Norme réflexion

Investissement Socialement Responsable, la responsabilité sociale des entreprises,responsabilité sociale et environnementale, investissement responsable responsabilité sociale des entreprises, ESG définition, ESG, investissement humainement responsable

NORMES ET NORMALISATION

Réflexion

Si j’ai déjà eu à écrire des propos d’une certaine dureté sur la normalisation et les certifications, ces derniers n’ont en aucun cas été contredits par la réalité.

Bien au contraire, dans quantité de cas, les certifications et les normalisations ne sont que des outils de maîtrise d’un marché.

Tuez les différences par des normes ou des certifications, et vous mettez en place un monde où les personnes deviennent interchangeables, manœuvrables et influençables à des coûts de plus en plus bas, pour les « commanditaires » les plus destructeurs en terme économique.

Vous désirez vivre (ou survivre) pour cela il vous faut accepter les codes et modes de pensée du groupe « normalisé » ou « certifié ».

Votre individualité contre un pouvoir d’achat dépendant et interdépendant de votre degré d’acceptation.

Comme l’écrit Monsieur Gérard Moulin ci-dessous « L’explosion des risques leur donne du travail, voilà de la croissance pérenne, qui n’a rien à voir ou très peu avec les cycles économiques ! »

Et pour cause, cette croissance ne peut être qu'en dehors du cycle économique, puisqu’elle est en amont et ne se renouvelle que par la déstabilisation des cycles économiques.

Souvenez-vous :

Julie Chauveau dans « Les Echos » du 20 mars 2012 Article intitulé : L’application des normes devient un sujet de campagne  

« La suppression de deux normes existantes chaque fois qu’une nouvelle sera créée en France. Formulée lors de l’émission « Capital » dimanche soir sur M6, cette promesse fait écho à une revendication de longue date des élus locaux, qui ne tarissent jamais d’anecdotes sur la dernière obligation faite à leurs services sur la gestion de la qualité des repas servis aux personnes âgées dans les maisons de retraite, les règles sur les installations sportives, qui nécessitent de nouveaux investissements à la charge des communes, ou le dernier décret qui rend plus complexe l’utilisation des mâchefers pour l’industrie routière, qui va renchérir de 12 euros la tonne le prix de leur mise en décharge. 200.000 normes réglementaires existent en France (20.000 en Europe) et estime qu’elles coûtent de 4 à 5 points de dépenses en plus dans le PIB français. Les évaluations ne sont pas simples : un rapport, rédigé pour le Sénat par Claude Belot, évoquait 400.000 normes applicables aux collectivités et estimait que cela avait coûté 580 millions d’euros en 2009 et 577 millions l’année suivante. L’accessibilité des locaux pour les handicapés pèserait à elle seule 20 milliards d’euros, dont à peine 5 ont déjà été dépensés. Le sujet n’est pas nouveau. En 1991, le Conseil d’Etat dénonçait déjà une« surproduction normative ». En juillet 2010, le gouvernement avait décidé un moratoire devant s’appliquer à l’ensemble des mesures réglementaires concernant les collectivités territoriales, leurs groupements et leurs établissements publics. »

Commentaire : Les normes, sous couvert d’organisation des marchés, sont des outils stratégiques. Faire appliquer des normes multiples et variées assure aux lobbies leur positionnement stratégique, l’organisation et la maîtrise du théâtre opérationnel. Les normes sont devenues un instrument de lutte d’influence et de protectionnisme. Faire voter une norme assure le succès de son développement. Mettre en place l’organe de vérification de cette norme, apporte la main mise sur le domaine normé et sur les décisions politiques. Etre en charge du contrôle permet de limiter (éliminer) la concurrence, les nouveautés et assure une hégémonie malsaine (mais ô combien rémunératrice) sur le domaine normé. Le diktat des normes n’empêche pas les excès mais il les produit. Sous prétexte d’organiser, elles désorganisent. Les normes par leur application, déstructurent la réalité en faveur d’un monde virtuel normalisé dans l’intérêt de certains. Ce monde normé génère, via des comportements moutonniers et résignés, des situations qui n’auraient jamais du exister ainsi que des chocs systémiques.
 

Gérard Moulin dans « l’Agefi » du 11 octobre 2012

 Article intitulé : Vive la complexité !

« Derrière cet aphorisme se cache un constat très positif, porteur d’espoir, pour certaines sociétés. Alors que nul ne peut contester que le monde va en se complexifiant, des conséquences parfois très positives apparaissent, pour des sociétés. En effet, certaines portent dans leurs gênes même, la complexité du monde, de sorte que ce sont de véritables  « boulevards de croissance » qui s’offrent à elles. De quoi s’agit-il ? Dans un certain nombre de secteurs, la multiplication des réglementations, la montée des risques, la pression des consommateurs, font que le lancement d’un nouveau produit ou service doit répondre à un cahier des charges qui ressemble au code des impôts français ! Prenons l’exemple de sociétés spécialisées dans l’inspection et la certification. Ces groupes ont par conséquent des taux de croissance interne autour de 10% par an sur longue période. L’explosion des risques leur donne du travail, voilà de la croissance pérenne, qui n’a rien à voir ou très peu avec les cycles économiques ! Plus les choses vont se complexifier, plus les contrats vont se multiplier. Merci la complexité ! »