande intérieure. Pour les personnes en sous-emploi, la hausse du salaire réel est certes bienvenue mais pas suffisante pour combler leurs besoins qui, on l'a vu, s'élèvent à plus de 11 heures de travail. Elle est aussi logiquement plus limitée en valeur absolue. La consommation de ces ménages reste donc réduite. Si le « sous-emploi » n'est pas suffisant pour vivre, la hausse des salaires n'est pas un élément déterminant  Par ailleurs, l'importance croissante du temps partiel incite les personnes à temps plein et sur des contrats classiques - encore très protégés en Allemagne - à prendre leurs précautions. Un salarié à temps plein sait qu'il risque de retrouver un emploi à temps partiel ou avec des horaires de travail réduits - et donc une rémunération plus faible. Il aura donc tendance à utiliser une partie de la hausse de son salaire réel pour épargner. D'où ce paradoxe allemand que le plein emploi a entraîné une progression du taux d'épargne.
    •    Cette situation est un des facteurs du problème allemand pour le reste de la zone euro. L'union monétaire a besoin d'une demande intérieure allemande plus dynamique. Or, malgré une croissance plus forte depuis deux ans, la consommation des ménages n'est pas réellement encore conforme à une situation de plein emploi. D'où une croissance qui dépend encore fortement de la demande externe, comme on l'a vu au dernier trimestre de 2015 où elle n'a été que de 0,3 %, soit la moyenne de la zone euro et qui génère encore des excédents courants immenses de près de 8 % du PIB.

Dans "Trends Tendances" Belgique du 11 février 2016 : Austérité: "Après huit ans, on peut parler d'acharnement thérapeutique"

" Les politiques d'austérité en Europe échouent depuis huit ans nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI et les poursuivre relève de l'acharnement thérapeutique, dénonce le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, dans une lettre ouverte publiée jeudi dans La Repubblica.
 "L'austérité ne suffit pas. Et d'ailleurs les pays qui ont eu de la croissance en Europe y sont parvenus uniquement parce qu'ils ont violé les règles relatives aux déficits" publics, juge-t-il dans cette tribune.
Il cite ainsi le Royaume-Uni et son déficit supérieur à 5% du PIB et l'Espagne, "qui a accompagné sa croissance avec un déficit supérieur à 6%". Mais aussi le contraste entre une Europe en plein marasme et le dynamisme de l'économie américaine qui a fait selon lui le pari de la "croissance, des investissements et de l'innovation".
Dans ces conditions, "si des soins ne marchent pas, après huit ans, on peut parler d'acharnement thérapeutique", dénonce M. Renzi. Il est grand temps que l'Europe fixe une nouvelle direction à sa politique économique. "Parce qu'avec seulement l'austérité, on en meurt".
Le bouillonnant chef du gouvernement réclame depuis des semaines davantage de flexibilité budgétaire pour mieux soutenir une croissance encore fragile.
Mais ces demandes répétées irritent ses partenaires, à commencer par l'Allemagne et la Commission européenne ces deux là sont nos partenaires...en ce qui me concerne je pense qu'ils ont été plus nos ennemis , qui ne manquent jamais de rappeler que l'Italie a déjà bénéficié dans le passé d'une forme de flexibilité budgétaire en raison des réformes accomplies.
Matteo Renzi ne cesse d'avertir l'Europe qu'elle est condamnée à disparaître si elle ne se réforme pas. Mercredi, il comparait l'UE à l'orchestre jouant sur le pont du Titanic alors que le paquebot sombrait dans l'Atlantique.
Son ministre des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a réuni mardi à Rome ses collègues des six pays fondateurs de la Communauté européenne, devenue depuis Union européenne, pour réfléchir aux moyens de relancer le projet européen à bout de souffle.
Ces six pays (Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, France et Luxembourg) ont signé une déclaration commune dans laquelle ils jugent indispensable de renforcer la gouvernance de la zone euro, et l'intégration européenne, avec ceux des 28 qui y sont prêts.
Dans sa lettre ouverte jeudi, M. Renzi suggère également de procéder à des "primaires" dans le processus de sélection du président de la Commission européenne."

Dans "Le Temps " Suisse du 5 février 2016 : Français et Suisses comparent leurs réalités économiques

" L’Insee et l’Ocstat ont fourni des données sur l’évolution de la population et du marché du travail
L’observatoire statistique transfrontalier (OST) a présenté jeudi soir sur le site de la Technopole d’Archamps (Haute-Savoie) un aperçu du tissu économique de la région et certaines caractéristiques liées à l’emploi. L’Insee pour la partie française et l’Ocstat pour la partie suisse ont étudié les évolutions de la population et du marché du travail entre 2012 et 2014.
Au 1er janvier 2014, 2,7 millions de personnes vivaient dans le territoire franco-valdo-genevois. La population croît de 1,4% par an en moyenne depuis 2006. La croissance démographique la plus marquée s’observe dans le canton de Vaud (+1,7%) mais les deux départements français, la Haute-Savoie (+1,4%) et l’Ain (+1,3%), affichent des taux de croissance parmi les plus forts de France.
Le dynamisme du marché de l’emploi explique pourquoi la région attire. Genève concentre quasiment un emploi sur deux, puisque 721 000 y sont recensés, contre 130 000 dans le bassin annécien et 101 000 dans le Genevois français. «On compte 12 000 emplois au km2 dans le canton de Genève, contre 3000 à Annemasse qui est en tête des villes de France voisine», indique Nicolas Müller, de l’Ocstat.
Premier moteur de l’emploi à Genève: le secteur tertiaire marchand (finance et commerces, 80 000 emplois), viennent ensuite les administrations publiques (76 000 emplois) et l’horlogerie (9000 emplois). En ce qui concerne le chômage, il reste stable en Suisse et augmente en France. Le taux atteint les 10,6% à l’échelle nationale française. Mais il n’est que de 7,7% pour la Haute-Savoie, en deçà du taux pour la région Rhône-Alpes (9%). Des disparités locales sont observées, avec un taux de 6,3% dans la haute vallée de l’Arve, très touristique, et de 9,4% dans la basse vallée plus industrielle. Note positive: le chômage des jeunes se stabilise, grâce notamment aux aides à la première embauche.
Frontaliers en progression
En Suisse, le taux de chômage s’établit aux alentours de 4% et de 5,6% pour le canton de Genève. De son côté, le nombre de chômeurs transfrontaliers continue sa progression. En 2014, il s’est accru de 10,2% et concerne 8700 transfrontaliers. Fin 2014, les travailleurs transfrontaliers représentaient 7,8% de l’ensemble des chômeurs dans l’Ain et 20,9% en Haute-Savoie. A ce propos, des parlementaires de ces départements viennent de faire part de leurs vives inquiétudes au sujet de deux règlements européens qui pourraient menacer l’emploi des frontaliers. L'europe allemande tue l'emploi..... Il est vrai que la croissance allemande est faite sur l'exploitation à bas pris tandis que la croissance Suisse a toujours été basée sur  des conditions de vie et  non de survie à l'allemande. Survie à l'allemande qui mène régulièrement le Peuple à se battre. A compter du 1er mai 2016, les entreprises suisses qui recrutent des salariés frontaliers à temps partiel et qui par ailleurs ont au moins 25% d’activité salariée en France devront payer les montants des charges sociales françaises. Celles-ci étant beaucoup plus élevées en France, le risque est que ces directives freinent l’embauche. Ce que confirme Enrico Bolzani, attaché aux questions régionales et transfrontalières pour le canton de Genève: «Les entreprises genevoises sont très inquiètes. Elles devraient payer jusqu’à 60% de cotisations sociales, contre 14 jusqu’à présent.»

Souvenez-vous hier :

Romaric Godin dans "La Tribune"  du 4 février 2016 : Allemagne : la forte hausse du salaire réel en 2015 est-elle suffisante ?

" Les salaires réels ont progressé de 2,6 % en 2015, la plus forte hausse depuis 2008. L'introduction du salaire minimum y est pour beaucoup. Malgré sa vigueur, cette hausse est encore insuffisante pour rééquilibrer la zone euro.
Jamais depuis 2008 le salaire réel allemand n'avait autant progressé. Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI hormis que l'allemagne a "tuer" volontoirement  et à son seul profit l'europe en mettant en place une politique de bas salaires tuant les exportations des autres pays européens. Cela dit ces pays ont collaboré.  Ce jeudi 4 février, le Bureau fédéral des Statistiques, Destatis, a annoncé une progression de 2,8 % en 2015 de la rémunération des salariés allemands. Compte tenu de l'inflation faible enregistrée (+0,3 %), le salaire réel a donc progressé de 2,5 % l'an passé. En 2014, ce salaire réel avait progressé de 1,7 %, tandis qu'il avait reculé de 0,1 % en 2013.
Bonne nouvelle...
Cette statistique est une bonne nouvelle pour la zone euro. Un des principaux problèmes de l'union monétaire est en effet depuis le début des années 2000 la modération salariale allemande, laquelle a exercé une pression constante sur ses partenaires de la zone euro qui ont vu leur compétitivité (qui - on l'oublie souvent en France - est une valeur avant tout relative) se dégrader. Cette dégradation est une des causes de la crise de la zone euro des années 2010-2013 où plusieurs pays ont dû pratiquer violemment une « dévaluation interne » dont la région subit encore le contrecoup aujourd'hui.
...insuffisante pour la zone euro
Toute progression du salaire réel allemand est donc un signe de convergence bienvenu. Pour autant, elle ne suffit pas, seule, à rééquilibrer la zone euro. Pour plusieurs raisons. D'abord, cette hausse ne fait que confirmer un rattrapage. La modération salariale allemande a duré plus de dix ans et ses effets négatifs ne sauraient s'effacer par deux années de hausse plus vigoureuse. Ainsi, depuis 2008 (année de début des statistiques relevées par Destatis), les salaires réels allemands ont progressé en moyenne par an de seulement 0,98 %. C'est un rythme encore trop mesuré pour espérer un effet au niveau européen.
Une hausse nominale encore assez modérée...
Le fait le plus inquiétant est que cette hausse du salaire réel repose surtout sur l'inflation faible, donc sur un facteur externe, la baisse des prix des matières premières. La hausse nominale des salaires allemands, 2,8 %, n'a rien d'exceptionnel. Elle est à peine supérieure à celle de 2014 (2,6 %) et est inférieure aux progressions de 2008 et 2011 (3,1 % et 3,3 %). Autrement dit, si l'inflation remonte, le « rattrapage » allemand risque donc d'être plus faible, ce qui n'est pas une bonne nouvelle dans la mesure où la BCE s'échine à trouver le moyen de relancer l'inflation.
... et portée par l'introduction du salaire minimum
Du reste, cette hausse de 2015 ne doit pas être surestimée. L'introduction du salaire minimum le 1er janvier 2015 a sans doute pesé lourd dans cette progression. Destatis affirme ne pas être en mesure d'estimer cet impact, mais on peut remarquer que les salaires les plus faibles ont progressé de 4,7 % en données brutes. Il y a donc un effet de régulation certain qui a sans doute gonflé le chiffre de 2015. A n'en pas douter, cet effet sera inexistant dès 2016. Compte tenu de la situation de plein emploi de l'Allemagne, cette progression des salaires nominaux demeure décidément très modérée.
Hausse du taux d'épargne
Reste un dernier élément : cette hausse a soutenu la consommation des ménages qui a progressé de 1,9 % en données corrigées et qui a apporté - fait unique depuis vingt ans ! - un point de croissance au pays en 2015. Ceci est un fait encore une fois bienvenue pour la zone euro qui devrait profiter de cette demande intérieure renforcée. Mais, là encore, c'est insuffisant : le problème de la zone euro est l'excédent courant de l'Allemagne qui devrait avoir encore augmenté jusqu'à 8 % du PIB en 2015. Cet excédent crée naturellement le déficit des autres et freine la transmission de la croissance allemande au reste de l'union monétaire. Or, une grande partie de cette croissance des salaires se dirige vers l'épargne. Le taux d'épargne brute des ménages est remonté en 2015 à 9,7 %, son plus haut point depuis 2010. Une épargne qui, par ailleurs, ne soutient guère l'investissement outre-Rhin.
La BCE doit poursuivre sa politique

Ce chiffre est donc encourageant pour la zone euro, mais il justifie en réalité plus que jamais la politique de la BCE. Mario Draghi a toutes les raisons de vouloir décourager les ménages allemands à épargner en pratiquant une politique qui pèse sur les taux de rémunération. Il convient qu'une part encore plus importante de la hausse des salaires allemands se dirige maintenant vers l'économie réelle, alors que, précisément, les taux bas ne représentent pas un frein à l'investissement. Qui peut encore dire que l'allemagne n'est pas notre principal problème ? Problème car les politiques allemandes d'accaparement ont été volontairement mises en place pour nous nuire. Qui peut encore en douter aujourd'hui ? 
Encore insuffisant pour soutenir l'inflation
Parallèlement, la BCE doit continuer à espérer que les salaires nominaux allemands continuent de progresser. Un des principaux moteurs de l'inflation est l'écart entre salaires nominaux et productivité. Avec un écart de 1,4 % entre ces deux éléments en 2015, l'Allemagne, première économie de la zone euro qui pèse pour 30 % du PIB européen, ne tire pas encore réellement l'inflation vers l'objectif de 2 % à moyen terme de la BCE. D'autant que, sur cette même période, des politiques clairement déflationnistes ont été imposées à l'ensemble des autres pays de la zone euro. Bref, la zone euro a encore clairement besoin d'une croissance plus soutenue des salaires allemands. Exact, le pouvoir d'achat ayant été centralisé en allemagne sous le silence et/où la collaboration des politicicards européens véreux ou tout simplement incompétents, nous sommes donc dépendant, non de l'Allemagne et des Allemands, mais des boches politiques allemands. Où sont les politicards français et autres qui se vantaient de leur "germanisme" ? Les chiens ne faisant pas des chats, quel passé familial ont ses politicards ?

"SE TAIRE, JUSQU'A OU, JUSQU'A QUAND ?"

Ai-je été fort ?

Dans "BFM" du 3 février 2016 : L'Allemagne veut une limite européenne pour payer en cash Limiter notre cash est limiter notre LIBERTE. A qui devons-nous notre LIBERTE ?

" L'Allemagne déclare la guerre au paiement en cash - Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble va, selon Les Échos, plaider pour qu'un plafond de paiement en espèces soit instauré en Europe via une directive. Ce alors que l'Allemagne réfléchit elle-même à se doter d'un plafond de 5.000 euros.
Pays du paiement en espèces, l'Allemagne va mettre à mal l'une de ses grandes traditions et compte bien convaincre l'Union européenne de faire de même. Outre-Rhin, des débats ont actuellement lieu sur une proposition du SPD (sociaux-démocrates), parti allié de la CDU (conservateurs) d'Angela Merkel.
Le parti propose à la fois d'instaurer un plafond de 5.000 euros pour pouvoir payer en liquide. Le tout dans le but de lutter dans le crime organisé contre le terrorisme. Quoi de plus idiot ? Même cette excuse ne tient pas tellement elle n'a aucune incohérence. Plus c'est gros, plus sa passe. Et Il faut croire que Berlin compte déplacer le débat au niveau européen. Merde à Berlin !
Car le ministre des Finances Wolfgang Schäuble compte en effet convaincre acheter ? l'Europe lors d'un sommet Ecofin (réunion des ministres des Finances de l'Union européenne), selon les Échos. Berlin entend par là inscrire dans une directive européenne une limite européenne au paiement en espèces, chose que Bruxelles n'a jusqu'à présent jamais accepté.
1.000 euros en France
Les Échos expliquent que l'économie allemande est la source de nombreux blanchiments, avec des montants estimés entre 20 et 30 milliards d'euros sur le secteur financier, selon une étude de l'université de Halle-Wittenberg. Chiffre qui passerait à plus de 100 milliards d'euros en incluant la finance, selon le professeur Kai Bussmann, auteur de l'étude et également cité par les Échos. Alors maitrisons l'économie allemande et imposons leur, NOTRE politique. Historiquement, où ont mené les politiques allemandes ?  Suis-je dur ? Souvenez-vous des propos allemands sur la Grèce et son peuple .. Ces propos étaient les mêmes (mots pour mots) tenus par les nazis.
Pour rappel, en France, le plafond des montants payables en espèces est déjà bas, le ministre des Finances Michel Sapin ayant décidé de l'abaisser de 3.000 à 1.000 euros, l'été dernier. Mais de nombreux pays n'ont encore aucune limite, ce qui est le cas notamment de l'Autriche, de la Pologne ou encore du Luxembourg."

Jean-Jacques Mevel dans "Le Figaro" du 2 février 2016 : Brexit : l'Europe fait une exception pour Cameron

" Londres pourra couper les aides sociales aux migrants européens et obtient des garanties pour ne pas pâtir d'un euro fort.
Sous la pression d'un référendum britannique à haut risque, l'Union européenne finit par lâcher du lest:
elle offre désormais à Londres l'option de décréter, seule et sans délai, un moratoire de plusieurs années sur les coûteuses aides sociales dont jouissent les Européens qui travaillent dans le pays. C'est la concession majeure qu'espérait David Cameron pour faire campagne en faveur du «oui». De nouveau la combativité et la résistance anglaise ont payée.
Dans l'esprit sinon à la lettre, le président du Conseil européen Donald Tusk y a finalement consenti après avoir expliqué pendant des mois que le Royaume-Uni ne pourrait bénéficier d'aucun traitement de faveur. Le dispositif soumis mardi à l'approbation des vingt-huit capitales se présente comme une mesure générale, applicable à l'Europe tout entière. Le «mécanisme de sauvegarde» pourra être invoqué, sous contrôle strict de la Commission Juncker, par tout pays de l'UE qui verrait ses services publics ou sa sécurité sociale débordés par un «afflux d'ampleur exceptionnelle de travailleurs venus d'autres États membres», précise le texte.
Mais exception cruciale, Londres n'aura ni à décrocher ce feu vert préalable de Bruxelles, ni même à prouver qu'elle est incapable de faire face à la charge. Le Royaume-Uni «déjà confronté à (cette) situation exceptionnelle (…) serait en droit de déclencher le mécanisme (de sauvegarde), avec toutes les chances qu'il soit finalement approuvé», poursuit le projet de Donald Tusk. C'est du sur-mesure, et presque un tour de passe-passe. Dès hier, David Cameron l'a célébré à sa façon: il annonce que le référendum pourrait avoir lieu «d'ici quelques mois», avec juin comme cible probable.
Aux yeux des Britanniques, «Saint Georges est tout près de terrasser le dragon» bruxellois. Si cela se fait, n'est-ce pas le cas ?
Un responsable politique européen
Le «succès» européen dont le premier ministre a besoin pour convaincre ses électeurs les Britanniques de rester dans l'UE paraît à portée de main. Aux yeux des Britanniques, «Saint Georges est tout près de terrasser le dragon» bruxellois, note un responsable politique européen. Reste maintenant à convaincre vingt-sept partenaires de l'UE réticents, avant un sommet européen décisif convoqué le 19 février. Les ambassadeurs et les «sherpas» vont affiner le texte de Donald Tusk. Nul doute qu'il sera discuté aussi le 12 février, lorsque Angela Merkel recevra son homologue britannique à Hambourg pour un tête-à-tête attendu.
Des salariés européens de seconde classe
C'est d'Europe centrale que devraient venir les plus fortes réticences à la nouvelle «exception» britannique. La Pologne a fourni, bien avant l'Espagne et même la France, le plus gros des contingents de travailleurs migrants «intra-européens» débarqués au Royaume-Uni. Varsovie s'inquiète de voir ses ressortissants transformés en salariés européens de seconde classe, en compagnie de Prague, Budapest et Bratislava.
Le président Tusk a aussi cherché à déminer un possible contentieux avec Paris, et la Banque centrale européenne, sur les relations compliquées qu'entretiennent les dix-neuf pays de l'euro - dont la France - avec les neuf capitales qui n'ont pas souscrit à la monnaie commune - dont le Royaume-Uni. C'est une autre exigence fétiche de David Cameron, à l'approche du référendum: il veut des garanties solides contre toute ambition de l'Eurozone de régenter les intérêts de la City. À l'inverse, les pays de l'euro refusent un droit de regard extérieur (comprendre britannique) sur leurs propres affaires et sur les avancées de l'intégration monétaire.
C'est d'Europe centrale que devraient venir les plus fortes réticences à l' «â€Šexception » britannique
Le document rendu public mardi promet de «respecter les droits et compétences» des pays qui ne sont pas dans l'euro. Il annonce un «mécanisme» qui leur permettrait de se faire entendre par les dix-neuf autres et de recevoir «les assurances nécessaires». Mais cela ne crée «pas un veto et ne pourra en aucun cas retarder des décisions urgentes» en cas de crise financière, assure le président du Conseil européen. L'horlogerie de ce recours au cénacle des États reste à préciser. Tout comme le système de «carton rouge», grâce auquel Cameron voudrait réduire l'inflation de textes législatifs produits à Bruxelles et à Strasbourg. Donald Tusk place la barre assez haut: il faudrait réunir la majorité de plus de la moitié des 28 Parlements nationaux (55%) pour stopper ou amender les lois poussées par la Commission européenne.

Et pendant ce temps là ......

Romaric Godin dans "La Tribune" du 2 février 2016 : Crise des migrants : l'Allemagne pourquoi ce n'est pas l'Europe ? propose un marché à la Grèce

" Selon Kathimerini, Angela Merkel aurait indiqué à Alexis Tsipras qu'une acceptation sur la crise des réfugiés des demandes européennes pourrait faciliter la "compréhension" des créanciers dans l'application du mémorandum. La Grèce serait-elle passée sous pavillon allemand ? A votre avis, chantage or not ?
Jusqu'ici, les dossiers de la gestion des réfugiés et celui du « programme » lié au mémorandum n'étaient officiellement pas liés. La pression qu'exerce depuis quelques semaines l'Union européenne sur Athènes pour qu'elle « maîtrise davantage » ses frontières n'avait rien à voir avec les négociations en cours sur la réforme des retraites grecque et, partant, sur les éventuelles discussions liées à la dette publique hellénique. Mais cette « muraille de Chine » semble n'être qu'illusoire, si on en croit les informations publiées ce matin par le quotidien conservateur hellénique Kathimerini.
Selon ce quotidien, citant des « sources proches d'Alexis Tsipras », Angela Merkel aurait « indiqué au premier ministre grec qu'un succès dans la gestion de la crise migratoire pourrait améliorer nettement les progrès de la revue du programme. » C'est seulement en cas de « succès » de cette revue qu'Athènes peut espérer l'ouverture de discussion sur la restructuration de sa dette publique, un élément clé pour Alexis Tsipras qui en a fait un des principaux objectifs de son mandat. Or, la revue en cours est délicate, car les créanciers se montrent fort peu convaincus par la réforme des retraites proposée par le gouvernement grec qui préserve les pensions existantes et augmente les cotisations payées par les entreprises. Ils l'ont même rejeté officiellement.
Vieille idée
Cette idée d'utiliser l'arme du programme pour obtenir de la Grèce une attitude plus docile sur la question des réfugiés, désormais prioritaire pour le gouvernement allemand tout est dit "prioritaire pour le gouvernement allemand"...n'est pas neuve. Une rumeur avait déjà circulé en novembre dernier. L'hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche avait alors cité des sources gouvernementales qui affirmaient que « le gouvernement allemand n'excluait plus de regarder d'un œil favorable la mise en œuvre du troisième mémorandum si Athènes améliorait son engagement dans la crise des réfugiés. » Finalement, cette « récompense » semble avoir été mise en œuvre.
Berlin semble donc agiter au nez d'Alexis Tsipras la carotte du programme et le bâton de l'exclusion du pays de la zone Schengen. Rebelotte. Après la Grèce qui seront les suivants ? La semaine passée, la Commission européenne, sous la pression de l'Allemagne et de l'Autriche, notamment, a commencé à étudier la possibilité de « suspendre » la Grèce de l'espace de libre-circulation. Tout ceci traduit le fait que les priorités, depuis l'automne dernier ont changé en Allemagne : le respect du mémorandum n'intéresse plus guère l'opinion allemande, désormais focalisée sur la question des réfugiés.
Angela Merkel prise dans un étau politique
De son côté, Angela Merkel est prise dans un étau politique. Elle doit certes assumer son choix d'ouvrir les frontières pris en septembre dernier - et donc refuser les exigences de la CSU bavaroise d'une « limite haute » à l'accueil des réfugiés comme l'a fait l'Autriche - mais elle doit également stopper le flux des arrivées qui lui coûte politiquement très cher. Une partie de l'opinion n'accepte pas, en effet, ces arrivées et, souvent, il s'agit d'électeurs conservateurs. Selon les sondages de l'institut allemand Insa, entre le 3 août 2015 et le 1er février 2016, la CDU/CSU de la chancelière est passé de 43 % à 33 % des intentions de vote, tandis que le parti anti-immigration AfD est passé de 3 % à 13 %, menaçant de devenir la troisième force politique du pays. A cela s'ajoute les tensions dans la société, incarnées par les événements de Cologne au nouvel An et la poursuite des attaques contre les réfugiés. Au cours du seul mois de janvier, on a dénombré 16 agressions de ce type, faisant suite aux 887 recensées en 2015. Bref, la situation menace d'échapper à Angela Merkel.
Le double échec du plan Merkel
Or, le plan initial de la chancelière, qui consistait à répartir les réfugiés entre les pays de l'UE a échoué. Angela Merkel l'a, du reste, reconnu devant Alexis Tsipras, selon Kathimerini. Les attaques contre Paris le 13 novembre et les événements de Cologne ont été utilisés par plusieurs pays comme des justifications pour refuser cette répartition, notamment en Europe centrale. La menace, un temps proférée par Berlin, n'y a rien fait. L'Allemagne n'a pas été capable de convaincre la Pologne, la Slovaquie ou la République tchèque de remplir leurs obligations. D'autres Etats, comme le Danemark, la Suède ou l'Autriche, ferment leurs frontières ou établissent des quotas.
Quant à l'autre versant de la politique allemande, tarir le flux depuis la Turquie en offrant à Ankara des fonds (3 milliards d'euros ont été promis) et la reprise des négociations d'adhésion, il n'a pas été davantage couronné de succès. Il est vrai que la Turquie - à qui des actes concrets n'ont pas été demandés - a plutôt intérêt à maintenir la pression sur l'UE pour obtenir des conditions qui lui conviennent. Turquie a ainsi évoqué un besoin non plus de 3, mais de 5 milliards d'euros...
Focalisation sur la Grèce
Ce double échec a donc amené Berlin à faire porter la pression sur la Grèce, à la fois porte d'entrée de la zone Schengen et point de passage vers l'Autriche et l'Allemagne via la frontière avec l'Ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM). Nous retrouvons la géographie historique .... Depuis quelques semaines, le gouvernement a donc oublié l'idée d'une répartition des arrivées pour centrer ses critiques sur l'absence de contrôle des frontières grecques et de « centre de tri » des réfugiés (les fameux « hotspots ») en Grèce. Un mouvement qui a été suivie par Bruxelles. Stratégiquement, Angela Merkel avait tout à gagner à focaliser l'attention sur la Grèce. D'abord, elle pouvait faire oublier à son opinion publique ses échecs en utilisant le commode bouc émissaire grec, déjà fort utilisé pendant la crise de la dette. Ensuite, elle disposait, contre la Grèce, de moyens de pression dont elle manquait à vrai dire contre la Pologne ou la Turquie : l'exclusion de Schengen et le mémorandum.
Une bonne affaire pour la Grèce ?
Pour la Grèce, cette « proposition » allemande pourrait ressembler à un piège. Certes, une moindre pression financière sur le pays et une restructuration de la dette seront bienvenus. Mais il convient de ne pas oublier que l'on parle non pas du mémorandum en lui-même, mais de l'exécution de ce mémorandum. Or, la Grèce a déjà beaucoup accepté, adoptant depuis juillet dernier, plus d'une centaine de mesures. La réforme des retraites présentée par le gouvernement préserve l'existant, mais demeure une potion amère pour les futurs retraités, les entreprises et les salariés. En fait, la paupérisation allemande a touché volontairement et en toute déshumanité un des moteurs économiques de la Grèce. Pouquoi ? Le fonds de privatisation ne pourra pas être remis en cause. Enfin, concernant la dette, l'Allemagne ne semble pas devoir accepter de coupes dans la valeur nominale de cette dernière. Ce sera donc des concessions a minima.
En revanche, la Grèce risque de devenir un immense camp de réfugiés si elle se soumet aux pressions européennes. La frontière maritime avec la Turquie est impossible à fermer. Une fois les réfugiés sur les flots, quels que soient les forces de protection de la frontière, il faudra les accueillir. Et comme l'UE ne peut maîtriser les flux en Turquie, les arrivées risquent de se poursuivre. En revanche, la frontière avec l'ARYM est plus facilement contrôlable et c'est, du reste, la seule qui intéresse l'Allemagne, car il faut empêcher les réfugiés de prendre le chemin de Vienne et Munich. Autrement dit, en confiant ses frontières à l'UE, la Grèce risque de voir les réfugiés pouvoir entrer, mais non sortir. Le tout avec des réfugiés ne voulant pas demeurer dans un pays qui n'est pas leur destination. A cela s'ajoute les difficultés financières pour un pays qui reste sous pression liée à la gestion de l'accueil de réfugiés.
Circonscrire le problème à la Grèce
Bref, tout se passe comme si cette bienveillance allemande sur le programme vise uniquement à transférer le problème des réfugiés de l'Allemagne à la Grèce, sans vraiment chercher une solution pérenne. Le seul but visé est de stopper les arrivées de réfugiés à la frontière allemande. Elle traduit incontestablement une forme de panique d'Angela Merkel, mais aussi un fait inquiétant : les priorités de politique intérieure allemande semblent désormais déterminer les priorités de l'Union européenne.
Alexis Tsipras n'a pas vraiment le choix
Pour autant, Alexis Tsipras a-t-il les moyens de ne pas accepter l'offre de Berlin compte tenu de la situation de l'économie hellénique. Il ne peut guère se permettre de refuser un allègement d'un programme qui commence également à lui coûter cher politiquement. Depuis début janvier, Syriza est devancée dans certains sondages par Nouvelle Démocratie et une réforme des retraites durcie aurait du mal à passer au sein du groupe parlementaire. Le premier ministre a besoin politiquement d'une restructuration de la dette. Il peut espérer une certaine solidarité européenne pour la gestion des réfugiés, dans la mesure où Angela Merkel fera tout pour empêcher les réfugiés de reprendre leur route vers l'Allemagne. C'est un pari risqué compte tenu de la gestion désastreuse par les Européens de cette crise migratoire, mais Alexis Tsipras ne peut prendre le risque de voir la Grèce soumise à la pression de ses créanciers et jetée hors de la zone Schengen.

Dans "Libération" du 19 janvier 2016 : George Soros : «C’est rien moins que la survie de l’Europe qui est en jeu»

" L’entretien qui suit entre George Soros, philanthrope, MDR et Gregor Peter Schmitz, journaliste allemand et unique interlocuteur de l’ex-financier, est paru initialement dans la New York Review of Books.
Time a légendé sa couverture présentant un portrait d’Angela Merkel «chancelière du monde libre». Cela vous semble-t-il justifié ?
Oui. Comme vous le savez, je me suis montré critique envers la chancelière par le passé et je reste très réservé à l’égard de sa politique d’austérité. Cependant, suite à l’attaque de l’Ukraine par le président russe, Vladimir Poutine, elle est devenue le chef de l’Union européenne et, à ce titre, indirectement, du «monde libre». Jusque-là, il s’agissait d’une femme politique douée, qui savait décrypter l’opinion publique et répondre à ses besoins. Mais, en résistant à l’agression russe, elle a acquis une stature de meneur qui a su prendre des risques en s’opposant à l’opinion dominante.
Elle était peut-être encore plus clairvoyante en admettant que la crise des migrants pouvait détruire l’Union européenne, premièrement, en faisant exploser le système Schengen d’ouverture des frontières et, deuxièmement, en sapant le marché commun. Exact, cela devient le marché allemand selon le principe TPMG (Tout Pour Ma Gueulle).Elle a pris une initiative courageuse pour changer l’attitude des populations. Malheureusement, son plan n’était pas assez bien préparé. La crise est loin d’être résolue et son rôle dominant (non seulement en Europe, mais même en Allemagne et au sein de son propre parti) est actuellement remis en question.
Merkel s’était montrée jusque-là extrêmement prudente et mesurée. Les gens pouvaient lui faire confiance. Mais, avec la crise des migrants, elle a agi de manière impulsive et a pris un gros risque. Son style de commandement a changé, ce qui met la population mal à l’aise.
C’est vrai, mais je me réjouis de ce changement. Les raisons d’être mal à l’aise ne manquent pas. Comme elle l’avait bien prévu exact puisqu'elle l'a créé, l’Union européenne est au bord du gouffre. La crise grecque a enseigné aux instances européennes l’art de se sortir vaille que vaille d’une crise à l’autre. C’est ce que l’on appelle repousser sans cesse le problème à demain, en espérant qu’il va se résoudre tout seul, mais il serait plus approprié ici d’utiliser l’image du rocher sans cesse repoussé vers le haut de la montagne et qui ne cesse de retomber. Aujourd’hui, l’UE doit faire face non seulement à une, mais à cinq ou six crises en même temps.
Plus précisément, faites-vous référence à la Grèce, à la Russie, à l’Ukraine, au prochain référendum britannique et à la crise des migrants ?
Oui. Et encore, vous n’avez même pas mentionné la cause profonde de la crise des migrants, à savoir le conflit syrien, ni l’effet déplorable sur l’opinion publique européenne des attentats terroristes à Paris et ailleurs. Angela Merkel avait bien prévu que la crise des migrants risquait de désintégrer l’Union européenne. Ce qui était une prédiction est devenu une réalité. L’Union européenne a un besoin criant de réparer ses dysfonctionnements.
C’est un fait, mais il n’est pas inéluctable. Et il s’avère que ceux qui peuvent empêcher ce triste présage de se réaliser sont précisément les Allemands. Je pense que, sous le gouvernement de Merkel, les Allemands ont acquis une certaine hégémonie, mais sans avoir à fournir beaucoup d’efforts. D’ordinaire, ceux qui parviennent à une telle position y arrivent certes en se préoccupant de leurs propres intérêts, mais également de ceux qu’ils ont sous leur protection. Tout est dit, l'allemagne a joué TPMG, à sa décharche elle n'avait que des guignols politicards en face d'elle. Aujourd’hui, les Allemands doivent se décider : veulent-ils faire face aux responsabilités qui leur incombent en tant que puissance dominante d’Europe ? Qui niera que l'Europe est devenue l'europe allemande ?
Diriez-vous que la prise en main des opérations par Angela Merkel dans la crise des réfugiés est différente de son autorité dans la crise de l’euro ? Pensez-vous qu’elle désirerait davantage devenir une sorte de «dominateur de bonne volonté» ?
Ce serait trop lui demander. Je n’ai aucune raison d’abandonner ma vision critique de sa conduite de la crise de l’euro. L’Europe aurait pu faire usage bien plus tôt du type de prééminence que la chancelière affiche aujourd’hui. On peut regretter que, au moment de la faillite de Lehman Brothers en 2008, elle n’ait pas souhaité garantir le sauvetage du système bancaire européen à l’échelle de tout le continent, parce qu’elle estimait que l’opinion publique allemande majoritaire de l’époque ne serait pas d’accord. Si elle avait essayé de changer l’opinion publique au lieu de la suivre, la tragédie de l’Union européenne aurait pu être évitée.
Mais elle ne serait pas restée chancelière pendant dix ans…
Vous avez raison. Elle savait très bien comment répondre aux besoins et aux aspirations d’une large frange de la population allemande. Elle avait le soutien à la fois de ceux qui aspiraient à devenir de bons Européens et de ceux les politicards nationaux qui ont planté leurs Peuples  qui attendaient d’elle qu’elle protège les intérêts nationaux de l’Allemagne. Ce n’était pas une mince affaire, et elle a été réélue avec une majorité encore plus forte. Toutefois, dans le cas des migrants, elle a agi selon des principes et s’est montrée prête à risquer sa suprématie. Elle mérite le soutien de ceux qui partagent ses principes.
Je parle ici pour moi : je suis très attaché aux valeurs et aux principes d’une société ouverte du fait de ma propre histoire de survivant de l’holocauste en tant que Juif sous l’occupation nazie de la Hongrie. Et je crois que Merkel partage ces valeurs à cause de son histoire personnelle : elle a grandi sous le joug communiste en Allemagne de l’Est, sous l’influence d’un père pasteur. C’est pourquoi je suis de son côté, même si nous en sommes en désaccord sur un certain nombre de points importants.
Vous qui vous êtes tellement impliqué en faveur des principes d’une société ouverte et du changement démocratique en Europe, pourquoi pensez-vous que les réfugiés y fassent l’objet d’un tel rejet et d’une telle animosité ?
Parce que les principes d’une société ouverte ne sont pas solidement ancrés dans cette partie du monde. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, se fait le chantre des principes de l’identité hongroise et chrétienne. Associer identité nationale et religion donne un mélange puissant. Et Orbán n’est pas le seul. Le chef du parti [les conservateurs souverainistes du PiS, ndlr] qui a récemment remporté les élections en Pologne, JarosÅ‚aw Kaczynski, suit une approche similaire. Il n’est pas aussi intelligent qu’Orbán, mais c’est un homme politique rusé et il a fait de l’immigration le thème central de sa campagne. La Pologne fait partie des pays les plus homogènes d’Europe sur les plans ethnique et religieux. Un immigrant musulman en Pologne représente l’«autre» personnifié. Et Kaczynski a réussi à lui donner les traits du diable.
Plus généralement, comment voyez-vous la situation politique en Pologne et en Hongrie ?
Bien que Kaczynski et Orbán soient deux hommes très différents, les régimes qu’ils souhaitent mettre en place sont très proches. Comme je l’ai laissé entendre, ils cherchent à mettre à profit un mélange de nationalisme ethnique et religieux afin de se maintenir au pouvoir. Dans un sens, ils essaient de restaurer le genre de simulacre de démocratie qui existait entre les deux guerres mondiales dans la Hongrie de l’amiral Horthy et dans la Pologne du maréchal Pilsudski. Une fois au pouvoir, ils tendent à s’emparer de certaines institutions démocratiques qui sont et devraient être autonomes, qu’il s’agisse de la banque centrale ou de la Cour constitutionnelle. Orbán l’a déjà fait ; Kaczynski commence seulement maintenant. Ils seront difficiles à déloger.
En plus de tous ses autres ennuis, l’Allemagne va avoir un problème polonais. Contrairement à la Hongrie, la Pologne s’est révélée l’un des pays les plus florissants d’Europe, tant économiquement que politiquement. L’Allemagne a besoin d’elle pour se protéger contre la Russie. La Russie de Poutine et la Pologne de Kaczynski se regardent en chiens de faïence, mais elles sont encore plus hostiles aux principes fondateurs de l’Union européenne.
Quels sont ces principes ?
J’ai toujours considéré l’UE comme l’incarnation des principes d’une société ouverte. Il y a un quart de siècle, quand j’ai commencé à m’intéresser activement à cette région du monde, vous aviez une Union soviétique moribonde et une Union européenne émergente. Et, notons-le, toutes deux représentaient de vraies aventures d’administration internationale : la première tentait d’unir les prolétaires de tous les pays et l’UE cherchait à mettre en place un modèle d’intégration régionale fondée sur les principes d’une société ouverte.
En quoi la situation est-elle différente aujourd’hui ?
L’Union soviétique a été remplacée par une Russie renaissante et l’Union européenne a finalement cédé à la domination des forces nationalistes. La société ouverte dans laquelle nous croyons, Angela Merkel et moi-même, du fait de notre histoire personnelle, et que les réformateurs de la Nouvelle Ukraine veulent rejoindre du fait de leur histoire à eux, n’existe pas vraiment. L’Union européenne avait été conçue comme une association volontaire d’égaux, mais la crise de l’euro l’a transformée en une relation entre débiteurs et créanciers, dans laquelle les premiers ont du mal à honorer leurs engagements et subissent les règles du jeu fixées par les seconds. Cette relation n’est ni volontaire ni équitable. La crise des migrants a créé d’autres fêlures. De ce fait, c’est rien moins que la survie de l’Europe qui est en jeu.
Vous soulevez un point intéressant, parce que je me rappelle que vous vous êtes montré très critique envers Angela Merkel il y a deux ans, lui reprochant d’être trop préoccupée des intérêts de ses électeurs et de mettre en place une hégémonie allemande à moindres frais. Aujourd’hui, elle a vraiment changé d’orientation sur la question de l’immigration et ouvert tout grand sa porte aux réfugiés syriens. Suivant ce modèle, les autorités européennes ont mis sur pied une politique d’asile aux ambitions généreuses, visant à accueillir jusqu’à un million de personnes par an pendant plusieurs années, sans préciser combien. On pourrait s’attendre à ce que les réfugiés répondant aux critères d’admission restent où ils sont jusqu’à ce que leur tour arrive…
Mais, en Europe, nous n’avons pas de politique de l’asile. Les autorités européennes doivent en assumer la responsabilité. L’afflux croissant de réfugiés est passé d’un problème tout à fait gérable à une crise politique aiguë. Chaque Etat membre s’est égoïstement centré sur ses propres intérêts, agissant souvent à l’encontre des autres. Cette attitude a semé la panique parmi les demandeurs d’asile, mais aussi dans la population en général et chez les instances responsables du maintien de l’ordre. Les demandeurs d’asile en sont à ce jour les principales victimes. Mais vous avez raison. On doit reconnaître à Angela Merkel le mérite d’avoir rendu possible une politique européenne d’accueil des réfugiés.
L’UE a besoin d’un plan complet de réaction à la crise, un plan qui réaffirmerait un gouvernement actif face aux flux de demandeurs d’asile, de manière à ce qu’ils arrivent en bon ordre et en toute sécurité, à un rythme qui corresponde aux capacités d’absorption de l’Europe. Pour être complet, ce plan doit s’étendre au-delà des frontières européennes. En effet, il est moins perturbant, et beaucoup moins cher, pour les demandeurs d’asile potentiels de rester dans leur région d’origine ou du moins de ne pas trop s’en éloigner.
Ma fondation a élaboré un plan en six points sur cette base, qu’elle a annoncé au moment même où Orbán présentait le sien. Cependant, ces deux plans en six points sont diamétralement opposés. Celui d’Orbán a été conçu pour protéger les frontières nationales contre les demandeurs d’asile. Nous n’avons cessé de nous opposer depuis, Orbán m’accusant de détruire la culture nationale hongroise en inondant le pays de réfugiés musulmans. Paradoxalement, notre plan laisserait les demandeurs d’asile qualifiés là où ils se trouvent en ce moment et prévoirait d’y installer des équipements. Ce sont des politiques comme celle d’Orbán qui incitent les réfugiés à se précipiter en Europe tant que les portes y sont encore ouvertes.
Pourriez-vous clarifier ce paradoxe ? En quoi votre plan empêcherait-il les réfugiés de déferler sur l’Europe ?
Nous préconisons la mise en place d’une politique européenne commune du droit d’asile, qui imposerait un contrôle aux frontières de l’Union plutôt qu’aux frontières nationales, et qui permettrait aux demandeurs d’asile d’atteindre l’Europe dans l’ordre et en toute sécurité, à un rythme conforme aux capacités d’absorption de ces populations par l’UE. A l’inverse, Orbán veut refouler les migrants aux frontières nationales.
Et qui sort gagnant de cette opposition ?
En Hongrie, il a gagné haut la main. Il est plus perturbant de constater qu’il est également en train de gagner en Europe. Il remet en cause Angela Merkel en tant que chef de l’Union. En septembre, il a lancé sa campagne lors de la conférence de l’Union sociale-chrétienne, la CSU bavaroise [parti allié à l’Union démocrate-chrétienne, la CDU de Merkel, ndlr], de mèche avec Horst Seehofer, le président de la CSU, et il représente un vrai défi, en attaquant les valeurs et les principes sur lesquels l’Union européenne a été fondée. Orbán les assaille de l’intérieur, Poutine, de l’extérieur. Tous deux essaient de renverser la situation de subordination de la souveraineté nationale à un ordre européen supranational.
Poutine va encore plus loin : il veut remplacer l’Etat de droit par la force et, ce faisant, rappelle une époque révolue. Heureusement, Angela Merkel a pris la menace au sérieux. Elle riposte, et je suis de son côté, non seulement par les mots, mais aussi par les actes. Mes fondations ne se contentent pas d’émettre des recommandations, elles cherchent à apporter une contribution positive sur le terrain. Nous avons créé une fondation en Grèce, Solidarity Now, en 2013. Il ne faisait pas de doute pour nous que la Grèce, dans l’état d’appauvrissement qui était le sien, aurait du mal à faire face au grand nombre de réfugiés bloqués sur son territoire.
Où allez-vous trouver l’argent pour financer votre plan ?
L’UE ne peut pas financer de telles dépenses sur son budget courant. En revanche, elle pourrait lever les fonds nécessaires en émettant des obligations à long terme en puisant dans sa capacité d’emprunt AAA, qui reste largement disponible. La charge de l’intérêt des obligations pourrait être équitablement distribuée entre les Etats membres qui acceptent des réfugiés et ceux qui les refusent ou qui imposent des restrictions spéciales. Comme vous vous en doutez, c’est là que mon opinion diffère encore de celle de la chancelière Merkel.
Vous avez abandonné la gestion de votre fonds spéculatif et consacrez à présent toute votre énergie à votre fondation. Quels sont vos principaux projets ?
Ils sont trop nombreux pour les citer tous. En effet, nous sommes impliqués dans la plupart des sujets d’actualité politiques et sociaux du monde. Je mettrais toutefois en avant l’Inet (Institut de la nouvelle pensée économique) et la CEU (Université d’Europe centrale) à cause de la révolution à l’œuvre en ce moment dans les sciences sociales et parce que je suis profondément engagé dans ces deux projets, aussi bien personnellement qu’à travers ma fondation. Grâce aux sciences naturelles, l’humanité a réussi à maîtriser les forces de la nature, mais notre capacité à nous maîtriser nous-mêmes n’a pas progressé aussi vite que la biologie. Nous avons les moyens de détruire notre civilisation, et nous sommes bien partis pour y arriver.
Vous ne donnez pas là une vision optimiste de l’avenir…
Elle est biaisée et ce, volontairement. Admettre l’existence d’un problème est une invitation à essayer de le résoudre. Voilà la première leçon que j’ai tirée de mon expérience de la vie, en 1944, lorsque les nazis occupaient la Hongrie. Je n’aurais peut-être pas survécu si mon père n’avait pas réussi à se procurer de faux papiers d’identité pour sa famille (et pour beaucoup d’autres personnes). Il m’a appris qu’il valait mille fois mieux faire face à la dure réalité que fermer les yeux pour ne pas la voir. Une fois que vous êtes conscient du danger, vos chances de survie sont bien supérieures si vous prenez des risques au lieu de suivre docilement le mouvement. C’est pourquoi je me suis entraîné à examiner le côté sombre des choses. Cela m’a bien servi sur les marchés financiers et, aujourd’hui, je m’en sers dans mon activité de philanthropie politique. Tant que je peux trouver une stratégie gagnante, même si ses chances sont minces, je n’abandonne pas. Il fait toujours plus noir avant l’aurore.
Quelle est votre stratégie gagnante pour la Grèce ?
A vrai dire, je n’en ai pas. La question grecque a été mal traitée depuis le début. Lorsque la crise grecque a émergé vers fin 2009, l’UE, l’Allemagne en tête, est venue à son secours, mais elle a imposé des taux d’intérêt punitifs pour le prêt qu’elle offrait. C’est pourquoi la dette nationale grecque est devenue insoutenable. Et la même erreur s’est répétée lors des dernières négociations. L’Union voulait punir le Premier ministre, Aléxis Tsípras, et surtout son ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis tout en n’ayant pas d’autre choix que d’éviter tout défaut de paiement de la Grèce. De ce fait, l’UE non Merkel, il n'y a pas d'UE sauf sur papier a imposé des conditions qui plongeront encore plus profondément la Grèce dans la récession.
La Grèce est-elle un pays intéressant pour les investisseurs privés ?
Pas tant qu’elle restera dans la zone euro. Avec la monnaie unique, le pays n’a aucune chance de prospérer, à cause d’un taux de change trop élevé pour être compétitif.
Etes-vous préoccupé par le fait qu’au milieu de toutes ces crises, un important Etat membre tel que le Royaume-Uni envisage de quitter l’Union européenne ?
Je suis très préoccupé. Je suis convaincu que le Royaume-Uni devrait rester dans l’Europe, non seulement pour des raisons économiques mais, plus encore, politiques. Une Union européenne sans l’Angleterre serait considérablement affaiblie. Si les Français et les autres avaient suivi ceux à qui ils doivent leur Liberté au iieu de suivre ceux qui ont mis à mal l'europe par deux fois.. Il est temps de mettre fin au mythe de la France et des autres pays résitants (hormis certains pays du nord), c'est une poignée de Français et autres qui ont été des résistants. Sur ce sujet, relisez les livres de l'Abbé Pierre qui a été un grand résistant pendant et non après la guerre.
Pourtant, les sondages montrent que les Britanniques sont favorables à un Brexit, la sortie de leur pays de l’UE…
La campagne en faveur du Brexit a délibérément induit la population en erreur. Aujourd’hui, le Royaume-Uni jouit de la meilleure situation possible au sein de l’Europe : il peut accéder au marché commun, où vont près de la moitié de ses exportations, sans le fardeau que suppose l’appartenance à la zone euro.
Pourquoi le milieu britannique des affaires n’est-il plus unanime à propos des inconvénients d’un Brexit ?
Les dirigeants des multinationales qui ont installé leurs capacités de production au Royaume-Uni comme une porte d’entrée dans le marché commun sont réticents à admettre publiquement leur opposition au Brexit parce qu’ils ne veulent pas s’empêtrer dans un débat politique, sachant que leurs clients pourraient avoir une opinion différente. Mais si vous leur demandez en privé, comme je l’ai fait, ils vous le confirmeront sans hésiter.
La campagne pour le Brexit a tenté de convaincre l’opinion publique britannique qu’il était plus sûr de rester en dehors du marché commun qu’à l’intérieur. Ses organisateurs ont le champ libre, le gouvernement préférant donner l’impression qu’il continue de batailler pour obtenir les meilleures conditions.
Pendant longtemps, l’Europe et le monde pouvaient compter sur la Chine comme moteur de croissance et de crédit.
La Chine reste le pays historiquement le plus important. Elle détient toujours de très vastes réserves de change.
Qui la protégeront ?

La Chine est en train d’épuiser ses réserves à un rythme très soutenu. Elle dispose également d’un réservoir de confiance incroyablement important auprès de sa population : beaucoup de Chinois ne comprennent pas comment leur régime fonctionne, mais ils estiment qu’un régime qui a réussi à surmonter autant de difficultés sait ce qu’il fait. Cependant, ce réservoir de confiance s’épuise, lui aussi, à un rythme très rapide, à cause des nombreuses erreurs commises par les dirigeants chinois. Le président, Xi Jinping, pourra poursuivre sa politique actuelle pendant encore trois ans mais, dans l’intervalle, la Chine exercera une influence négative sur le reste du monde en renforçant les tendances déflationnistes déjà à l’œuvre. La Chine n’a jamais représenté une si large part de l’économie mondiale et les problèmes qu’elle doit affronter n’ont jamais été aussi inextricables.
Le président chinois pourra-t-il se montrer à la hauteur du défi ?
L’approche de Xi Jinping souffre d’une faille fondamentale. Il a pris le contrôle direct de l’économie et de la sécurité du pays. La Chine et le reste du monde auraient tout intérêt à ce qu’il réussisse avec une solution axée sur le marché. Or, cela n’est pas possible sans changements politiques. Vous ne pouvez pas lutter contre la corruption si les médias ne sont pas indépendants. Et ça, Xi n’en veut pas. Sur ce point, il est plus proche de la Russie de Poutine que de notre idéal de société ouverte.
Quelle est votre opinion sur la situation en Ukraine ?
L’Ukraine a réussi l’exploit quasiment impossible de survivre pendant deux ans face à autant d’ennemis. Mais elle est épuisée et a besoin de beaucoup plus d’aide extérieure. En imposant à l’Ukraine de très dures contraintes financières, l’Europe répète l’erreur déjà commise avec la Grèce. Si la vieille Ukraine avait beaucoup de points communs avec l’ancienne Grèce (domination des oligarques et utilisation du service public par des gens qui tiraient parti de leur statut au lieu de servir le peuple), la nouvelle Ukraine veut se positionner précisément à l’opposé. Le Conseil suprême ukrainien, la Rada, a récemment voté pour 2016 un budget conforme aux conditions imposées par le FMI. Le moment est venu aujourd’hui de laisser entrevoir la perspective d’une aide financière, dont la nouvelle Ukraine a besoin pour des réformes radicales. Cela permettrait non seulement au pays de survivre, mais également de prospérer et d’attirer les investissements. Refaire de la nouvelle Ukraine ce qu’elle était avant serait une erreur fatale, parce que cette nouvelle Ukraine est l’un des actifs les plus précieux de l’Europe, à la fois pour résister à l’agression russe et pour retrouver l’esprit de solidarité qui caractérisait l’Union européenne des premiers temps.
Beaucoup d’observateurs accusent le président américain, Barack Obama, d’être trop faible face à la Russie…

Ils ont raison. Poutine est un tacticien de très haute volée qui est entré dans le conflit syrien parce qu’il y voyait une occasion pour la Russie d’améliorer son statut international. Il était prêt à continuer d’avancer jusqu’à ce qu’il rencontre une résistance sérieuse. Le président Obama aurait dû lui tenir tête plus tôt. S’il avait déclaré l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie lorsque la Russie avait commencé à livrer du matériel militaire à grande échelle, celle-ci aurait été obligée de respecter l’interdiction. Mais Obama cherchait éviter à tout prix toute occasion de confrontation militaire directe avec la Russie. C’est ainsi que celle-ci a installé ses missiles antiaériens et que les États-Unis ont dû partager avec elle le contrôle du ciel syrien. On pourrait presque dire qu’en tirant sur un avion militaire russe, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a rendu service à Obama. Poutine a dû reconnaître que son aventure militaire suscitait une sérieuse opposition et il semble prêt aujourd’hui à envisager une solution politique. C’est prometteur.
Il y a encore l’Etat islamique et les attentats terroristes, qui menacent de saper les valeurs et les principes de notre civilisation. Les terroristes veulent convaincre la jeunesse musulmane qu’elle n’a pas d’autre choix que le djihad et, si nous écoutons des gens comme Donald Trump, ils réussiront.
Je ne peux m’empêcher de vous poser la question : connaissez-vous Donald Trump ?
Il y a de longues années de cela, Donald Trump voulait que je sois le locataire principal d’un de ses premiers immeubles. Il m’avait dit : «Je veux que vous veniez voir l’immeuble. Votre prix sera le mien.» Je lui ai répondu : «Je crains de ne pas pouvoir me le permettre», et j’ai décliné son offre

Romaric Godin dans "La Tribune" du 15 janvier 2016 : Pourquoi Mario Draghi doit ignorer les critiques allemandes

" Des politiciens allemands  demandent à Mario Draghi, qui rencontre ce vendredi Angela Merkel, d'en finir avec sa politique d'assouplissement quantitatif. MDR ce sont eux qui ont mis à mal la création de l'Europe de la Paix  et maintenant qu'ils ont bien profité de leur trahison, parfois à relents nazis*, ils se permettent de "demander". Imaginez ce qui pourrait arriver en pleine paupérisation européenne allemande (paupérisation qui a fait la richesse de l'allemagne), avec les vagues de licenciements dont on parle actuellement, des biens immobiliers achetés à crédit à des prix délirants (défiscalisation etc..) mis en vente à la casse, la peur des effets des nouvelles technologies sur l'emploi (évolution des effet que nous connaissions et pouvions suivre depuis 1983..)  etc.. et le tout au même moment ? Sans une relance boursière orchestrée VOLONTAIREMENT, les ingrédients actuels sont en analyse militaire les prémices d'une situation de pré-conflit. Situation qui n'a JAMAIS su être gérée par le passé. Voilà pourquoi mes mots sont aussi durs et impitoyables envers l'allemagne et les pays collaborateurs qui reproduisent les bases des errements passés tant dans les actes, que dans les mots et volonté de domination.

La seule porte de sortie financière à cette situation est l'utilisation des possibilités offertes par les dérives financières actuelles du marché boursier (soigner le mal par le mal) via la mise en place de Fonds de Stabilisation Boursier. S'il en existe d'autres solutions merci de me les indiquer pour que j'en parle.

Une leçon bien mal venue. Soudain, voici que la droite allemande oublie un de ses fondements idéologiques, l'indépendance de la banque centrale. On se souvient que lorsque, dans les années 2000, Français ou Italiens osaient critiquer ouvertement la politique de la BCE, la presse conservatrice allemande n'avait pas de mots assez durs pour fustiger l'absence de « culture de la stabilité » des partenaires européens de l'Allemagne. Le 6 juillet 2004, la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) déplorait ainsi que l'idée d'une « banque centrale indépendante agissant seulement dans l'objectif de la stabilité des prix » ne faisait pas partie « de la tradition intellectuelle de nombreux partenaires » des allemands qui parlent de tradition... de quelle tradition parlent-ils ?
L'Allemagne oublie les leçons qu'elle donnait aux autres jadis
Faudra-t-il alors bientôt ajouter l'Allemagne à cette liste de pays rétifs à la « culture de la stabilité ? » Car politiciens et économistes allemands réclament désormais à corps et à cris un changement de politique monétaire à la BCE. Maintenant qu'ils ont bien "pompé" l'Europe.....Ce vendredi 15 janvier, l'agence Bloomberg soulignait combien les élus de la CDU et de la CSU attendaient d'Angela Merkel qu'elle réclame de Mario Draghi, lors de sa rencontre avec lui ce même jour, un abandon de son assouplissement quantitatif. Comment rester calme en lisant cela ? Et tous les politicards français, belges entre-autre qui faisaient l'apologie de l'allemagne en vantant leur "germanisme" où sont-ils aujourd'hui ? Pourquoi se taisent-ils ? Et les journalistes...MDR. Seul Monsieur Godin a élevé le niveau. En fait, c'est la France qui devrait être à la tête de l'Europe car, elle seule "sait" parler au nord et sud. Manque de bol, pour l'instant les politiques français ne sont que des tocards collabos. Ce n'est pas une critique puisque l'histoire se répète. De cela, ils ne sont absolument pas responsables, ils ne sont que des descendants.
Evidemment, une telle demande politique à une banque centrale indépendante ne saurait être acceptable dans le cadre d'une «culture de stabilité » dont les politiciens allemands ne cessent de marteler qu'elle est nécessaire à la survie de la zone euro. La BCE ne parvient actuellement pas à remplir son mandat en fait, elle n'a jamais su et n'a jamais voulu (corruption peut-être ?) - son seul mandat - celui de la stabilité monétaire. En 2015, la hausse des prix dans la zone euro a été de 0,2 % et les anticipations d'inflation sur les marchés sont en recul constant. Dans une logique de « stabilité », il lui faut donc, en toute indépendance, mener une politique qui lui permette de ramener ce taux à un niveau plus proche de son objectif : un taux « proche et inférieur à 2 %. »
Une indépendance à géométrie variable tout dépend d'où vient l'argent et les postes futurs
En réalité, il semblerait que, pour les Chrétiens-démocrates allemands, la « stabilité » et « l'indépendance » de la banque centrale ne sont valables que lorsque les risques inflationnistes sont à la hausse. Le refus de prendre en compte le risque d'inflation faible - voire de déflation - est symptomatique de la pensée conservatrice allemande qui est avant tout une pensée de défense de la rente et de l'épargne. Et quand le peuple dogmatisé pête un cable parce qu'il n'en peut plus ... Or, pour faire remonter les anticipations d'inflation, la BCE se doit, de par son mandat et son indépendance, de désavantager les épargnants pour les inciter à consommer. Ce peut être douloureux politiquement pour les Conservateurs allemands, mais c'est bien le prix de l'indépendance de la BCE.
Or, cette indépendance semble, en Allemagne, n'être qu'un totem que l'on affiche lorsque les intérêts allemands sont menacés et que l'on oublie en cas contraire. Lors de la crise grecque, par exemple, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a largement oublié ses critiques contre Mario Draghi qui agissait alors de concert avec les créanciers pour faire rendre gorge au gouvernement d'Alexis Tsipras. Comme son prédécesseur Jean-Claude Trichet n'avait pas hésité à menacer l'Irlande en 2010, sans que Berlin ne s'en émeuve alors. Qui peut encore dire que j'y vais fort ? Tout est visible, transparent et tout est écrit aujourd'hui.
De bonnes critiques ?
Mais au-delà du débat purement théorique, il est utile de s'interroger sur le bien-fondé de ces critiques allemandes à la BCE. L'idée avancée est la suivante : la zone euro n'est pas menacée de déflation et l'inflation basse ne s'explique que par un effet externe, celui du pétrole. La politique de la BCE est donc inefficace puisqu'elle ne peut traiter cette question de la baisse du prix du pétrole. Il faut l'arrêter immédiatement, car elle a, par ailleurs, des effets négatifs : l'appauvrissement des épargnants, la fragilisation des banques et la création de bulles.
Le refus allemand du complément budgétaire, source de l'inefficacité du QE
Cette argumentation n'est pas entièrement fausse. L'assouplissement quantitatif (QE) de la BCE a un effet trop faible sur l'économie réelle. Il est la source de déséquilibre et de bulles financières. Mais les Allemands oublient de préciser pourquoi il en va ainsi : c'est parce que le QE n'est pas accompagné d'une politique intelligente de relance permettant de donner des débouchés aux fonds déversés par la BCE en donnant de vrais perspectives aux investissements. Lors de son discours de Jackson Hole, le 22 août 2014, Mario Draghi avait prévenu que la politique monétaire seule ne pouvait pas tout. Il avait invité notamment les Allemands à agir en stimulant la demande. Il avait alors reçu une fin de non-recevoir absolue. Il y a donc un peu de mauvaise foi de la part des politiciens de Berlin de dénoncer l'inefficacité d'un QE qu'ils ont eux-mêmes orchestré.
Un QE inefficace ?
Du reste, cette inefficacité n'est que relative. Le QE se montre certes assez incapable de redresser l'inflation, mais il a clairement empêché la zone euro d'entrer dans une spirale déflationniste. Un risque que la Bundesbank a toujours sous-estimé. Mais le mythe d'une inflation basse s'expliquant uniquement par les évolutions du pétrole ne tient guère. Certes, les prix de l'énergie sont la première force qui tire l'indice des prix vers le bas, mais il n'y a pas de mur infranchissable entre les prix de l'énergie et l'indice des prix sous-jacent. La baisse du prix de l'énergie finit par se transmettre aux autres produits. Si rien n'est fait, comme le suggère la droite allemande, les agents économiques n'auront donc qu'à attendre la future baisse des produits. Et, dès lors, la spirale déflationniste à la japonaise sera engagée. Le QE, avec tous ses défauts, a permis, selon la BCE, d'apporter un point d'inflation de plus via la dépréciation de l'euro. Avec un taux d'inflation de 0,2 % et un taux sous-jacent de 0,9 % en zone euro, on comprend que les mesures de la BCE ne sont pas si inutiles qu'on veut bien le dire.
Les risques de l'inflation faible
Les risques liés à l'inflation faible persistante sont largement sous-estimés par les politiciens allemands. Ils sont pourtant notables. Elle met la pression sur le coût du travail en augmentant mécaniquement le salaire réel, même en cas de faible croissance nominale. Elle rend le désendettement des Etats et des ménages quasi-impossible dans un contexte d'endettement élevé. Les politiciens allemands ont certes trouvé un moyen pour accabler les peuples surendettés, en culpabilisant les victimes, mais cette inflation faible est la garantie la plus sûre d'une future crise de la dette en zone euro dont ils seront les premiers à se plaindre. Non, parce qu'ils vont en profiter et que c'est leur but.  Enfin, une inflation faible est la meilleure façon de réduire le potentiel de croissance et de décourager la hausse de la productivité.

Au final, l'inflation faible est toujours un équilibre instable qu'un choc externe ou interne peut muer en déflation. L'idée d'accepter cette inflation faible est ainsi un piège : si les agents économiques comprennent que la banque centrale accepte désormais une inflation à 1 %, les anticipations vont encore reculer et si les anticipations d'inflation reculent, le report des achats - premier pas vers la déflation - est assuré. Voilà pourquoi la BCE doit absolument maintenir son QE, aussi imparfait fût-il. Ecouter les conseils de la CDU serait plonger la zone euro dans une nouvelle crise qui aurait tôt fait de l'achever et Mario Draghi le sait. Sans sauver l'euro, il le maintient donc, comme il le peut, artificiellement en vie. Il faut mettre fin à l'europe allemande par tous les moyens pour pouvoir créer l'Europe de la Paix avec ou sans les politiques allemands. Les politiques allemands restent un danger. Ici, je ne parle pas du Peuple Allemand.
De l'origine des bulles
Les politiciens allemands assurent vouloir éviter de futures crises en voulant éviter de futures bulles. Leur intention est louable. Mais alors, ils devraient s'interroger sur leur propre modèle, à commencer par leur immense excédent courant qui devrait atteindre 8 % du PIB cette année. Un excédent qui va se réfugier dans des banques allemandes prêtes à investir dans toutes les bulles financières et qui ne profite guère au reste de la zone euro. C'est bien là la source des principaux maux de la zone euro. Et la politique de la BCE - critiquable par l'absence de politique budgétaire complémentaire - vise à encourager l'Etat et les banques allemands à investir dans l'économie réelle plutôt que dans ces bulles. Seule une politique budgétaire active et débarrassée de cette obsession de l'excédent « moralement bon » peut donc rendre le QE vraiment efficace. Voilà pourquoi Mario Draghi ne devrait pas écouter les critiques allemandes, mais bien plutôt faire la leçon à Angela Merkel. Qui peut faire la leçon à un politique allemand, alors que ce dernier est toujours aussi ALLEMAND..... "Se taire jusqu'à où, jusqu'à quand ?"

* Pourquoi j'emploie le mot "nazi" ? Parce que les politiques allemands ont repris les mêmes expressions et raisonnements, que les nazis avaient dans les années 39/45, lors de la crise grecque .

"SI ON SE TAIT AUJOURD'HUI, QUAND PARLERONS-NOUS ? QUEL MONDE LAISSERONS-NOUS A NOS ENFANTS ? CELUI DE LA GUERRE ? GUERRE MILITAIRE, ECONOMIQUE, PSYCHOLOGIQUE ?"

"Sachez dire non pour être digne de votre Liberté. Ne jamais accepter de devenir, petit à petit, de façon insidieuse le terreau fertile de l’asservissement et de l’acceptation de l’inacceptable."©

Dans "Les Echos" du 14 janvier 2016 : Allemagne : la croissance 2015 au plus haut depuis quatre ans et l'Europe "plantée" par l'allemagne ?

" Le produit intérieur brut de l'Allemagne, première économie européenne, a augmenté de 1,7% en 2015, selon une estimation officielle.
C'est sa plus forte croissance depuis quatre ans que l'Allemagne enregistre ce jeudi, avec une progression de 1,7% de son produit intérieur brut, selon une première estimation officielle de l'Office fédéral des statistiques Destatis.
La première économie d'Europe a été soutenue par sa demande intérieure, qui n'avait plus été aussi dynamique depuis l'an 2000 en raison de la progression des salaires, de la faiblesse de l'inflation et d'un emploi record. "Le moteur le plus important de la croissance a été la consommation intérieure", a souligné le président de Destatis, Dieter Sarreither, dans un communiqué.
Les économistes s’attendaient en moyenne à une croissance de 1,6% l’an dernier, comme en 2014. Pour ce qui concerne le quatrième trimestre 2015, la croissance du PIB allemand devrait ressortir à environ 0,25 %, selon Destatis. Mais le chiffre définitif ne sera publié que le 12 février, quand tous les indicateurs pour le mois de décembre seront disponibles.
Le gouvernement s'attend à une croissance de 1,8% pour l'année 2016. L'arrivée de plus d'un million de migrants l'an dernier en Allemagne amène les autorités à accroître les dépenses publiques pour faciliter leur accueil , notamment en matière de logement."

Ivan Best dans "La Tribune" du 4 janvier 2016 : La fin de la rigueur en Europe ?

" De nombreux pays européens s'affranchissent des traités budgétaires européens. De quoi relancer l'économie européenne. Non, tant que l'Allemagne s'y refusera et ne voudra pas entendre parler d'une coordination des politiques Qui doutera encore que nous sommes en europe allemande ? Est-ce la fin de la rigueur budgétaire en Europe ? Insensiblement, sans le crier trop sur les toits, la commission européenne laisse les « Etats membres » s'écarter de certaines règles budgétaires, afin d'éviter de peser sur une croissance encore très poussive. Rien à voir avec le situation des années 2011-2013, quand les pays en déficit étaient contraints à des « ajustements », pour reprendre le terme technocratique, plutôt sévères, qui ont précipité la zone euro dans une quasi récession, dont elle peine à sortir. Tout est dit....et malgré cela les allemands, allemands qui ont imposé l'austérité à tous en leur faveur, maîtrisent encore l'europe. Il faut dire que politiquement ils n'ont personne en face.
Les règles budgétaires oubliées
La France souvenez-vous des déclarations d'amitié et de soutien français avec l'allemagne. Allemagne qui a planté VOLONTAIREMENT l'europe à sa seule idéologie et à son seul profit financier, l'Italie et l'Espagne tout comme le Portugal veulent s'affranchir en 2016 de certaines règles et des plans de marche précédemment adoptés. La baisse du déficit ? Ce sera moins que prévu. Comme l'ont calculé les économistes de HSBC, l'Italie aurait pu baisser sensiblement son déficit public, grâce à d'importantes économies réalisées sur les charges financières de l'Etat, permises par la chute des taux d'intérêt. Mais Matteo Renzi n'a pas voulu en entendre parler. Le programme de stabilité italien (de 2015) prévoyait de ramener le déficit public à 1,8 du PIB en 2016 ? Ce sera finalement 2,4%. « Nous devons rester attentifs au budget, mais moins aux virgules », a déclaré le premier ministre italien. L'ajustement structurel, c'est-à-dire la baisse du déficit hors effet de la conjoncture devait être de 0,5 point de PIB en Italie, en 2016. En fait, c'est une hausse du déficit structurel (+0,5%) qui est programmée.
La France, elle, est sensée diminuer son déficit structurel de 0,8 point chaque année, en 2016 et 2017. C'est l'engagement qu'elle avait pris à Bruxelles. La réalité sera différente, selon les calculs des experts de HSBC, ce sera seulement 0,3 point de baisse. Certes, une certaine rigueur prévaut en matière de dépense : jamais la dépense publique n'avait aussi peu progressé en France, depuis 20 ans. Mais le pacte de compétitivité, fondé sur une série d'allègements d'impôts et charges en faveur des entreprises, impacte sensiblement les recettes fiscales.
Quant à l'Espagne, la commission européenne a affirmé en octobre vouloir retoquer son budget 2016. Car, au lieu de parvenir comme prévu à un déficit public sous les 3% du PIB, l'Espagne afficherait 3,6% en 2016. « L'effort structurel », sensé atteindre 1,2 point de PIB, sera en fait quasi nul (0,1 point de baisse du déficit), selon HSBC. Mais après avoir menacé de manier le bâton budgétaire, la commission est revenue en arrière, affirmant qu'elle réexaminerait la situation en 2016...
Il est possible que Bruxelles, qui a approuvé le budget français, impose en 2016 des correctifs à ceux de Madrid et Rome. Mais on ne reviendra pas à la rigueur des années 2012-2013.
L'Allemagne bonne élève?
Bref, l'heure n'est plus au respect scrupuleux des traités. Seule l'Allemagne fait figure, à cet égard, de très bon élève. Elle affiche un excédent des finances publiques, et son endettement se réduit encore plus vite que prévu. Mieux : hors effet de la conjoncture, son excédent budgétaire atteint presque 1% du PIB, bien au-delà des objectifs prévus par les traités (0,5% de déficit). Des économistes de la commission européenne jugent la politique budgétaire allemande trop restrictive... mais cette analyse n'est guère relayée au niveau politique.
Le gouvernement allemand peut mettre en avant les nouvelles dépenses qu'occasionne l'accueil des réfugiés. Ainsi, la dépense publique pourrait augmenter de 3,8% Outre-Rhin en 2016, estime HSBC. Du jamais vu en Allemagne, où des coupes drastiques, ont eu lieu en 2011 et 2012.
Une relance?
De quoi relancer l'économie européenne ? Cela ne peut pas faire de mal. Mais c'est très insuffisant. Des dépenses sont nécessaires, s'agissant notamment de l'investissement public. Même des experts allemands le disent : un rapport officiel, commandé par le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel, estime à 90 milliards d'euros le manque d'investissement cumulé, en comparaison avec la moyenne des pays de l'OCDE. Mais Angela Merkel ne veut pas entendre parler, qui tient à son déficit budgétaire zéro. Du coup, l'Allemagne continue d'afficher un excédent record pour sa balance extérieure des paiements courants : à plus de 8% du PIB, il tient bien sûr basiquement à des exportations toujours en hausse, qui dépassent donc de 8% du PIB les importations. Mais ce chiffre traduit surtout le manque de consommation et d'investissement en Allemagne, où les salariés produisent massivement pour l'étranger, accumulant une épargne colossale.
Un excédent allemand phénoménal
En raison de cet excédent allemand, qui traduit un déséquilibre macro-économique, selon les termes mêmes des traités européens -lesquels fixent à 7% du PIB l'excédent maximum de la balance extérieure d'un pays membre- l'ensemble de la zone euro produira plus qu'elle ne consomme et investit cette année. C'est ce que signifie l'excédent de la balance courante attendu à au moins 3% de la richesse produite. Autrement dit, les européens épargneront à hauteur de 3% du PIB de la zone euro, et ils pourraient dépenser plus tout en restant vertueux. Sauf que nos voisins allemands ne veulent pas entendre parler d'une relance par la dépense, qui viendrait soutenir une politique monétaire accommodante.
En lançant -bien tardivement- son Quantitative easing, la Banque centrale européenne a fait tout ce qu'elle pouvait pour soutenir la conjoncture européenne. Elle a fait chuter partout en Europe les taux d'intérêt, entraînant une baisse de l'euro, évidemment favorable aux exportations.... Mais sans aucun soutien de la politique budgétaire, comme avait pu le dire le président de la BCE, Mario Draghi, cela n'ira pas bien loin....
Un équilibre de sous-emploi
Le risque, c'est donc que la zone euro se maintienne dans ce qu'on peut appeler un équilibre de sous emploi, les capacités de production restant durablement sous-utilisées. Ce n'est pas la petite reprise prévue pour 2016 -croissance de l'ordre de 1,5% du PIB- qui la sortira de cette situation. En France, pays moyen de la zone euro s'il en est, le PIB par habitant n'a toujours pas retrouvé son niveau de... 2007 ! Du jamais vu, bien sûr, depuis que le PIB est calculé chaque année (1949).
L'absence de réaction des gouvernements face à cette situation ne laisse pas d'étonner les économistes anglo-saxons. L'américain Lawrence Summers, ex secrétaire d'Etat au Trésor (sous Bill Clinton) remarque ainsi fréquemment qu'on parle souvent de la « stagnation séculaire » -dont il est l'un des théoriciens- aux Etats-Unis, pays qui connaît la croissance depuis près de sept ans, mais, paradoxalement, très peu en Europe, où l'économie, considérée globalement (la zone euro) sort à peine, et de façon incertaine, de quatre ans de récession-stagnation.
Les conséquences de la non coordination des politiques
Le fonctionnement de ce qui est censé être une Union économique et monétaire n'est-il pas en cause ? Même un économiste d'obédience libérale, comme Patrick Artus, le pense. Dans une étude qu'il vient de publier, le directeur des études économiques de Natixis s'interroge sur l'absence de coordination des politiques en Europe et les conséquences de cette situation. En fait, c'est tout pour l'allemagne. Allemagne politique qui connaissant son histoire et sachant que rien n'a réellement changé pratique la politique qu'il faut, au détriment des autres pays, pour ne pas ressombrer dans les abîmes passés. Il suffit de se souvenir des propos allemands sur le Peuple Grec. Qu'il est dommage que Tsipras ait cédé. Il reste l'espoir que les Anglais réagissent comme l'aurait fait Churchill. Il faut mettre fin à l'europe allemande pour enfin pouvoir créer l'Europe de la Paix. 
Trois exemples essentiels pour l'économie européenne, de politiques non coopératives, peuvent être mis en avant. S'agissant des politiques budgétaires, d'abord, la divergence entre l'Allemagne qui refuse toute véritable relance et l'Europe du sud, « génère une forte inefficacité », écrit Patrick Artus. Non seulement parce que la demande globale s'en trouve réduite, mais parce qu'un pays relançant par le budget fait profiter surtout ses voisins de l'effet de sa politique. Sans parler de l'obligation faite par la commission européenne en 2011 à tous les pays en déficit budgétaire de le réduire en même temps à marche forcée, ce qui a -comme le prévoyaient nombre d'économistes- précipité la zone euro dans la récession.
Concurrence par les coûts de production
Les politiques salariales, ensuite. Non coordonnées, elles risquent d'aboutir à une concurrence par les coûts de production, nuisible à l'ensemble des économies, enseigne la théorie. Et c'est ce qu'on a vu avec l'Allemagne, qui, de 2000 à 2007, a fortement comprimé les salaires. L'économie allemande, diminuant ainsi ses coûts de production, a pu gagner des parts de marché au détriment des autres pays européens. Au total, la zone euro n'y a rien gagné. L'Espagne pratique une politique identique depuis 2009.
Que se serait-il passé si ces politiques avaient été coordonnées ? Les salaires seraient plus élevés, souligne Patrick Artus -la demande en Europe le serait donc aussi- ; et l'inflation plus forte (le risque de déflation aurait été écarté plus franchement).
Enfin, la concurrence fiscale -baisse de la fiscalité sur les facteurs mobiles de production, afin d'attirer les investissements- conduit bien sûr à des « biais de compétitivité entre les pays » souligne Patrick Artus. Et elle aboutit à une baisse excessive de l'imposition des facteurs mobiles de production, par rapport aux autres.
Une Europe où les gouvernements coordonneraient leur politique économique -sous l'impulsion de la commission européenne, dont ce pourrait être le rôle- aurait donc des salaires plus élevés, un investissement public supérieur et une taxation moins élevée de la consommation ou du travail. Au total, la croissance aurait été plus forte ces dernières années, et l'emploi s'en trouverait évidemment mieux.

Commentaire : Pour celles et ceux qui veulent revoir mes commentaires concernant les articles 2010/2013 voir ce lien ICI Sur demande je peux fournir les autres années.

Souvenez-vous :

Romaric Godin dans "La Tribune " du 16 septembre 2015 Article intitulé : Grèce : le stupéfiant aveu de la BCE

" Le vice-président de la BCE a reconnu que la menace de Grexit n'avait "jamais été lancée pour de vrai". Un aveu étonnant qui jette une nouvelle lumière sur les événements de l'été dernier.
C'est un aveu qui passera sans doute inaperçu, mais qui lève un voile sur la réalité brute de la stratégie des créanciers de la Grèce en juillet dernier. Dans une interview accordée à Reuters ce 16 septembre, le vice-président de la BCE, Vitor Constâncio, affirme, sans sourciller, que la menace d'expulsion de la Grèce de la zone euro, le fameux « Grexit », « n'a jamais été lancée pour de vrai parce que ce ne serait pas légal. » Et le Portugais de regretter que, du coup, il est désormais nécessaire de « supprimer les doutes qui demeurent sur la viabilité du bloc monétaire. »
La menace de Benoît Cœuré
Tout ceci n'était donc qu'une farce ? Rien de vrai ? Pourtant, la menace de Grexit a bel et bien été agitée, non seulement par Wolfgang Schäuble, mais aussi par la BCE. Mardi 30 juin, par exemple, trois jours après l'annonce par Alexis Tsipras de l'organisation d'un référendum sur les propositions des créanciers, Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE affirmait  dans une interview accordée aux Echos que « la sortie de la Grèce de la zone euro, qui était un objet théorique, ne peut malheureusement plus être exclue. » Et il allait encore plus loin, en se projetant dans l'hypothèse d'un Grexit : « ce serait un défi pour l'Europe qu'elle devrait relever au plus vite, en renforçant sérieusement son cadre institutionnel. » Avec ces mots très forts, le Français laissait entendre que la BCE était préparée à faire face à cette option. Ces déclarations étaient lourdes de conséquences, car seule la BCE pouvait, en privant la Grèce de liquidités, contraindre Athènes à sortir de l'Union monétaire. Qui peut accorder sa confiance en ce type de personne ? En fait, en ces collabos. Des vieillards, des femmes enceintes, des cancéreux n'ont plus pu se soigner à cause de ces "nazis". Y vais-je fort, prenez connaissance de ce lien ICI
Les déclarations du 3 juillet de Vitor Constâncio
Cette interview était donc une véritable menace sur le gouvernement, mais aussi sur le peuple grec qui s'apprêtait à se prononcer dans le référendum. Mais Vitor Constâncio affirme aujourd'hui que ce n'était pas « pour de vrai. » Pourtant, lui-même, quatre jours plus tard, le 3 juillet, déclarait que la BCE ne couperait pas le robinet de l'ELA, sauf s'il avait le soutien des dirigeants de la zone euro. Autrement dit, il mettait en place un processus d'exclusion de la zone euro : l'Eurogroupe estime qu'un pays n'est plus digne d'être membre de la zone euro et la BCE met la menace à exécution. Ceci n'était pas une parole en l'air. Dans la semaine qui a suivi le référendum, c'est ce qui a fait basculer le gouvernement grec.
Menaces supplétives de la stratégie de Wolfgang Schäuble
En effet, le 11 juillet, lorsque Wolfgang Schäuble a présenté son plan d'exclusion « temporaire » de 5 ans de la Grèce, Alexis Tsipras a pu croire que c'était « pour de vrai », puisque Vitor Constâncio avait indiqué qu'un feu vert pour le Grexit de l'Eurogroupe entraînerait la BCE à réaliser ce Grexit. Il a donc pris peur et cru qu'en effet, la Grèce était au bord de l'exclusion. Il a alors accepté le 13 juillet le principe d'un troisième mémorandum qu'il a signé le 19 août. C'est dire si la BCE a parfaitement servi la stratégie de Wolfgang Schäuble qui, in fine, a permis le triomphe d'Angela Merkel. La chancelière a pu ainsi, comme son alliée (non, son collaborateur) François Hollande, se présenter comme « sauveur de l'euro. » Cet euro  est à combattre car il fera notre perte. Il faut voter contre cette europe.
La BCE avait un objectif politique
Ces déclarations de Vitor Constâncio mettent donc à jour le plan des créanciers : menacer de Grexit un gouvernement grec qui, il est vrai, était prompt à bien vouloir l'être, afin de remporter la victoire politique que les créanciers cherchaient depuis les élections du 25 janvier. Ces créanciers n'avaient, en réalité, aucunement l'intention de procéder à un Grexit qui les aurait tout autant fragilisés que la Grèce. Ils ont utilisé toute la force des institutions pour obtenir une victoire complète contre un gouvernement qui ne leur convenait pas afin de détruire la base politique de ce gouvernement.
Une pierre dans le jardin d'Alexis Tsipras
Cette déclaration de Vitor Constâncio induit trois conséquences. La première concerne Alexis Tsipras. L'aveu du Portugais détruit le storytelling de l'ancien premier ministre grec selon lequel il «n'avait pas le choix » et que s'il refusait de signer l'accord du 13 juillet, la Grèce était exclue de la zone euro. En réalité, on peut désormais affirmer que si Alexis Tsipras n'avait pas cédé, que s'il avait introduit un projet de monnaie parallèle, la balance des peurs auraient changé de camp. Si les créanciers craignaient réellement le Grexit, il aurait alors pu espérer obtenir un compromis plus favorable, sur la base de ses propositions du 22 juin. Alexis Tsipras s'est donc bien trop empressé de croire un Wolfgang Schäuble qui n'avait pas les moyens de ses menaces. C'est une mauvaise nouvelle pour le leader de Syriza à quatre jours de l'élection de dimanche.
La crédibilité de la BCE en question
Deuxième conséquence : la crédibilité de la BCE devrait être fortement atteinte par cet aveu. Voilà une banque centrale, une des trois ou quatre plus puissantes du monde, qui s'amuse à lancer des menaces sur l'avenir et la structure de sa propre monnaie « pour de faux » ! Son vice-président peut, sans rire, affirmer tranquillement qu'il a menti en pleine crise. Il y a là de quoi s'interroger sur la gestion de l'euro et sur l'indépendance de la BCE. L'institution de Francfort a donc bel et bien joué les supplétifs de la stratégie de Wolfgang Schäuble et de l'objectif politique des créanciers. Vitor Constâncio confirme que la BCE n'est pas une puissance indépendante dans la zone euro. Ceci permet sans doute mieux d'apprécier ses prises de décision. Si la menace du Grexit n'était pas pour de vrai, alors le mythe selon lequel les décisions de la BCE sur la liquidité d'urgence ou sur l'acceptation des bons grecs à son guichet était également une farce.
L'irresponsabilité des dirigeants de la BCE
Troisième conséquence : une fois encore, donc, la BCE a pratiqué une forme de « chantage » sur un pouvoir démocratiquement élu d'un pays membre. Ce chantage devient presque un mode de gestion de l'euro. Il a déjà été pratiqué sur l'Irlande en 2010 et sur Chypre en 2013. Mais, ce qui est frappant, c'est qu'à chaque fois, les dirigeants de la BCE ne sont aucunement rendus responsables de ces actes. Aucune poursuite, aucune enquête sur ces méthodes n'est possible. On a même vu dans le cas irlandais avec Jean-Claude Trichet que, une fois le mandat des dirigeants achevé, ils n'ont pas davantage de comptes à rendre. L'indépendance de la BCE est à géométrie variable : elle est utile pour protéger les banquiers centraux, mais négligeable pour mettre au pas des gouvernements indisciplinés. Cette irresponsabilité est une faille démocratique désormais béante dans la construction de la zone euro, mais on voit bien que, dans les projets de réforme de la zone euro, il n'est pas question de revenir sur ce fonctionnement. Tant qu'il en sera ainsi, le désaveu populaire vis-à-vis de l'euro ne pourra que croître."

Romaric Godin  dans "La Tribune" du 25 juillet 2013
Article intitulé : La restructuration de la dette européenne n'est plus un tabou. Les ennuis commencent...

" Les temps changent, et avec eux les convictions. Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps, à peine quatre mois… C’était le temps où l’austérité, la réduction rapide des dépenses publiques et la dévaluation interne étaient les « seules alternatives » à la crise que traversaient les pays d’Europe du sud. Tous ceux qui osaient sortir de ce discours étaient considérés comme « populistes » et, en tant que tels bannis de la communauté des gens sérieux. Combien de personnes, combien de fonctionnaires ont osé s'élever contre la stupidité de l'austérité sur la paupérité ? Proposer une annulation de la dette souveraine, par exemple, ne pouvait que flatter les bas instincts des peuples en faisant payer aux malheureux créanciers les erreurs des populations. Populisme, donc. Qui se hasardait à proposer la réduction de l’austérité, ne tendait-il pas à faire croire que les Etats pouvaient encore vivre à crédit et donc à flatter les envies de dépenses publiques des électeurs ? Populisme, encore ! Tout ce que l’Europe comptait de « gens honnêtes » ne pouvait donc que rejeter ces options « faciles. » C’était le temps où le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, pouvait avec mépris dénoncer la « sottise » du débat entre austérité et croissance, puisque des finances publiques assainies sont les conditions sine qua non de la croissance. Que de conneries gobées par des moutons au détriment des Peuples ! Quand va-t-on sortir les chiffres de la pauvreté, des morts .... dus à la débilité politique et à la servilité coupable des fonctionnaires ? A contrario, comment les Peuples peuvent-ils, eux-aussi, toujours être aussi serviles ? Il est impératif que les Peuples redeviennent critiques et cessent de se comporter comme des spéctateurs passifs. Seuls les civils assurent la pérennité de la Liberté, l'Egalité et la Fraternité. Les fonctionnaires, eux, sont payés, in fine, pour se taire et accepter. Celà n'est pas une critique, c'est un fait.  Si nous voulons sortir des futurs imposés et mettre en place un Avenir, il faut que nous civils redevenniont des citoyens et réapprenions à dire NON. Les institutions ne retravailleront en faveur des Peuples que si ces derniers se refont entendre face aux lobbies et à leurs corruptions, d'idées ou financières. Les fonctionnaires sont les employés des Peuples, non l'inverse. Ce temps est désormais révolu. La stratégie européenne a montré plus que ses limites : elle a créé les conditions de la récession, elle a inquiété les marchés au lieu de les apaiser (et c’est pourquoi la BCE a dû intervenir par l’OMT puis par la fixation d’une politique de taux « durablement bas. »), elle a enfin crée un environnement politique européen très préoccupant. L'Europe de la Paix a été mise à mal par ses propres fonctionnaires et ses politiques. Politiques aussi vérolés qu'imbus de leur personne . Ces fonctionnaires et politiques doivent être virés sans indemnité... où alors, les Peuples doivent mettre fin à cette europe pour mieux reconstruire l'Europe de la Paix. Sans cela, les guignols actuels, qui ne sont que des moutons lobbyisés aux idées (qui vont bien) et aux frics, assureront des futurs sans Avenir. Du coup, les mea culpa et les changements de pied se multiplient. Le FMI a reconnu en partie ses erreurs dans la crise grecque. La Commission européenne entend désormais promouvoir la croissance et a accordé des délais à plusieurs pays pour réduire leurs déficits. Même les éditorialistes français jadis les plus favorables à l’austérité demandent aujourd’hui que l’on réfléchisse aux deux options « populistes » ci-devant décrites. Les déficits n'ont jamais été le problème. Ces déficits peuvent être, via le Fonds de Stabilisation Boursier (notamment), traités dans les plus brefs délais. L'Europe a été mise à mal pour des raisons de stratégie de prise de pouvoir par certains pays et certains lobbies. Comment accépter de continuer à entendre des politiques dire qu'ils ont du se battre face à des lobbies. Lobbies qui ne sont des groupes de pression. En clair, des pourris. Qui veut encore vôter pour ce type de "politique" ?  Ces pirouettes intellectuelles peuvent être moquées, mais elles sont en réalité les bienvenues. Elles sont une condition nécessaire au changement de politique dont a besoin l’Europe. Nécessaire, mais pas suffisante. Il faudra finir par passer aux actes. Car si les discours changent, l’austérité se poursuit dans les faits au quotidien. En Grèce, sous la pression des créanciers, on a encore entamé une politique de réduction des dépenses. Au Portugal, le nouveau gouvernement s’est encore dit déterminé ce mercredi à tenir la feuille de route de la Troïka. Et la doctrine officielle concernant la dette en Europe demeure que la Grèce est un « cas particulier. » On peut certes espérer qu’après les élections allemandes, ce changement de doctrine deviendra un changement de stratégie. Rien n’est moins sûr, mais Angela Merkel a montré sa capacité à changer de pied si nécessaire. Or, le poids des dettes souveraines des pays dont les programmes d’aide viennent à échéance en 2014 (Irlande, Grèce, Portugal) est insoutenable, car il réduit à néant les efforts réalisés jusqu’ici. Accorder un nouveau programme d’aide serait illusoire puisque cela ne fera qu’alourdir encore la dette. Il faudra donc trancher dans le vif et annuler une partie de cette dette. Mais attention : faire payer les seuls créanciers privés ne sera pas suffisant. On l’a bien vu dans le cas grec où l’on a fait payer – en vain – les créanciers privés par deux fois. Pour être efficace, la restructuration de la dette devra inclure les créanciers « publics » : le MES, les Etats de la zone euro, la BCE, l’UE. Cette option induit plusieurs conséquences : certains pays, comme l’Espagne, la Slovénie, l’Italie, la France, vont subir des pertes lourdes pour leurs propres comptes publics. Si l’on veut rendre cette restructuration efficace, il faudra qu’elle soit élargie au MES. Evidemment, la crédibilité de la dette européenne sera lourdement entachée. Mais ce sera le prix à payer pour réellement couper le nœud gordien de l’endettement public. Une plus forte intégration des politiques européennes devra alors tenter de rassurer les marchés. Pourquoi continuer à ne pas vouloir mettre en place le Fonds de Stabilisation Boursier ? Le problèmes est comptable. La solution est comptable. Seul (à ma connaissance) le système de comptabilité boursier peut, en peu d'années, mettre fin aux déficits exédentaires. Si les dirigeants européens, plaçant comme cela a été le cas jusqu’ici leurs intérêts nationaux et de politique intérieure avant ceux de la zone euro, refusent de bâtir une solution ambitieuse de ce type, s’ils se contentent de gérer l’urgence et de mêler une nouvelle aide du MES et une restructuration de la seule dette privée, s'ils veulent à tout prix sauver la face et "ajuster" leur stratégie au lieu de la changer, alors à terme, les pays en difficulté ne pourront à terme avoir d’autre recours que le défaut national, accompagné de l’abandon de l’euro. Le coût n’en sera pas moindre que dans la première option pour les autres pays de la zone euro. Autrement dit, pour être efficace, ce changement de doctrine ne pourra être efficace pour l’Europe que s’il est accompagné de courage politique. Un courage dont les dirigeants européens ont singulièrement manqué jusqu’ici, au point de laisser l’essentiel du travail à la BCE. Mais cette fois, Francfort ne pourra pas les aider…"
 
Patrick Artus, propos recueillis par Romain Renier, dans "La Tribune" du 25 juillet 2013
Article intitulé : "un défaut est inévitable pour les pays les plus vulnérables de la zone euro"

" Je suis persuadé qu'un défaut est inévitable pour les pays les plus vulnérables de la zone euro. Cela ne signifie pas un défaut violent où l'on décide du jour au lendemain de ne rien rembourser. Cela peut consister en une restructuration par un échange de titres à un taux plus bas ou avec une maturité plus longue. Ce qui correspond de plus en plus à l'analyse qui est faite par le FMI et les Allemands. Le Conseil allemand des experts économiques a notamment, sous l'impulsion de Christoph Schmidt, commencé à réfléchir à un fonds européen de résolution des dettes européennes. Les gens raisonnables envisagent cette solution comme une possibilité, plutôt que de se dire que cela n'arrivera pas. Il y a une réflexion qui existe. Y compris à la Commission européenne, d'ailleurs. C'est un message que les pays de la zone euro ne veulent pas entendre, mais il y a un vrai problème de solvabilité. L'Italie a vécu très longtemps avec un taux d'endettement supérieur à 100% du PIB sans que cela ne pose de problème. Mais plus l'endettement est important et plus l'exigence en terme d'excédent primaire est élevée. Et quand on regarde la solvabilité en zone euro on peut avoir de sérieux doutes. On sait très bien qu'aucun des pays en difficulté ne pourra raisonnablement atteindre un excédent primaire, c'est-à-dire l'excédent budgétaire hors coût des intérêts, équivalent à 5,6 ou 7% du PIB. Personne n'a jamais réussi. L'Italie à déjà connu un excédent primaire à 2/3% en 1999/2000. Mais c'est le maximum qu'elle peut atteindre. Concernant le Portugal, c'est impensable. En revanche pour la France et l'Espagne, pour l'instant ça va, car on part d'un endettement plus faible. Mais n'y a-t-il pas un danger d'une réaction en chaîne si l'un des pays de la zone euro fait défaut ? Le problème c'est que l'on n'a pas mis en place les institutions nécessaires pour permettre d'éviter la contagion. Par exemple, si demain le Portugal fait défaut, nous n'avons rien pour empêcher les marchés d'attaquer les autres dettes européennes. Quant à l'OMT, il est inefficace parce qu'il ne peut être déclenché que si un pays demande à être placé sous programme d'aide. Il n'intervient qu'après le désastre, alors que ce mécanisme devrait être préventif. Mais il n'y a pas que cela. Il faut aussi prendre en compte le fait que les banques sont d'énormes détenteurs de dette publique. Pour qu'il y ait un défaut organisé, il faut prévoir avant une recapitalisation des banques. Or, le MES n'est pas prêt. Donc pour l'heure, un défaut signifierait automatiquement une crise bancaire. Qu'est ce qui n'a pas fonctionné dans les différents plans de sauvetage mis en place par les Européens ? Ce que dit le rapport du FMI sur la Grèce c'est qu'il fallait faire défaut avant au lieu de laisser la situation se dégrader. Le système d'aide par prêts dans ce cas là n'a pas de sens. Il y a une règle simple qui dit que l'on prête à quelqu'un qui a un problème de liquidités, pas à quelqu'un qui est insolvable. Il y a là une mauvaise logique européenne dans la gestion de la crise des dettes. Et on vient de refaire la même erreur avec Chypre dont on voit que la dette explose parce que le PIB s'effondre. Demain ce sera le Portugal et peut être l'Irlande. Il y a aussi un effet intergénérationnel de la dette. Par exemple, les jeunes Portugais s'en vont. Or, la dette est censée être transmise aux jeunes. Si tout le monde s'en va, il n'y a plus personne pour rembourser. C'est un gros problème dans les pays du Sud de l'Europe où la base fiscale se réduit aussi parce qu'il y a une importante émigration des jeunes diplômés. L'an dernier, 300.000 jeunes espagnols ont quitté leur pays. C'est cela de moins pour participer à l'effort de remboursement de la dette. Eh oui, l'économie est avant tout constituée de dynamiques et d'énergies. Tuer ces dernières pour réaliser des flux comptables est auto-destructeur. N'y a-t-il aucun autre moyen pour que les pays en difficulté de la zone euro puissent faire face à leurs engagements ? Dans l'absolu, on peut toujours être solvable. Il suffit de supprimer les dépenses publiques et d'augmenter les impôts. Mais en faisant cela vous tuez votre potentiel de croissance. Car certaines dépenses publiques, comme les dépenses d'investissement, sont utiles. En se posant la question du défaut on se demande en fait s'il est vraiment raisonnable de tenter de se rendre solvable à de tels niveaux d'endettement. Compte tenu de la situation des niveaux d'endettement dont on parle, aucun pays ne peut avoir le courage, ou l'inconscience, de se rendre solvable. On ne parle pas ici de la France. Le vrai sujet pour l'heure, c'est le Portugal.

Et plus proche :

Mathias Thépot dans "La Tribune " du 11 décembre 2015 Article intitulé : Pourquoi l'Europe ne peut plus vivre en dessous de ses moyens Savourez cet article comme j'ai pu le savourer. Enfin, les dogmes tombent et la presse accepte de parler et d'écrire les réalités et non le consensus "imposé".

" Il est temps que l'Europe réinvestisse dans la croissance, et mette un terme à sa tendance à l'accumulation des excédents, selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Il est temps que la zone euro arrête de vivre en dessous de ses moyens et investisse ! C'est en substance le message délivré jeudi 10 décembre par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une étude intitulée « donner une chance à la reprise » en Europe, élaborée conjointement avec ses homologues de l'AK Wien (Autriche), l'ECLM (Danemark) et l'IMK (Allemagne). Ce groupe d'instituts -nommée IAGS - vise en particulier le couple germano-bruxellois, responsable des politiques de restriction budgétaire au sein de la zone euro, et qui sont source d'échec.
Reprise molle
Car après l'austérité des années 2011-2013, la reprise en zone euro peine à se matérialiser concrètement comment s'étonner de ce fait ? Qui connait une austérité profitable dans cette configuration, hormis pour les promoteurs de l'austérité qui ont adapté leur économie à percevoir les fruits de cette dernière au détriment d'autres pays et des Peuples ? Souvenez-vous des commentaires sur la trahison de l'allemagne de Merkel. : la croissance n'y sera que de 1,6 % pour 2015 et la Commission européenne table sur + 1,8 % en 2016 et + 1,9 % en 2017. De faibles taux, alors même que  les facteurs externes sont plutôt favorables à la croissance  : la baisse des prix du pétrole, un euro faible, une pause globale dans le processus de consolidation budgétaire, et surtout une politique monétaire impulsée par la Banque centrale européenne qui se veut expansionniste, au moins jusqu'en mars 2017.
Le chômage en zone euro reste par ailleurs proche des 11 %, avec de fortes divergences entre les pays, tout particulièrement entre les pays du nord et les pays du sud. L'avenir de certains pays importants, comme l'Italie, inquiète tout particulièrement les économistes de l'OFCE. Plus globalement, « il faudra attendre entre sept et huit ans avant de retrouver le taux de chômage d'avant crise en Europe », s'inquiète Xavier Timbeau, directeur principal à l'OFCE. Bref, le climat est morose.
Épargner ailleurs plutôt qu'investir chez soi
Mais il y a pire. En effet, l'un des grand maux de la zone euro, et tout particulièrement de l'Allemagne, c'est son obsession  pour l'accumulation des excédents courants. La politique allemande cherche à mettre tout en œuvre en interne pour être compétitif et conquérir des marchés mondiaux. Ainsi, l'Allemagne et, dans une moindre mesure, les autres pays de la zone euro préfèrent épargner leurs rentrées d'argent ailleurs qu'en Europe, plutôt que de les consommer ou de les investir sur le marché domestique. L'excédent courant de la zone euro atteint ainsi 3,8 % de son PIB en 2015, selon l'OCDE. Du jamais vu. A titre de comparaison, le solde positif de la balance courante de la zone euro n'atteignait que 0,5 % du PIB en 2010. Alors, ai-je été trop dur dans mes commentaires passés ?
Ainsi, à l'inverse de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, l'investissement productif dans la zone euro est en constante baisse depuis 2011. Cette situation coïncide avec les politiques de restriction budgétaire mises en œuvre dans la zone, et qui ont contribué à minorer les dépenses de tous les acteurs économiques. Clairement, l'Allemagne impulse cette politique : son excédent courant atteint désormais 280 milliards de dollars soit 8,3 % de son PIB, selon l'OCDE, sur un excédent total de 436 milliards de dollars pour la zone euro.
Respecter les règles européennes
Obnubilé par sa conquête des marchés extérieurs, l'Allemagne joue depuis plus de 10 ans sur la modération salariale, la précarisation du travail et la maîtrise des comptes publics pour limiter la demande interne et renforcer sa compétitivité externe. Une politique qui, couplée avec une monnaie unique, mène la zone toute entière dans le mur, affirme l'OFCE.
Au cours des cinq dernières années, l'Allemagne a même affiché un excédent supérieur à 6 % du PIB, limite au-delà de laquelle la Commission européenne repère un « déséquilibre macroéconomique. ». Pour que les excédents dégagés soient réinvestis dans l'économie européenne, il faudrait donc déjà « que la Commission européenne demande à l'Allemagne de respecter les règles européennes et cet engagement de 6 % », estime Xavier Ragot, le président de l'OFCE. Il faut sortir de cette europe allemande pour mieux recréer l'Europe de la Paix avec une Allemagne non conquérante et non prédominatrice. Si ce n'est pas possible, il faut créer l'Europe de la Paix sans l'Allemagne tout en la controlant car, ne l'oublions pas, l'Europe de la Paix doit être créée pour se protéger du retour à une histoire "boche".  Pour celles et ceux qui pourraient penser que j'y ai été "fort", comment justifier une politique de paupérisation qui a mené des millions d'européens à la pauvreté voire à la pauvreté absolue ? Comment justifier les insultes employées par certains "politiques" allemands envers des peuples Européens ? Insultes identiques à celles employées par l'allemagne nazie ? Je répète que mes propos ne s'adressent pas au Peuple Allemand ni à l'ensemble des politiques allemands mais bien à la descendance politique nazie qu'elle soit allemande, belge, française ou autres. Etant Belge, nous avons eu et avons encore, nous aussi, notre lot de nazis.

Si je comprends que ces mots puissent géner, je pense qu'il nous faut toujours être des plus vigilants et des plus intolérants avec ces faits.

N'oubliez pas que nous entrons dans une phase de "révolution SOCIOECOPOFI" déjà connue dans l'histoire comme fin des années 20. L'influence des innovations informatiques et autres, si elles créeront un "nouveau monde" à terme, vont déstabiliser totalement les paradigmes actuels. C'est bien dans cette période qu'il faut A TOUT PRIX maintenir un niveau de vie des Peuples afin que ces derniers ne soient pas tentés par les extrêmes qui ne vivent que de la paupérisation et des peurs. L'économie est avant tout humaine, l'oublier en faveur d'une économie financière a toujours mené aux guerres. C'est pourquoi nous devons maintenir, entre le moment de la mise place des révolutions industrielles et les effets positifs de leur généralisation et de leur "maturité", le pouvoir d'achat de la majorité. Paradoxalement, cette réalité est assez simple à mettre en place et à valoriser si l'on accepte de revoir certains dogmes passés et actuels concernant le temps de travail, la rente universelle (quelle différence entre une rente universelle et le principe de multiples défiscalisations chargées de maintenir les ressources de quelques uns au détriment de l'ensemble et autres "stupidités SOCIOECOPOFI" mises à la charge de tous pour favoriser la minorité qui corrompt ?) etc.. pendant la période de déstabilisation économique.

C'est pourquoi, il nous faut "foutre en l'air" cette europe.

Cette europe n'est pas l'Europe de la Paix.

Cette europe est l'europe des lobbies et l'histoire a montré et démontré que cela se terminait toujours très mal.

Il nous faut "casser" cette europe pour mieux imposer sa reconstruction Humaine et Humaniste.

"Si les vivants ferment les yeux des morts, le temps n’est-il pas venu que les morts ouvrent les yeux des vivants"

Vaclav Havel : « La sauvegarde de notre monde humain n’est nulle part ailleurs que dans le cœur humain, la pensée humaine, l’humilité humaine, la responsabilité humaine. Sans révolution globale dans la sphère de la conscience humaine, rien ne peut changer positivement, même dans la sphère de l’existence humaine, et la marche de notre monde vers la catastrophe écologique, sociale, démographique ou culturelle, est irréversible"


Aymeric Jung : "Comme l’écrivait justement l’auteur de Big Brother “à une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire”."


Une hausse de l'euro nuirait à l'Allemagne
Il serait donc (enfin) temps d'investir dans la zone euro afin de faire repartir l'activité, invective les économistes de l'OFCE. Et pour convaincre l'Allemagne, en plus d'avancer le risque d'explosion de la zone euro tant la situation devient intenable pour certains pays, l'IAGS avance un second argument : celui de voir les excédents allemands perdre de leur valeur une fois que les politiques d'assouplissement monétaire de la BCE seront épuisées, car l'euro s'appréciera. Ainsi, au plus tard en 2017, l'OFCE prévoit « une appréciation du taux de change de 25 % de 1,30 à 1,40 dollar l'euro ». Ce qui aura un effet négatif sur la valeur des actifs accumulés hors zone euro par l'Allemagne ces dernières années.
De quoi, espère l'OFCE, persuader Berlin de réinvestir ses excédents dans la zone euro, et plus globalement de « remédier au problème de gestion macroéconomique de la zone euro », explique Xavier Timbeau.
Relancer (vraiment) l'investissement
L'OFCE milite surtout pour aller plus loin que le seul « Plan Juncker » en Europe, que Xavier Timbeau apparente à une recapitalisation à hauteur de 21 milliards d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI), laquelle l'a déjà été en 2012 de 60 milliards d'euros, ainsi qu'en 2005 de 67 milliards d'euros, « sans que cela n'ait un impact significatif sur l'investissement », constate-t-il. Il prône plutôt « une gestion active de la demande » par l'investissement afin d'enclencher un cercle vertueux à l'intérieur de la zone euro, et qui n'oublierait pas le risque de hausse des inégalités.
Car l'addition des individus au chômage, de ceux voulant un travail mais n'en cherchant plus, et des personnes en situation de sous-emploi, atteint environ 23 % de la population active de la zone euro, selon les chiffres recoupés par l'OFCE. L'investissement social, notamment dans l'éducation, ne pourra donc être délaissé. Sous peine de laisser aux générations futures un héritage bien médiocre. ou la guerre."

Commentaire : Si parfois mes commentaires vous choquent, je tiens à vous présenter mes excuses . Cela est du au fait que mes analyses se basant à la fois sur les enseignements du passé et sur la prospective me font toucher (peut-être à tort) des évidences qui parfois sont des plus négatives. Pour celles et ceux que je choque, j'espère qu'elles et qu'ils ne retiennent que la pertinence de mes propos. Pertinence qui ne se juge que dans le temps et non dans l'instant moutonnier de la publication. Si pendant des années, j'ai opté volontairement pour être et rester dans le système du "bien penser" et de l'anonymat, je pense que les dérives de l'europe allemande, du monde financier etc... implique de dire, au risque de se tromper, nos réalités. Dans tous les cas, le temps est notre seul juge. Avec le temps, comment jugez-vous le bien fondé (ou non) de mes propos ? Excellent week-end. A ce stade, j'ose écrire "avec toute mon amitié".

Ivan Best dans "La Tribune" du 4 janvier 2016 : La fin de la rigueur en Europe ?

" De nombreux pays européens s'affranchissent des traités budgétaires européens. De quoi relancer l'économie européenne. Non, tant que l'Allemagne s'y refusera et ne voudra pas entendre parler d'une coordination des politiques Qui doutera encore que nous sommes en europe allemande ? Est-ce la fin de la rigueur budgétaire en Europe ? Insensiblement, sans le crier trop sur les toits, la commission européenne laisse les « Etats membres » s'écarter de certaines règles budgétaires, afin d'éviter de peser sur une croissance encore très poussive. Rien à voir avec le situation des années 2011-2013, quand les pays en déficit étaient contraints à des « ajustements », pour reprendre le terme technocratique, plutôt sévères, qui ont précipité la zone euro dans une quasi récession, dont elle peine à sortir. Tout est dit....et malgré cela les allemands, allemands qui ont imposé l'austérité à tous en leur faveur, maîtrisent encore l'europe. Il faut dire que politiquement ils n'ont personne en face.
Les règles budgétaires oubliées
La France souvenez-vous des déclarations d'amitié et de soutien français avec l'allemagne. Allemagne qui a planté VOLONTAIREMENT l'europe à sa seule idéologie et à son seul profit financier, l'Italie et l'Espagne tout comme le Portugal veulent s'affranchir en 2016 de certaines règles et des plans de marche précédemment adoptés. La baisse du déficit ? Ce sera moins que prévu. Comme l'ont calculé les économistes de HSBC, l'Italie aurait pu baisser sensiblement son déficit public, grâce à d'importantes économies réalisées sur les charges financières de l'Etat, permises par la chute des taux d'intérêt. Mais Matteo Renzi n'a pas voulu en entendre parler. Le programme de stabilité italien (de 2015) prévoyait de ramener le déficit public à 1,8 du PIB en 2016 ? Ce sera finalement 2,4%. « Nous devons rester attentifs au budget, mais moins aux virgules », a déclaré le premier ministre italien. L'ajustement structurel, c'est-à-dire la baisse du déficit hors effet de la conjoncture devait être de 0,5 point de PIB en Italie, en 2016. En fait, c'est une hausse du déficit structurel (+0,5%) qui est programmée.
La France, elle, est sensée diminuer son déficit structurel de 0,8 point chaque année, en 2016 et 2017. C'est l'engagement qu'elle avait pris à Bruxelles. La réalité sera différente, selon les calculs des experts de HSBC, ce sera seulement 0,3 point de baisse. Certes, une certaine rigueur prévaut en matière de dépense : jamais la dépense publique n'avait aussi peu progressé en France, depuis 20 ans. Mais le pacte de compétitivité, fondé sur une série d'allègements d'impôts et charges en faveur des entreprises, impacte sensiblement les recettes fiscales.
Quant à l'Espagne, la commission européenne a affirmé en octobre vouloir retoquer son budget 2016. Car, au lieu de parvenir comme prévu à un déficit public sous les 3% du PIB, l'Espagne afficherait 3,6% en 2016. « L'effort structurel », sensé atteindre 1,2 point de PIB, sera en fait quasi nul (0,1 point de baisse du déficit), selon HSBC. Mais après avoir menacé de manier le bâton budgétaire, la commission est revenue en arrière, affirmant qu'elle réexaminerait la situation en 2016...
Il est possible que Bruxelles, qui a approuvé le budget français, impose en 2016 des correctifs à ceux de Madrid et Rome. Mais on ne reviendra pas à la rigueur des années 2012-2013.
L'Allemagne bonne élève?
Bref, l'heure n'est plus au respect scrupuleux des traités. Seule l'Allemagne fait figure, à cet égard, de très bon élève. Elle affiche un excédent des finances publiques, et son endettement se réduit encore plus vite que prévu. Mieux : hors effet de la conjoncture, son excédent budgétaire atteint presque 1% du PIB, bien au-delà des objectifs prévus par les traités (0,5% de déficit). Des économistes de la commission européenne jugent la politique budgétaire allemande trop restrictive... mais cette analyse n'est guère relayée au niveau politique.
Le gouvernement allemand peut mettre en avant les nouvelles dépenses qu'occasionne l'accueil des réfugiés. Ainsi, la dépense publique pourrait augmenter de 3,8% Outre-Rhin en 2016, estime HSBC. Du jamais vu en Allemagne, où des coupes drastiques, ont eu lieu en 2011 et 2012.
Une relance?
De quoi relancer l'économie européenne ? Cela ne peut pas faire de mal. Mais c'est très insuffisant. Des dépenses sont nécessaires, s'agissant notamment de l'investissement public. Même des experts allemands le disent : un rapport officiel, commandé par le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel, estime à 90 milliards d'euros le manque d'investissement cumulé, en comparaison avec la moyenne des pays de l'OCDE. Mais Angela Merkel ne veut pas entendre parler, qui tient à son déficit budgétaire zéro. Du coup, l'Allemagne continue d'afficher un excédent record pour sa balance extérieure des paiements courants : à plus de 8% du PIB, il tient bien sûr basiquement à des exportations toujours en hausse, qui dépassent donc de 8% du PIB les importations. Mais ce chiffre traduit surtout le manque de consommation et d'investissement en Allemagne, où les salariés produisent massivement pour l'étranger, accumulant une épargne colossale.
Un excédent allemand phénoménal
En raison de cet excédent allemand, qui traduit un déséquilibre macro-économique, selon les termes mêmes des traités européens -lesquels fixent à 7% du PIB l'excédent maximum de la balance extérieure d'un pays membre- l'ensemble de la zone euro produira plus qu'elle ne consomme et investit cette année. C'est ce que signifie l'excédent de la balance courante attendu à au moins 3% de la richesse produite. Autrement dit, les européens épargneront à hauteur de 3% du PIB de la zone euro, et ils pourraient dépenser plus tout en restant vertueux. Sauf que nos voisins allemands ne veulent pas entendre parler d'une relance par la dépense, qui viendrait soutenir une politique monétaire accommodante.
En lançant -bien tardivement- son Quantitative easing, la Banque centrale européenne a fait tout ce qu'elle pouvait pour soutenir la conjoncture européenne. Elle a fait chuter partout en Europe les taux d'intérêt, entraînant une baisse de l'euro, évidemment favorable aux exportations.... Mais sans aucun soutien de la politique budgétaire, comme avait pu le dire le président de la BCE, Mario Draghi, cela n'ira pas bien loin....
Un équilibre de sous-emploi
Le risque, c'est donc que la zone euro se maintienne dans ce qu'on peut appeler un équilibre de sous emploi, les capacités de production restant durablement sous-utilisées. Ce n'est pas la petite reprise prévue pour 2016 -croissance de l'ordre de 1,5% du PIB- qui la sortira de cette situation. En France, pays moyen de la zone euro s'il en est, le PIB par habitant n'a toujours pas retrouvé son niveau de... 2007 ! Du jamais vu, bien sûr, depuis que le PIB est calculé chaque année (1949).
L'absence de réaction des gouvernements face à cette situation ne laisse pas d'étonner les économistes anglo-saxons. L'américain Lawrence Summers, ex secrétaire d'Etat au Trésor (sous Bill Clinton) remarque ainsi fréquemment qu'on parle souvent de la « stagnation séculaire » -dont il est l'un des théoriciens- aux Etats-Unis, pays qui connaît la croissance depuis près de sept ans, mais, paradoxalement, très peu en Europe, où l'économie, considérée globalement (la zone euro) sort à peine, et de façon incertaine, de quatre ans de récession-stagnation.
Les conséquences de la non coordination des politiques
Le fonctionnement de ce qui est censé être une Union économique et monétaire n'est-il pas en cause ? Même un économiste d'obédience libérale, comme Patrick Artus, le pense. Dans une étude qu'il vient de publier, le directeur des études économiques de Natixis s'interroge sur l'absence de coordination des politiques en Europe et les conséquences de cette situation. En fait, c'est tout pour l'allemagne. Allemagne politique qui connaissant son histoire et sachant que rien n'a réellement changé pratique la politique qu'il faut pour ne pas ressombrer dans les abîmes passés. Il suffit de se souvenir des propos allemands sur le Peuple Grec. Qu'il est dommage que Tsipras ait cédé. Il reste l'espoir que les Anglais réagissent comme l'aurait fait Churchill. Il faut mettre fin à l'europe allemande pour enfin pouvoir créer l'Europe de la Paix. 
Trois exemples essentiels pour l'économie européenne, de politiques non coopératives, peuvent être mis en avant. S'agissant des politiques budgétaires, d'abord, la divergence entre l'Allemagne qui refuse toute véritable relance et l'Europe du sud, « génère une forte inefficacité », écrit Patrick Artus. Non seulement parce que la demande globale s'en trouve réduite, mais parce qu'un pays relançant par le budget fait profiter surtout ses voisins de l'effet de sa politique. Sans parler de l'obligation faite par la commission européenne en 2011 à tous les pays en déficit budgétaire de le réduire en même temps à marche forcée, ce qui a -comme le prévoyaient nombre d'économistes- précipité la zone euro dans la récession.
Concurrence par les coûts de production
Les politiques salariales, ensuite. Non coordonnées, elles risquent d'aboutir à une concurrence par les coûts de production, nuisible à l'ensemble des économies, enseigne la théorie. Et c'est ce qu'on a vu avec l'Allemagne, qui, de 2000 à 2007, a fortement comprimé les salaires. L'économie allemande, diminuant ainsi ses coûts de production, a pu gagner des parts de marché au détriment des autres pays européens. Au total, la zone euro n'y a rien gagné. L'Espagne pratique une politique identique depuis 2009.
Que se serait-il passé si ces politiques avaient été coordonnées ? Les salaires seraient plus élevés, souligne Patrick Artus -la demande en Europe le serait donc aussi- ; et l'inflation plus forte (le risque de déflation aurait été écarté plus franchement).
Enfin, la concurrence fiscale -baisse de la fiscalité sur les facteurs mobiles de production, afin d'attirer les investissements- conduit bien sûr à des « biais de compétitivité entre les pays » souligne Patrick Artus. Et elle aboutit à une baisse excessive de l'imposition des facteurs mobiles de production, par rapport aux autres.
Une Europe où les gouvernements coordonneraient leur politique économique -sous l'impulsion de la commission européenne, dont ce pourrait être le rôle- aurait donc des salaires plus élevés, un investissement public supérieur et une taxation moins élevée de la consommation ou du travail. Au total, la croissance aurait été plus forte ces dernières années, et l'emploi s'en trouverait évidemment mieux.

Commentaire : Pour celles et ceux qui veulent revoir mes commentaires concernant les articles 2010/2013 voir ce lien ICI Sur demande je peux fournir les autres années.

Souvenez-vous :

Romaric Godin dans "La Tribune " du 16 septembre 2015 Article intitulé : Grèce : le stupéfiant aveu de la BCE

" Le vice-président de la BCE a reconnu que la menace de Grexit n'avait "jamais été lancée pour de vrai". Un aveu étonnant qui jette une nouvelle lumière sur les événements de l'été dernier.
C'est un aveu qui passera sans doute inaperçu, mais qui lève un voile sur la réalité brute de la stratégie des créanciers de la Grèce en juillet dernier. Dans une interview accordée à Reuters ce 16 septembre, le vice-président de la BCE, Vitor Constâncio, affirme, sans sourciller, que la menace d'expulsion de la Grèce de la zone euro, le fameux « Grexit », « n'a jamais été lancée pour de vrai parce que ce ne serait pas légal. » Et le Portugais de regretter que, du coup, il est désormais nécessaire de « supprimer les doutes qui demeurent sur la viabilité du bloc monétaire. »
La menace de Benoît Cœuré
Tout ceci n'était donc qu'une farce ? Rien de vrai ? Pourtant, la menace de Grexit a bel et bien été agitée, non seulement par Wolfgang Schäuble, mais aussi par la BCE. Mardi 30 juin, par exemple, trois jours après l'annonce par Alexis Tsipras de l'organisation d'un référendum sur les propositions des créanciers, Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE affirmait  dans une interview accordée aux Echos que « la sortie de la Grèce de la zone euro, qui était un objet théorique, ne peut malheureusement plus être exclue. » Et il allait encore plus loin, en se projetant dans l'hypothèse d'un Grexit : « ce serait un défi pour l'Europe qu'elle devrait relever au plus vite, en renforçant sérieusement son cadre institutionnel. » Avec ces mots très forts, le Français laissait entendre que la BCE était préparée à faire face à cette option. Ces déclarations étaient lourdes de conséquences, car seule la BCE pouvait, en privant la Grèce de liquidités, contraindre Athènes à sortir de l'Union monétaire. Qui peut accorder sa confiance en ce type de personne ? En fait, en ces collabos.  Parce que des vieillards, des femmes enceintes, des cancéreux n'ont plus pu se soigner. Y vais-je fort ? Prenez connaissance de ce lien ICI
Les déclarations du 3 juillet de Vitor Constâncio
Cette interview était donc une véritable menace sur le gouvernement, mais aussi sur le peuple grec qui s'apprêtait à se prononcer dans le référendum. Mais Vitor Constâncio affirme aujourd'hui que ce n'était pas « pour de vrai. » Pourtant, lui-même, quatre jours plus tard, le 3 juillet, déclarait que la BCE ne couperait pas le robinet de l'ELA, sauf s'il avait le soutien des dirigeants de la zone euro. Autrement dit, il mettait en place un processus d'exclusion de la zone euro : l'Eurogroupe estime qu'un pays n'est plus digne d'être membre de la zone euro et la BCE met la menace à exécution. Ceci n'était pas une parole en l'air. Dans la semaine qui a suivi le référendum, c'est ce qui a fait basculer le gouvernement grec.
Menaces supplétives de la stratégie de Wolfgang Schäuble
En effet, le 11 juillet, lorsque Wolfgang Schäuble a présenté son plan d'exclusion « temporaire » de 5 ans de la Grèce, Alexis Tsipras a pu croire que c'était « pour de vrai », puisque Vitor Constâncio avait indiqué qu'un feu vert pour le Grexit de l'Eurogroupe entraînerait la BCE à réaliser ce Grexit. Il a donc pris peur et cru qu'en effet, la Grèce était au bord de l'exclusion. Il a alors accepté le 13 juillet le principe d'un troisième mémorandum qu'il a signé le 19 août. C'est dire si la BCE a parfaitement servi la stratégie de Wolfgang Schäuble qui, in fine, a permis le triomphe d'Angela Merkel. La chancelière a pu ainsi, comme son alliée (non, son collaborateur) François Hollande, se présenter comme « sauveur de l'euro. » Cet euro  est à combattre car il fera notre perte. Il faut voter contre cette europe.
La BCE avait un objectif politique
Ces déclarations de Vitor Constâncio mettent donc à jour le plan des créanciers : menacer de Grexit un gouvernement grec qui, il est vrai, était prompt à bien vouloir l'être, afin de remporter la victoire politique que les créanciers cherchaient depuis les élections du 25 janvier. Ces créanciers n'avaient, en réalité, aucunement l'intention de procéder à un Grexit qui les aurait tout autant fragilisés que la Grèce. Ils ont utilisé toute la force des institutions pour obtenir une victoire complète contre un gouvernement qui ne leur convenait pas afin de détruire la base politique de ce gouvernement.
Une pierre dans le jardin d'Alexis Tsipras
Cette déclaration de Vitor Constâncio induit trois conséquences. La première concerne Alexis Tsipras. L'aveu du Portugais détruit le storytelling de l'ancien premier ministre grec selon lequel il «n'avait pas le choix » et que s'il refusait de signer l'accord du 13 juillet, la Grèce était exclue de la zone euro. En réalité, on peut désormais affirmer que si Alexis Tsipras n'avait pas cédé, que s'il avait introduit un projet de monnaie parallèle, la balance des peurs auraient changé de camp. Si les créanciers craignaient réellement le Grexit, il aurait alors pu espérer obtenir un compromis plus favorable, sur la base de ses propositions du 22 juin. Alexis Tsipras s'est donc bien trop empressé de croire un Wolfgang Schäuble qui n'avait pas les moyens de ses menaces. C'est une mauvaise nouvelle pour le leader de Syriza à quatre jours de l'élection de dimanche.
La crédibilité de la BCE en question
Deuxième conséquence : la crédibilité de la BCE devrait être fortement atteinte par cet aveu. Voilà une banque centrale, une des trois ou quatre plus puissantes du monde, qui s'amuse à lancer des menaces sur l'avenir et la structure de sa propre monnaie « pour de faux » ! Son vice-président peut, sans rire, affirmer tranquillement qu'il a menti en pleine crise. Il y a là de quoi s'interroger sur la gestion de l'euro et sur l'indépendance de la BCE. L'institution de Francfort a donc bel et bien joué les supplétifs de la stratégie de Wolfgang Schäuble et de l'objectif politique des créanciers. Vitor Constâncio confirme que la BCE n'est pas une puissance indépendante dans la zone euro. Ceci permet sans doute mieux d'apprécier ses prises de décision. Si la menace du Grexit n'était pas pour de vrai, alors le mythe selon lequel les décisions de la BCE sur la liquidité d'urgence ou sur l'acceptation des bons grecs à son guichet était également une farce.
L'irresponsabilité des dirigeants de la BCE
Troisième conséquence : une fois encore, donc, la BCE a pratiqué une forme de « chantage » sur un pouvoir démocratiquement élu d'un pays membre. Ce chantage devient presque un mode de gestion de l'euro. Il a déjà été pratiqué sur l'Irlande en 2010 et sur Chypre en 2013. Mais, ce qui est frappant, c'est qu'à chaque fois, les dirigeants de la BCE ne sont aucunement rendus responsables de ces actes. Aucune poursuite, aucune enquête sur ces méthodes n'est possible. On a même vu dans le cas irlandais avec Jean-Claude Trichet que, une fois le mandat des dirigeants achevé, ils n'ont pas davantage de comptes à rendre. L'indépendance de la BCE est à géométrie variable : elle est utile pour protéger les banquiers centraux, mais négligeable pour mettre au pas des gouvernements indisciplinés. Cette irresponsabilité est une faille démocratique désormais béante dans la construction de la zone euro, mais on voit bien que, dans les projets de réforme de la zone euro, il n'est pas question de revenir sur ce fonctionnement. Tant qu'il en sera ainsi, le désaveu populaire vis-à-vis de l'euro ne pourra que croître."

Et plus proche :

Mathias Thépot dans "La Tribune " du 11 décembre 2015 Article intitulé : Pourquoi l'Europe ne peut plus vivre en dessous de ses moyens Savourez cet article comme j'ai pu le savourer. Enfin, les dogmes tombent et la presse accepte de parler et d'écrire les réalités et non le consensus "imposé".

" Il est temps que l'Europe réinvestisse dans la croissance, et mette un terme à sa tendance à l'accumulation des excédents, selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Il est temps que la zone euro arrête de vivre en dessous de ses moyens et investisse ! C'est en substance le message délivré jeudi 10 décembre par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une étude intitulée « donner une chance à la reprise » en Europe, élaborée conjointement avec ses homologues de l'AK Wien (Autriche), l'ECLM (Danemark) et l'IMK (Allemagne). Ce groupe d'instituts -nommée IAGS - vise en particulier le couple germano-bruxellois, responsable des politiques de restriction budgétaire au sein de la zone euro, et qui sont source d'échec.
Reprise molle
Car après l'austérité des années 2011-2013, la reprise en zone euro peine à se matérialiser concrètement comment s'étonner de ce fait ? Qui connait une austérité profitable dans cette configuration, hormis pour les promoteurs de l'austérité qui ont adapté leur économie à percevoir les fruits de cette dernière au détriment d'autres pays et des Peuples ? Souvenez-vous des commentaires sur la trahison de l'allemagne de Merkel. : la croissance n'y sera que de 1,6 % pour 2015 et la Commission européenne table sur + 1,8 % en 2016 et + 1,9 % en 2017. De faibles taux, alors même que  les facteurs externes sont plutôt favorables à la croissance  : la baisse des prix du pétrole, un euro faible, une pause globale dans le processus de consolidation budgétaire, et surtout une politique monétaire impulsée par la Banque centrale européenne qui se veut expansionniste, au moins jusqu'en mars 2017.
Le chômage en zone euro reste par ailleurs proche des 11 %, avec de fortes divergences entre les pays, tout particulièrement entre les pays du nord et les pays du sud. L'avenir de certains pays importants, comme l'Italie, inquiète tout particulièrement les économistes de l'OFCE. Plus globalement, « il faudra attendre entre sept et huit ans avant de retrouver le taux de chômage d'avant crise en Europe », s'inquiète Xavier Timbeau, directeur principal à l'OFCE. Bref, le climat est morose.
Épargner ailleurs plutôt qu'investir chez soi
Mais il y a pire. En effet, l'un des grand maux de la zone euro, et tout particulièrement de l'Allemagne, c'est son obsession  pour l'accumulation des excédents courants. La politique allemande cherche à mettre tout en œuvre en interne pour être compétitif et conquérir des marchés mondiaux. Ainsi, l'Allemagne et, dans une moindre mesure, les autres pays de la zone euro préfèrent épargner leurs rentrées d'argent ailleurs qu'en Europe, plutôt que de les consommer ou de les investir sur le marché domestique. L'excédent courant de la zone euro atteint ainsi 3,8 % de son PIB en 2015, selon l'OCDE. Du jamais vu. A titre de comparaison, le solde positif de la balance courante de la zone euro n'atteignait que 0,5 % du PIB en 2010. Alors, ai-je été trop dur dans mes commentaires passés ?
Ainsi, à l'inverse de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, l'investissement productif dans la zone euro est en constante baisse depuis 2011. Cette situation coïncide avec les politiques de restriction budgétaire mises en œuvre dans la zone, et qui ont contribué à minorer les dépenses de tous les acteurs économiques. Clairement, l'Allemagne impulse cette politique : son excédent courant atteint désormais 280 milliards de dollars soit 8,3 % de son PIB, selon l'OCDE, sur un excédent total de 436 milliards de dollars pour la zone euro.
Respecter les règles européennes
Obnubilé par sa conquête des marchés extérieurs, l'Allemagne joue depuis plus de 10 ans sur la modération salariale, la précarisation du travail et la maîtrise des comptes publics pour limiter la demande interne et renforcer sa compétitivité externe. Une politique qui, couplée avec une monnaie unique, mène la zone toute entière dans le mur, affirme l'OFCE.
Au cours des cinq dernières années, l'Allemagne a même affiché un excédent supérieur à 6 % du PIB, limite au-delà de laquelle la Commission européenne repère un « déséquilibre macroéconomique. ». Pour que les excédents dégagés soient réinvestis dans l'économie européenne, il faudrait donc déjà « que la Commission européenne demande à l'Allemagne de respecter les règles européennes et cet engagement de 6 % », estime Xavier Ragot, le président de l'OFCE. Il faut sortir de cette europe allemande pour mieux recréer l'Europe de la Paix avec une Allemagne non conquérante et non prédominatrice. Si ce n'est pas possible, il faut créer l'Europe de la Paix sans l'Allemagne tout en la controlant car, ne l'oublions pas, l'Europe de la Paix doit être créée pour se protéger du retour à une histoire "boche".  Pour celles et ceux qui pourraient penser que j'y ai été "fort", comment justifier une politique de paupérisation qui a mené des millions d'européens à la pauvreté voire à la pauvreté absolue ? Comment justifier les insultes employées par certains "politiques" allemands envers des peuples Européens ? Insultes identiques à celles employées par l'allemagne nazie ? Je répète que mes propos ne s'adressent pas au Peuple Allemand ni à l'ensemble des politiques allemands mais bien à la descendance politique nazie qu'elle soit allemande, belge, française ou autres. Etant Belge, nous avons eu et avons encore, nous aussi, notre lot de nazis.

Si je comprends que ces mots puissent géner, je pense qu'il nous faut toujours être des plus vigilants et des plus intolérants avec ces faits.

N'oubliez pas que nous entrons dans une phase de "révolution SOCIOECOPOFI" déjà connue dans l'histoire comme fin des années 20. L'influence des innovations informatiques et autres, si elles créeront un "nouveau monde" à terme, vont déstabiliser totalement les paradigmes actuels. C'est bien dans cette période qu'il faut A TOUT PRIX maintenir un niveau de vie des Peuples afin que ces derniers ne soient pas tentés par les extrêmes qui ne vivent que de la paupérisation et des peurs. L'économie est avant tout humaine, l'oublier en faveur d'une économie financière a toujours mené aux guerres. C'est pourquoi nous devons maintenir, entre le moment de la mise place des révolutions industrielles et les effets positifs de leur généralisation et de leur "maturité", le pouvoir d'achat de la majorité. Paradoxalement, cette réalité est assez simple à mettre en place et à valoriser si l'on accepte de revoir certains dogmes passés et actuels concernant le temps de travail, la rente universelle (quelle différence entre une rente universelle et le principe de multiples défiscalisations chargées de maintenir les ressources de quelques uns au détriment de l'ensemble et autres "stupidités SOCIOECOPOFI" mises à la charge de tous pour favoriser la minorité qui corrompt ?) etc.. pendant la période de déstabilisation économique.

C'est pourquoi, il nous faut "foutre en l'air" cette europe.

Cette europe n'est pas l'Europe de la Paix.

Cette europe est l'europe des lobbies et l'histoire a montré et démontré que cela se terminait toujours très mal.

Il nous faut "casser" cette europe pour mieux imposer sa reconstruction Humaine et Humaniste.

"Si les vivants ferment les yeux des morts, le temps n’est-il pas venu que les morts ouvrent les yeux des vivants"

Vaclav Havel : « La sauvegarde de notre monde humain n’est nulle part ailleurs que dans le cœur humain, la pensée humaine, l’humilité humaine, la responsabilité humaine. Sans révolution globale dans la sphère de la conscience humaine, rien ne peut changer positivement, même dans la sphère de l’existence humaine, et la marche de notre monde vers la catastrophe écologique, sociale, démographique ou culturelle, est irréversible"


Aymeric Jung : "Comme l’écrivait justement l’auteur de Big Brother “à une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire”."


Une hausse de l'euro nuirait à l'Allemagne
Il serait donc (enfin) temps d'investir dans la zone euro afin de faire repartir l'activité, invective les économistes de l'OFCE. Et pour convaincre l'Allemagne, en plus d'avancer le risque d'explosion de la zone euro tant la situation devient intenable pour certains pays, l'IAGS avance un second argument : celui de voir les excédents allemands perdre de leur valeur une fois que les politiques d'assouplissement monétaire de la BCE seront épuisées, car l'euro s'appréciera. Ainsi, au plus tard en 2017, l'OFCE prévoit « une appréciation du taux de change de 25 % de 1,30 à 1,40 dollar l'euro ». Ce qui aura un effet négatif sur la valeur des actifs accumulés hors zone euro par l'Allemagne ces dernières années.
De quoi, espère l'OFCE, persuader Berlin de réinvestir ses excédents dans la zone euro, et plus globalement de « remédier au problème de gestion macroéconomique de la zone euro », explique Xavier Timbeau.
Relancer (vraiment) l'investissement
L'OFCE milite surtout pour aller plus loin que le seul « Plan Juncker » en Europe, que Xavier Timbeau apparente à une recapitalisation à hauteur de 21 milliards d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI), laquelle l'a déjà été en 2012 de 60 milliards d'euros, ainsi qu'en 2005 de 67 milliards d'euros, « sans que cela n'ait un impact significatif sur l'investissement », constate-t-il. Il prône plutôt « une gestion active de la demande » par l'investissement afin d'enclencher un cercle vertueux à l'intérieur de la zone euro, et qui n'oublierait pas le risque de hausse des inégalités.
Car l'addition des individus au chômage, de ceux voulant un travail mais n'en cherchant plus, et des personnes en situation de sous-emploi, atteint environ 23 % de la population active de la zone euro, selon les chiffres recoupés par l'OFCE. L'investissement social, notamment dans l'éducation, ne pourra donc être délaissé. Sous peine de laisser aux générations futures un héritage bien médiocre. ou la guerre."

Commentaire : Si parfois mes commentaires vous choquent, je tiens à vous présenter mes excuses . Cela est du au fait que mes analyses se basant à la fois sur les enseignements du passé et sur la prospective me font toucher (peut-être à tort) des évidences qui parfois sont des plus négatives. Pour celles et ceux que je choque, j'espère qu'elles et qu'ils ne retiennent que la pertinence de mes propos. Pertinence qui ne se juge que dans le temps et non dans l'instant moutonnier de la publication. Si pendant des années, j'ai opté volontairement pour être et rester dans le système du "bien penser" et de l'anonymat, je pense que les dérives de l'europe allemande, du monde financier etc... implique de dire, au risque de se tromper, nos réalités. Dans tous les cas, le temps est notre seul juge. Avec le temps, comment jugez-vous le bien fondé (ou non) de mes propos ? Excellent week-end. A ce stade, j'ose écrire "avec toute mon amitié".